G7 : photo de famille avec distanciation pas que sociale

G7 : photo de famille avec distanciation pas que sociale

12/06/2021 (2021-06-12)

Par Jean-Michel Grau

À l’heure où le chef de la Maison-Blanche, à l’occasion du G7 réuni en Cornouailles, a pour mission d’unir le camp occidental face à la Chine sur le commerce et les nouvelles technologies, il va d’abord devoir recoller les morceaux de ce même camp sorti groggy de l’épreuve du Covid.

En témoigne la menace du Premier ministre britannique de déclencher l’article 16 qui l’autorise à piétiner le protocole nord-irlandais conclu avec l’UE en cas de « graves difficultés économiques, sociales ou environnementales », face aux remontrances de l’UE qui l’accuse de ne pas tenir parole sur ses engagements post Brexit en Irlande du Nord. Le ton est donné.

Alors que la chancelière allemande « préconise de trouver une solution pragmatique aux dispositions du traité » post Brexit sur l’Irlande du Nord, le chef de l’État français se contente de sourire quand on lui parle de possible guerre commerciale en cas de déclenchement de l’article 16. Ambiance…

Notons au passage que ce G7 a pour mission de lancer un vaste plan mondial d’infrastructures pour les pays pauvres et émergents, baptisé « reconstruire le monde en mieux. » Klaus Schwab devrait applaudir des deux mains à cette initiative de la Maison-Blanche qui vise à aider uniquement ces pays à se relever de la crise du Covid, au détriment de toute la classe moyenne occidentale ruinée par la même occasion, et qui ne figure pas au programme, bien évidemment.

Intéressons-nous maintenant à cette photo de famille du G7.

Le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’inspire pas la franche rigolade, mais plutôt les prémices d’une cérémonie funèbre qui devrait bientôt avoir lieu.

Comme d’habitude, la position des dirigeants respectant la distanciation sociale du 1 mètre les rend aussi artificiels que ridicules, mais là n’est pas le propos.

Observons plutôt leur attitude un à un, en commençant par la puissance invitante placée au centre.

Parler de puissance n’est en effet pas superflu, tant Boris Johnson a l’air d’un gros éléphanteau mal dégrossi, évoquant plus un chef de rayon de quincaillerie qu’un vrai chef d’État. Son pantalon qui gondole n’arrange rien, pas plus que son air ahuri habituel, de celui qu’on vient de prendre au saut du lit. Il est le seul à avoir les mains dans le dos, qui traduisent manifestement un désœuvrement, en d’autres termes, une distanciation qui n’est pas que sociale vis-à-vis de ses alter ego, Brexit oblige.

Passons à celui qui se tient directement à sa droite, Joe Biden, avec cet innénarable sourire crispé et niais qu’il affiche en permanence. Quand on observe attentivement le bonhomme, on ne peut être que frappé par l’absence de toute expression humaine dans son visage figé comme son corps, et on en vient à se demander inexorablement combien de pièces de Playmobil coexistent en lui. Président « augmenté » selon Schwab ou bien diminué selon Alzheimer, chacun jugera… sur pièces.

À la gauche du chef d’État britannique se tient l’improbable président français. De lui, on a tout dit.

Plus souvent le pire que le meilleur, qu’on cherche encore. Sur cette photo, il est égal à lui-même, droit comme un i, en bon petit soldat qu’il est du Forum de Davos. Son maître à penser n’est pas là, mais on peut être sûr qu’il y pense très fort. Il sait qu’il lui est redevable et qu’en tant que pièce maîtresse de l’échiquier davosien, il se doit de ne pas décevoir son maître sous peine de perdre le grand poste européen qu’on lui a promis dès qu’il aura achevé son programme de destruction de l’économie française.

À côté de Macron se tient l’inoxydable chancelière allemande dans sa pose favorite des mains jointes en triangle que celle-ci a expliqué un jour en affirmant qu’elle ne sait pas quoi faire de ses bras quand elle pose… Comprenne qui pourra, libre à chacun d’interpréter ce geste.

Comme à son habitude, elle est la seule à arborer une veste de couleur criarde dans un univers gris essentiellement masculin. On notera par ailleurs qu’elle est reléguée en bout de rang. Symbole de sa disparition prochaine de la scène politique ?

Derrière Angela Merkel se tient la transparente présidente de la Commission européenne. Sa veste claire se confond avec la couleur du ciel, à l’image de cette femme qui ne laissera pas derrière elle un souvenir inoubliable à son poste. La position de ses mains tente de se rapprocher de celles de sa compatriote, version molle, les mains pendantes. Elle est là juste pour la galerie car sa postion dans l’échiquier politique ne la met pas à égalité avec un chef d’État, l’UE n’en étant pas un, même si elle a la prétention de régenter 27 pays. C’est toute la différence avec l’URSS à laquelle l’UE s’acharne de ressembler avec un certain succès et qui va la conduire au même funeste destin très bientôt pour des raisons assez semblables. Un paléontologue en parlerait mieux que moi.

À la droite d’Ursula Von der Leyen se tient le Premier ministre italien Mario Draghi. On devrait plutôt dire le premier financier italien, tant ce premier sinistre évoque plus les compromissions financières avec la BCE que la politique stricto sensu. On le sent raide et crispé. Il y a de quoi, l’Italie étant dans le collimateur de la Cour allemande de Karlsruhe, pour le déficit vertigineux de 160 % de son PIB. L’Allemagne a encore rappelé récemment, via son ancien ministre des finances, Wolfgang Schäuble, qu’il était encore une fois hors de question de mutualiser les dettes, ceci étant contraire aux traités. Il y a de la bière dans le Chianti entre l’Allemagne et l’Italie. On peut comprendre que Mario Draghi n’ait pas envie de porter le chapeau le jour plus vraiment lointain où l’Allemagne reprendra son sacro-saint Deutsch Mark, prélude à l’effondrement programmé de l’UE.

Passons rapidement au suivant, le Premier ministre japonais. On serait tenté de se demander ce qu’il fait là. C’est du moins l’attitude qu’il laisse supposer. Il n’est dans sa fonction que depuis 9 mois et ça se sent. Précisons juste qu’il s’appelle Yoshihide Suga et qu’il n’a pas démérité de poser au sein de cette galerie de musée Grévin occidental.

À sa droite, se tient raide comme un piquet dans son pantalon trop court, le président du Conseil européen, plus transparent que transparent, à tel point qu’il semble se cacher derrière le président américain. Mais malgré sa relégation à l’arrière de la photo, il le dépasse encore d’une tête et montre à la face du monde son air vide et benêt. Cet eurocrate est tellement insignifiant qu’il n’apparaît même pas quand on tape Charles sur Google, contrairement à De Gaulle, Bronson, Aznavour et sept autres célébrités.

Devant lui se tient la grande erreur de casting de cette assemblée : Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. Erreur de casting, car on a vraiment l’impression qu’il s’est trompé de film. Sa barbiche de conquistador, sa tignasse rebelle, sa posture tendue les jambes écartées, les mains devant, prêtes à dégainer, évoquent plus un western spaghetti qu’une réunion au sommet des grands dirigeants de ce monde. Il me fait penser à Johnson, l’un des deux héros du film Helzappopin qui demande au projectionniste de rembobiner et où tout le film repart en arrière…

Si seulement ce G7 était comme ce film pour changer ce casting déplorable de dirigeants qui ne dirigent plus rien, si ce n’est comme des GPS du monde de Davos…

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