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Quelle différence entre foi et croyance ?

[Source : Marie-France de Meuron via Réseau International]

par Marie-France de Meuron.

Je perçois la foi comme l’élan du cœur ouvert à la confiance en quelque chose ou quelqu’un, dans un état de large réceptivité. L’être humain est alors en mesure d’accueillir des énergies qui l’emplissent. Sur un autre plan, se situe la croyance « processus mental expérimenté par une personne qui adhère à une thèse ou une hypothèse, de façon qu’elle les considère comme vérité, indépendamment des faits, ou de l’absence de faits, confirmant ou infirmant cette thèse ou cette hypothèse ».

Un cantique de l’église protestante définit avec beaucoup d’ardeur ce que peut révéler la foi: « la foi renverse devant nous les plus fortes murailles, elle triomphe des verrous et gagne les batailles ». Qu’est devenue cette ferveur humaine dans notre monde actuel ? Quelles situations ou ambiances procurent l’occasion de la vivre ?

Prenons la présence des mouvements religieux qui sont multiples et transmettent cet élan du cœur de façons diversifiées. Dans nos contrées, il est intéressant de constater l’évolution des églises, lieux qui furent très traditionnels dans notre culture du vivre la foi chrétienne en communautés. Avant de se délabrer complètement par manque d’animation, certaines furent recyclées et rénovées : à but commercial comme un magasin de meubles ou une cave à vins, à but sportif en terrain de basket, en centre de musculation, ou à but culturel, en théâtre.

« Elles font ainsi l’objet d’un « décret d’exécration », selon la terminologie ecclésiale. En clair : elles sont désacralisées, avant d’être vendues puis reconverties ». Ce terme est puissant et dit bien qu’on retire le côté sacré du lieu et, avec ce retrait, diverses occasions de vivre des actes de foi et de connexion à des dimensions universelles.

Dans certaines communautés chrétiennes, ces édifices sont dénommés temples. L’évangile évoque même que notre corps est le temple du Saint-Esprit. Ce vocable nous vient en fait de templum issu de la culture étrusque. Il s’agit d’un lieu sacré, édifice bien solide en relation avec une intention de se relier au divin, les clochers et les flèches dénotent aussi cet élan vertical. Ainsi, ceux qui l’édifiaient cherchaient à proposer aux humains un lieu propice à établir une relation entre le monde terrestre et le monde cosmique, en ouvrant les cœurs à avoir confiance en cette immensité qui les entoure et les dépasse.

Avec l’évolution du mode de vie, nous pratiquons davantage une dynamique horizontale que verticale. C’est ainsi que nous pénétrons dans la période du virus couronné qui révèle de façon très aigüe les modes de procéder, tant au niveau sanitaire que scientifique, social, politique et économique.

Une foison de situations, d’événements, et de circonstances permettent de faire surgir soit des élans de confiance soit des décrets qui se basent sur des modélisations auxquelles on croit, souvent parce qu’il y a un socle chiffré qui sécurise. Nous vivons dans une société très structurée sur des systèmes d’assurances qui focalisent l’attention sur des paramètres bien définis comme les budgets économiques plutôt que sur les conséquences humaines globales qui peuvent avoir des répercussions non monnayables, mal définissables et plus vastes.

Ainsi, nous nous trouvons devant un carrefour crucial avec la médecine : Quand faire confiance à ce qui sonne juste selon nos expériences profondes ou au contraire quand nous soumettre à des croyances qui sécurisent mentalement d’autant plus qu’on délègue nos responsabilités et cela sur plusieurs plans.

Avant le tsunami du coronavirus, il y eut, par exemple, le raz-de-marée du déremboursement de l’homéopathie. Dans un tel cas, on peut bien distinguer entre ceux qui ont confiance en cette thérapie expérimentée sur plusieurs continents depuis deux siècles, et ceux qui font une moue de dédain en disant : « Je n’y crois pas ». Comme ils croient dans les verdicts de la médecine officielle, ils se sentent dispensés de toute réflexion et refusent d’échanger avec ceux qui l’ont expérimentée et ont obtenu de beaux résultats, sur eux, sur leurs proches ou en tant que thérapeutes. Quant à ceux qui détiennent l’autorité, ils s’obstinent à croire que seules les études randomisées en double aveugle sont valables car ils ne veulent pas comprendre que l’homéopathie uniciste traite l’ensemble du patient et que, de ce fait, chaque traitement est adapté à chaque individu, à revoir ensuite régulièrement selon l’évolution des symptômes. On ne peut donc pas effectuer des études randomisées mais seulement des études confirmant le mode de procéder et les axiomes sur lesquels se baser.

Même type d’affirmation hautaine face aux huiles essentielles dont les preuves sont multiples ; là aussi, il est exigé des études randomisées qui feraient du tort aux patients qui recevraient un placebo puisque l’on connaît déjà les pouvoirs de ces produits issus de la nature, ce qui n’est pas le cas de molécules créées en laboratoire. On retrouve la différence entre confiance et croyance chez le Pr Raoult qui a une énorme expérience d’épidémiologiste et à qui on reproche le manque d’étude randomisée, credo derrière lequel se réfugient certains scientifiques qui se sentent forts de cette croyance en une démarche expérimentale, malgré les nombreuses imperfections de telles études, observées au fil des années.

Quand les croyances sont transmises avec force par les dirigeants politiques et les médias, elles s’ancrent d’autant plus facilement dans la population que celle-ci a peu de foi dans ses propres forces, dans la nature, dans ses ressources psycho-affectives. Ainsi, quand le président Macron déclare : « Seule une vaccination généralisée pourrait avoir raison de nos souffrances actuelles… », non seulement une partie de la population le suit (apparemment les trois quarts) mais encore, voire surtout, les entreprises pharmaceutiques. Macron représente en France la chorale de 27 états de l’UE ou plutôt de 27 représentants de ces états qui se confortent dans la croyance que seul le vaccin va résoudre le problème sinueux du coronavirus. Sécurisés par le principe vaccinal, qui a pourtant souvent donner les preuves de ses limites, ils ne se demandent pas comment améliorer l’état de santé de leurs populations, prenant l’audace d’engager des milliards d’euros, en plus malgré le fait que ce soit sur le dos de leurs concitoyens.

Une autre croyance à laquelle le peuple est soumis est celle des masques. Certes, ils ont leurs places dans certaines situations mais ils ne doivent pas permettre de se donner bonne raison au détriment de bien d’autres mesures adaptées à chacun-e. En plus, à force de museler les personnes, moult autres démarches de santé ont privé les individus de bienfaits pour leurs santés. Bienvenue en Absurdie !

Cette propension à suivre ses croyances se répand dans d’autres domaines comme le Droit. Ainsi on en est venu à croire que la justice peut régler des problèmes d’ordre médical. Les exemples sont multiples et je cite ici le cas  « Où la justice décide ou non de couper l’hydratation et les vivres à quelqu’un ».

De même quand la justice sanctionne sévèrement un médecin, le forçant à vendre sa maison, parce que la croyance dans la suprématie des statistiques des coûts par année prévaut sur la valeur des soins prodigués malgré les économies effectuées dans la durée.

La croyance la plus ample et la plus intense me semble revenir à ceux qui s’investissent (corps, raison et finances) à construire la globalisation de notre monde. Or les peuples se réveillent de plus en plus et bien des situations mutent dans plusieurs parties du globe. Même l’écologie peut se retourner contre certains de ses supporters dans la mesure où elle représente davantage un idéal mental et calculé, avec brisement du bon sens, qu’un investissement de tout son être, à chaque instant et dans chaque geste, envers la nature. Ainsi, la vague verte pourra servir de caution à la guerre.

Cette situation inconfortable dans laquelle nous nous trouvons offre l’occasion de détecter toutes les croyances qui divisent notre perception du monde et de notre quotidien, afin de tourner notre regard vers notre intériorité, vers nos forces essentielles, pour retrouver notre confiance.

Marie-France de Meuron

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