France — 10 avril 2022 : ni Vote blanc, ni Abstention !

[Source : irocblog via agoravox.fr]

Par Régis DESMARAIS

Il y a urgence à faire croire que les dés sont jetés et que rien ne peut changer la donne. Dès lors, pourquoi perdre son temps ? Pourquoi voter ? Cette ultime manipulation ne doit pas prendre. L’abstention et le vote blanc sont la pire des choses pour ceux qui ont souffert de la politique et des mots du président sortant. Le 10 avril 2022, il y a urgence à se déplacer massivement pour voter, car rien n’est joué tant que l’on n’a pas capitulé.

Faire croire que le vote est inutile alors que le bilan est catastrophique

Sans que cela soit prépondérant, j’entends autour de moi trop de personnes qui avouent ne pas vouloir aller voter en avril prochain, car, selon elles, « Cela ne sert à rien ! » Outre que la réalité de cette assertion n’est pas démontrée, ce qui est étrange c’est de voir que ce type de déclaration défaitiste émane de personnes qui souffrent, subissent et détestent le régime en place. Si « Cela ne sert à rien », on a envie de leur demander « Mais alors, qu’est-ce qui peut servir ? » Sans même poser la question, on devine avec crainte la réponse susceptible de venir : « Rien ! »

L’abstention fondée sur la croyance que voter ne sert à rien est un subtil poison dont seul le personnage qui occupe le pouvoir peut tirer bénéfice. Ce poison est distillé avec férocité et constance par les médias. Nous sommes submergés de sondages qui nous annoncent que le président est à plus de 30 % des intentions de vote. La presse nous étourdit par des articles proclamant que M. Macron s’envole dans les sondages, qu’il est le « père de la Nation », un chef de guerre qui ne se change pas en période de conflit, l’ami des démocrates persécutés par les dictateurs, celui qui vante la fraternité et qui fait en sorte que le bien et la vérité arrivent en fanfare pour écraser le mal et le mensonge. Le récit est désarmant de naïveté tant il est éloigné de la réalité.

Emmanuel Macron s’envolerait donc dans les sondages, mais cet envol semble être celui d’Icare. La chute guette celui qui a voulu se hisser là où il n’a pas sa place. Nous avons beau regarder et écouter autour de nous, nous ne percevons la plupart du temps que détestation de ce personnage qui a fait du mensonge et de l’inversion de tout un mode de gouvernance. La plupart des Français détestent ce président à l’apparence douteuse d’un gamin hilare de se retrouver entre tant de dorures. Hélas, dorure rime avec pourriture, et la pourriture se développe quand se nécrose un corps malade, exsangue et sans avenir. Tous les chiffres, tous les actes, toutes les déclarations de ce président ont plongé la France toujours plus au fond d’un puits sombre et glacial. Nous ne pouvons pas continuer cette descente infernale.

Pour qui veut bien réfléchir, on ne peut qu’être sidéré par le contraste entre un homme qui est présenté comme brillant, intelligent si ce n’est surdoué, et la réalité d’un personnage qui a besoin de dépenser « un pognon de dingue » en frais de cabinet de conseil pour savoir quoi et comment faire.

Des millions de Français ont été insultés, déclarés irresponsables et se sont vu dénier la qualité de citoyen. Des milliers de Français ont tout perdu, travail et salaire. Des gens se sont fait injecter un produit expérimental les larmes aux yeux, d’autres se voient refuser des soins pour ne pas avoir fait ce que la loi ne les oblige pas de faire. Le pays est fragilisé et M. Macron se fait le promoteur de la fraternité. On le voit agenouillé devant la tente d’un sans-abri et l’on se demande si l’individu sans domicile fixe n’est pas l’un des soignants que le chef de l’État a eu envie d’emmerder. On se le demande, mais visiblement sur la photo promotionnelle du candidat, ce dernier semble juste se demander si la pose est bonne.

En cinq années de présidence Macron, la société s’est délitée, fracturée et a perdu toute notion du vivre ensemble et d’avenir en commun. Le bilan de ce président est d’une noirceur absolue. Cette catastrophe en cours ne semble pas lui poser de difficultés. On pourrait même craindre qu’il se nourrisse du chaos et du désastre. Trouverait-il des forces dans l’affaiblissement des autres ? Si nous devons utiliser le mot « rien », c’est bien à l’encontre de ce président : rien ne le fera changer, rien ne le détournera de sa désastreuse politique, rien ne le fait douter, car dans le fond, il ne se doute ni ne voit rien de ce qui concerne les Français. Emmanuel Macron s’occupe de la France comme un comptable s’occupe des comptes d’une entreprise. Le président ne voit que lignes, colonnes, additions, multiplications et surtout divisions et soustractions. La France est un concept abstrait et désincarné pour ce président, pur produit d’une fausse élite élevée et nourrie dans une réalité parallèle, la réalité des dogmes, de la doxa, du mythe du progrès perpétuel et bienfaiteur.

La construction de l’abstention

La démocratie, c’est un peu comme les entreprises. Il n’est pas nécessaire d’avoir la majorité du capital (des électeurs) pour gouverner. Il suffit juste d’atteindre un seuil de capital (de suffrages exprimés) pour avoir le pouvoir.

Nos démocraties vont se satisfaire du plus grand nombre de suffrages exprimés. Vous l’avez compris, il suffit pour remporter une élection d’être celui qui a bénéficié du plus grand nombre de suffrages exprimés même si ces suffrages se sont exprimés dans un océan d’abstention. Pour maîtriser les choix des électeurs, il faut donc expulser le plus grand nombre d’électeurs du processus décisionnel démocratique pour chérir ceux qui vont encore se déplacer aux urnes.

Le développement d’une société de loisirs, le plus souvent sans sollicitation de l’intelligence et de la capacité de réflexion du citoyen, va conduire à faire lâcher prise à un nombre important de citoyens qui, lentement mais sûrement, vont devenir dépendants de ces loisirs au point de n’exister que pour s’adonner à ces derniers.

Principaux acteurs de cette destruction du citoyen critique : les médias. Ces derniers modifient le rythme de vie des citoyens et leur perception du monde. Désormais, le mode de vie va se centrer sur l’immédiateté via une profusion incessante d’informations délivrées 24 h/24 sans aucune hiérarchisation et par la focalisation ponctuelle sur des sujets sans importance ou tronqués et instrumentalisés. Les médias relativisent tout, noyant ainsi les sujets essentiels. Les citoyens perdent la capacité de s’intéresser à des sujets complexes, perçus comme ennuyeux. Abreuvés de flots incessants d’images et d’informations, les citoyens deviennent incapables de lire plus de dix lignes. Nous sommes à l’ère du tweet, du texto et cela se ressent. Si être synthétique et clair est une qualité, il est difficile de mettre en lumière les mécanismes complexes qui sous-tendent le fonctionnement de nos sociétés en une dizaine de lignes de texte. Or aujourd’hui la capacité de concentration du citoyen est de plus en plus formatée par les modes actuels de communication, lesquels rendent impossibles une critique sérieuse du monde, mais portent au pinacle le buzz et ses enchaînements d’informations insignifiantes. La majorité des citoyens devient incapable d’accéder à la compréhension de la complexité du monde, laquelle se dévoile au-delà de la dixième ligne de texte. Les hommes se murent dans une prison faite de SMS et de tweets.

Il est difficile de débattre, car débattre c’est parfois proposer un point de vue alternatif. Celui qui tient des propos dérangeants, car remettant en cause une version officielle, est immédiatement disqualifié en étant traité de fou voire de « complotiste », terme devenu l’arme fatale qui sert à fusiller tout propagateur d’idées non conformes aux standards dominants.

Tous ces éléments détruisent l’implication citoyenne dans la vie quotidienne. Une part appréciable de la population n’est plus intéressée que par elle-même ou est dans l’incapacité de penser le monde et de s’y projeter. Cette partie de la population déserte de plus en plus les isoloirs, car ces derniers ne représentent plus rien pour elle. Pour ceux qui ne sont pas encore totalement devenus les excroissances de leur écran, le constat de la similitude des candidats, mêlé au sentiment que rien ne pourra changer, les incite à ne plus participer aux temps forts d’une démocratie dont ils perçoivent le simulacre. L’abstention ne cesse d’augmenter scrutin après scrutin.

À cela s’ajoute désormais l’usage permanent de la peur, qui elle aussi, limite la capacité de réflexion des individus. Peur du virus, peur de la guerre atomique. Tout est fait pour casser psychologiquement une partie de la population. Le grotesque est à son comble quand, interrogé sur les chances d’une avancée diplomatique avec la Russie, Emmanuel Macron se dit optimiste en langue anglaise, et pessimiste en langue française. La nature du message change selon le public cible choisi. Le message entretient la peur et notamment celle d’un proche avenir plus incertain que jamais. Combien de Français, influencés par cette manipulation, vont faire le choix de ne pas ajouter une incertitude supplémentaire à l’avenir en changeant le capitaine ? Nul doute que les cabinets de conseil ont quantifié le nombre d’individus susceptibles de se laisser happer par cette peur entretenue pour les besoins d’une réélection.

Les derniers vaillants électeurs qui se déplacent aux urnes sont pour la plupart ceux que les mass medias et les partis politiques ont le plus flattés. Ces derniers pensent encore que la démocratie fonctionne bien dès lors que les candidats présentés parlent comme eux et pensent comme eux. Il y a un phénomène d’identification de classe sociale qui se crée entre ces derniers électeurs et les candidats. Tout ce petit monde est dans l’entre-soi et est convaincu de partager les mêmes intérêts. Cette dernière frange de la population, qui participe aux élections, ne risque pas de remettre en cause un système dans lequel elle se reconnaît. Bien sûr, il y a toujours des électeurs qui échappent à ces catégorisations et qui se rendent aux urnes avec la conscience de ce qui ne va pas et de la piètre qualité des candidats proposés. Ces électeurs encore « éveillés » sont une minorité et ne peuvent pas mettre en danger le système.

L’importance de participer à l’élection

Aujourd’hui, et pour combien de temps encore, reste-t-il aux Français quelques leviers d’action offerts par la Constitution, et notamment l’élection présidentielle ? Ce rendez-vous avec les urnes est le seul qui peut extraire de la tête de ce pays un homme qui n’aurait jamais dû y être.

Si cette élection n’avait aucune utilité, on ne vous submergerait pas avec tant de propagande en faveur de M. Macron, de sondages flatteurs, d’articles de presse dithyrambiques. Si cette élection était sans importance, Emmanuel Macron ne tenterait pas de faire de la crise ukrainienne un tremplin pour faire croire qu’il possède une stature hors du commun dont on ne pourrait pas se passer en ces temps de crise. Si cette élection était sans risque pour le pouvoir en place, ce dernier ne se montrerait pas si arrogant et déterminé à faire comme si cette élection n’était qu’une singularité du calendrier, un évènement presque folklorique. Pour un peu, on imagine M. Castex recrutant quelques bignous pour donner à cette élection un air de terroir.

Cette élection est capitale, car la réélection de M. Macron serait une catastrophe pour le pays et les Français. Ce président a si éreinté notre nation qu’aujourd’hui il est fort probable qu’aucun des autres candidats à l’élection présidentielle ne pourrait faire pire et plus dommageable. D’une certaine manière, par sa politique, Emmanuel Macron offre aux Français une liberté inattendue : celle de voter pour n’importe quel autre candidat, car n’importe quel autre candidat sera moins dangereux que le président sortant.

Ultime tentative pour démobiliser les électeurs : la rumeur d’élections truquées. Il n’y a jamais de fumée sans feu. Les États-Unis ont clairement montré qu’une élection présidentielle n’est pas à l’abri de doutes sur le déroulement honnête d’un scrutin. Une chose est certaine, toute fraude est possible et surtout non décelable si elle se fait de façon douce, marginale et donc difficilement détectable. Le meilleur moyen de rendre une fraude difficile est de voter massivement à ce premier tour des élections. En effet, si des candidats non désirés récoltent des voix en grand nombre, il devient périlleux de corriger les résultats locaux, notamment au moment de leur consolidation au niveau départemental et national. Rien n’est impossible, mais en cas de participation massive aux élections, la fraude, si fraude il y a, ne pourra pas se faire de façon douce, homéopathique et totalement invisible.

Cette élection, comme celle de 2017, se jouera exclusivement au 1er tour. Dès le 1er tour de l’élection présidentielle, les électeurs qui ont souffert des méthodes de ce président ou ceux qui n’ont pas été dupes des mensonges doivent faire en sorte que M. Macron n’accède pas au second tour. Le 10 avril 2022 : pas d’abstention ni de vote blanc ! Ne pas voter ou voter blanc reviendrait à voter Macron. N’oubliez pas que M. Macron a été élu avec 43,61 % des électeurs inscrits sur les listes électorales, et pire, il se repose sur une Assemblée nationale où le parti majoritaire ne représente que 16,55 % des inscrits !

Français, le 10 avril 2022, allez massivement voter. Nous devons rester maîtres de nos vies et de notre avenir. Il faut se réapproprier la République et cela se fait en allant voter pour un candidat. Le vote blanc et l’abstention seront pour cette élection un suicide national.

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