Critique de la Connerie pure

14/09/2023 (2023-09-14)

Par Lucien SA Oulahbib

Partons de ses deux principes fondateurs dégagés par l’éminent sémiologue français Michel Audiard, également cinéaste de son état :

1/ Les cons cela ose tout c’est même à ça qu’on les reconnaît.

2/ Faut pas parler aux cons, ça les instruit.

Remarquons déjà qu’un con peut s’instruire, il n’est donc pas forcément idiot, même s’il n’est pas intelligent, car instruction et intelligence sont deux choses bien différentes (Pierre Oléron, Pierre Janet, Jean Piaget…) ; cette dernière désigne en effet la capacité à établir des relations (autrement le réel serait un film sans scénario disait justement Piaget, ce que recherchent les nihilistes néanmoins : détruire la capacité de faire des scénarios, car cela ferait de vous un « dominant »…) y compris de nouvelles interactions, et, ainsi, en dégager une synthèse, un jugement/sentiment pour l’action (Janet) ; tandis que l’instruction désigne seulement l’accumulation de connaissances connues ; ce qui fait que le con va reproduire telle conclusion acquise, même si la situation est nouvelle ; alors que l’intelligent va tenter d’en dégager une nouvelle pratique afin de surmonter l’inattendu ; d’où l’idée fausse si répandue hélas (par Albert Jacquard par exemple dans « Moi et les autres“…) supposant que plus l’on est instruit plus l’on devient intelligent…

D’où l’idée forte défendue par Audiard stipulant qu’il ne faut pas parler aux cons, car en les instruisant ils vont croire qu’ils sont intelligents, c’est-à-dire capables de réagir à des situations nouvelles (Oléron) alors qu’ils ne vont faire que reproduire des solutions anciennes, même si elles n’ont pas marché ; ce qui fait dire qu’en effet les cons « osent tout », ils savent bien que cela ne marche pas et pourtant ils le font, ils osent le faire et c’est donc « à ça qu’on les reconnaît »…

J’ajouterai la critique suivante : le con n’est pas forcément idiot en s’entêtant à répéter des solutions pourtant erronées, il peut être aussi malin, voire rusé, parce que s’il est instruit il sait que même s’il répète des solutions fausses il peut rester à sa place, non seulement parce que au royaume des aveugles le borgne est roi, mais parce qu’il a appris qu’avec de l’argent de la flatterie une solide force de maintien de l’ordre obligée de lui obéir et beaucoup de promesses (qui n’engagent que celui qui les écoute tel le corbeau de la fable) il peut soudoyer beaucoup de veules, d’où l’idée de ne pas lui parler cela pourrait lui donner des instructions comme lorsque l’on instruit une machine qui va certes reproduire le programme (tel Mr Smith dans Matrix), mais peut s’emballer dans un « j’ai très envie de les emmerder »…

Des exemples ? À foison bien sûr. Les dernières (conneries) en date ?…

  • « On ne naît pas femme on le devient » : faux, on naît femme ET on le devient ; ce qui fait qu’aller voir un gynéco alors que l’on a un pénis retourné et que l’on va le nommer « vagin » ne fait pas de vous une « femme », car celle-ci n’est pas réductible à son organe génital, il y a aussi, outre sa capacité de créer la vie, toute une singularité psychique (bien dégagée par Joseph Nuttin, 1980, p.166) stipulant que la femme est bien plus tournée que l’homme vers la recherche de la qualité relationnelle plutôt que la seule performance et prouesse ; est-ce cependant lié au fait précisément qu’elle donne la vie cherchant alors un mâle mieux à même de la lui procurer dans les meilleures conditions ? Sans doute, mais la corrélation avec le vécu psycho-socioculturel à un moment historique et donc politique donné doit être saisie singulièrement ; en tout cas aller voir un gynéco pour femme alors que l’on est né homme est une connerie, même les trans intelligents le disent (dernièrement au micro de Pascal Praud sur Europe 1)…
  • » On va mettre à genoux l’économie russe » : faux bien sûr, d’autant que les chiffres officiels calculant le PIB ne calculent qu’un tiers de sa richesse réelle aux dires de spécialistes sérieux ; par ailleurs l’on voit bien que la Russie continue à vendre par exemple son pétrole à l’Inde qui le raffine et le revend avec marges à une UE de plus en plus dirigée par des cons, en particulier une conne qui n’en rate pas une… Mais elle est maligne, car elle est instruite : elle sait que « plus c’est gros plus ça passe », surtout quand les médias de grand chemin ont ensorcelé façon Milgram la majorité des élites et des populations moutonnières qui acceptent ainsi de se faire fouetter (à l’instar de ce maire étasunien) avec les lanières « extrême-droite » et « complotiste »…
  • « Il faut arrêter le pétrole et le charbon d’ici 2030 pour éviter le chaos climatique » : faux bien sûr, selon les vrais spécialistes comme Samuel Furfari, déjà parce que le monde en a besoin à commencer par… l’Allemagne, ensuite parce que l’innovation technologique fait que leur production (qui ne tarit pas contrairement aux idées reçues) et leur consommation se font de manière de plus en plus propre et que c’est plutôt par leur absence, en brûlant par exemple plutôt des déchets comme dans les endroits les plus démunis que la pollution et les maladies pulmonaires sont les plus aiguës. Mais les cons diront que tant pis il faut que les miséreux de Calcutta continuent à se chauffer ainsi tandis qu’eux pètent dans la soie bien au chaud dans les appartements de fonction ou les logements sociaux indûment occupés alors qu’avec leurs hauts salaires ils pourraient laisser la place, mais comme les cons cela ose tout…
  • « Il faut régulariser les sans-papiers à cause des métiers à tension » : faux également, car il suffirait de mieux payer ces métiers, comme cela se passe pour les éboueurs aujourd’hui, et l’on verra ainsi que ces métiers recruteront également des autochtones et des immigrés de troisième génération ; ceci implique bien sûr aussi d’alléger le poids des « cotisations » sociales qui sont aussi des « charges comptables » en élargissant l’offre et l’assiette : ainsi il faudrait permettre aux assurances et mutuelles de proposer des services de sécurité sociale, car étant assises sur une échelle mondiale elles ont bien plus d’économie d’échelle et donc de levier sur les prix, d’une part, d’autre part il faut passer de l’impôt progressif à l’impôt proportionnel, car non seulement trop d’impôt tue l’impôt, mais surtout décourage, pousse à la fraude (pas de paradis fiscal sans enfer fiscal) à la délocalisation, porte ouverte à l’affairisme nihiliste aujourd’hui dominant… Certes certains disent que cela n’a pas été prouvé académiquement, alors que les pays qui le font s’en portent bien mieux, quitte à ce qu’un Fonds Commun de Solidarité (FCS) puisse aider transitoirement les plus démunis du fait des aléas de la vie sans en faire des assistés, car cela serait contre-productif (ou l’effet pervers de l’État Providence qui perpétue la division en deux entre une super élite qui prétend savoir mieux que le peuple et ce dernier maintenu en bas ou comment lui casser les pieds et ensuite lui proposer des chaussures orthopédiques)…

On le voit, la Connerie s’édifie dans sa pureté (crasse) grâce… à nous… C’est en laissant en effet les cons déployer leur malignité avec toute une assurance crasse que 2+2 devient 5

(« Un ministre lui a dit un jour : “Maintenant, monsieur le président, il faudrait que l’on s’occupe des cons.” le général a répondu : “Vaste programme !” ».)

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