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Les cellulaires endommagent l’ADN radicalement plus que les lignes à haute tension

[Source : La maison du 21e siècle]

Auteur : André Fauteux

Les cellulaires endommagent l’ADN radicalement plus que les lignes à haute tension

ADN fragmenté de cellules ovariennes de drosophile exposée aux ondes GSM 900 MHz. © Dimitris Panagopoulos

Une nouvelle étude très importante¹ résume les mécanismes impliqués dans les dommages à l’ADN causés indirectement par le rayonnement des téléphones portables. Il démontre que la variabilité extrême de l’intensité et de la forme d’onde des signaux de communication sans fil (radiofréquences de type micro-ondes) est à l’origine des effets biologiques observés. Les ondes  déclenchent l’ouverture des canaux ioniques à voltage variable des membranes cellulaires qui deviennent surchargées en calcium. Ces membranes s’ouvrent et se referment chaque fois que survient un changement supérieur à 30 % dans leur tension. Tous les effets cellulaires physiologiques sont initiés par les changements de concentrations ioniques médiés par le déclenchement de canaux ioniques.

L’auteur Dimitris Panagopoulos a révisé les études effectuées par son groupe de recherche, de 2006 à 2016, et comparant les dommages génétiques causés par six différents types de champs électromagnétiques (CEM) sur les œufs de la mouche à fruits (ou du vinaigre) Drosophila melanogaster. Elle a permis de constater que les CEM des téléphones cellulaires sont plus dommageables que d’autres types de CEM, y compris les champs magnétiques des lignes électriques. Ils provoquent une plus grande fragmentation de l’ADN et étaient significativement plus bioactifs, même à des durées d’exposition beaucoup plus courtes.

Les rayonnements
des téléphones portables se sont même avérés encore plus dommageables
que des agents chimiques cytotoxiques (nocifs pour les cellules). Alors
que ces agents chimiques ne causaient des dommages qu’à certains stades
du développement de l’œuf, il a été constaté que les radiations des
téléphones portables provoquaient des dommages à TOUS les stades du
développement de l’œuf et des mutations de l’ADN héréditaires qui
pouvaient être transmises à la génération suivante.

Les résultats étaient statistiquement significatifs :
• Il y avait 35,77 % plus de dommages à l’ADN causés par l’exposition à
la fréquence de téléphonie cellulaire GSM 1800 mégahertz (MHz) au bout
de 36 minutes par rapport aux œufs non exposés (valeur-p <0,0005 réfutant la probabilité que cela soit le fruit du hasard),
• et 50,16% plus de dommages à l’ADN ont résulté d’une exposition à la
fréquence GSM 900 MHz en 36 minutes par rapport aux œufs non exposés (p
<0,0002);
• en revanche, seulement les auteurs n’ont observé que
7,5% (p <0,001) de dommages à l’ADN suite à une exposition de 120
heures à des champs magnétiques 60 Hz comparables à ceux de lignes
électriques.

Même si toutes les sources de champs
électromagnétiques étudiées dans les études étaient non ionisantes et ne
pouvaient donc pas causer de dommages directs à l’ADN, ceux-ci étaient
causés par la libération dans les cellules de radicaux libres oxydants
ou d’enzymes hydrolytiques comme les déoxyribonucléases. 

L’étude a révélé que les paramètres physiques les plus importants des CEM à l’origine de la bioactivité sont :
1) la polarisation (en combinaison avec la cohérence spatio-temporelle),
2) les composants d’extrêmement basses fréquences ELF (pulsation, modulation, etc.),
3) l’intensité du champ/rayonnement,
4) la durée d’exposition,
5) la variabilité du champ.

Le
paramètre crucial de la bioactivité intense semble être la variabilité
extrême des signaux polarisés, principalement due aux grands changements
d’intensité imprévisibles. Ceci s’applique à toutes les formes de
communication sans fil à micro-ondes, y compris les 2e, 3e et 4e générations de téléphones cellulaires, les téléphones sans fil DECT et le Wi-Fi.

Selon
Panagopoulos, les résultats de ces études sont applicables aux
mammifères, y compris les humains, car « toutes les cellules des
insectes (y compris Drosophila) et des mammifères (y compris
les humains) ont le même type de membranes cellulaires, regorgent de
milliards d’ions libres identiques comme le calcium (Ca + 2), le
potassium (K +), le sodium (Na +), etc., déclenchant et accompagnant
tous les événements cellulaires, et présentant les mêmes types
d’organites intracellulaires, comme les mitochondries, les ribosomes, le
réticulum endoplasmique, le noyau contenant l’ADN génomique de la
cellule avec la même structure de base, etc. Ces similitudes au niveau
cellulaire entre tous les animaux sont plus fondamentales que les
différences de volume, de masse, de forme, de fonctions macroscopiques,
d’intelligence, etc., puisque tous les effets sur la santé sont initiés
au niveau cellulaire. Il est donc raisonnable de supposer qu’un effet
cellulaire provoqué par les CEM sur la drosophile (par exemple, des
dommages à l’ADN) peut également se produire dans l’organisme humain. »

L’importance
de la variabilité de l’exposition implique la nécessité de définir des
normes de sécurité pour les expositions aux champs électromagnétiques
non seulement en fonction des composantes de fréquence et des valeurs
d’intensité moyenne (ce qui est actuellement le cas aux États-Unis et
dans d’autres pays), mais également en fonction de l’intensité maximale
et minimale, des variations de fréquence, onde pulsée ou continue,
modulation et polarisation.

Texte adapté d’un commentaire provenant d’une source scientifique qui préfère demeurer anonyme.

  1. Comparing
    DNA damage induced by mobile telephony and other types of man-made
    electromagnetic fields, Dimitris J. Panagopoulos, Mutation
    Research-Reviews in Mutation Research, 11 mars 2019.