L’épée à l’ombre de l’équerre et du compas

L’épée à l’ombre de l’équerre et du compas

24/05/2021 (2021-05-24)

[Source : Nice Provence Info (nice-provence.info)]

Par Walther.

Les trois lettres ouvertes de militaires :
• la première lancée par le site Place d’Armes,
• la deuxième, publiée sur le site de Valérie Bugault,
• la troisième, dite des militaires d’active,
ne cessent de provoquer des ondes de choc dans l’univers médiatique et politique.

L’ancien soldat et celui d’active viennent d’enfourcher un même cheval de bataille pour la sauvegarde d’une patrie millénaire désormais vouée au « chantier de déconstruction », selon l’annonce d’un haut responsable de l’état. Deux sur un même cheval, comme sur le sceau de l’Ordre du Temple :

Sceau Temple

Ce célèbre sceau comporte, on s’en doute, une signification ésotérique. Le double chevalier est en réalité l’image d’un preux de chair et d’os – donc mortel – et de son Double (son âme) immortel(le), version médiévale d’une évocation secrète de Castor (l’être périssable) et de Pollux (l’être immortel), les jumeaux du mythe grec devenus les Gémeaux du zodiaque(1).

Retenons l’évocation des Templiers qui trouvera sa raison d’être dans notre propos.

La troisième lettre comporte la formule « en leurs grades et qualités » qui est manifestement un clin d’œil maçonnique dès lors que prononcée lors des travaux de loge (lire La tribune des militaires laboure en profondeur du 11 mai 2021). Il a été également dit que la mention du septième couplet de La Marseillaise en serait un autre indice. Et pour cause, ledit couplet, qui ne fut pas rédigé par Rouget de Lisle mais par l’abbé Antoine Pessonneaux(3), semble bien comporter des allusions au symbolisme maçonnique :

« Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n’y seront plus.
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leur vertu.
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre ».

Le premier vers évoque une « carrière » et ce terme fait, a priori, référence à une situation professionnelle (en l’occurrence le métier des armes). Mais il est aisé de prendre ce même mot au sens littéral : « un lieu d’où sont extraits des matériaux de construction » et, comme tel, indispensable aux maçons.

Maçons - bâtisseurs cathédrales

Tailleurs de pierres médiévaux. L’exactitude qu’exige leur travail nécessite l’équerre et le compas, instruments formant l’emblème du Compagnonnage et, plus tard, de la Franc-Maçonnerie

Le sixième vers parle de « partager un cercueil ». Il s’agit de celui de maître Hiram, le mythique architecte du temple de Salomon à Jérusalem. Ce symbolisme intervient lors de la réception du grade de maître maçon.

Cérémonie maçonnique - Cercueil Hiram

Réception à ce grade dans une loge maçonnique du XVIIIe siècle. L’impétrant est couché sur l’ombre du cercueil d’Hiram auquel on ajoute le crâne, les tibias et une équerre. Le tout au milieu des larmes évocatrices de tristesse

Le fait que ce couplet soit le septième n’est pas innocent non plus. En effet, ce chiffre 7 correspond à la lettre G, car elle est la septième de notre alphabet et l’initiale de Géométrie(2), discipline nécessitant l’usage de l’équerre et du compas. Et, précisément, le symbolisme maçonnique place le G entre une équerre, figurant la « terre » et le compas manifestant, par sa rotation, le « ciel ».

Maçonnerie équerre compas_G

Septième lettre de notre alphabet, le G figure le passage entre l’être terrestre (mortel) et l’être céleste (immortel). Ce qui explique l’omniprésence du chiffre sept dans de diverses traditions et notre semaine de sept jours s’y réfère

Ces précisions énoncées, si, comme le laissent supposer de telles références maçonniques dans cette troisième lettre, nombre de ces initiateurs sont membres de diverses obédiences, cela signifie que les connaissances ésotériques en usage dans les loges se conjoint à leur cri d’alarme concernant la situation dramatique vers laquelle se dirige la France.

Expliquons-nous : issue du travail de la pierre et du bois, la symbolique de base présente en Maçonnerie, sur ce que l’on nomme les « Tableaux de loges », n’est pas, insistons sur ce fait, une invention des maîtres maçons du XVIIIe siècle. Elle est directement issue des bâtisseurs de cathédrales et, avant eux, de ceux qui, à travers toute l’Antiquité, érigèrent les monuments que l’on connaît. Après les captivantes constructions romanes, il en a résulté cet opus francigenum (l’« œuvre francilienne ») qui allait émerveiller toute l’Europe.

Maçons - bâtisseurs cathédrales - équeerre

Miniature médiévale montrant un roi de France visitant un chantier où se construit une cathédrale. Au premier plan, à droite, un tailleur de pierres vérifie l’exactitude de son travail

Car l’élan vertical du gothique et sa floraison de rosaces focalise le génie de notre nation. Le peuple qui réalisa de tels prodiges doit-il, maintenant et au nom d’une hypothétique « diversité » et autre « mondialisation (décrétée) heureuse », s’effacer à jamais ? Car les « déconstructeurs » de l’Histoire décrétèrent un jour qu’ « il n’y avait pas de culture française mais de culture en France ». C’est l’identité même de ce pays qui était ainsi remise en cause. Et l’incendie de N‑D. de Paris a montré qu’un chef‑d’œuvre pouvait s’écrouler et partir en fumée. D’autant que cet édifice, au pied duquel se rejoignent toutes les routes de notre nation, est précisément emblématique d’un symbolisme prenant plastiquement racine dans l’âme française tout en exprimant des concepts hautement métaphysiques(4).

De fait, la Franc-Maçonnerie a souvent été considérée, par toute une droite identitaire ou souverainiste, comme un instrument de subversion. Le mondialisme et l’encouragement de certains de ses dirigeants ostensiblement francs-maçons à voir s’opérer un « Grand remplacement » de population au nom d’un pseudo humanisme déliquescent, ne pouvaient qu’aller dans ce sens.

Preuve patente de leur ignorance des authentiques significations du symbolisme dont ils se réclament

Il est fort possible que les actuels « hauts gradés » (militaires autant que maçons) aient pris conscience que l’héritage des constructeurs de cathédrales était menacé de mort à brève échéance. En regard de l’action subversive menée par des individus s’enrageant à faire de la France un openfield pour invasion migratoire, le souvenir d’une chevalerie templière, nimbée de légendes, et des « Logeurs du Bon Dieu »(5) (surnom de ceux qui édifiaient une spiritualité d’ogives et de vitrail) a sans doute provoqué un sursaut dans la conscience des officiers affiliés à diverses obédiences.

Bref rappel historique expliquant l’attirance de la « Grande Muette » pour la Franc-Maçonnerie :

En France cette organisation a vu le jour à la fin du XVIIe siècle à Saint-Germain-en-Laye, dans le milieu d’Écossais en exil, membres de la Garde Écossaise des rois de France fondée en 1422 sous Charles VII, et parmi les officiers du régiment Royal Irlandais. La Garde Écossaise est la première armée royale.

Garde Écossaise - Charles VII

On parlera de « Rite écossais ancien et accepté » puis, dans la dernière partie du siècle de « Rite écossais rectifié », fondé par le Lyonnais Jean-Baptiste Willermoz.

Donc, comme on le voit, ce sont des militaires qui s’imposent dans la fondation des loges françaises. Par la suite, il sera courant de voir des uniformes fréquenter les loges, particulièrement sous l’Empire et, puisque nous célébrons l’anniversaire de la mort de Napoléon, retenons cette image d’époque ne laissant aucun doute sur le rôle éminent joué par la Maçonnerie dans l’épopée impériale(6) :

Napoléon - Nid aigle - Franc-maçon

Cette allégorie d’un Napoléon survolant le monde porté par un aigle est aussi celle de la Maçonnerie triomphante car l’oiseau qui plane au zénith tient dans ses serres l’équerre, le compas et la clef du pouvoir. Sous la banderole déployant les signes du zodiaque, on voit l’étoile (dans laquelle s’inscrit la silhouette humaine) portant la lettre G.

La suite des événements se montrera des plus intéressantes car, comme on vient de le voir, nous assistons au retour de concepts qui, sous des auspices hautement spirituels, s’inscrivirent dans le Destin de notre nation. L’occasion pour une Maçonnerie authentique, se libérant enfin des entraves du mondialisme, d’apporter sa pierre de faîte – la « clef de voûte » – à la reconstruction de la France.

Aux dernières nouvelles, une autre lettre ouverte, émanant, cette fois, des forces de police, est adressée au gouvernement. En outre, aux États-Unis, plus d’une centaine d’anciens généraux viennent de publier un message avertissant Biden qu’ils ne toléreront pas de voir l’Amérique s’effondrer dans le chaos des casseurs de statues Black Lives Matter et autres adeptes déments de la woke attitude. De part et d’autre de l’Atlantique, même réaction enracinée contre l’anéantissement des peuples : « La Fayette nous voilà ! »(7).

Walther


Paul-Georges Sansonetti - Énigme Pôle

(1) Cf. P‑G. Sansonetti, Hergé et l’énigme du Pôle, Éditions Le Mercure Dauphinois
(2) Né en 1761, cette rédaction lui vaudra la vie sauve devant un tribunal révolutionnaire bien décidé à le passer au « rasoir républicain ».
(3) Mais aussi de « Gnose », autrement dit la Connaissance.
(4) Prenons pour exemple le fait singulier, signalé par des ésotéristes, que N‑D. a pris feu exactement 666 jours après l’élection d’une majorité présidentielle favorable à l’idée d’une déconstruction de l’Histoire de France. C’est comme si l’embrasement de ce chef‑d’œuvre répondait tragiquement à l’indifférence des Français quant à leur mémoire collective.
(5) On notera le jeu de mots entre logeurs et loge.
(6) Son frère Joseph Bonaparte (1768−1844) : Roi de Naples puis Roi d’Espagne avant de s’exiler plus tard aux États Unis. Initié Franc-Maçon à la loge « La Parfaite Sincérité » à Marseille, il devient, en 1804, Grand Maître du Grand Orient de France.
(7)

La-Fayette-nous-voila
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