Mélenchon, ce bateleur vulgaire

Par Lucien SA Oulahbib

[Photo : © AFP 2021 GEOFFROY VAN DER HASSELT]

Il était là face à Éric Zemmour, comme un vieux bateleur montrant fièrement son dentier, las en attente de son su-sucre (donné par son Maître Maduro), alors qu’il aurait mieux aimé (cela suintait) plutôt affronter Ô Macron pour un second tour qu’il ne verra décidément jamais, tant malgré son vernis culturel il ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre) que la France n’a pas commencé à Valmy et qu’elle ne peut se substituer à l’ONU pour réguler les flux migratoires mondiaux.

Le fait qu’à plusieurs reprises ce malotru bavant d’envies et d’outrances ait lancé à la face de Zemmour que ce dernier était « inhumain, malsain » — parce qu’il ne voulait pas que toute « la misère du monde » déferle en France — en dit long sur sa vision éthérée du concept de « citoyenneté ». Il se targue d’avoir vu émerger ce dernier à Valmy, alors que précisément, lors de cette bataille, le peuple de France (et non pas en effet ses élites) s’est levé et battu contre des armées « étrangères ». Plus strictement encore, personne n’a appelé au « défaitisme révolutionnaire » comme le faisaient les léninistes et trotskistes en 1914 face aux armées du second Reich — à Valmy ceci aurait probablement conduit à une fraternisation entre soldats. Cela dénote une incompréhension totale de l’osmose entre un peuple et son drapeau (seconde peau, drap symbolique de sa peau mentale, celle qui frissonne en entendant l’Hymne et le Clairon).

Cela renvoie aussi à l’incompréhension de Marx en 1848, lors du « Printemps des peuples » qu’il avait pris uniquement pour un soulèvement contre les élites bourgeoises et aristocratiques, alors qu’il s’agissait du cri épris des peuples contre toute tyrannie, et pour la liberté (premier terme de la devise française) qui en effet ne peut se satisfaire de l’ordre naturel sélectionnant forts et faibles. D’où justement l’idée de la solidarité qui réalise la fraternité entre citoyens ayant juré de défendre la Patrie, tandis que les non-citoyens doivent en effet se couler dans le lit du fleuve Nation, mais qui accepte plusieurs formes de pierres et de limons, et non pas ceux d’un seul formatage.

L’aboyeur Mélenchon confond la nécessité d’une part de lutter au niveau mondial contre la corruption des gouvernements félons qui forcent leur population à émigrer (en leur coupant les vivres via la Banque Mondiale, diverses ONG, le FMI) et le fait d’autre part qu’en attendant il faille bien faire quelque chose — en l’occurrence suspendre l’immigration le temps au moins que celle déjà présente se coule dans la Nation ou se démette en repartant (ce qui sans doute nécessite non point ces trains et avions dont Mélenchon s’est glosé d’en souligner le peu de places, mais de penser avec l’organisme onusien et les différentes ONG qui s’occupent des réfugiés dans le monde comment on doit organiser la mise en place des tentes d’accueil appropriées aux frontières, le temps d’étudier les dossiers d’immigration cas par cas, plutôt que de voir les réfugiés s’entasser sous les ponts et les jardins des centres-villes).

Tout est aussi une question d’aménagement du territoire (qui devrait être un ministère d’État et fusionner plusieurs ministères : industrie, agriculture, énergie, tourisme, transports, devenant des secrétariats d’État), en ce sens où le redéploiement (volontaire) des mégapoles vers les territoires grâce aux circuits courts (ou comment acheter sa côte de bœuf/porc à la ferme et non pas attendre qu’elle passe par la centrale d’achat qui l’expédie en Pologne pour l’empaqueter avant de revenir dans le supermarché situé à vingt kilomètres). Ce redéploiement permettra aussi de mieux voir ce que les lieux ou bassins (plutôt que « zones ») d’activité ont besoin en termes de profils de compétence.

De plus, s’il y a une réelle réhabilitation des métiers manuels, il n’est pas sûr que l’on ne puisse pas convaincre toute une population autochtone de rester au pays si elle y trouve réellement de quoi vivre bien au sens d’être bien logée, nourrie, cultivée, amusée. D’ailleurs, et comme l’avait fait remarquer Zemmour, les « plongeurs » dans les petites villes sont bien plus autochtones qu’étrangers, ces derniers se concentrant plutôt dans les mégapoles et leurs proches banlieues, tandis que les premiers iront peupler la « périphérie »….

En tout cas et in fine lorsque le soudard Mélenchon se gausse de « l’art de vivre à la française », le caractère vulgaire du personnage saute à la figure. Il fait vraiment penser, sans la blouse grise, à ces contremaîtres grincheux qui surveillent par la vitre du bureau si cela tourne comme il faut dans l’atelier sans aller une seule fois voir sur place comment cela se passe. Il est vrai que sous les bolcheviques, les syndicats indépendants étaient interdits et que les travailleurs (les « vrais ») n’avaient affaire qu’aux commissaires politiques dont Mélenchon est la réplique à l’état chimiquement pur, celle d’un ersatz de monstre qu’une tératologie du futur pourra toujours exhumer en se demandant cependant comment un tel fossile a pu encore persister après l’effondrement de tout le paradigme marxiste-léniniste…

Sans doute grâce à la manip génétique entre le maoïsme et l’affairisme hygiéniste scientiste issu du libéralisme, un alliage personnifié aujourd’hui par le marquage numérique accéléré de tout le bétail humain jusqu’à son esprit et son sens intime, parqué dans les cages à lapins permettant sous « Métavers » la production artefact du « trans » (humain, genre, nation).

Un Mélenchon avec ses meetings hologrammes et olfactifs en étant seulement le bateleur (pédant et vulgaire).

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