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Prise de conscience et autisme

La prise de conscience de l’existence d’un fait, d’un être ou d’un objet se développe en trois étapes. Elle commence par la réception des informations relatives à ce fait, cet être ou cet objet, informations reçues par le biais des sens. Elle se poursuit par la réaction aux informations. Elle s’achève par la représentation interne en fonction de la réaction. Ces étapes concernent généralement les trois dimensions de l’existence que sont le physique, l’astral (émotionnel, sensibilité, monde des désirs) et le mental. Nous verrons schématiquement comment des lacunes ou des dysfonctions entre les étapes et/ou entre ces domaines se répercutent dans le fonctionnement de l’individu et ses interactions sociales.

Nous pouvons établir une analogie entre la prise de conscience d’une situation (ou de l’existence d’un autre être) et l’absorption d’un aliment. La réception de l’information concernée équivaut à mastiquer puis avaler l’aliment. La réaction est ensuite équivalente au plaisir ou au dégoût provoqué par l’aliment goûté puis avalé. Enfin, la représentation interne que l’on s’en fait est alors similaire à la digestion (ou à la restitution) de l’aliment. La représentation interne et subjective d’une réalité objective est pour la conscience analogue à l’assimilation (ou le rejet) de la nourriture physique, émotionnelle ou mentale d’un individu.

Les faits relatifs à la vie terrestre impliquent habituellement les trois plans d’existence que sont le mental, l’astral et le physique (voir la Note sur le mental et l’astral). La prise de conscience que l’on peut en avoir implique alors les trois triangles suivants :

  • perception cérébrale via le système sensoriel par l’hémisphère gauche analytique et objectif (il reçoit les informations brutes, visuelles, spatiales, tactiles, etc., et les décortique, les rend compréhensibles, en liaison avec l’entendement);
  • réaction cérébrale par l’hémisphère droit qui permet de ressentir des impressions (il transcrit et interprète les informations reçues, produisant une réaction verbale, gestuelle, émotive, etc., en liaison avec la sensibilité);
  • représentation symbolique des informations et des impressions et réactions qu’elles ont produites afin de leur donner du sens et de les mémoriser dans les deux hémisphères (en liaison avec la volonté);


  • perception émotionnelle et sensible, sens psychologique, compréhension (lié à l’entendement);
  • réaction empathique (liée à la sensibilité);
  • émotion ou sentiment résultant en fonction de l’empathie engendrée ou de son absence (représentation émotionnelle interne, liée à la volonté);


  • perception intellectuelle, entendement, compréhension (lié au Mental et à l’Intelligence);
  • estimation, jugement de valeur, opinion (lié à l’Astral et à l’Amour);
  • visualisation créatrice provenant d’une plus ou moins grande adéquation entre l’intellect et les estimations, selon notamment la dose de logique impliquée dans le processus (lié à la Volonté).

Dans l’idéal d’un fonctionnement parfait dans et entre ces triangles, les liens s’y établissent de manière ajustée, coordonnée, équilibrée, fluide et dynamique. Dans la pratique, il est rare que des êtres humains atteignent un tel niveau d’affinement dans le fonctionnement de leur personnalité (physique, émotionnelle et mentale). Divers exemples de défauts structurels ou fonctionnels et leurs conséquences sont présentés brièvement ci-après.

L’autisme physique résulte d’un dysfonctionnement entre les hémisphères gauche et droit du cerveau. Autrement dit, il existe chez un tel autiste un manque de coordination, d’ajustement, de cohérence ou de synergie entre l’hémisphère gauche récepteur des informations et l’hémisphère droit amenant la réaction à ces informations. En conséquence, ces réactions peuvent varier entre l’excès et le manque. Il peut y avoir aussi bien une réaction excessive ou disproportionnée qu’un manque presque total de réactions, selon les cas et les circonstances. Le même sourire d’une personne familière pourra un jour l’effrayer, et une autre fois, le faire rire. De plus, en raison de ce défaut d’ajustement entre la réception et la réaction, la représentation interne que se fait l’autiste de la réalité est également très variable et, bien sûr, différente en général de celles que peuvent se faire les personnes non affectées par ce trouble. En souriant à un autiste physique, il pourrait n’y voir qu’une déformation d’un visage familier, et n’éprouver que de la peur à cette vision d’horreur.

Sur le plan astral, le défaut de coordination ou de cohérence entre les phases de réception et de réaction se traduit en lacune entre la perception des émotions d’autrui et la réaction empathique. Dans le cas des psychopathes et des sociopathes, il n’existe pratiquement aucune empathie en face des vécus affectifs et émotionnels des autres individus (ni des autres êtres vivants). De ce point de vue, le psychopathe est un « autiste astral » extrême.

L’équivalent de cette problématique sur le plan mental se traduit en manque d’adéquation et de cohérence entre les perceptions et facultés intellectuelles d’une part et les jugements de valeur, appréciations ou dépréciations, estimations et opinions… qui d’autre part en découlent par réaction. Il existe peu de logique entre les deux. De ce point de vue, la plus grande partie des êtres humains sont des « autistes mentaux ». Le mental des individus de notre époque n’est le plus souvent pas coordonné. L’intellect qui perçoit des objets de connaissance ne reçoit que rarement une réaction « d’estimation » ajustée. Les facultés mentales de l’homme lui permettent de percevoir des concepts (intellect) et d’avoir des opinions (estimation), mais ces fonctions ne tiennent que très peu compte l’une de l’autre. Par exemple, beaucoup de gens perçoivent bien le concept de « liberté d’expression », mais s’indignent des opinions exprimées par d’autres personnes lorsque celles-ci divergent des leurs ou s’y opposent en apparence. Leur opinion sur le sujet est contraire au concept lui-même. Ils sont favorables à la liberté d’expression, mais ne voient aucun inconvénient et aucune incohérence à emprisonner des individus exprimant des idées ou des théories qui leur déplaisent.

Les Aspergers sont habituellement considérés comme des autistes, en raison de certains comportements qui ressemblent à ceux d’autistes physiques, mais leur cas ne relève pas d’un manque d’ajustement entre l’intellect et le jugement de valeur. La cause de leurs particularités se trouve dans le rapport entre les domaines astral et mental.

En fait, on peut distinguer deux types d’Asperger. Le plus courant est celui de l’Asperger qui présente une déficience astrale et un mental normal. Pour reprendre les propos d’un ami, « la faiblesse de leur émotionnel les complexe dans les relations sociales, et ils cherchent à s’y soustraire. Ce sont des personnes qui s’isolent facilement pour éviter les souffrances que leur créent les relations émotionnelles ordinaires. Mais n’étant pas parasité par des afflux constants d’émotions, le mental de ces Asperger s’épanouit plus facilement dans la direction des centres d’intérêt que leur propose leur personnalité.Cependant, ce mental n’étant pas plus développé que la normale, l’individu n’est performant dans son domaine que parce qu’il a le loisir d’y consacrer plus de temps qu’une personne ordinaire. »

Toujours selon cet ami, « le deuxième type est finalement le vrai Asperger. (…) Cette personne ne possède pas d’intérêt mental à sens unique, mais au contraire manifeste des aptitudes et des intérêts intellectuels très variés. On peut dire que ces personnes sont des génies pour les gens ordinaires, car elles abordent avec facilité des domaines qui semblent difficiles pour les autres. Elles s’adaptent facilement à la nouveauté et possèdent une parfaite indépendance d’esprit. Dans le domaine émotionnel, ces « véritables Asperger » ne sont  pas toujours à l’aise, parce que les relations humaines ordinaires n’élèvent pas les sentiments jusqu’au niveau de la sphère mentale, comme eux sont tentés de le faire. Ces Asperger ont alors tendance, eux aussi, à s’isoler et s’autosuffire. C’est ce comportement qui les rapproche apparemment des autistes, mais la cause n’est pas une déficience cérébrale, mais une intelligence plus étendue que la moyenne. »

La prise de conscience d’une réalité, celle des autistes comme des autres individus, commence par sa perception qui en fournit la compréhension et l’entendement, puis par son estimation, pour aboutir à son assimilation qui permet d’en tirer les bienfaits.

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