Témoignage d’une électrohypersensible

12/06/2023 (2023-06-12)

[Source : cielvoile.fr]

Témoignage d'une EHS

Mes symptômes d’électrohypersensibilité (EHS) ont débuté il y a plus de 20 ans même si je n’ai commencé à faire le lien avec les ondes électromagnétiques qu’aux alentours de 2011 et n’ai été diagnostiquée EHS qu’en 2016.

En octobre 2002, je venais d’acquérir, comme tous mes collègues, mon tout premier téléphone portable. J’habitais alors près d’une falaise et il n’y avait pas beaucoup de réseau. Je ne savais alors pas que le téléphone rayonnait très fort dans ce cas. J’avais des picotements et la tête très chaude après les appels téléphoniques, mais cela passait et je ne m’inquiétais pas. Je faisais confiance…

Très rapidement, j’ai commencé à avoir de terribles démangeaisons dans le cuir chevelu accompagnées d’une chute importante de cheveux. Ces problèmes ont duré de très longues années. J’ai consulté près de 14 dermatologues dans toute la France. Je suis même allée à l’hôpital Saint Louis (centre Sabouraud) pour rencontrer le spécialiste de la chute des cheveux à l’époque, le Dr Reygagne. Je n’ai pas eu de réponse concrète. J’ai essayé un traitement au Minoxidil. Le médecin pensait à une alopécie androgéno-génétique, mais le traitement ne fonctionnait pas. J’ai tenté d’autres alternatives : l’acupuncture, les huiles essentielles, le magnétisme, les plantes… Rien n’améliorait mon état. Je suis tombée dans une profonde dépression. Parallèlement, les problèmes s’accumulaient : troubles cardiaques : extrasystoles et tachycardie, troubles de la thyroïde, plaques rouges sur le visage (il s’agissait en fait des brûlures), extrême fatigue. Je sentais qu’il y avait quelque chose de grave sans comprendre ce qui m’arrivait et je me sentais terriblement incomprise au point un jour de prendre des médicaments en trop grande quantité pour que cela s’arrête. Je n’en pouvais plus de passer mes jours et une partie de mes nuits à ruminer pour tenter de comprendre ce qui se passait. Je tournais en rond dans ma tête. Pour mon médecin traitant de l’époque, j’étais psychotique, névrosée. Pour d’autres c’était le surmenage, le stress…

Miraculeusement, en 2009, la chute des cheveux s’est arrêtée d’elle-même sans que je comprenne ce qui s’était passé. Ce n’est que bien plus tard que je ferai le rapprochement avec le fait que j’avais changé de téléphone et que j’utilisais la fonction haut-parleur. J’avais également déménagé dans une zone où il y avait davantage de réseau donc moins de rayonnement provenant de mon téléphone.

J’ai fait construire une maison écologique à un kilomètre de mon lieu de travail pour pouvoir y aller à pied ou à vélo. J’avais un bois à traverser. C’était vraiment très agréable. Je pensais avoir acquis un peu de stabilité et je me sentais très bien dans mon nouveau cocon. Peu de temps après la construction, j’ai vu apparaître une antenne de téléphonie mobile derrière la maison. Je n’étais pas réellement consciente des dangers à l’époque. Plus tard, je ferai le rapprochement entre l’installation de cette antenne et le déclenchement de mes acouphènes d’abord intermittents (le soir au coucher) puis de plus en plus durables (sur quelques jours) et l’arrivée d’insomnies.

Par ailleurs, dans mon environnement professionnel, le rayonnement électromagnétique n’a fait que s’intensifier. Ingénieur agronome de formation, j’enseignais l’agronomie et l’hydrologie en établissement agricole. Mon public était de plus en plus équipé en objets connectés et les bornes wifi ont proliféré dans les différents bâtiments du site. Mon proviseur avait comme devise : « Il faut vivre avec son temps ».

Son objectif était de développer le numérique au niveau de l’établissement : tableaux numériques interactifs, chemin numérique sur le site, ordinateurs portables distribués à tous les enseignants pour tout piloter à distance : les absences, retards, sorties réservations de salle, enregistrement des notes. Je me suis vu confier la coordination d’une formation BTS en « gestion et maîtrise de l’eau ». Je passais les trois quarts de mon temps en salle informatique. J’accompagnais les élèves et étudiants dans le suivi de projets, de stages, de préparation aux examens…

Je rentrais chez moi épuisée, à bout de souffle, littéralement et à bout de forces. Même après une heure de travail, j’étais dans un état d’épuisement extrême.

En 2012 (je pense), je passais les vacances chez ma maman à Leforest lorsqu’une personne est venue à la maison pour me faire signer une pétition au sujet d’une antenne de téléphonie mobile installée près de chez elle qui lui causait de graves troubles. Elle m’a décrit ses symptômes et cela a été pour moi une révélation. J’ai enfin compris pourquoi mon corps souffrait tant.

J’ai commencé à faire des recherches sur le net : tout coïncidait. C’était à la fois un réel soulagement d’avoir mis un mot sur tant d’années de souffrances, mais aussi une terrible angoisse : comment allais-je pouvoir gérer ce problème ?

J’ai discuté de ma situation avec un ami qui travaillait chez un fabricant de téléphones portables. Il était tout à fait conscient (tout comme les membres de sa société) des dangers occasionnés par les ondes électromagnétiques et m’a conseillé de voir le professeur Belpomme.

J’ai un peu tardé, mais je me suis enfin décidée et en 2015, je prends rendez-vous pour le 16 juin 2016.

Mon état de santé s’aggravait (vertiges, nausées, troubles de la mémoire et de la concentration, aggravation des troubles cardiaques). Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’étais à bout de forces aussi bien physiques qu’intellectuelles. Je décide de prendre rendez-vous avec le médecin de travail en 2015. Pendant la séance, j’étais en larmes : je tentais d’expliquer les causes de mon état (explosion du rayonnement sur l’établissement dans lequel je travaillais), mais j’avais en face de moi un mur de silence et d’incompréhension. Elle m’a conseillé de prendre rendez-vous avec une psychologue de la médecine du travail et de revenir la voir lorsque j’aurai vu le Docteur Belpomme. J’ai pu bénéficier d’un suivi psychologique au sein de la médecine du travail pendant six mois jusqu’à mon arrêt de travail avec une personne cette fois-ci très ouverte et très à l’écoute.

J’ai donc vu le docteur Belpomme en juin 2016. Il m’a longuement questionné sur mes pratiques, mon travail, mes difficultés, mes symptômes… puis m’a envoyé faire des analyses sanguines et m’a donné des prescriptions pour un encephaloscan et des analyses d’urine. Il m’a donné un traitement à base de compléments alimentaires (antioxydants puissants, plantes et vitamines…). Je suis revenue quelques mois plus tard avec les résultats des différents examens et le diagnostic était sans appel. J’étais EHS et il fallait absolument me protéger. Il me demandait également de faire un dossier pour obtenir une reconnaissance RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées)… Cette reconnaissance m’a été dans un premier temps refusée lorsque j’étais domiciliée dans la Somme. Elle me sera accordée un an et demi plus tard à la suite d’une nouvelle demande, mais cette fois-ci en étant domiciliée dans le Pas-de-Calais. Je n’ai droit par contre à aucune aide, qu’elle soit financière ou matérielle. La possibilité de bénéficier d’une carte de passage prioritaire aux caisses des supermarchés aurait pourtant été pour moi d’une grande utilité. J’ai revu le docteur Belpomme pendant 3 ans tous les 6 mois, mais mes résultats étaient de plus en plus catastrophiques, notamment l’encephaloscan. Il témoignait d’une mauvaise irrigation cérébrale. Le docteur Belpomme était alarmiste : « Vous allez tout droit vers Alzheimer », me dit-il. Ensuite, mon état ne me permettait plus d’aller à Paris.

Je sentais que j’étais en grand danger si je continuais à exercer mon activité professionnelle ; j’ai vu une psychiatre qui m’a aussitôt mis en arrêt de travail d’abord pour un mois puis pour trois mois puis je passe en congé longue maladie (trois ans) et ensuite en congé longue durée (cinq ans).

Je suis venue habitée dans le Pas-de-Calais à Leforest chez ma maman. J’ai mis ma maison en vente à grand regret. Elle sera vendue en 2020. Chez ma maman, à l’époque, il n’y avait pas de voisins trop proches et trop connectés : la maison voisine était en vente et inoccupée et les autres voisins étaient des personnes âgées peu connectées. J’ai pu vivre deux ans dans la maison, mais en 2018, de nouveaux voisins (une famille nombreuse et des parents dans l’informatique) se sont installés dans la maison voisine. Un lotissement s’est construit en face. Je ne pouvais plus vivre dans la maison, en tout cas à proximité de ces voisins. J’ai acheté une caravane en aluminium que j’ai installée tout au fond du jardin de ma maman. Très vite, il a fallu blinder les fenêtres dans un premier temps avec du grillage puis avec de l’aluminium pour renforcer la protection électromagnétique. J’ai dormi dans cette caravane pendant près de deux ans. Je vivais complètement isolée sans aucune vie sociale, sans pouvoir communiquer : ma maman n’était plus équipée en téléphone filaire.

Les voisins avaient un grand terrain et ont décidé d’installer des amplificateurs wifi pour capter et se connecter jusqu’au bout du terrain, à plus de 100 m. Les symptômes sont devenus terribles : sensations de coup de poignard dans la tête et surtout la mâchoire, la tête qui prend feu. Des plaques rouges sur le visage sont réapparues. J’ai pu voir une dermatologue qui m’a appris que c’était cancéreux : des carcinomes à retirer au plus vite ! C’est un cancer localisé : il faut réaliser des interventions chirurgicales. J’ai eu un rendez-vous avec un chirurgien qu’elle m’avait recommandé. Ce chirurgien m’a complètement dénigrée, voire humiliée quand je lui ai parlé des ondes électromagnétiques. Pour lui, mon cancer était bien réel, ce qui n’était pas le cas de la dangerosité des ondes. J’ai demandé à ne pas subir d’anesthésie générale dans le but de rester le moins longtemps hospitalisée, ce qui d’après ma dermatologue était tout à fait envisageable. Je n’avais pas pu obtenir la possibilité d’avoir une chambre éloignée des wifi et le personnel administratif de la clinique n’était pas du tout à l’écoute de mes difficultés. Ce chirurgien a refusé de me soigner et m’a demandé de consulter un confrère pour traiter mes carcinomes avec des rayons. Pour ma dermatologue, c’était incompréhensible : les risques de séquelles étaient trop importants. Elle a décidé de réaliser elle-même les interventions chirurgicales dans son cabinet et tout s’est très bien déroulé, mais je dois absolument être vigilante.

Je suis allée quelque temps chez un ami dans l’Aube qui m’a confectionné une cage de Faraday avec des couvertures de survie. Il y avait apparemment peu de rayonnement, mais je me sentais très mal : insomnies, oppression, nausées et surtout bruits incessants en tête et acouphènes. Je suis repartie dans ma caravane. Plus tard, j’apprendrai que je suis aussi victime du syndrome éolien. Je suis sensible aux infrasons générés par les centaines d’éoliennes qui entourent sa maison.

Puis, il y a eu le confinement. Ce fut une période très compliquée pour moi, comme pour tous les EHS, je pense. Le point positif était de pouvoir se promener longuement en étant quasiment seule en forêt. Grâce à la reconnaissance « handicapée », je n’étais pas limitée par la durée lors de mes sorties. J’y passais une bonne partie de la journée.

Par contre, les voisins, parents et enfants restaient perpétuellement chez eux (télétravail et cours à domicile). D’ailleurs, le père informaticien continue toujours son activité en télétravail et la mère ne travaille plus, ce qui augmente fortement le rayonnement que je peux recevoir quand je vais voir ma maman sur Leforest.

Pendant cette période de confinement, deux antennes de téléphonie mobile équipée en 5G se sont installées dans la rue à environ 500 m. Je peux dire exactement à quel moment elles ont été mises en service. C’était une nuit de février 2021 où je dormais dans ma caravane, j’ai été réveillée en pleine nuit par des douleurs atroces comme si tout mon corps et particulièrement ma tête était matraqué de toute part. À partir de cette nuit, tout ne sera jamais plus pareil. Les douleurs vont devenir insupportables. J’ai tenté de mieux blinder ma caravane, d’installer un abri anti-ondes avec des couvertures de survie à l’intérieur, rien ne marchait. J’étais matraquée toutes les nuits. Peu de temps après, mon frère m’a confectionné une cage de Faraday avec de l’isolant en aluminium. Nous installons un grillage pour que je puisse respirer. Cela ne fonctionne pas non plus. Je me rends compte que le grillage qui jusqu’à présent bloquait les ondes, n’est cette fois-ci plus efficace avec l’arrivée de la 5 G. Je passe un été terrible à souffrir le martyre et à hurler de douleur. À la fin du mois d’août, je prends une décision radicale. J’ai pu repérer un endroit à l’entrée de la forêt éloigné des habitations et j’ai décidé d’aller y dormir dans ma voiture. Je dois prendre antidépresseurs, anxiolytiques pour surmonter mes angoisses et attendre la nuit pour ne pas me faire repérer. J’emmène mon chien, un matelas de ma caravane et un duvet et je pars dormir dans ma voiture à quelques kilomètres de la maison. Je dormais peu, mais je n’avais aucune douleur. J’ai renouvelé l’opération pendant plusieurs mois. J’ai également passé un peu de temps chez mon ami dans l’Aube, mais je suis revenue régulièrement dormir près du bois de Leforest. Malheureusement, exactement à l’endroit où je dormais, des pylônes pour câbles à très hautes tensions (2 fois 400 000 V) ont été installés. En janvier 2022, ce fut la panique totale, j’ai appris par des techniciens travaillant sur les pylônes que les câbles seront mis en service dans quelques jours. Je devais absolument trouver un autre endroit pour dormir.

J’ai trouvé un endroit à peu près sain d’un point de vue électromagnétique, mais bien plus loin cette fois, à une vingtaine de kilomètres de Leforest. Par contre, j’étais en bord de chemin et visible. Il fallait que je parte très tôt avant le lever du jour. J’ai dormi quelques mois à cet endroit jusqu’à ce qu’un matin en mars 2022 vers 6 h du matin, j’ai été intimidée par des chasseurs qui sont arrivés pleins phares et ont entouré ma voiture avec leurs pick-up pour me chasser de cet endroit.

Je n’en pouvais plus. Je suis repartie à nouveau dans l’Aube chez mon ami. Il m’avait lui aussi confectionné une cage de Faraday avec de l’isolant mince et un grillage moustiquaire pour respirer,. Mais là aussi, la 5G est arrivée et la cage ne fonctionnait pas. Le grillage n’était pas suffisamment étanche par rapport aux ondes et les ondes qui pénétraient restaient bloquées à l’intérieur. C’était insoutenable. Je suis allée dormir dans de nombreux endroits, d’abord près d’une forêt puis au plein milieu des champs. Je teste des tas d’endroits différents, mais au bout d’un moment, cela ne convenait jamais. Puis, j’ai commencé à avoir de terribles symptômes : insomnies malgré les somnifères, agitation, et surtout vibration du corps entier et bruits accompagnés d’acouphènes stridents. J’ai commencé à vraiment m’inquiéter et à soupçonner les éoliennes qui m’entouraient. Après de nombreuses recherches sur le net, je réalise que mes symptômes correspondent à une sensibilité aux infrasons des éoliennes. Ce diagnostic a été confirmé par le docteur Delolme, médecin épidémiologiste à la retraite qui s’est consacré à l’étude des infrasons après l’installation d’éoliennes près de chez lui. Il a suivi de nombreux patients et a participé aux colloques : « la santé des hommes et des animaux face aux infrasons produits par les éoliennes ». J’ai pris contact avec plusieurs associations dont l’association « Friends Against Wind » auprès de laquelle j’ai pu apprendre énormément de choses et comprendre enfin que le problème n’était pas en moi, mais lié, tout comme l’électrohypersensibilité, à mon environnement. J’ai aussi appris que les éoliennes, à présent, communiquaient par radiofréquence, ce qui expliquait pourquoi, il m’était devenu impossible de me promener en pleine campagne dans cette région.

Je n’avais pas d’autres choix que d’aller dormir éloignée des éoliennes. Il me fallait faire plus de 40 km aller pour être à 15 km des éoliennes et pouvoir dormir un peu mieux. Malheureusement, rien n’arrête les infrasons et je continuais à les entendre même à cette distance ! Je dormais la nuit dans la forêt et j’en profitais le matin pour m’y promener quelques heures et je rentrais dans le midi chez mon ami. Je passais l’après-midi à faire des recherches de biens à vendre sur Internet.

J’ai écrit cinq courriers au président de la République, Emmanuel Macron, pour expliquer la situation désastreuse dans laquelle je me trouve. En 2020, j’ai reçu une réponse me disant que mon dossier était transféré au ministère de la Santé et de la Solidarité. J’ai été contactée par une assistante sociale du ministère de la Santé avec laquelle j’ai eu un bon contact, mais qui malheureusement est restée totalement impuissante et démunie face à ma situation. Pourtant, j’avais eu une réponse écrite du ministère de la Santé précisant qu’en 2021, les professionnels de la santé disposeront d’un « guide de bonne pratique » pour éviter l’errance médicale dont sont victimes les personnes électrohypersensibles. Nous sommes en 2023, rien n’a été fait dans ce sens…

Depuis plusieurs années, je suis essentiellement restée dans l’Aube même si le syndrome éolien est épuisant. Je ne peux sortir de la maison. Le rayonnement est trop important à l’extérieur. Je suis terriblement isolée même si j’ai quelques contacts avec des associations d’électrohypersensibles. Je vais très rarement en ville. Je me sens extrêmement dépendante pour des activités de la vie quotidienne.

Depuis peu, j’ai acheté un tissu anti-ondes assez performant. Mon ami a réalisé un baldaquin grâce à un encadrement en bois qui me permet de poser le tissu par-dessus.

Dans l’Aube, la voisine de mon ami accepte d’éteindre le wifi et de mettre son téléphone en mode avion la nuit. Je peux enfin dormir dans une maison en étant relativement protégée des ondes sous mon baldaquin. Par contre, la journée, mon bien-être dépend essentiellement de la présence des voisins. S’ils sont nombreux, je dois m’éloigner, généralement dans la forêt à plus de 40 km.

Par contre, je reste proche des éoliennes et des infrasons et les rayonnements électromagnétiques générés par les éoliennes restent un gros problème.

Quand je dois aller voir ma maman dans les Hauts-de-France, il m’est quasiment impossible de rester longtemps en dehors d’une cage de Faraday (3 m2 sur 1 m de hauteur). À l’intérieur, j’ai installé mon baldaquin anti-ondes, ce qui me permet là aussi de dormir dans la maison. Mais, j’ai très peu d’air pour respirer, l’été c’est vraiment suffocant !

Je suis convaincue que mes problèmes d’électrohypersensibilité sont en relation avec la présence de métaux lourds : intoxication et présence de métaux en bouche. À la suite d’un grave problème de santé dans mon enfance, j’ai dû subir énormément de soins dentaires nécessitant la pose d’amalgames dentaires. Ces amalgames ont été posés puis retirés régulièrement sans précaution. J’avais également beaucoup de métaux en bouche : couronnes et pivots. La plupart ont été retirés, mais les symptômes persistent et, actuellement, je souffre en plus de fibromyalgie. Les méthodes de désintoxication aux métaux lourds sont complexes et nécessitent un suivi régulier avec un spécialiste. En France, très peu de médecins sont formés à ces problématiques. J’ai essayé des méthodes naturelles à base de plantes qui ne donnent pas de résultats en ce qui me concerne.

J’ai besoin de nombreux soins : je n’ai pas pu voir ma dermatologue pour un suivi depuis plus de deux ans. J’ai besoin de poursuivre d’importants soins dentaires. Beaucoup de soins nécessitent de me rendre en milieu hospitalier, ce qui est inenvisageable pour moi actuellement.

Ma situation est intenable. J’ai perdu tout ce que j’avais construit à force de travail et de persévérance : mon emploi (fonctionnaire pour le ministère de l’Agriculture), la maison écologique que j’avais fait construire, toutes mes relations professionnelles et sociales. Il m’est actuellement impossible de faire des projets, quels qu’ils soient. Avec le déploiement de la 5G partout en France et des éoliennes, mon avenir est plutôt sombre.

Je cherche désespérément depuis plusieurs années un lieu de vie épargné des rayonnements électromagnétiques et des sources d’infrasons pour me ressourcer et tenter d’améliorer mon état de santé. Je pense que c’est la première étape pour aller vers un mieux-être. Toutes les personnes EHS que j’ai pu contacter et qui se disent en bonne voie d’amélioration ont commencé par s’isoler en se mettant à l’abri des ondes.

Je continue à prendre des antioxydants et des vitamines. Je teste des techniques de méditation et de relaxation, le Qi gong, le Do in, comme je peux, quand je peux… mais c’est encore trop aléatoire.

Je terminerai ce témoignage par quelques phrases issues du compte rendu du colloque sur les infrasons. Je trouve ces phrases très justes alors que les faits sont terriblement injustes.

« … il faut souligner que si les personnes électrohypersensibles et celles qui sont hypersensibles aux infrasons ont tant de mal à se faire reconnaître par la Justice et par la Médecine, c’est parce que la charge de la Preuve est inversée : on demande aux personnes agressées dans leur environnement de prouver qu’elles souffrent, alors que les lobbies peuvent développer leurs technologies sur des études prétendant prouver l’innocuité de leurs produits… mais financées par eux ! Le Principe constitutionnel de Précaution est lui-même occulté… C’est tout le problème du poids de l’argent à notre époque, disproportionné par rapport à la valeur d’une vie humaine ».

image_pdfPDF A4image_printImprimer

⚠ Les points de vue exprimés dans l’article ne sont pas nécessairement partagés par les (autres) auteurs et contributeurs du site Nouveau Monde.

S’abonner à la discussion
Notification pour
Nom ou pseudonyme
Adresse courriel (facultatif)
Votre site Internet (facultatif)
2 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires