500 « artistes » ou liquidateurs néo-racialistes de plus ?

17/04/2022 (2022-04-17)

Par Lucien SA Oulahbib

Comme l’écrit Daphné Rigobert, ces cultureux s’amoncellent à la suite de tous ces pseudo-sportifs et autres entrepreneurs comportementaux pour affirmer sans rire qu’ils refusent le « repli sur soi » et la « xénophobie » alors qu’ils agissent plutôt en croque-morts remettant une pelletée de plus à l’effondrement sur soi(e) et au néo-racialisme idéocratique chic affichant désormais sans honte bue la chasse au blanc hétéro-normé de « souche ».

Ce qui fait que déjà il s’agit de ne pas se leurrer : toutes ces Affiches sont en réalité des trompe-l’œil, des photocopies, certes fortunées (l’hyperréalisme rapporte bien). Elles réussissent plutôt par pantouflage assumé, en imitant (mal) les Anciens ou en ânonnant quelques bribes plus ou moins « instruites », tout en acceptant que Molière ne soit pas au Panthéon de toute la Nation et non pas seulement de son côté « républicain » : hémiplégie française.

« Où sont les chefs-d’œuvre promis ? », Hurlait Céline qui, faute de mieux hélas, s’était réfugié dans la temporalité nazie tant il était sur la défensive à mitrailler en points d’exclamation dans les ruines d’une culture française exsangue après la razzia surréaliste et communiste chic qui accouchait ensuite du désastre, aux trois quarts mental, de 40.

« L’art est mort », disait Hegel. Peut-être, en ce sens alors où l’art grec et romain ne parlait déjà plus dès le 19e siècle techniciste, malgré ses tentatives de restauration dont Hitler et Mussolini avec leur futurisme tentant d’allier grandeur et science de l’État total furent les derniers avatars ; mais ils ratèrent objectivement leur coup tant ils s’isolèrent en s’enferrant dans la seule uniformisation des composants, industrialisant certes la mise à mort comme le décrit Arendt, mais de façon sordide, à mille lieues de leur supposée supériorité culturelle visant à affiner la puissance et non pas seulement à la conserver.

Peut-on dire alors que les Américains furent les derniers artistes futuristes de ce type avec leur lâcher si réaliste d’une bombe nucléaire capable en même temps et paradoxalement d’éviter l’épuisement d’un débarquement ? (Cela fut étroitement imité par les djihadistes de Ben Laden, quoi qu’en dise Stockhausen s’en extasiant.)

Mais il n’est pas sûr non plus qu’à la suite d’Hiroshima et de Nagasaki (sans oublier Dresde, mais aussi la « liquidation des Koulaks en tant que classe », prélude au Grand bond en avant et à la Révolution culturelle encensée par Althusser le maître de BHL) il soit possible d’aller encore plus loin dans une telle mise en œuvre.

Mais, hélas, l’apparence peut être trompeuse comme le disait René (Descartes) : les tentatives erratiques du post-surréalisme comme le furent l’existentialisme et actuellement le déconstructionnisme (dernier avatar apparent du conceptualisme) semblaient n’être autre chose que de pâles copies d’un expressionnisme façon Brecht ou un absurdisme façon Godot se posant vainement en antidotes au futurisme post-humain de la technostructure émergente, celle de l’État total devenant sous nos yeux une Secte globale pyramidale et horizontale en même temps (seules exceptions peut-être : Jarry avec Ubu et Ionesco avec Rhinocéros sauvent la mise, peut-être Romains également avec son docteur Knock…).

Néanmoins, et il faut bien admettre désormais, « l’œuvre » du déconstructionnisme accompagne de plus en plus cette montée en puissance de la Secte Globale en étant son esthétique. Il s’illustra tout d’abord par la confection du vide abyssal de l’art dit contemporain — et dont nos cinq cents liquidateurs sont en même temps les gardiens, ceux du cimetière de l’esprit français surveillé par leurs 500 cimeterres ayant fait allégeance désormais à la « mort de l’Homme », à sa soumission au monde de la virtualité intégrale (Matrix).

Mais cette œuvre de destruction massive a atteint dorénavant une dimension planétaire qui s’autoconfigure (bifurcations autonomes) dans sa modélisation à marche forcée, quoique de plus en plus difficile lorsque l’on atteint le cœur du noyau : la vie ; tant et si bien que le futurisme renaît de ses cendres et à nouveau redémarre, façon Frankenstein certes (transhumanisme), mais tout de même, à voir la capacité hygiéniste et scientiste être capables ainsi de confiner, masquer, injecter des milliards de personnes pour un « virus » bien moins mortel qu’une bonne grippe annuelle (qui, elle, tue bien plus les enfants et les jeunes adultes) ; d’où cette sensation forte, façon cadavre exquis, d’un Macron se vantant après l’abolition des droits de l’homme et du citoyen du 12 juillet, entérinée dans la nuit du 5 août 2021, d’avoir transformé, en un claquement de menton, des millions de citoyens en façon poupées vaudou, en zombies hagards, en mascocéros errants, ou l’artiste blanchotien triomphant dans toute sa splendeur en effet : mieux vaut être Brutus que peindre le meurtre de César, mieux vaut être Marx que TolstoïMieux vaut être Macron que Ricœur…

Où sont les chefs d’œuvres promis ?  Mais là justement, dans cette mise à mort en cinémascope par injection lente. Et confinement sado-maso à l’instar de ce qui se passe sous nos yeux et dans l’indifférence générale à Shanghai (en attendant septembre en ce qui nous concerne si M le Maudit « passe »).

Reste le bouquet final : la guerre intégrale nucléaire et ne pas en mourir « puisque l’on est déjà mort », écrit Blanchot dans l’espace littéraire (1955, voir pour l’analyse éthique et épistémologie du nihilisme les meurtriers du sens), cachés dans des abris à complotisme.

Certes, il est possible de dire que selon les standards de l’art codé encore académiquement, seuls Soljenitsyne, Houellebecq, Kubrick et quelques autres dont divers dissidents, chinois, (nord)africains… auront été à même de respirer l’air du temps et d’observer comment notre univers mental en se cathodisant et en se digitalisant profondément maille « autrement » notre rapport au « monde » ; comme si soi-même, autrui, basculions peu à peu en images en 3D, hologrammes superfétatoires jusqu’à se sentir plus proche d’un urbain new-yorkais qu’un paysan du Berry, comme se lamentait déjà BHL dans son idéologie française (ajoutant l’urbain « ukrainien » aujourd’hui), alors que cette mise à distance s’avère bien plus plastique qu’esthétique : il suffit de partager un repas avec ce paysan du Berry pour observer toutes les attaches, certes de plus en plus ténues, mais tout de même qui font que l’on se sent être français avec lui, ce qui est bien la preuve que ce « sentir » n’est pas qu’ethnique tant son matériau se sait destinal plutôt qu’existentiel en ce sens où, et « surtout, surtout », l’âme de ce sentir français, cette capacité même d’être plutôt qu’exister à la seule manière d’une pierre (qui n’amasse pas mousse, même si les Rolling Stones ont prouvé le contraire) permet de soulever des montagnes et ainsi les amener à soi….

Aussi, pour revenir à ce fatal 24 avril 2022, déclencher ce comportement mécaniste qui cherche à nous ;dresser viscéralement contre Marine Le Pen — et ce parce qu’elle aimerait faire en sorte, dit-elle, que la France puisse continuer à être et non pas seulement exister — c’est bien ne pas comprendre (et le faire exprès) qu’il s’agit moins d’empêcher en soi l’hospitalité, de refuser en soi à l’étranger de venir (même si ce serait plutôt à l’ONU de s’en occuper en luttant contre cette corruption, lèpre qui tue les États) que de lui demander d’acquérir au moins l’esprit de la Maison (oikos) tout en y mettant sa marque bien sûr au fil du temps tels un Bergson, Gary, Baker, Aznavour, Areski, Aron, Adjani…

Que nenni !… Nous voulons tout sinon rien. La France n’est qu’un « espace », un « territoire » un « hexagone » qui reste « européen » pour les « modérés », « mondial » pour les radicaux, à occuper de toute façon comme bon il nous semble disent-iels…

Dans ce cas : où sont les chefs d’œuvres promis ? Voilà la question ritournelle qu’il s’agirait bien de poser sans cesse à nos précieux thuriféraires qui veulent plutôt encenser en Macron le croque-mort en chef, affublé de son chapeau haut de forme, embaumant leurs clientèles préfabriquées dans les circuits à décerveler, croque-misère à l’affût de la moindre miette à moineaux : « a voté » ; mais à quoi ?

Mais à la seconde mort de Louis XVI pardi ! Mr Guillotin en futuriste précurseur ! Et cette fois pour de bon, sans même un 18 juin à l’horizon… Ou un Bashung pour chanter : « c’est comment qu’on freine ? »

Misère de l’art qui se prétend tel.

image_pdfPDF A4image_printImprimer
S’abonner
Notification pour
Nom ou pseudonyme
Adresse courriel (facultatif)
Votre site Internet (facultatif)
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires