Macron est-il de « droite », Mélenchon de « gauche »?

Par Lucien SA Oulahbib

Comme il va être vu, le Président actuel incarne plutôt un centre gauche post giscardien entremêlant étatisme technocratique globalisé et assistanat universel et circonstancié de type populiste péronien (les ralliements actuels provenant des sociaux-démocrates et des gaullistes dits « sociaux » le prouvent). Marine le Pen représente de plus en plus, seule, la gauche jacobine par glissement de l’électorat populaire et son nouvel ancrage programmatique. Mélenchon s’identifie désormais dans sa dernière métamorphose à l’extrême gauche césariste (façon Brutus) et néo-robespierriste (à la manière de Trotski) alliant alter-islam et toujours la fusion organique Parti-Etat léniniste au sein d’une » race » autocratique colorant celle du « Prolétariat » par le « Créolétariat ». Jadot est sur le même créneau, mais avec l’hypocrisie en plus, entremêlée d’illuminisme catastrophiste pénitent, tandis que les trois autres (PC et trotskistes) incarnent le léninisme « classique » au sens remplaciste classiste : la nouvelle race idéocratique forgée dans le Creuset symbolique du Prolétariat imaginaire (émancipateur de « l’Humanité ») remplace « la classe dominante » sans plus, comme il a été vu dans les pays communistes (avec la vague idée de faire mieux bien sûr comme le prétend Badiou qui soutient d’ailleurs toujours et mordicus l’obligation injectable).

Pécresse, elle, incarne un centre droit mou à la Louis XVIII, en compagnie de Lassalle, ou la déliquescence accélérée de la démocratie chrétienne ayant croisé pendant un temps les classes industrielles urbaines supérieures avec toute cette nostalgie du « bon temps » qui a fait la gloire de la littérature au 19e siècle (Madame Bovary, Tartarin de Tarascon) et du cinéma français et européen des années 60 (Sautet, Bergman, Fellini, Visconti…) : l’hiver en ville et ses salons olé-olé, l’été à la campagne avec Lassalle en berger des Pyrénées racontant les histoires de l’oncle Paul à la veillée ou encore, plus interlope, à La Baule et Saint-Jean de Luz, se reposant des affres permanentes entre le capitalisme familial de papa et la Secte globalisée avide d’affairisme généralisé et de gloriole apprise à Saint-Tropez (et New York) comme tout arrivisme qui se respecte cherchant également à s’anoblir entre deux dessous de table. Il reste à droite Dupont-Aignan avec son souverainisme cinglant, mais par un certain biais rigide suicidant, par exemple l’alliance avec Poisson lors des régionales (quoiqu’il a été intransigeant en ce qui concerne les libertés fondamentales lors du covidisme aigu).

Il reste aussi à droite, et ce surtout désormais, Zemmour, qui tente de réconcilier comme il le dit les différentes « familles de la droite » (voire aussi de la France au sens du dernier Barrès, d’où sa ritournelle à chaque fin de meeting : »… et, surtout, surtout, vive la France! »). Il risque cependant d’en faire une addition plutôt qu’un tout supérieur à la somme de ses parties :

  • ainsi sa frilosité sur la « démocrature » scientiste et hygiéniste, de même que sa difficulté à expliquer que l’immigration est, d’abord, un problème mondial lié à l’affairisme ultra-échangiste de la corruption internationalisée qui cache l’action des mafias mondiales sous le couvert d’États croupions ou Potemkine ; ce qui fait que la France devrait au plus tôt quitter les instances internationales comme la Banque Mondiale, l’UNESCO, et sommer l’ONU de se réformer ou de disparaître comme feu la Société des Nations. Ce flou, s’il en est, dans l’analyse (compensé il est vrai par la promesse de bloquer l’aide au développement et les transferts monétaires) explique l’actuelle diabolisation du concept de « remigration » opérée y compris par Marine Le Pen alors que pourtant la position de Zemmour est somme toute modérée (!) à côté des positions « identitaires » qui veulent, elles, aller bien plus loin : jusqu’à aller aux antipodes de l’idée d’assimilation (à l’exception cependant de l’Action Française qui d’ailleurs soutient Zemmour) ce qui, là, renvoie à la droite dite techno-différentialiste proche des thèses anglo-saxonnes communautaristes en réalité et aussi racialistes classiques de type völkisch (mais c’est un autre sujet) ou en fait la « vraie » extrême droite représentant aussi le courant strictement anti-parlementariste et clairement anti-assimilationniste (qui appelle d’ailleurs à voter contre Zemmour parce que « juif »…).

Une blague édifiante, en passant, sur ce classement proposé : lors du trajet en car vers Paris pour le Trocadéro, l’on s’arrête, et nous voyant débarquer, le préposé à la station-service demande à un « reconquêtiste » si l’on va à un meeting de Marine Le Pen, il répond hilare : « euh non, on va à un meeting de droite… ». Le préposé est sans doute encore en train d’y réfléchir 🙂. À propos du classement ci-dessus, il pourrait être néanmoins rétorqué que concernant par exemple Macron, son globalisme ultra-échangiste le marque plutôt à « droite » et que la radicalité de Zemmour sur la « remigration » à « l’extrême droite ». Rien n’est moins sûr. À moins d’établir une équivalence entre droite et ultra-échangisme, ce qui n’est pas vraiment le cas historiquement parlant, y compris mondialement, le protectionnisme, par exemple, n’étant pas nécessairement de « gauche » (malgré les dires d’un Sapir, Onfray, ou Todd)

On peut certes avancer que Macron est tout de même « libéral » dans le sens « néo-libéral » acclimaté aujourd’hui, c’est-à-dire selon la Vulgate « le jouet de LA finance ». Or là aussi j’émets un bémol à la fois doctrinal et politique : sur le premier aspect, libéral ne veut pas dire licence et donc affairisme du moins si l’on suit Locke et Montesquieu ; ce qui fait que, sous l’aspect politique, jamais la City ou la Réserve Fédérale n’ont joué contre les intérêts, souverains, du Royaume-Uni ni des USA (même aujourd’hui dans le bras de fer avec Poutine : dollar et livre contre rouble et yuan, l’euro en touche). D’ailleurs, comment se fait-il qu’un Trump et un Johnson aient pu se faire élire s’il n’y avait pas dans le tréfonds de ces deux pays une solidité quasi mystique qui avait d’ailleurs donné un Churchill (et aussi le De Gaulle du 18 juin by the way sans parler du sursaut russe à Stalingrad…). En fait, le fait libéral au sens philosophique des 1er et second amendements américains et non pas au sens de la gauche américaine vous le voyez encore plutôt en Floride, au Texas au Dakota Sud, et aussi en Europe en Suède, car ces États malgré la pression « covidiste » n’ont pas flanché sur les libertés imprescriptibles à la différence de tant d’autres y compris anglo-saxons (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande…).

Macron n’est en fait pas « libéral » du tout en ce sens profond (ontologique) légué par le libre arbitre d’Adam et Ève, de Moïse et de Saint Augustin; et même s’il apparaît être le jouet de « LA » finance avec les histoires McKinsey et autres optimisations fiscales et comptes cachés, il s’agit plutôt de licence au sens lockien de perversion et donc d’affairisme éhonté qui se sert cependant des graves manques de l’appareil d’État (pour s’enrichir, mais en secret) en ce sens où les services de contrôle a posteriori étatiques ne font pas leur « boulot » comme le soulignent Charles Gave et Didier Raoult – hormis la Cour des Comptes qui n’a toujours cependant qu’un avis facultatif (ce qui devrait pourtant changer, mais je n’ai entendu aucun candidat l’exprimer) ; car ces services cherchent plutôt la petite bête (comme l’a indiqué dernièrement Raoult), étant télécommandés par des ennemis en interne et des lobbys divers (liés à Big Pharma en ce qui concerne Raoult), et aussi de la bureaucratie bruxelloise aux ordres de la Secte trans/globaliste. Et cela se passe aussi, du reste, dans toutes les autres structures étatiques dont les tentatives d’autoréforme sont immédiatement bloquées par les franges pseudo-syndicales et plutôt affairistes et/ou idéocratisées (comme le fait dernièrement de nier « l’islamo-gauchisme à l’Université »), le CNRS en tête, alors que tout le monde sait que cette dernière structure tout comme nombre d’Universités ne sont que des rentes pour la franche intellectuelle idéocratique oscillant entre Mélenchon Macron (au second tour) et les autres, SciencePo en incarnant désormais la pointe (salace et pudibonde) la plus avancée. D’où aussi l’utilisation d’officines privées opérée par Macron lorsqu’il veut aller vite, vite, vite pour imposer, quoi qu’il en coûte, « le Grand Reset », ce qui du reste n’est pas contradictoire comme on le sait (le fameux « en même temps ») avec le projet de la gauche trans/humaniste allant d’Attali aux boomers californiens…

Au fond, le dilemme reste toujours le même : qui peut dans ce cas incarner au mieux le fait de non seulement restaurer, rénover, mais affranchir la France de toutes ces entraves intérieures et extérieures en vue à la fois de préserver ses acquis et les affiner ? Qui ?…

J’ai ma petite idée, mais à vous de voir : « libre arbitre »…

Et, surtout (surtout), réponse le 10 avril…

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