Bill Gates et la FDA concluent un accord pour faciliter l’approbation des médicaments…

01/11/2023 (2023-11-01)

[Source : sentadepuydt.substack.com]

Par Senta Depuydt

En 2017, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a conclu des accords de principe avec la Fondation Bill & Melinda Gates.

En vertu de ce protocole, les deux entités ont accepté de partager des informations pour « faciliter le développement de produits innovants, y compris des contre-mesures médicales », telles que des diagnostics, des vaccins et des thérapies pour lutter contre la transmission des maladies pendant une pandémie.

La FDA a ce type d’accords avec de nombreuses organisations universitaires à but non lucratif, mais peu ont autant à gagner que la fondation de Bill Gates.

Les experts craignent qu’elle n’exerce une influence indue sur les décisions réglementaires de la FDA concernant notamment les mesures de lutte contre les urgences sanitaires.

David Gortler, ancien conseiller principal du commissaire de la FDA entre 2019 et 2021, se méfie de cette alliance.

« Si la Fondation Gates établit un protocole d’accord avec un régulateur sur un produit qu’elle souhaite développer, il semble qu’il y ait un conflit d’intérêts. Que dirait-on si toutes les entreprises pharmaceutiques faisaient exactement la même chose ? »

Aujourd’hui chercheur au Centre d’éthique et de politique publique de Washington, il explique que, normalement, les comptes-rendus des réunions entre les promoteurs et les autorités de réglementation sont censés être ouverts à la consultation publique.

« Cet accord permet de contourner les exigences habituelles en matière de transparence des communications officielles, de cette manière leurs négociations peuvent rester secrètes. »

David Bell, un ancien médecin de l’OMS qui travaille aujourd’hui comme médecin de santé publique et consultant en biotechnologie, estime également que cela peut corrompre le processus réglementaire.

« Il y a cette idée selon laquelle les fondations philanthropiques ne peuvent être que bien intentionnées, parce qu’elles “fabriquent des vaccins et sauvent des milliers de vies”. Il faut leur faciliter les formalités administratives et aider la FDA à agir rapidement, faute de quoi des “enfants mourront”. Mais en réalité, cela risque de corrompre l’ensemble du système. »

M. Bell ajoute :

« Or de façon générale, les relations étroites entre les régulateurs et les développeurs augmentent inévitablement le risque de ne plus avoir la rigueur suffisante dans l’évaluation des produits. Cela peut mettre le public en danger. »

Services récompensés

La FDA a été sévèrement critiquée pour sa politique de « portes tournantes ». Dix des onze derniers commissaires de la FDA ont quitté l’agence pour prendre des postes élevés au sein des entreprises pharmaceutiques qu’ils contrôlaient auparavant.

C’est aussi le cas à la Fondation Gates qui a embauché des membres haut placés de la FDA, pour faciliter l’approbation de ses produits.

Par exemple, Murray Lumpkin a fait une carrière de 24 ans à la FDA, en tant que conseiller principal du commissaire de la FDA et représentant pour les questions mondiales.

Il est aujourd’hui directeur adjoint des affaires réglementaires à la Fondation Gates et signataire du protocole d’accord.

Margaret Hamburg, qui a été commissaire de la FDA entre 2009 et 2015, fait désormais partie du conseil scientifique de la Fondation Gates.

Bell n’a aucun doute sur le fait que ces nominations étaient stratégiques pour « exploiter le système » : « Si je travaillais à la Fondation Gates, j’embaucherais certainement quelqu’un comme Murray Lumpkin. »

Le seul moyen de résoudre le problème des portes tournantes, selon Bell, est d’inclure une « clause de non-concurrence » dans les contrats.

« Elle pourrait stipuler que les employés de la FDA ne peuvent pas travailler pour les personnes qu’ils ont réglementées pendant au moins dix ans. Il y a des endroits qui ont ces règles — les entreprises privées ont des accords selon lesquels vous ne pouvez pas travailler pour un rival », a déclaré M. Bell.

La FDA a rejeté les questions concernant les risques de conflits d’intérêts ou le manque de transparence de ses communications avec la Fondation Gates.

Dans un communiqué, la FDA a déclaré : « La prise de décision réglementaire de la FDA est fondée sur la science :

« Les décisions réglementaires de la FDA sont fondées sur la science. Les anciens fonctionnaires de la FDA n’ont aucun impact sur les décisions réglementaires. La FDA ne collabore avec la Fondation Bill et Melinda Gates que dans le cadre du protocole d’accord tel qu’il est décrit ».

Gates a des milliards à y gagner

Bill Gates s’est vanté d’avoir obtenu un rendement de 20 pour 1 sur son investissement de 10 milliards de dollars dans le « financement et la fourniture » de médicaments et de vaccins.

« C’est le meilleur investissement que j’aie jamais fait », a-t-il déclaré au Wall Street Journal. « Il y a plusieurs dizaines d’années, ces investissements n’étaient pas des paris sûrs, mais aujourd’hui, ils sont presque toujours très rentables. »

En septembre 2019, juste avant la pandémie, les documents déposés auprès de la Commission des opérations de bourse des États-Unis montrent que la fondation a acheté plus d’un million d’actions de BioNTech (partenaire de Pfizer) au prix de 18,10 dollars par action. En novembre 2021, la fondation s’est débarrassée de la plupart des actions pour un montant moyen de 300 dollars par action, avant d’admettre l’inefficacité des vaccins concernés.

Selon le journaliste d’investigation Jordan Schachtel, la fondation a empoché environ 260 millions de dollars de bénéfices, soit plus de 15 fois son investissement initial, dont la majeure partie n’a pas été imposée parce qu’elle a été investie par l’intermédiaire de la fondation.

Dans son récent ouvrage intitulé « Comment éviter la prochaine pandémie », M. Gates prévient que les futures pandémies constituent la plus grande menace pour l’humanité et que la survie dépend de stratégies mondiales de préparation aux pandémies, se positionnant ainsi fermement au centre de l’élaboration de l’ordre du jour.

En octobre 2019, la Fondation Gates et le Forum économique mondial ont organisé l’Event 201, qui a rassemblé des agences gouvernementales, des entreprises de médias sociaux et des organisations de sécurité nationale pour jouer à la guerre contre une pandémie mondiale « fictive ».

Les principales recommandations de l’événement étaient qu’une telle crise nécessiterait le déploiement de nouveaux vaccins, la surveillance et le contrôle des informations et des comportements humains, en orchestrant la coopération et la coordination des industries clés, des gouvernements nationaux et des institutions internationales.

Plusieurs semaines plus tard, lorsque la pandémie de COVID-19 est apparue, de nombreux aspects de ce « scénario hypothétique » sont devenus une réalité effrayante.

La Fondation Gates, qui détient des parts dans une série de sociétés pharmaceutiques, dont Merck, Pfizer et Johnson & Johnson, est aujourd’hui considérée comme exerçant une influence significative sur l’orientation de la réponse mondiale à la pandémie, affirmant que son objectif est de « vacciner le monde entier » avec un vaccin contre le COVID-19.

Domination mondiale

La Fondation Gates a consacré des millions au financement d’organisations non gouvernementales, de médias et d’agences internationales, ce qui lui a permis d’acquérir une influence politique considérable.

Les contributions financières aux médias ont permis à M. Gates de bénéficier d’une couverture médiatique favorable, se vantant sur le site web de la fondation d’avoir engagé près de 3,5 millions de dollars pour le Guardian entre 2020 et 2023.

L’Agence britannique de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) a révélé qu’elle avait reçu environ 3 millions de dollars de la Fondation Gates en 2022, ce qui correspond à plusieurs exercices financiers.

Le candidat à la présidence Robert Kennedy Jr a qualifié Gates d’« homme le plus puissant de la santé publique » parce qu’il a réussi à orienter la stratégie de l’OMS en matière de pandémie pour qu’elle se concentre principalement sur la vaccination.

M. Kennedy a déclaré dans une interview que l’OMS « supplie à genoux » pour obtenir le financement de M. Gates, qui représente aujourd’hui plus de 88 % du montant total des dons de l’OMS provenant de fondations philanthropiques.

« Je pense que [Gates] croit qu’il est en quelque sorte divinement ordonné pour apporter le salut au monde par le biais de la technologie », a déclaré Kenney. « Il pense que le seul chemin vers la santé se trouve à l’intérieur d’une seringue. »

La Fondation Bill & Melinda Gates représente à elle seule plus de 88 % du montant total des dons des fondations philanthropiques à l’OMS. Parmi les autres contributeurs figurent la Fondation de la famille Bloomberg (3,5 %), le Wellcome Trust (1,1 %) et la Fondation Rockefeller (0,8 %).

Le directeur général de la Fondation Gates, Mark Suzman, a répondu aux inquiétudes concernant l’influence disproportionnée de la fondation dans la définition des programmes nationaux et mondiaux, sans aucune responsabilité formelle devant les électeurs ou les organismes internationaux.

« Il est vrai qu’avec nos dollars, notre voix et notre pouvoir de mobilisation, nous avons un accès et une influence que beaucoup d’autres n’ont pas », a admis M. Suzman dans sa lettre annuelle pour 2023.

« Mais ne vous y trompez pas : lorsqu’il existe une solution susceptible d’améliorer les moyens de subsistance et de sauver des vies, nous la défendons sans relâche. Nous ne cesserons pas d’user de notre influence, ainsi que de nos engagements financiers, pour trouver des solutions »…

D’après un article du Brownstone Institute republié par le Defender, le 25 octobre 2023

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