Comment Bill Gates et Big Pharma ont utilisé des enfants comme « cobayes »… sans être inquiétés par la justice

Comment Bill Gates et Big Pharma ont utilisé des enfants comme « cobayes »… sans être inquiétés par la justice

08/06/2021 (2021-06-08)

[Source : Sott.net]

Par Bernard Marx — OffGuardian

En 2010, une ONG financée par la Fondation Bill & Melinda Gates a enfreint de multiples directives éthiques et juridiques en testant un nouveau vaccin sur des enfants sans le consentement [éclairé – NdT] des parents, et les médias occidentaux ne s’en sont jamais fait l’écho.

Jeunes filles de la tribu Koya, dans le district de Khammam de l’État indien de Telangana

L’Inde fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps… Bien plus que d’habitude. Si l’on en croit les médias populaires, il se produit là-bas une sorte d’apocalypse. Mais comme c’est souvent le cas, ces reportages sont dépourvus de tout contexte ou perspective.

Dans leur empressement à soutenir l’actuel récit de terreur sur le Covid-19, les médias du monde entier n’ont de cesse aujourd’hui de parler de l’Inde, alors qu’il y a douze ans, lorsqu’une véritable tragédie y avait cours, ils étaient tous aux abonnés absents.

Un peu de contexte

En 2009, une ONG financée par la Fondation Bill & Melinda Gates a procédé sur certains des enfants les plus pauvres et les plus vulnérables au monde à des essais cliniques non autorisés d’un vaccin. Cette ONG a agi sans fournir d’informations sur les risques encourus, sans le consentement éclairé des enfants ou de leurs parents et sans même mentionner qu’elle menait un essai clinique.

Après la vaccination, de nombreux enfants participants sont tombés malades et sept d’entre eux sont morts. Telles ont été les conclusions d’une commission parlementaire chargée d’enquêter sur cette misérable affaire. La commission a accusé l’ONG de « maltraitance d’enfants » et a produit un grand nombre de preuves à l’appui de ses dires. Toute cette affaire est passée quasiment inaperçue dans les médias occidentaux.

Path — anciennement connu comme le Program for Appropriate Technology in Health [Programme de technologie appropriée en santé – NdT] — est une ONG basée à Seattle, largement financée par la Fondation Bill & Melinda Gates mais qui reçoit également d’importantes subventions du gouvernement des États-Unis. Entre 1995 et le jour de la rédaction de cet article (mai 2021), Path a reçu plus de 2,5 milliards de dollars de la Fondation Bill & Melinda Gates.

En 2009, Path a mené un projet visant à administrer le vaccin contre les infections à papillomavirus humains. L’objectif du projet était, selon les propres termes de Path,

« de générer et de répandre des données probantes [« des preuves d’impact » (Sic !) – NdT] en vue de favoriser auprès du public l’introduction des vaccins anti-papillomavirus. »

Il a été mené dans quatre pays : l’Inde, l’Ouganda, le Pérou et le Vietnam. La GAVI, une autre organisation financée par la Fondation Gates, avait initialement été envisagée pour gérer le projet directement financé par la Fondation Bill & Melinda Gates, mais la responsabilité en a finalement échu à Path.

De manière significative, chacun des pays sélectionnés pour le projet avait une population ethnique différente et disposait d’un programme national de vaccination financé par l’État. L’utilisation de différents groupes ethniques dans l’essai a permis de comparer les effets du vaccin dans divers groupes de population — l’ethnicité représentant un critère quant à l’innocuité et à l’efficacité de certains médicaments.

Les programmes de vaccination des pays concernés constituaient un marché potentiellement lucratif pour les entreprises dont les médicaments devaient faire l’objet d’études : si les médicaments s’avéraient efficaces et étaient inclus dans les programmes de vaccination nationaux financés par les États, les considérables bénéfices annuels réalisés par ces mêmes entreprises seraient une véritable aubaine.

Dans le cadre de cette expérimentation, deux types de vaccins contre le papillomavirus humain ont été utilisés : Gardasil de Merck et Cervarix de GlaxoSmithKline (GSK). Dans cet article, nous allons examiner l’essai du Gardasil mené sur les populations en Inde par Path.

Il convient de noter ici la relation entre la Fondation Bill & Melinda Gates et l’une des entreprises pharmaceutiques dont les produits étaient testés. En 2002, ladite fondation avait acheté pour 205 millions de dollars d’actions dans le secteur pharmaceutique, y compris des actions de Merck & Co. Cette opération avait suscité des interrogations en raison du conflit d’intérêts évident entre le rôle de ladite fondation en tant qu’organisation caritative médicale et son rôle en tant que détenteur de parts de marché dans des entreprises du même secteur.

Note du traducteur : Ces 205 millions d’investissement incluaient aussi des actions chez Pfizer Inc. et Johnson & Johnson.

Rapide aperçu du haut de la pyramide en partant de Merck

Le premier actionnaire de Merck est The Vanguard Group, Inc., une société étatsunienne de fonds d’investissement, qui détient par ailleurs aussi des parts dans des grandes sociétés comme Michelin, Amazon, American Express, Pernod Ricard, Monsanto, ExxonMobil, Alphabet, Dow Chemical ou encore Foxconn (liste non exhaustive). La société est également le premier actionnaire de Microsoft, Facebook, Google, Apple — en gros, les Big Techs — et de Goldman Sachs. Avec des sociétés comme The Vanguard Group, on atteint le haut du panier… Mentionnons que la société se trouve aussi être le premier actionnaire de son plus proche « concurrent » Blackrock, Inc., n°1 mondial de la gestion d’actifs avec 8 676 milliards de dollars d’actifs à la fin de 2020, le positionnant devant The Vanguard Group avec ses 6 200 milliards de dollars d’actifs sous gestion au début de 2020. Ces deux sociétés détiennent des parts dans une grande partie de l’ensemble des sociétés cotées en bourse, dans le monde.

Le Wall Street Journal a rapporté, en août 2009, que la Fondation Bill & Melinda Gates avait vendu ses parts [pour 8 millions de dollars – NdT] Merck entre le 31 mars et le 30 juin de cette année-là, soit à peu près au moment où les essais sur le terrain du vaccin contre le papillomavirus humain commençaient en Inde. Ainsi, pendant toute la durée de ce projet — qui était déjà opérationnel en octobre 2006 — et jusqu’aux essais finaux sur le terrain, la Fondation Bill & Melinda Gates a joué un double rôle : celui d’une organisation caritative investie dans des soins de santé humanitaires et celui d’un actionnaire de l’entreprise pharmaceutique qui réalisait des bénéfices.

De tels conflits d’intérêts sont depuis 2002 la marque de fabrique de la Fondation Bill & Melinda Gates. Lorsque Gates a fait l’année dernière des apparitions régulières à la télévision pour promouvoir la vaccination anti Covid-19, en apportant un soutien particulièrement enthousiaste à l’effort de Pfizer-BioNTechson objectivité n’a jamais été mise en doute. Pourtant, sa fondation est copropriétaire de plusieurs fabricants de vaccins, dont Pfizer, BioNTech et CureVac.

Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains

Le vaccin contre les infections à papillomavirus humains (VPH) vise à prévenir le cancer du col de l’utérus. Le Gardasil avait été lancé avec succès par Merck en 2006 aux États-Unis, mais ses ventes ont souffert après qu’une série d’articles publiés dans des revues médicales étatsuniennes eurent jugé que ses risques étaient supérieurs à ses bénéfices. L’analyse des rapports sur les effets indésirables du Gardasil transmis au Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS) des CDC leur a été particulièrement préjudiciable.

Cette analyse a été publiée dans le Journal of the American Medical Association le 19 août 2009. Parmi les 12 424 effets indésirables signalés, 772 ont été considérés comme graves, dont 32 décès. Les autres effets secondaires graves signalés comprenaient des troubles auto-immuns, des événements thromboemboliques veineux — caillots sanguins — et le syndrome de Guillain-Barré.

Dans la même édition du Journal of the American Medical Association, le Docteur Charlotte Haug, alors rédactrice en chef du Journal of the Norwegian Medical Associationa écrit :

« Le fait qu’un risque vaille la peine d’être pris dépend non seulement du risque absolu, mais aussi du rapport entre le risque potentiel et le bénéfice potentiel. Si les bénéfices potentiels sont substantiels, la plupart des individus seraient prêts à accepter les risques. Mais le bénéfice net du vaccin contre le VPH pour une femme est incertain. Même si elle est infectée de façon persistante par le VPH, une femme ne développera probablement pas de cancer si elle se soumet régulièrement à un dépistage. Donc, elle devrait logiquement être prête à n’accepter qu’un faible risque lié au vaccin. »

Le Docteur Haug, dans une allusion claire faite envers Merck, le fabricant du Gardasil, a également fait remarquer que

« lorsque l’on évalue les preuves des risques et des bénéfices, il convient également de se demander qui prend le risque et qui bénéficie des avantages. »

Les tentatives de Merck pour promouvoir le Gardasil ont été controversées. Le Docteur Angela Raffle, l’une des plus grandes spécialistes britanniques du dépistage du cancer du col de l’utérus, a décrit la stratégie marketing de Merck en l’assimilant à

« un coup de bélier porté sur le ministère de la Santé et un pilonnage en règle de ses institutions affiliées. »

Le Docteur Raffle craint que la pression en faveur d’une vaccination de masse ne nuise au programme de dépistage efficace qui fonctionne au Royaume-Uni depuis les années 1960 :

« Je crains que la précipitation motivée par des considérations commerciales pour nous faire paniquer et introduire rapidement le vaccin contre le VPH ne nous fasse reculer et n’aggrave notre programme de lutte contre le cancer du col de l’utérus. »

Le professeur Diane Harper

Le professeur Diane Harper, qui travaillait alors à la faculté de médecine de Dartmouth, dans le New Hampshire, avait dirigé deux essais du vaccin et était catégorique sur le fait que le Gardasil ne pouvait pas protéger contre toutes les souches de papillomavirus humains.

Lorsque Merck a lancé une énorme campagne de relations publiques en 2007 pour persuader les gouvernements européens d’utiliser le produit pour vacciner toutes les jeunes filles du continent contre le cancer du col de l’utérus, elle a déclaré :

« Les programmes de vaccination de masse [constitueraient] une gigantesque expérience de santé publique… Nous ignorons beaucoup de choses. Nous ne savons pas si le vaccin demeurera efficace. Pour être honnête, nous n’avons pas, pour le moment, de données sur l’efficacité chez ces jeunes filles. Nous vaccinons contre un virus qui attaque les femmes tout au long de leur vie et qui continue à provoquer des cancers. Si nous vaccinons les filles à 10 ou 11 ans, nous ne saurons pas avant 20 à 25 ans si cela sera efficace ou pas. C’est un gros défi à relever. »

Ainsi, à l’époque où Path menait ses essais en Inde, en Ouganda, au Pérou et au Vietnam, le Gardasil était un vaccin controversé : son innocuité, son efficacité et les tentatives de Merck pour le promouvoir étaient remises en question, non pas par les « anti-vaxx » et les « complotistes », mais par l’establishment médical international et les principaux médias respectés.

Les jeunes filles de Khammam

Le district de Khammam faisait, en 2009, partie de l’État indien oriental de l’Andhra Pradesh — les changements frontaliers effectués en 2014 font qu’aujourd’hui le district de Khammam appartient à l’État du Telangana. La région est essentiellement rurale et considérée comme l’une des parties les plus pauvres et les moins développées de l’Inde.

Khammam abrite plusieurs groupes ethniques tribaux, certaines estimations situant sa population tribale à environ 21,5 pour cent — environ 600 000 personnes. Comme c’est le cas pour les populations indigènes du monde entier, les groupes tribaux de Khammam souffrent d’un manque d’accès à l’éducation. Par conséquent, leur niveau d’alphabétisation est considérablement inférieur à celui de la région dans son ensemble.

En 2009, pas moins de 14 000 filles ont reçu une injection de Gardasil dans le district de Khammam. Les filles recrutées pour le projet de Path avaient entre 10 et 14 ans et étaient toutes issues de milieux à faibles revenus, principalement tribaux. Beaucoup d’entre elles ne vivaient pas avec leur famille, mais dans des ashram pathshalas — des foyers gérés par le gouvernement — situés à proximité des écoles qu’elles fréquentaient.

Le professeur Linsey McGoey, de l’université d’Essex, a déclaré par la suite être convaincue que les filles des ashrams pathshalas avaient été ciblées pour le projet car il s’agissait d’un moyen de :

« contourner la contrainte d’avoir à demander le consentement parental avant de procéder aux injections. »

Bien que l’Inde ait fait l’objet d’un grand nombre de reportages récemment, la couverture médiatique dont bénéficie ce pays et ses actualités reste généralement discrète. Et bien que l’Inde abrite près d’un cinquième de la population mondiale, les reportages qui lui sont consacrés sont rares.

Peu d’entre nous sont conscients, par exemple, de son épouvantable histoire en matière de santé et de sécurité ou de la corruption endémique de son gouvernement..

Depuis des décennies, des profiteurs sans scrupules ont su exploiter ces lacunes. Les médias occidentaux ne rendent compte des conséquences de ces actions que lorsque leur ampleur est trop grande pour être ignorée.

Nous avons appris que près de 7 000 personnes ont été tuées et plus d’un demi-million ont été blessées après avoir été exposées au gaz mortel d’isocyanate de méthyle, à la suite d’une fuite de gaz dans l’usine de pesticides d’Union Carbide à Bhopal. Mais nous n’avons rien appris, au cours des années qui ont précédé la catastrophe, de la culture basée sur des normes médiocres et le mépris de la réglementation, qui a été finalement responsable de la catastrophe.

Dans ces conditions, il est assez logique que le projet de Path visant à administrer et à étudier les effets du vaccin contre les infections à papillomavirus humains soit passé inaperçu en Occident. Le même constatation peut être faite en Inde : les médias indiens ne font pas plus de reportages sur leurs groupes tribaux que les médias occidentaux n’en font sur les Indiens. En dépit des préoccupations quant au projet formulées en octobre 2009 par Sama — une ONG basée à Delhi qui défend la santé des femmes — l’actualité indienne ne s’en est pas pour autant fait l’écho.

Membres du groupe de défense des droits Sama

Ce projet n’aurait donc pas pu être plus opaque s’il avait eu lieu sur la Lune, et il l’est resté pendant plusieurs mois jusqu’à ce que, début 2010, des informations commencent à circuler à Khammam selon lesquelles quelque chose avait affreusement mal tourné : plusieurs des filles incluses dans les essais étaient tombées malades et quatre d’entre elles étaient décédées.

En mars 2010, des membres de Sama se sont rendus à Khammam pour obtenir plus de renseignements sur les témoignages qui commençaient à émerger. Ils ont appris que jusqu’à 120 jeunes filles avaient subi des effets indésirables, notamment des crises d’épilepsie, de graves maux d’estomac, des maux de tête et des sautes d’humeur. Les représentants de Sama sont restés à Khammam pour approfondir leur enquête.

La mobilisation de Sama a finalement porté l’affaire à l’attention des médias indiens et, face au déluge de réactions négatives, le Conseil indien de la recherche médicale a suspendu le projet Path.

C’est alors que la commission permanente de la santé du Parlement indien a commencé à enquêter sur l’affaire.

Le 17 mai, Sama a produit un rapport accablant soulignant, entre autres, que les essais avaient été présentés comme un programme de vaccination gouvernemental et non comme un projet de recherche, que les filles n’avaient pas été informées qu’elles pouvaient choisir de ne pas participer aux essais, et que le consentement parental n’avait pas été demandé ni donné dans de nombreux cas.

Le rapport indique que :

« De nombreuses jeunes filles vaccinées continuent de souffrir de maux d’estomac, de maux de tête, de vertiges et d’épuisement. À la suite de la vaccination, des signalements ont fait état de l’apparition précoce des règles, de saignements abondants et de crampes menstruelles sévères, de sautes d’humeur extrêmes, d’irritabilité et de malaise. Aucun suivi ou contrôle systématique n’a été effectué par les fournisseurs de vaccins. »

Sama a également contesté l’affirmation du gouvernement de l’État d’Andhra Pradesh selon laquelle le décès de quatre des filles qui avaient participé aux essais n’avait rien à voir avec la vaccination.

La Commission parlementaire

Les rouages de la bureaucratie sont lents à mettre en branle. C’est plus de trois ans plus tard, le 30 août 2013, que le rapport du Comité permanent de la santé du Parlement indien a finalement été publié. Alors que beaucoup s’attendaient à ce qu’il cherche à dissimuler la réalité, il n’en est rien : la lecture en est choquante.

Le Sansad Bhavan, siège du Parlement de l’Inde, New Delhi

Le rapport critique à la fois Path et le Conseil indien de la recherche médicale, concluant que

« la sécurité et les droits des enfants ont été fortement compromis et violés. »

La commission a constaté que Path, bien qu’opérant en Inde depuis 1999, n’avait aucune autorisation légale pour agir ainsi. Elle a noté que, bien que l’organisation ait finalement reçu en septembre 2009 un certificat du Registre des sociétés de l’Inde, ce certificat lui-même avait été produit en violation de la loi.

Le rapport indique aussi que :

« Path […] a violé toutes les lois et réglementations applicables aux essais cliniques […] son seul objectif était de promouvoir les intérêts commerciaux des fabricants de vaccins contre les infections à papillomavirus humains […] il s’agit d’un grave abus de confiance […] car le projet impliquait la vie et la sécurité de fillettes et d’adolescentes qui, pour la plupart, n’étaient pas conscientes des implications de la vaccination. Il s’agit également d’une grave violation de l’éthique médicale. Ces agissements constituent de la part de Path une violation flagrante des droits fondamentaux de ces fillettes et adolescentes. Il s’agit également d’un cas avéré de maltraitance infantile. »

La commission a accusé Path de lui avoir menti et d’avoir au cours de son enquête tenté de l’induire en erreur, et a recommandé au gouvernement indien de signaler à l’OMS, à l’UNICEF et au gouvernement étatsunien les violations des droits fondamentaux commises par Path.

Le rapport stipule en outre que l’ensemble du projet de Path consistait en une tentative cynique d’assurer des profits continus pour Merck et GSK :

« Le choix des pays et des groupes de population, la nature monopolistique du produit mis en avant, à ce moment-là, le potentiel et les opportunités de marché illimités dans les programmes de vaccination universelle des pays respectifs sont autant d’indices d’un plan bien planifié pour exploiter une situation à des fins commerciales. Si [le plan de] Path avait été couronné de succès […] cela aurait généré un profit exceptionnel pour les fabricants par le biais de la vente automatique, année après année, sans aucune dépense en termes de campagne publicitaire ou de marketing. Il est notoire qu’une fois un vaccin introduit dans le programme vaccinal, il devient politiquement impossible de revenir en arrière. »

Et d’ajouter :

« Pour atteindre cet objectif sans effort, sans passer par la voie ardue et strictement réglementée des essais cliniques, Path a eu recours à un élément de subterfuge en appelant les essais cliniques « études d’observation » ou « projet de démonstration », et diverses autres expressions du même ordre. Ainsi, en utilisant une nomenclature établie par ses soins et servant ses propres intérêts, Path a complètement mis en péril le bénéfice, la sécurité et le bien-être des sujets, ce qui non seulement est absolument déplorable, mais constitue également une grave violation de la loi du pays. »

Samiran Nundy, rédacteur émérite du National Medical Journal of India

Des voix éminentes de la communauté médicale indienne se sont fait l’écho de ces accusations. Chandra M. Gulhati, rédacteur en chef de l’influent Monthly Index of Medical Specialities a déclaré :

« Il est choquant de voir comment une organisation étatsunienne a utilisé des méthodes subreptices pour s’établir en Inde. Il ne s’agissait pas de philanthropie. »

Samiran Nundy, rédacteur émérite du National Medical Journal of India et critique de longue date des pratiques corrompues dans le domaine de la santé, n’a pas mâché ses mots :

« Il s’agit d’un cas évident où les Indiens ont été utilisés comme cobayes. »

Le rapport de la commission permanente s’est également montré très critique à l’égard des relations entre Path et les membres de plusieurs agences sanitaires indiennes, mettant en évidence de multiples conflits d’intérêts.

Sur la question du consentement éclairé, la commission a confirmé la véracité des allégations de Sama, en constatant que la majorité des formulaires de consentement n’étaient signés ni par les enfants ni par leurs parents, que nombre d’entre eux étaient postdatés ou n’étaient pas datés du tout, que plusieurs formulaires avaient été signés par les mêmes personnes — souvent des membres du personnel des foyers où vivaient les jeunes filles — et que de nombreuses signatures ne correspondaient pas au nom figurant sur le formulaire. L’enquête a révélé que les parents n’avaient pas reçu d’informations quant à la nécessité de cette vaccination, à ses bénéfices et inconvénients ou à ses potentiels effets secondaires.

Aucune assurance n’avait été prévue pour aucun des enfants en cas de préjudice [post-vaccinal – NdT] et,

« Path n’avait pas plus anticipé le recours urgent à des experts médicaux en cas d’événements indésirables graves. »

En outre, en effectuant un essai clinique d’un médicament sur des enfants avant d’avoir effectué un essai du médicament sur des adultes, Path a gravement enfreint la réglementation indienne en matière de santé.

Concernant les jeunes filles décédées, le comité a critiqué Path, les autorités médicales indiennes et le gouvernement de l’État d’Andhra Pradesh pour avoir, sans mener d’enquêtes approfondies, sommairement écarté le lien entre leur décès et la vaccination. En 2016, quelque 1 200 des jeunes filles ayant participé en Inde aux deux essais de vaccins contre les infections à papillomavirus humains faisaient état d’effets secondaires graves à long terme, soit plus de 5 pour cent de la cohorte totale de 23 500 personnes. À ce moment-là, le nombre total de décès était passé à sept.

Un silence de mort

Hormis en Inde, cette effroyable violation de l’éthique médicale et des droits humains fondamentaux est passée presque totalement sous silence. La commission permanente de la santé du Parlement indien a littéralement accusé une ONG étatsunienne de maltraitance d’enfants, en fournissant de nombreuses preuves à l’appui de ses accusations, mais les médias occidentaux n’en ont pratiquement pas parlé.

Un conflit d’intérêt financier a-t-il compromis The Guardian ?

Les populaires magazines scientifiques que sont Nature et Science ont chacun publié un bref article sur la débâcle, mais aucune n’est entré dans les détails quant aux violations légales et éthiques de Path. Si l’article de Science est au moins légèrement critique, celui de Nature accorde plus de place à la réfutation des accusations formulées par le directeur de Path, Vivien Tsu.

La façon dont les médias du monde entier sont financés par la Fondation Bill & Melinda Gates et comment ces financements influencent leurs reportages sur la même Fondation et sur les organisations qu’elle parraine, requiert un article qui y soit exclusivement consacré. Mais mentionnons toutefois ici que la la Fondation Bill & Melinda Gates a financé la BBC pour un total de 51,7 millions de dollars — à mai 2021 — et The Guardianpour un total de 12,8 millions de dollars.

The Guardian, malgré toutes ses prétentions à donner une voix aux plus vulnérables dans le monde, est resté curieusement silencieux au sujet des jeunes filles de Khammam. Du moins, à l’exception d’un article, publié en octobre 2013, environ six semaines après la publication du rapport de la commission permanente.

L’article n’a pas été écrit par l’une des filles ou l’un de leurs parents, ni par l’une des femmes de Sama qui avait plaidé en faveur des filles, ni même par l’un des parlementaires indiens chargés d’enquêter sur l’affaire.

Non. Il a été écrit par un Étatsunien appelé Seth Berkley. Berkley est le Pdg de GAVI, un autre mastodonte de la santé financé par la Fondation Bill & Melinda Gates.

Seth F. Berkley, Pdg de GAVI

Berkley a profité de sa tribune dans The Guardian pour affirmer que les jeunes filles décédées après avoir été vaccinées à Khammam s’étaient suicidées. Parlant des 14 000 sujets ayant participé aux essais, il a déclaré :

« Il aurait été inhabituel qu’aucun d’entre eux ne se suicide par la suite. »

La compassion est loin d’être le seul élément absent de son article. En adressant une fin de non recevoir à cette infamie, Berkley n’a pas une seule fois abordé les multiples violations de la loi et de l’éthique qui s’étaient produites, ni le rôle de Path et celui de ses employeurs, la Fondation Gates.

The Guardiana commencé à recevoir des fonds de la Fondation Bill & Melinda Gates en août 2010. Avant cet accord, en 2007, le journal avait publié deux articles distincts qui critiquaient les tactiques de lobbying utilisées par Merck pour promouvoir le Gardasil et qui mettaient en doute l’efficacité de son utilisation dans les programmes de vaccination à grande échelle.

Depuis l’accord conclu avec Gates, The Guardian a toujours publié des articles positifs sur ce médicament — et sur la vaccination contre les infections à papillomavirus humains en général.

Que s’est-il passé ensuite ?

Le gouvernement indien était réticent à prendre l’une des mesures recommandées par le comité. Après tout, des organisations comme Path ont permis à l’État, aux institutions et aux particuliers de disposer d’énormes sommes d’argent.

Siège social de la Fondation Bill & Melinda Gates

C’est ainsi qu’aucun rapport officiel sur les violations des droits humains fondamentaux n’a jamais été présenté par le gouvernement indien à l’OMS, à l’Unicef ou au gouvernement étatsunien, comme l’avait recommandé le comité permanent.

Toutefois, en 2017, le comité a annoncé qu’il n’accepterait plus les subventions de la Fondation Bill & Melinda Gates pour son Unité de soutien technique à la vaccination, une organisation qui fournit des « conseils en matière de stratégie vaccinale » et qui concerne environ 27 millions de nourrissons. Néanmoins, le gouvernement indien continue d’accepter les subventions de la même Fondation dans d’autres domaines.

Merck, et son vaccin le Gardasil, ont enregistré de très bons résultats depuis les sombres événements relatés dans cet article. Le scandale de Khammam a tellement peu été relayé en dehors de l’Inde que la firme n’en a jamais vraiment été affectée. Rien qu’en 2018, les ventes de Gardasil se sont élevées à plus de 3 milliards de dollars, grâce à son intégration dans les calendriers vaccinaux du monde entier, ainsi qu’à son lancement cette année-là en Chine.

Path ne s’est jamais aussi bien porté. Tout comme pour Merck, et grâce au silence médiatique qui a entouré les événements de Khammam, l’organisation n’a pas souffert. Depuis 2010, elle a continué de recevoir d’énormes financements de la Fondation Bill & Melinda Gates et, dans une moindre mesure, du gouvernement étatsunien. Au cours de cette période, Path a reçu de la Fondation Bill & Melinda Gates un financement de plus de 1,2 milliard de dollars.

La Fondation Bill et Melinda Gates n’a eu de cesse d’accroître son réseau d’influence. Jacob Levich décrit comme suit les pratiques de l’organisation à l’époque des événements relatés ici :

« En substance, la Fondation Bill et Melinda Gates achèterait des stocks de médicaments qui n’ont pas réussi à créer une demande suffisante en Occident, les écoulerait à un prix réduit dans les pays dits en voie de développement et conclurait des accords d’achat sur le long terme avec les gouvernements des pays dits du tiers-monde. »

La Fondation s’est depuis lors tournée vers des pâturages encore plus lucratifs. La pandémie de Covid-19 a véritablement propulsé la Fondation Bill et Melinda Gates sur le devant de la scène. Gates lui-même a vu son profil public et son influence politique croître à un point qui aurait été inimaginable même en 2019.

En dépit de son absence de qualifications scientifiques ou de mandat électoral, il insiste régulièrement sur la nécessité d’une vaccination mondiale généralisée avec des produits fabriqués par les entreprises qu’il possède, en utilisant les plates-formes qui lui sont offertes par les médias qu’il finance.

Et les filles de Khammam ?

En 2010, ces pauvres enfants et leur situation critique n’étaient même pas connus au-delà des frontières de l’Inde. Dire qu’elles ont été oubliées reviendrait à sous-entendre que personne ne les connaissait ou ne se souciait d’elles.


À propos de l’auteur :

Bernard Marx est le pseudonyme utilisé par un écrivain et enseignant basé en Irlande. Ses domaines d’intérêt sont l’histoire, la politique et la musique populaire. Vous pouvez lire la suite de son travail sur Notes from the New Normal.


Note du traducteur : 
Voir aussi sur le sujet : Dépeuplement, ID2020 et preuve d’immunité numérique – La doctrine agressive de la Fondation Gates pour une vaccination massive

Source de l’article initialement publié en anglais le 18 mai 2021 : OffGuardian
Traduction : Sott.net


[Voir aussi :
Covid et domination planétaire – Comment Bill Gates et ses amis milliardaires se sont assurés le soutien des médias
La pandémie de coronavirus COVID-19: Le vrai problème est « l’Agenda ID2020 »
Robert Kennedy junior s’entretient avec Vandana Shiva
L’empire mondial de la santé de Bill Gates promet toujours plus d’empire et moins de santé
Bill Gates dicte aussi et en toute discrétion la politique alimentaire mondiale, et plus encore]

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