Billet agricole : l’égoïsme et la fatuité sont en train de tuer la France

07/02/2024 (2024-02-07)

[Source : russiepolitics]

Par Karine Bechet-Golovko

Sans aucune surprise, les syndicats et les politiques ont parfaitement manœuvré pour faire échouer le mouvement sincère de révolte des agriculteurs. Non seulement ils n’obtiendront finalement rien de sérieux, mais l’on voit la France se diviser en trois : ces personnes, qui se battent pour (sur)vivre ; la majorité, qui s’en fout totalement ; et une minorité privilégiée, qui du haut de son néant, les tourne en ridicule. L’échec des agriculteurs, c’est notre échec. Quand l’impératif de survie viendra frapper à votre porte, il sera alors trop tard. L’égoïsme et la fatuité sont en train de tuer la France.

La FNSEA s’est dépêchée d’accepter les propositions du Gouvernement et d’applaudir bien haut et bien fort, incitant les agriculteurs à rentrer chez eux. Assez joué, il ne faut pas déranger le bon peuple, il ne faut pas déranger les élites, ils ont tous autre chose à faire que de s’occuper de la France. Alors, des agriculteurs, de vous, vous pensez bien… Il est important de bien connaître sa place.

Et d’ailleurs, les voix officielles du Gouvernement en sont largement gré à leur syndicat, comme on a pu le lire dans un article de Public Sénat, média officiel s’il en est :

Le premier syndicat agricole appelle à la levée des blocages et indique rester attentif à la mise en œuvre des engagements pris par l’Etat pour répondre à la grogne des agriculteurs. En quelques jours, la FNSEA a su confirmer son rôle d’interlocuteur privilégié avec le gouvernement, alors que le mouvement, apparu spontanément en Occitanie, a pu sembler lui échapper par sa radicalité.

Autrement dit, le Gouvernement remercie sincèrement la FNSEA d’avoir pu tuer dans l’œuf une révolte, qui semblait dangereuse en raison de son ampleur et de l’impératif des revendications. Mais la FNSEA appelle à rentrer dans la niche. Ce qui ne plaît pas, et loin de là, aux agriculteurs, qui se sentent à juste titre trahis.

« On n’est pas contre le commerce international, mais quand les produits arrivent à un coût en dessous de notre coût de production on demande à ce qu’ils soient taxés », explique-t-il, avant de prendre l’exemple d’un haricot importé du Kenya : « Il est à 3 euros le kilo, le coût de production des haricots du secteur est plutôt entre 7 et 7,50 euros, donc on dit OK. Il y a du haricot du Kenya qui arrive, mais il sera au même prix. »

Sans oublier que les déclarations concernant les accords internationaux de libre-échange, absolument sacrés dans notre monde, n’ont pas convaincu :

« On n’est pas là pour retravailler (les accords), on est là pour dire non, on n’en veut pas, que ce soit le Mercosur (…) le CETA avec le Canada, le Tafta avec les États-Unis, arrêtons de faire circuler notre alimentation sur toute la planète », martèle Jérôme Barange.

Surtout, que finalement rien ne changera. Le délire écolo-bobo va continuer et le plan Ecophyto est n’est plus suspendu par le Gouvernement, malgré les promesses faites en ce sens. Et le commissaire européen Thierry Breton a fait comprendre que l’UE se moque totalement des agriculteurs français, elle a d’autres priorités. Ce que l’on savait déjà avec les 50 milliards d’euros pour l’Ukraine.

Si ponctuellement, des manifestations continuent, ce n’est plus le même élan. Il a été brisé et tel était bien le rôle des syndicats. Mais en dehors de cela, l’on doit bien noter le manque d’implication de la majorité des Français, toujours à grogner sur les inconvénients que cela leur pose. Ils grognaient contre ceux qui se révoltaient contre les masques et les vaccins, plus que contre le Gouvernement qui leur imposait ces restrictions sanitairement absurdes, mais conformes au diktat globaliste. Ils grognent contre la révolte des paysans, plus que contre les politiciens qui conduisent les forces vives de notre pays au suicide. Tant que la majorité de la population restera cette masse molle, ces « veaux » dont parlait De Gaulle, nous resterons dans la casserole à nous faire cuire doucement, mais sûrement.

Et l’on pourra trouver sur les chaînes publiques de tels propos, faisant soi-disant de l’humour au sujet de ces personnes, qui vivent dans la précarité, ces travailleurs pauvres, avec 500 euros par mois. En effet, que c’est drôle…

C’est une honte de pouvoir montrer cela. De voir ces individus, se sentant privilégiés, ces gens du système, rire autour de la table d’une « autre France », qu’ils méprisent ouvertement. De voir ce public d’abrutis dociles, fiers d’avoir été conviés à lorgner sur les miettes du repas des privilégiés, rire eux aussi. Ainsi, pendant quelques minutes, il leur semble, à tort d’ailleurs, ne pas faire partie de cette « autre France ». C’est une honte de ne voir aucune réaction officielle après cette séquence.

Oui, les agriculteurs se sont fait avoir. Comme beaucoup d’autres avant eux. Comme tous ceux, qui pensent encore que ce système est réformable, qu’il suffit de demander une petite place un peu plus confortable pour que tout aille bien. Ce système est programmé pour nous faire disparaître, économiquement, politiquement, socialement — et humainement. Je ne parle pas uniquement de la vie biologique, avec l’augmentation des suicides et les dérives anti-médicales. Je parle de la richesse et de la complexité de la personne humaine. Cet être humain, riche, cultivé, travailleur, aimant la vie et sa famille autant que son pays, n’entre pas dans la matrice.

Soit vous changez de matrice et vous vous relevez, soit vous riez à cette émission de France 2 et vous disparaissez.

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