La fin des partis politiques

La fin des partis politiques

14/01/2021 (2021-01-14)

Par Joseph Stroberg

Pour des élites qui souhaitent pouvoir toujours mieux contrôler les masses populaires, le meilleur système est celui qui donne à ces masses l’illusion de la liberté, mais offre en fait la contrainte. Celui-ci a pour nom « Démocratie » qui en théorie signifie une forme de gouvernement assumée par le peuple lui-même, et donc implique que le peuple soit souverain. Dans la pratique, l’existence des partis politiques au centre d’un processus électoral représente le principal obstacle à la souveraineté des peuples.

Dans toutes les démocraties modernes, pour avoir des chances raisonnables de se faire élire, un individu doit appartenir à un parti politique ou au moins avoir été propulsé par son biais à un moment de sa carrière politique. Se faire connaître, par le biais des médias institutionnalisés et dominants, surtout télévisuels, coûte cher et même très cher. Et seuls les membres de l’élite et les partis politiques ont les moyens de se payer les frais d’une campagne en vue d’une élection. Le commun des mortels en est automatiquement écarté, du moins pour les principaux enjeux (présidentiels et parlementaires), car il est parfois possible pour monsieur ou madame Lambda de se faire élire maire dans un petit village sans en être un « notable », un des plus riches habitants.

L’existence des partis politiques permet aussi de plus facilement contrôler les opinions, les courants idéologiques et les idées, pour ne retenir que les politiquement corrects, ceux qui ne risquent pas de changer fondamentalement le Système. Les candidats au sein d’un parti se doivent en principe d’en respecter la « ligne » et d’en dévier le moins possible. Autrement, ils sont rapidement rappelés à l’ordre ou carrément exclus, selon la gravité de la déviance.

Les partis eux-mêmes sont à leur tour contrôlés par ceux qui les financent ou par ceux qui les ont créés. Dans un cas comme dans l’autre, il est donc rare que ce contrôle soit exercé par les gens de peuple, mais beaucoup plus fréquent qu’il soit en définitive la prérogative de membres de l’élite. L’existence des partis politiques représente donc le double avantage d’écarter les masses populaires des niveaux décisionnels et de les obliger à s’aligner sur les courants d’idées, idéologies et opinions voulus par la caste dirigeante.

Un Nouveau Monde dans lequel les peuples et les individus seront souverains ne pourra pas voir le jour tant que les partis politiques existeront. Une véritable souveraineté individuelle et collective (des divers groupements humains) ne peut avoir lieu tant que l’on remet celle-ci entre les mains de partis politiques ou de prétendus « représentants ». Ces derniers ne représentent le plus souvent qu’eux-mêmes ou les élites, mais travaillent rarement pour les peuples. La grande masse des lois passées ces dernières décennies dans la plupart des nations n’a fait que réduire plus ou moins drastiquement les libertés, sous prétexte de sécurité ou de remboursement de la Dette.

Pourtant, est-ce que l’Humanité a vraiment besoin de partis politiques, de représentants, et même de gouvernements pour vivre ? Nos lointains ancêtres, chasseurs-cueilleurs, disposaient-ils de ces genres de prétendus avantages civilisationnels ? Étaient-ils pour autant plus malheureux ? Et surtout, étaient-ils moins libres ? Oh ! bien sûr, ils étaient très probablement davantage dans l’insécurité, le danger et l’inconfort. Bien sûr et en effet, car la réelle liberté est incompatible avec la sécurité matérielle. Plus un être humain cherche à se protéger, par des armures, des carapaces, des lois innombrables, des murs épais… et plus il s’emprisonne. Plus un système artificiel tel que le nôtre est complexe, plus il réduit l’autonomie et la souveraineté.

Un système vivant n’est sain et en bonne santé que lorsqu’il vit en synergie, dans ses composants autant qu’avec son environnement. Lorsqu’il se fait parasiter, il dépérit. Depuis des siècles, l’Humanité est parasitée par une caste élitiste qui aspire sa puissance créatrice et sa vitalité à son propre bénéfice. Lorsqu’on les laisse faire, les parasites finissent par tuer leur hôte. Pour se débarrasser de parasites, un corps doit avoir un bon système immunitaire. Et pour que celui-ci soit fort, l’organisme lui-même doit être en santé.

Pour redevenir saine, l’Humanité devra se rapprocher de la nature et abandonner la vie citadine bétonnée, asphaltée, polluante et destructrice de l’environnement. Elle devra abandonner les guerres et tout ce qui alimente ses parasites. Elle devra laisser pourrir tout ce qui sert au parasite dans ses stratégies de contrôle ou d’invasion, dont les partis politiques.

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