Vers l’économie de guerre

27/06/2022 (2022-06-27)

Par Lucien SA Oulahbib

Patrick Artus, l’un des économistes les plus en vus de la place parisienne, analyse avec une suspicion rare les pronostics de la BCE stipulant d’ici peu une inflation moindre et une croissance soutenue, aux antipodes des tendances actuelles. Artus avoue alors ne pas comprendre cette « modélisation » hors sol.

Pourtant, un autre économiste, Didier Darcet, avance une explication qui rebondit sur la formule récente du Président français fraîchement réélu qui annonçait précisément son « projet » d’entrer dans une « économie de guerre »en décryptant cette dernière et répondant indirectement à Patrick Artus

Quésako ? Et quel lien avec la projection hors sol de la BCE qui étonne donc l’économiste favori de BFM business ?…

Selon Darcet, entrer en « économie de guerre » signifierait « travailler plus pour gagner moins », ce qui se traduirait par une réorientation et réquisition de certaines industries pour fabriquer par exemple « tubes et châssis » à envoyer en Ukraine par exemple sous forme de canons mobiles. Ceci serait articulé à un politique de rationnement multiforme (contrôlé non plus par tickets, mais par le « passe ». Mais Darcet ne le dit pas), ce qui fait que l’on consommerait moins et cela réduirait en effet la hausse des prix (la demande étant molle) tout en soutenant l’économie réorientée par des commandes étatiques pour la guerre réelle donc.

Et si l’on complète le scénario de Darcet, ajoutons-y aussi le prolongement de la « guerre » contre « le » virus (ce qui implique la fabrication en continu de couches faciales et d’injections jetables élargies aux bambins) et bien sûr la (« The ») « guerre » climatique avec réduction de la consommation liée au chauffage et aux déplacements, fabrication d’éoliennes et de panneaux solaires (et de centrales à… charbon ! Merdeau CO2 dans ce cas) le tout conforme en fait (comme en droit) à la projection de la BCE qui fait tant bondir Artus (supra). Cette dernière agit un peu comme ce qu’il faut faire dans la réalité, à l’instar d’un jeu vidéo déjà écrit et qu’il suffit de bien lire pour toucher le jackpot ou encore d’un GPS imaginaire faisant mine de tracer une route qui en réalité n’existe pas sauf sur l’écran (Matrix) de « nos nuits noires » (chantait Nougaro).

Un écran formant écrin et dans lequel nous enfilons ces perles qu’il est alors loisible pour la Secte S.H.A (prononcez Chat) de disposer, au sens littéral, en collier bracelet, menottes plus ou moins dorées aussi…

Ainsi, mine de rien et comme Doucet le remarque, le fait d’avoir prononcé le mot « guerre » depuis maintenant plus de deux ans n’était pas seulement une métaphore plus ou moins réussie, mais précisément « son » projet (comme « il » le déclamait en hurlant dans ses meetings de 2017), sauf que ce lecteur de Ricœur était un peu présomptueux puisqu’il ne s’agit pas du « sien » de « projet », comme de plus en plus de monde « l’apprend à ses dépens » maintenant, mais celui de la Secte (Scientiste, Hygiéniste, Affairiste) dans laquelle tout le monde peut entrer (il n’y a plus de frontières), mais personne ne peut en sortir (comme dans Hotel California), sauf avec un « passe » bien sûr (et encore d’un certain côté, d’où la nécessité pour l’analyser afin de s’en sortir tout de même d’une tératologie spécifique).

Tout le contraire de la Caste (très difficile d’y entrer, mais on peut en sortir, ruiné ou pour former une autre Caste). Soit. Mais qui commande la Secte, sinon une Caste ? pourrait-on objecter à juste titre. C’est un autre sujet, car dans la Caste vous pouvez penser et faire ce que vous voulez à partir du moment où son bien commun n’est pas mis en cause, alors que dans la Secte vous ne pouvez ni penser ni faire ce que vous voulez. Mais qui commande à la fin ? Personne. Comment « Personne » ?  Vous n’avez pas lu l’Odyssée ? Lorsque le Cyclope lui demande son nom, Ulysse répond « Personne », ce qui fait qu’après avoir reçu le pieu dans son unique œil, ses voisins réveillés par ses hurlements de douleur l’interrogent : sait-il au moins qui lui a fait cela ? Et il répond « personne », d’où le haussement d’épaules de ces derniers, le laissant seul dans son ressentiment…

Qui est « Personne » ici ?… Répondre « la Caste » ne veut rien dire ou du moins reste insuffisant puisqu’il y a toujours un groupe (« l’élite ») se cooptant en haut de toute pyramide sociale. Par contre, le fait que Personne commande la Secte signifie que tout le monde en réalité y participe, même à son corps défendant, d’où la difficulté de « la » combattre lorsque la délation (envieuse) est partout, surtout en économie de guerre

Solution ? Le « maquis » ?… Des contre-attaques partout et à tous les niveaux ?… En attendant non pas Godot, mais que le camp de la Rébellion soit assez fort pour arracher à l’Empire son « Précieux » ?…

Quel « Précieux » ? L’Anneau permettant de lier les forces du Ciel et de la Terre, des Ancêtres et des Vivants ? Mais quand bien même existerait-il, à qui le confier ? Quel Bonaparte, Alexandre, puisque l’on sait qu’aussitôt enfilé il donne la fièvre de la toute-puissance ?… Vrai dilemme que les Modernes ont tenté de résoudre par « l’équilibre des pouvoirs » aujourd’hui dans l’impasse, en particulier en France, puisque ces derniers ne sont pas vraiment assujettis au vrai Souverain, le Peuple, cet Imaginaire pétri à la fois de chair et de rêve : comment peut-il agir et faire, réellement, surtout en période de guerre ?…

Poser la question c’est peut-être déjà commencer à y répondre ?… Facile… Mais faute de grives… [on mange des merles].

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