Comment les « anti-complotistes » sont-ils devenus eux-mêmes « complotistes » ?

01/06/2022 (2022-06-01)

Par Lucien SA Oulahbib

Un site comme « Conspiracy Watch » est de cette mouture : à force de voir des complots partout, l’un de ses deux initiateurs en vient à douter du caractère antisémite du meurtre sordide de Sarah Halimi, tandis que l’autre, par perception trotskistebiaisée au préalable (celle sans doute de « leur morale et la nôtre »), sous prétexte d’étudier « l’extrême droite » (son fonds de commerce « moral », dit-elle, remplacé aujourd’hui par la lutte contre les « antivax ») réduit la mouvance souverainiste issue du Front National à « l’extrême droite négationniste » (à la Faurisson). Elle ne voit pas, par exemple, qu’Ordre Nouveau — l’un des principaux partis fondateurs du « Front » — s’est construit à la fin des années 1960 (à Assas via le GUD) sur des bases fondamentalement anticommunistes et non pas antisémites (comme étudié ici dans Les biais sociologistes : Matonti et Bourdieu in « misère du monde » et « militantisme au Front National » Dogma, N° 15, p. 256).

Ceci fait que l’analyse qui réduit l’antisémitisme à l’extrême droite et celle-ci au nazisme et au fascisme ne sert à rien sinon comme fonds de commerce sur le second marché des idées reçues (les médias de « masse »), comme si en effet fascisme et nazisme n’étaient, en France, que du conservatisme (antilibéral) extrême (Drumont…) et n’avaient pas également, par antilibéralisme précisément, des accointances avec la pensée par exemple antijuive de la gauche (Proudhon, Marx… La Vieille Taupe…, Hitler reprochant au bolchevisme sa direction juive) sans oublier le christianisme protestant très fort en Allemagne (Luther) et enfin surtout aujourd’hui la pensée djihadiste revigorée par le wahhabisme, les Frères musulmans et le nassérisme, ces deux derniers courants très admiratifs du nazisme (« classique »).

En fait cette pseudo pensée dite « antifa » est inutile, médiocre (comme le souligne François Furet à propos du Georges Bataille stalinien, mais « antifa » avant l’heure). Elle n’a même pas le style et la culture d’un Marx ou d’un Trotski (ne parlons pas de Rosa Luxembourg, Lukacs, Adorno…) pour tenter par exemple de comprendre pourquoi en France, lors de trois présidentielles, un candidat issu de la mouvance « Front National » a pu arriver au second tour….

À moins que — comme cela se fait maintenant (bien au-delà de ce site « anti-conspi ») et faute donc d’analyse sérieuse — l’on se targue d’expliquer cette prégnance de plus en plus pérenne du courant souverainiste de « droite » (celui de « gauche » se couchant au dernier moment, car préférant être sous férule globaliste sectaire : ceux qui se ressemblent s’assemblent) en accusant au fond non plus seulement la complaisance multiforme des « dominants » qui cherchent à « blanchir » le remugle « négationniste », mais également maintenant à accuser son support « ethnique » — le « blanc » : CQFD ; ainsi, lorsque l’on veut noyer son chien l’on accuse d’être porteur de la rage (idem pour les « non-vaccinés » cible nouvelle du site ci-dessus qui veut sans doute élargir ses segments de marché).

Le « blanc » serait donc pour toute cette mouvance enfermiste (et non pas « éveillée ») comme sinon génétiquement du moins systématiquement raciste. Il faut dans ce cas (c’est un devoir « moral ») l’écarter (ou le ségrégationnisme à l’envers), déjà en continuant à exclure les plus catalogués en amont d’ » extrême droite » (donc « complotistes »), car ayant été exposé (contaminé, ce qui empêche de les fréquenter) « aux idées nauséabondes » du « racisme » (alors qu’il s’agit dans la plupart des cas d’égalité : les citoyens doivent avoir des droits distincts des non-citoyens ou l’éternel débat depuis la Grèce antique ce qui n’empêche pas des passerelles).

Mais comment exclure les « contaminés » ? (Vieille histoire là aussi…) En les écartant déjà des postes de la Fonction Publique (à l’Opéra dernièrement, à l’Université aussi bien, dans les médias également, la culture, bref, de façon certes analogique, mais néanmoins similaire quant au procédé — en plus hypocrite cependant, car informel — à ce que fit Vichy dans ses lois antijuives), avant de les chasser des structures privées en les dénonçant par des catégorisations infamantes (comme le fait Conspiracy Watch qui établit même une échelle des sites les plus « complotistes »…). Ceci permet ainsi de les diaboliser, les rendre hérétiques, les « confiner » à la marge, en ternissant, brûlant leur image sur le bûcher médiatique, afin au bout du compte de les détruire financièrement en empêchant à la longue leur financement par la publicité en ligne par exemple (les firmes restant soucieuses de ne pas voir leur image institutionnelle être flétrie par des campagnes médiatiques nocives à leur prégnance fragilisée en permanence par un marché hautement concurrentiel).

Et comme cela ne suffit pas il faut exciter les hordes « antifa » et les lumpen « anti-racistes » imprégnés, injectés de ces injonctions pour qu’elles aillent dans la rue dépouiller du « bourgeois », du « blanc », jusqu’à le (ou la) violer. Elles sont sûres de leur impunité puisque le Pouvoir en place aura beau jeu de trouver les boucs émissaires adéquats (le supporter anglais, le « néo-libéralisme » quand il s’agit de casser des devantures de commerces et de banques), ceci agrémenté des explications idoines (ils n’ont pas les « bons » codes donc il ne faut pas les dénoncer à la justice « de classe » blanche, « rappel à la loi » ou « stage citoyen », et hop là ! dit donc).

Ainsi ces chasseurs d’« extrême droite » autoproclamés (et recevant moult subventions) et pourtant issus de l’extrême gauche totalitaire ont la part belle.

Pourquoi ? Déjà parce qu’il n’y a pas eu en France ni d’ailleurs dans le monde un tribunal de type de Nuremberg pour juger les crimes « marxistes léninistes » et non pas seulement « staliniens ». Ceci fait qu’ensuite la mouvance issue de ces crimes a finalement réussi à suffisamment les maquiller en « accidents de l’Histoire », en « dysfonctionnements » de la (The) doctrine pour mieux se réclamer de celle-ci (qui resterait ainsi toujours vierge et belle) comme le font leurs maîtres d’œuvre actuels en l’utilisant toujours comme appât, en la recyclant bien sûr dans du Vert et ses 99 nuances, ce qui n’a rien à envier aux 72 vierges des djihadistes. Ceci explique d’ailleurs cela ou la collusion mythologique actuelle de ces deux sphères en un « islamo-gauchisme » (issu également de la repentance tiers-mondiste) qu’il vaut mieux cependant nommer « alter-islamique » en ce sens où depuis le 11 septembre 2001 c’est bien la mouvance pan djihadiste palestiniste (incluant le khomeynisme iranien) qui aujourd’hui donne le (comme le concédait Foucault lui-même dans son analyse de la « révolution » khomeyniste, désirant même qu’elle aille plus loin).

Ces nouveaux « maîtres penseurs » qui ont aujourd’hui pignon sur rue et sont dorénavant recyclés dans la chasse hygiéniste « antivax » vont uniquement focaliser leur piètre analyse sur quelques résidus farfelus, mais antisémites que l’on retrouve d’ailleurs aussi à « gauche » sous l’étiquetage de » l’antisionisme » aux origines également djihadistes patentées et non pas seulement issues du fait que certains « jeunes » soient influencés par quelques humoristes ayant mal tourné (Dieudonné) comme le prétend sans rire l’une des initiatrices de ce site dit anti-conspirationniste

Au fond, l’inutilité de cette mouvance dite « antifa » et « antiraciste » à étudier la montée en (im) puissance (tant elle est divisée) du souverainisme dit « national » est patente. Elle fait plutôt aujourd’hui office de nervis au service du néonazisme, c’est-à-dire à la solde du globalisme sectaire, hygiéniste, eugéniste, scientiste et affairiste (comme l’explique bien Ariane Bilheran à 35’08). Cela s’observe dans les « analyses » de cette mouvance qui mettent en exergue tel ou tel microcourant ultra-minoritaire, anti Illuminati, anti 5G, ou anti reptilien, au lieu, au moins, d’approfondir, l’analyse d’une Hannah Arendt qui tente d’appréhender au sein des systèmes anti-modernes que furent le léninisme, le fascisme et le nazisme (canal historique) leur similitude intrinsèque à vouloir œuvrer au sein même des consciences pour créer le « surhomme » ou « l’homme nouveau » (promis aujourd’hui par le transhumanisme) — jusqu’à s’emparer de leur pouvoir intime à sentir, penser, aimer, créer.

Et bien sûr ces gens vont nier leur néonazisme patenté (c’est-à-dire hygiéniste, eugéniste, scientiste et affairiste) sous couvert bien sûr de chasse anti-complotiste, ou comment à force de faire l’ange on devient la Bête. C’est qu’ils développent une mentalité de criminel (déjà présente dans l’anarchisme blanquiste, sorelien, et le léninisme) qui immédiatement va évidemment masquer son méfait, jusqu’à retourner la charge de la preuve en accusant l’accusateur (d’être d’extrême droite ou raciste par exemple), puis se présenter comme étant au fond la victime des crimes qu’ils effectuent eux-mêmes ou qu’ils camouflent évidemment lorsqu’ils sont en service commandé.

Il est dommage que certains sites dits pourtant de « ré-information » succombent à cette intimidation en refusant par exemple de référencer ou d’inviter toute personne cataloguée « complotiste » par ces criminels sinon en acte du moins en puissance.

Ceci nécessite d’ailleurs aussi une criminologie bien spécifique, celle de la tératologie politique.

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