Ce n’est pas à l’État d’éduquer nos enfants ! Réactualisons l’autorité parentale

08/07/2023 (2023-07-08)

Par Nicole Delépine

Le rôle de l’éducation nationale est d’instruire les enfants, de leur apprendre à lire, compter, leur enseigner l’histoire, la géographie, les sciences et la morale en développant leur esprit critique et le goût du dialogue et le doute fertile.

Celui des familles est d’éduquer leurs enfants selon leurs valeurs philosophiques et religieuses propres dans le respect des autres. C’est ce qu’a récemment rappelé1 le maire de Nice (Christian Estrosi), comme bien d’autres.

Tout être humain est unique, tout être humain est différent. Il l’est dès la naissance du fait de la loterie chromosomique. Il enrichit sa singularité par l’éducation que lui procure sa famille et les expériences de sa vie.

Mais l’État veut uniformiser les enfants et les transformer en robots obéissants. Depuis des décennies, il empêche les familles d’exercer pleinement leur autorité éducative en obligeant les enfants à aller à l’école dès 3 ans, en décrédibilisant les valeurs familiales, en sapant l’autorité des pères, en rappelant sans cesse aux enfants leurs droits2 sans leur rappeler leurs devoirs et en les endoctrinant à l’école, que ce soit sur le réchauffement climatique [ou autre chose].

L’éducation sexuelle chez les plus jeunes, sous prétexte de faciliter l’inclusion d’infimes minorités sexuelles comme les trans (0,2 % de la population)…

L’État et les médias qu’il subventionne ont constamment dénigré et nié le rôle éducatif des pères que notre système politico-socio-judiciaire a transformé en spectateurs impuissants de la faillite de l’école et de la disparition des repères moraux. Le nombre de familles monoparentales a explosé, et cette situation grève les finances publiques par l’explosion du nombre de demandes de prestations sociales de mère supposée isolée, et aggrave la carence éducative et morale ambiante.

Mais en sapant l’autorité nécessaire à l’éducation, on crée des barbares qui brûlent écoles, bibliothèques et mairies.

« Deux claques et au lit »

(Hugues Moutouh préfet de l’Hérault)3

Bruno Beschizza, maire d’Aulnay-sous-Bois, se montre plutôt d’accord avec la « méthode »4 :

« Je suis moi-même papa de cinq enfants. Demain, pour une gifle, je suis convaincu que dans la bien-pensance ambiante, il y aura un voisin qui portera plainte contre moi pour maltraitance. Hier, on a critiqué un préfet qui a osé dire “deux baffes et tu rentres à la maison”. Je pense qu’il faut revenir à cela. Les papas étaient absents. J’ai des mamans qui me disaient : “Monsieur le maire, on a vu des images d’un papa qui est descendu, a mis son gosse dans le coffre, on rêve de pouvoir faire ça”. »

« On a tellement décrédibilisé et critiqué, l’autorité, la notion de famille même.

Aujourd’hui, le papa ne descend plus parce qu’il ne se considère même plus comme papa. La maman, elle vous dit : “Mais comment je fais ?”. Le prof, il dit : “Je ne peux plus engueuler mon élève parce que sinon, les parents vont venir et peut-être entamer une procédure contre moi”. Dans ces conditions, aucune loi ne peut être intégrée, sauf celle du plus fort.

Pour un parent, poser un interdit cohérent nécessite de souhaiter avoir un enfant aimable pour les personnes extérieures à la famille et qui ait envie d’être un citoyen, mais aussi d’accepter de ne pas être aimé temporairement par son enfant. À notre époque, les interdits ne sont plus “portés” par le groupe social, beaucoup de parents ne prennent plus en compte que le regard des autres qui souligne que “ça ne se fait pas”, qui aidait les parents à réguler les comportements de leurs enfants. D’autant que beaucoup de médias tournent systématiquement en dérision toute tentative de rétablissement des interdits nécessaires. »

Il est pourtant devenu indispensable de relégitimer un principe d’autorité très ferme à tous les niveaux (dans la famille, à l’école, envers la police, etc.) pour améliorer notre fonctionnement collectif et empêcher la perte de toute notion de « bien commun ».

Pour cela il faut reconnaître la légitimité du rôle éducatif des pères et leur autorité naturelle pour transmettre à leurs enfants les repères et les limites indispensables à la vie harmonieuse pour tous dans une société démocratique.

Sans apprentissage du bien commun par les enfants, on aboutit aux explosions nihilistes que nous devons affronter inutilement. La crise que nous venons de subir n’est pas uniquement liée à un conflit de civilisation entre Algériens d’origine et Français de souche : les jeunes de nos banlieues qui séjournent en Algérie où l’éducation des parents n’est pas entravée par les lois et qui s’y comportent comme en France sont rapidement rappelés à la raison par leurs proches.

Il faut rétablir l’autorité éducatrice des parents pour ne pas être contraint à utiliser la force de la police ou de l’armée comme derniers remparts de la démocratie.


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