Réflexions d’un professeur de lettres soumise à un devoir d’information de ses élèves sur le vax covid, entre mythe et réalité

Par Sarah Bertran

Je fais partie de ce qu’on appelle une Institution, un organe de l’État salué comme étant l’école de la République, un lieu de vie et d’éducation présenté comme un bastion de l’éducation populaire avec une Charte de la laïcité en bonne et due forme et une devise que je me dois de ne pas ternir en tant que fonctionnaire de l’État. Et pourtant, combien de fois me suis-je demandé, avec cette boule amère au creux des côtes, surtout depuis la rentrée de septembre 2021, pourquoi je marchais à côté de zombies chargés de former d’autres golems en devenir. Souvent, ma besogne dans ce collège me faisait traverser des couloirs où je croisais sans cesse des adolescents entre 11 et 15 ans en moyenne, au regard terrifié d’attraper un virus mortifère pour lequel on ne leur donnerait pas de traitement efficace et même pire, auxquels on administrerait le sacro-saint Doliprane.

J’arpente le hall d’entrée de mon collège sans masque et à moi, le surveillant ne me dit rien. Je ne suis pas punie pour montrer le mauvais exemple, je regarde les condamnés exécuter leur peine et je rappelle que le port du masque n’est pas légal, juste une recommandation et une mise en danger de la vie d’autrui. Si si, les formaldéhydes, le graphène, foi d’animal, cela est reconnu toxique pour l’organisme.

Les enfants enlèvent leur masque et refusent les piqûres. Dès leur plus jeune âge, on peut constater ce comportement naturel chez la majorité. C’est pour cela que je me demande si ce ne sont pas eux la solution, eux qui finiront par être un exemple trop flagrant pour lesdits adultes, au point qu’ils ne pourront plus l’ignorer.
À ce jour, la plupart des individus semblent tombés dans le piège des médias de masse et de notre société capitaliste sans arrêt insatisfaite, inconsciente des bonheurs simples de l’existence. Ainsi, ce sera peut-être eux la solution, car ils restent encore une des seules choses que ces mêmes individus puissent encore peut-être avoir envie de défendre, en oubliant enfin leur égotisme.

Quand j’entre dans ma classe enfin, après avoir lu et vu tout cela, je fais cours, mais pas un cours comme ils aiment, une construction de l’esprit critique, un agora interdit par les autorités puisque je n’ai pas le profil, je ne fais pas les cours qu’on préconise, comme on les préconise. J’ai fait lire autre chose que du Victor Hugo en ce début d’année là, paix à son âme. J’ai osé faire lire la vérité alors que le monde entier semblait tourner autour du mensonge satellitaire. Mais il faut me comprendre et excuser la jeune enseignante que je suis et qui a fauté, comme l’a bien dit le syndicaliste qui m’a défendu lors de ma comparution, de ma convocation, dans le bureau du principal du collège pour m’annoncer mes chefs d’accusation et l’existence du terrible dossier qui avait été déposé contre moi à l’Infection d’académie.

J’avais commis l’irréparable, j’avais organisé un débat et distribué des documents interdits et non conformes à la propagande, mais vous excuserez bien vous aussi, la jeune enseignante que je suis, mauvaise élève qui a la responsabilité de l’avenir de 120 enfants, merveilles naturelles en devenir, potentiels coups de foudre à une société gangrenée, esprit pouvant encore être libre ou reprendre leur liberté d’esprit et de pensée par la rébellion. Aussi, je ne pouvais pas résister. Rajoutez à cela que j’ai des 5e, estimez leur âge à une douzaine d’années et mettez-vous à ma place : j’avais face à moi une grande partie de ces enfants qui allait fêter leur lendemain d’anniversaire au vaccinodrome le plus proche, leurs bougies à peine soufflées ! Que pouvais-je faire à part organiser un débat sur le pour ou contre de la vaccination ? N’aurait-il pas été injurieux de leur faire lire l’un des discours de notre injurieux président ? N’aurait-il pas été ostentatoire de leur faire lire Les contes de Perrault au programme de la classe de 5e même sans la morale finale ?

Et le plus ironique et effrayant dans tout cela, vous voulez le savoir ? C’est que j’ai su que c’est ce que je devais faire, envers et contre tout, quand j’ai consulté le site Eduscol, site de ressources pour professeurs abrutis : rectificatif, pour professeurs avertis bien sûr. Un cours s’y trouvait là, prêt pour moi, et me montrer le chemin, comme une lumière de confirmation évidente que quelque chose se jouait. Le cours modèle à reproduire se nommait : « Guide professeur sur la vaccination », un « guide » de propagande vers les enfers destiné aux professeurs de collège, particulièrement adapté aux professeurs de lettres comme moi puisqu’il s’agissait de mettre en place un débat en classe. Mais ne vous inquiétez pas, le même « guide » avait aussi été édité en version école primaire… L’enfer n’avait donc pas de limite.

[…]

Puis, les feuilles ont tourné entre les doigts fins et souvent encore minuscules de ces enfants, ébahis par tant de stratagèmes invisibles d’un monde effrayant, planant en silence autour d’eux. Il y avait la photo du Docteur Delépine, cette ancienne cheffe de service de cancérologie pédiatrique à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris et son article, celui d’une éminente spécialiste qui parlait sans ambages de la balance bénéfice-risque concernant l’injection Covid pour les enfants. Une balance qui leur était clairement défavorable. J’ai vu leur regard… Ils se demandaient si tout ceci pouvait être une blague, attendant un signe de ma part pour les rassurer. Mais, rien n’est venu, ni mine inquiète ou menaçante, ni rassurante. Je me voulais l’instrument neutre de leur éducation, l’humble fournisseur de lumière pour qu’ils puissent choisir leur chemin par eux-mêmes, sans regrets. Un autre document évoquait la dangerosité de l’injection sur les femmes enceintes et les problèmes de stérilité. Puis, une main s’est levée, en jetant des coups d’œil nerveux à d’autres camarades sans arrêt. La voix était faible et gênée. Il est vrai qu’on était au début de l’année scolaire et qu’il peut être très intimidant de s’exprimer à cet âge au milieu de 29 autres congénères. Mais ici, il semblait qu’il y ait un secret qui allait être dévoilé dans la peur et l’incertitude de l’assentiment, même des amies les plus proches, un secret qui ne demandait pourtant qu’à s’ouvrir, une gesticulation insoutenable le trahissant. « C’est vrai ! », a-t-elle presque hurlé l’œil hirsute, « c’est vrai ! », « je connais des jeunes filles qui n’ont plus leurs règles depuis qu’elles se sont fait vacciner ». Puis, les autres, celles touchées en plein cœur par les œillades fébriles ont fini par ouvrir la bouche, au milieu des « n’importe quoi, ça se saurait si c’était vrai ». Cette vigueur à réfuter était la preuve manifeste d’un rejet de type déni comme l’on a pu en observer tant dans notre société adulte et cette scène n’échappait pas à la règle. Ses « sœurs » ont confirmé pourtant : il y avait bien un problème de menstruations dans bon nombre de cas, au moins temporaire, et de l’ordre de 1 à 3 mois en post-injection, voire de 6 mois au fil des injections. Puis, la cloche a sonné et vous savez comme c’est à cet âge ! Tous les sacs se sont refermés à la vitesse des fermetures éclair et de l’Enfer d’être là sans savoir vraiment pourquoi. Le pourquoi ? Un problème récurrent chez ces enfants qui ont besoin de sens là où on ne leur en donne pas.

J’ai cru aller boire mon café suite à l’incident, mais la jeune fille, la première, vous savez, celle qui s’étrangle de ce qu’elle voit et se jette au front, pas par courage, mais par incapacité à faire autrement face à l’inacceptable, elle attendait derrière moi comme une ombre. Elle était mince et s’était faufilée pour devenir ce mur et que les autres sortent en l’oubliant. Elle a fait signe à ses sœurs d’aller en récré sans elle puis, après s’être assuré que nulle autre que moi ne pouvait l’entendre, elle m’a raconté comment elle avait cherché des preuves pour argumenter en défaveur de la vaccination et n’en avait trouvé aucune et comment il n’y en avait pas plus en faveur sur les sites gouverne-menteurs. Elle souhaitait que je lui donne mes sources pour en lire plus.

Peut-être avait-elle trouvé pour la première fois sur le sujet, dans ce froid établissement, une porte ouverte et libre qui ne risquait pas de se refermer en couperet. Je lui demandais alors si c’était elle la jeune fille : elle m’a parlé de sa sœur biologique et de ses autres sœurs, de ses cousines, de toutes ces jeunes filles vaccinées qui n’avaient plus leurs règles. Il faut préciser que dans notre culture, je parle de l’une de mes cultures d’origine, la culture orientale, les femmes parlent entre elles, peu importe qu’il y ait un hammam ou pas. Dans ces familles marocaines comme dans les familles algériennes ou tunisiennes, les femmes échangent sur l’intimité et se confient. Là, la confidence était rude, glaçante : les jeunes femmes vaccinées voyaient leur vie changer, car elles se faisaient répudier par leurs maris, faute de pouvoir enfanter et d’avoir leurs règles, mauvais signe pour la fertilité.

La jeune fille vivait dans la peur et l’incompréhension, l’impuissance de pouvoir aider ses grandes sœurs, le sentiment d’appartenir à un monde qui n’était pas le même que ses camarades : liée à celles qui partageaient ce quotidien, ses amies, sœurs et cousines dans un communautarisme créé par ceux qui les y avaient enfermés et les regardaient de l’extérieur.

La cloche mit fin à la scène et la jeune fille s’enfuit après m’avoir confié à voix basse son cœur malgré le couloir vide dans lequel il n’y avait que les murs pour écouter, quelques instants plus tôt. L’autre classe était déjà à ma porte, si bien que tout ceci aurait pu être un cauchemar éveillé. C’est que, voir une vidéo ou lire un article est une chose, échanger avec un être humain meurtri qui vous regarde dans les yeux en est une autre : pas de triche, plus de doute, la vérité lue prend forme et vous frappe, en tant que mère, en tant que sœur, cousine, amie, en tant que femme.

Alors, le ventre lourd, j’ai fait entrer la classe suivante, comme dans ce système de masse à la chaîne qu’on sait cultiver sans le désigner ainsi. À nouveau, j’ai distribué les mêmes documents, en tentant de me persuader qu’une fois l’aigreur vécue une première fois, je serais blindée pour les autres, mais vous savez comme c’est ? On a beau dire, on a beau faire, ma main les regardait ouvrir de grands yeux sur les feuilles interdites encore une fois et, en contractant les muscles de mes doigts, j’avais d’autant plus conscience que je devais rester forte pour accomplir ce qui était, non plus, une mission éducative, mais une mission tout court, car notre vrai rôle est là : informer, développer, protéger, libérer, témoigner… en tant qu’enseignante, en tant que mère, en tant que sœur, cousine, amie, en tant que femme.

Sarah BERTRAN

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