Le Tétralogue — Roman — Chapitre 26

11/01/2023 (2023-01-11)

[Voir :
Le Tétralogue — Roman — Prologue & Chapitre 1
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 2
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 3
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 4
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 5
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 6
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 7
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 8
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 9
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 10
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 11
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 12
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 13
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 14
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 15
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 16
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 17
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 18
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 19
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 20
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 21
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 22
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 23
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 24
Le Tétralogue — Roman — Chapitre 25]

Par Joseph Stroberg

26 — Sous l’eau

Après une quinzaine de jours de voyage, alors qu’ils ne se trouvaient pas encore en vue du continent du Sud, les quatre compères finirent par épuiser leurs réserves de nourriture. Et l’eau récupérée chaque nuit par condensation grâce aux parois isolantes et hydrofuges de l’habitacle ne parvenait pas à suffire, car au fur et à mesure de leur progression, les journées devenaient globalement plus chaudes. Il leur faudrait peut-être en venir à boire leur propre urine au lieu de l’abandonner aux bons soins de l’océan. Mais le faire revenait à ingérer de l’eau quelque peu empoisonnée des déchets chimiques divers normalement éliminés. Combien de temps pourraient-ils se permettre de le faire sans mettre en danger leur organisme qui finirait par devenir incapable de se purifier? Tulvarn priait qu’ils n’aient pas besoin d’en venir à une telle mesure.

Après concertation, ils décidèrent d’un commun accord de stopper momentanément le voyage pour tenter une partie de pêche ou de chasse dans les environs du navire. Reevirn se munit à cette fin de son arc et Tulvarn de son sabre qu’il pouvait au besoin lancer au loin, alors que Gnomil et Jiliern demeuraient à l’abri dans l’habitacle. Le voleur était chargé, dague magique à la main, de veiller sur la cristallière en cas d’imprévus en provenance du ciel ou de l’eau, à supposer qu’un animal intrépide décide de les prendre pour repas.

Tulvarn et Reevirn plongèrent donc dans l’eau encore relativement froide alors que l’été ne commencerait pas avant une vingtaine de jours. L’eau était claire, mais s’assombrissait au fur et à mesure de leur pongée. Comme aucun poisson ni aucun animal n’était visible près de la surface, ils devaient s’aventurer bien plus bas. En apnée, leur capacité pulmonaire et leur puissante musculation leur permettaient de descendre à près de 100 fois leur taille plus bas. Même à cette profondeur, la pression n’était pas pour eux un problème, en raison de la forte résistance de leur constitution. Cependant, ils ne pouvaient alors guère s’éterniser et devaient remonter rapidement pour reprendre leur souffle en surface.

Les deux compères, apprentis chasseurs en eaux profondes, durent accomplir la navette une dizaine de fois avant de repérer un étrange animal isolé qui semblait peu soucieux de leur présence. De couleur violacée, il avait une tête en forme d’entonnoir très évasé, du moins s’il s’agissait bien d’une tête comme ils le supposèrent en raison de sa position au sommet d’un corps oblong qui dépassait les 10 pas de hauteur et se trouvait muni à mi-distance et sur tout le pourtour d’une couronne d’une vingtaine de bras tentaculaires. Dans la partie du bas se trouvaient trois espèces de rubans translucides qui assuraient une forme de propulsion, animés d’un mouvement gracieux presque hélicoïdal, interrompu à intervalle régulier par un vif repli vers une position plus contractée. Dans leur phase de déploiement d’apparence vaguement rotatoire, ces sortes de voiles organiques repoussaient délicatement l’eau pour propulser le corps dans la direction opposée.

Le chasseur et le moine ne donnèrent aucune chance à l’animal. À peine l’aperçurent-ils légèrement sur leur gauche en contrebas, que le premier tira une flèche et le second lança son sabre. La première atteint l’animal au niveau de ce qui pouvait être son cou. Et le second le transperça en plein milieu, libérant une épaisse coulée de liquide opaque de couleur violette. Le corps de l’animal fut parcouru d’une sorte d’onde violente depuis le centre vers les deux extrémités avant de cesser tout mouvement. Il semblait bien mort. Tulvarn et Reevirn s’en approchèrent rapidement pour le remonter tant bien que mal à la surface. Ils atteignirent celle-ci à bout de force et de souffle, aux limites de l’épuisement. Étant donnée la masse de l’animal, avec un peu de chances, ils disposeraient de suffisamment de nourriture jusqu’à la fin du voyage.

(Suite : Le Tétralogue — Roman — Chapitre 27)

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