La pauvreté argumentaire des anti « Bounty » et autres anti « arabes, juifs de service »

Par Lucien SA Oulahbib

Passé l’épreuve de sidération devant une stupidité (d’où l’adage : « les bras m’en tombent ») il est possible de matcher en demandant « mais, dans ce cas, qu’est-ce qu’un Noir qui ne serait pas “Bounty*” ? et qu’est-ce qu’un “Arabe” ou un “Juif” qui ne serait pas de “service” ? »…

[* : noir à l’extérieur, mais blanc à l’intérieur.]

Il est à parier que ces gens seront incapables de fournir une réponse tangible tant ils répercuteront des arguments « inter-sectionnés » qui appartiennent justement au monde « Bounty », comme les droits de l’Homme, l’égalité homme/femme, le respect des « différences » qui fait d’ailleurs déjà partie des coutumes de la culture d’accueil puisque ce dernier point — les coutumes — s’avère nécessairement mouvant, les coutumes et la culture qui les insuffle évoluant dans un jeu de balance permanent entre ce qui est recevable parce qu’il renforce les acquis et ce qui ne l’est pas, car il les affaiblit.

Or, précisément, on ne peut que rejeter cette pauvre rhétorique qui prétend classer bons et mauvais en fonction de critères inconnus ou alors profondément liés à la culture que l’on prétend dénoncer, ce qui dans ce cas permettrait de la réfuter aisément (du moins s’il y avait la volonté de le faire), car on ne voit vraiment pas quel serait la culture ou le système politique dans le monde d’aujourd’hui qui feraient que les critiques acerbes assénées à l’encontre des « Bounty », « Arabes ou Juifs de service » soient un modèle à imiter comme c’était, paraît-il, le cas après la Seconde Guerre mondiale.

Depuis que le modèle communiste est mort et le tiers-mondiste en voie de disparition dans les limbes de l’hyperinflation et de la corruption mafieuse, il ne reste plus que des systèmes bancals qui ne sont en rien des alternatives au monde dit occidental des « démocraties libérales », même si celui-ci devient également hyperinflationniste et corrompu, ce qui fait d’ailleurs que lui aussi se sert désormais des élections non plus comme moyens de renouvellement du personnel politique, mais seulement en tant que plébiscite désormais perpétuel de mesures extrapolitiques cherchant surtout à faire peur et à enrichir une poignée d’oligarques, le tout sous la contrainte hypocrite scientiste et hygiéniste (hypocrite comme par exemple la suspension du port du masque et du passe sanitaire pour mieux avancer l’obligation injectable à l’automne). Ceci les délégitime d’autant, car ces mesures aussi légales soient-elles violent « l’esprit » des institutions démocratiques léguées par trois à quatre siècles de Tradition (ce qui est peu en fait sur deux à cinq mille ans par exemple), d’où l’abstention et la sécession en extension ou qui se pérennise sur fond de cynisme exacerbé mâtiné de catastrophismes divers classés de « complotistes » avant qu’ils ne se soient vérifiés ou provoqués….

En fait, il semble bien que la « vraie » vie politique et sociale en post-démocratie occidentale, voire désormais en démocrature sanitaire et écologiste, ne puisse plus passer par le système institutionnel légué par la Tradition démocratique, car il est aujourd’hui paralysé ou tourne à vide, ce qui fait que la vraie vie passe plutôt et de plus en plus par l’associatif et l’économie parallèle (troc, marché noir, bitcoins, métaux précieux…) au-delà d’ailleurs des tendances idéologiques.

Au fond, de telles insultes sur les Bounty, etc. renvoient plutôt à l’idée qu’il y aurait « quelque part » de « bons » Noirs, Arabes, Juifs qui serviraient une « cause » finale à même d’apporter bonheur et paix. Or, au vu des résultats aujourd’hui atteints par divers pays servant vaguement de « modèles », il semble bien que ces insulteurs ne sont que de vulgaires bonimenteurs. Et les partis qui les soutiennent (par subventions et surfaces médiatiques) comme aujourd’hui les deux M (Macron et Mélenchon) deviennent les deux faces de cette même médaille (le second ayant appelé à voter pour le premier, mais hypocritement par négation celle du sans le dire) qui alimentent, voire accroissent, les tensions multiformes au lieu de les apaiser.

En effet, ces deux M sont devenus de fait les vecteurs de tout ce qui peut continuer à fractionner la nation française (qui est bien plus qu’une « race » disait Jacques Bainville). Le premier veut la dissoudre dans une Union Européenne qui n’a plus rien d’uni et plus rien d’européen (mais plutôt relativiste nihiliste et affairiste). Le second veut la démanteler, puis la soumettre, en imposant des mœurs et des modes d’appartenance aux antipodes des acquis sociaux et civilisationnels qui proviennent de luttes séculaires qu’il s’agit certes de faire évoluer, mais pas au détriment de la liberté, de l’égalité et de la fraternité que ces deux M mettent pourtant de plus en plus en cause (dans les faits et non plus seulement dans leurs discours de plus en plus creux). Ainsi, au lieu de réduire les fractures qui morcellent le corps social et culturel français, ces deux M les agrandissent, tout en prétendant le contraire, et développent en guise de réalité un hologramme sidérant au sens désormais littéral du terme (« tout va bien, madame la Marquise »), d’où la difficulté à en briser le sortilège. De plus, n’est d’autant pas le Prince charmant qui veut que ces « anti » Bounty, etc., lui demande désormais ses papiers, en particulier celui l’autorisant à vouloir ainsi embrasser (les maux de) la France pour la sauver, ce qui est bien pour le coup un comble inédit…

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