Les vanités du gaullisme et du souverainisme

Par Nicolas Bonnal

Il y a un mantra souverainiste en France en ce moment, lié au désespoir d’une petite partie de l’opinion (la majorité reste hypnotisée ou anesthésiée). Évidemment il est platonicien et ne risque pas d’accoucher dans la réalité.

On nous répète donc qu’en sortant de l’Europe on résoudrait tous nos problèmes. Or il me semble que cette Europe techno-jacobine dirigée par les Delors, les Breton et les Lagarde elle a été bien francisée. C’est Varoufakis qui me le fit comprendre dans son livre sur le Minotaure (européen). Il écrivait même que la surclasse de hauts fonctionnaires français désirait entrer dans l’euro pour profiter du boom immobilier (celui des résidences secondaires notamment) qui s’ensuivrait.

Je ne vois pas en plus en quoi les énarques Asselineau, Florian, Dupont-Aignan, etc., qui totalisent 1 % à chaque élection (je sais, elles sont truquées…) et désirent le Frexit (on ne pouvait pas trouver un mot plus sexy et franchouillard que celui calqué sur le raté Brexit — voir Todd — des Britanniques, qui n’a profité qu’à la City, à l’inflation et aux migrants, comme annoncé par Valérie Bugault ?) dirigeraient la France mieux que les confrères énarques qui veulent rester européens. Tous énarques, tous souverainistes !

La France c’est depuis des centaines d’années un coq hérétique, un pays centralisé, autoritaire, avec une armée de fonctionnaires, une administration qui marche plus ou moins bien, et depuis peu une dette et une immigration qui sont incontrôlables. Sur le reste on relira mon Coq hérétique (qui fut référencé par le Figaro, VA et par mon ami Laughland) et mes textes sur Marx (et son armée de fonctionnaires) ou Gobineau. Tiens, redonnons cet extrait, de Gobineau dans sa lettre à Tocqueville :

« Vous avez admirablement montré que la Révolution française n’avait rien inventé et que ses amis comme ses ennemis ont également tort de lui attribuer le retour à la loi romaine, la centralisation, le gouvernement des comités, l’absorption des droits privés dans le droit unique de l’État, que sais-je encore ? L’omnipotence du pouvoir individuel ou multiple, et ce qui est pire, la conviction générale que tout cela est bien et qu’il n’y a rien de mieux. Vous avez très bien dit que la notion de l’utilité publique qui peut du jour au lendemain mettre chacun hors de sa maison, parce que l’ingénieur le veut, tout le monde trouvant cela très naturel, et considérant, républicain ou monarchique, cette monstruosité comme de droit social, vous avez très bien dit qu’elle était de beaucoup antérieure à 89 et, de plus, vous l’avez si solidement prouvé, qu’il est impossible aujourd’hui, après vous, de refaire les histoires de la révolution comme on les a faites jusqu’à présent. Bref, on finira par convenir que le père des révolutionnaires et des destructeurs fut Philippe le Bel. »

Et il résume, assez génialement je dois dire, le présent perpétuel des Français (Lettre de Téhéran, le 29 novembre 1856) :

« Un peuple qui, avec la République, le gouvernement représentatif ou l’Empire, conservera toujours pieusement un amour immodéré pour l’intervention de l’État en toutes ses affaires, pour la gendarmerie, pour l’obéissance passive au collecteur, à l’ingénieur, qui ne comprend plus l’administration municipale, et pour qui la centralisation absolue et sans réplique est le dernier mot du bien, ce peuple-là, non seulement n’aura jamais d’institutions libres, mais ne comprendra même jamais ce que c’est. Au fond, il aura toujours le même gouvernement sous différents noms… ».

La sortie de l’Europe ? Je lui souhaite du plaisir à la France avec ses casseroles de retraités, de branchés, de bobos, d’immigrés, de fonctionnaires, de chômeurs, de dettes, de DOM-TOM, de règlements, et de sous-culture étatisée ad vitam…

Mais voyons pour le gaullisme. Le problème c’est déjà que tous s’en réclament : les Huns et les autres si j’ose dire. Et la Marine à la peine (qui se rapproche de Leyen maintenant, via Meloni, féminisme oblige), et le macaron, et les républicains, et les gauchistes, qui oublient que cette référence un peu usée tout de même a créé le parti (UDR, RPR qu’importe) qui a cautionné toutes les gabegies européennes, migratoires et socialistes. L’accélération de la chute française date moins de Mitterrand que de Chirac et son néogaullisme d’opérette (Chirac ridiculisa le pauvre Todd et sa fracture sociale) qui visait la Russie (réécoutez-le, bon Dieu) lors de la pitoyable reprise des essais nucléaires en 1996.

Mais allons au fond et succinctement, quitte à choquer les ânes sensibles :

La surestimation du gaullisme certes ne frappe pas assez les bons esprits qui sont surtout des esprits distraits. Car De Gaulle, c’est la Libération et la Grandeur de la France, De Gaulle, c’est la prospérité et la voix de la France libre (bis), De Gaulle, c’est une époque bénie… Or dans les années soixante, toute l’Europe en voie de destruction se développait. Elle était vraiment décadente cette Europe, quoiqu’en pense le poireau Aron. La vraie révolution culturelle avait lieu en Occident et pas en Chine : c’est le marxiste Erik Hobsbawn qui nous l’a démontré dans son âge des extrêmes. Sur les ratages du gaullisme pendant la guerre, lire et méditer l’indispensable Kerillis, lui-même héros de guerre, journaliste et expert militaire.

En fait le gaullisme repose sur une hypnose collective proche de celle de 1789, de Napoléon ou de la République dont le Général se réclama toujours. Le Français adore être hypnotisé (comme l’anglo-saxon sa parèdre) et Macluhan le décrit très bien (la Galaxie Gutenberg, Édition Biblis, p. 399-408) dans ses chapitres sur le nationalisme, basés sur l’extraordinaire historien US Carleton Hayes.

Je n’ai aucune envie de m’étendre sur cette question qui mériterait un bon livre — un de plus… Mais au moins, rappelons les faits principaux :

– De Gaulle, c’est une Résistance et une Libération bâclées : voyez par exemple le livre de Kerillis, De Gaulle dictateur (mal titré hélas). De Gaulle c’est une malédiction portée sur l’extrême-droite collabo et une sanctuarisation de la Résistance dont se réclament tous les escrocs qui nous gouvernent. Ses Mémoires de guerre sont le livre de chevet jamais lu de chaque président. De Gaulle c’est aussi l’oubli de la trahison et de la désertion des communistes qui se sont chargés ensuite de l’épuration qui ne cessera jamais. J’aime la courageuse expression d’Audiard : « je suis un antigaulliste du 18 juin ». On brûle ses films ?

– De Gaulle, c’est aussi la trahison des pieds noirs et la perte brutale, sanglante et bâclée de l’Algérie (voyez les livres publiés par mon éditeur Dualpha notamment celui de Manuel Gomez). Le gâchis a été total, et on en paiera toujours le prix.

– De Gaulle, c’est les Trente Glorieuses (disparition des paysans et mauvais traitements des ouvriers) et la destruction de la France rurale traditionnelle, la transformation et l’américanisation d’un Hexagone mué en France défigurée pour reprendre le titre d’une émission célèbre de Michel Péricard, lui-même gaulliste. Comparez Farrebique et Biquefarre. Voyez mon livre sur la destruction de la France au cinéma.

– De Gaulle, c’est aussi le début de l’interminable immigration africaine qui suit la décolonisation ratée — Audiard s’en moque dans son libertaire et jubilatoire Vive la France. Les cinéastes ont bien vu les maléfices en œuvre sous de Gaulle : voyez Weekend ou Deux ou trois choses de Godard sans oublier Alphaville ; voyez Play Time de Jacques Tati, le début de Mélodie en sous-sol…

– Sur le plan des Français, on voit une détérioration du matériel humain : société de consommateurs, d’assistés, de téléphages et d’automobilistes. L’enlaidissement du pays modernisé entraîne l’enlaidissement des gens, la fin de l’élégance parisienne et le déclin de la culture française. Voyez Debord qui rejoint Pierre Etaix ou Jacques Tati. Et ne parlons pas de mai 68, de l’explosion de la pornographie et de la destruction finale de Paris sous Pompidou, ancien laquais de Rothschild (pour ceux qui se plaindraient de l’autre). De Gaulle nous laissa aussi Chirac et Giscard…

– Déclin de la culture ? Lisez mon livre sur la comédie musicale. Paris enlaidi cesse d’influencer ou d’inspirer les créateurs américains. Eric Zemmour — et j’y reviendrai — en parle très bien dans son livre sur la Mélancolie française : Malraux a tourné le dos à la France traditionnelle (Chirac aussi avec ses arts premiers) et africanisé notre culture. Sinistre politique de l’État culturel livré au gauchisme (dixit Debré lui-même) via les MJC.

– Enfin sur le plan de la vie politique, on souffre de cette catastrophique constitution et des éternels effets du scrutin majoritaire. On a Macron et on le garde. On a créé la constitution la plus dangereuse du monde et on continue de la défendre…

– Politique étrangère ? On a gardé l’OTAN, l’Europe : quant à la politique arabe… Le Québec libre aussi aura fait long feu. Le tiers-mondisme diplomatique héritier pathétique de la décolonisation ne mena nulle part. Mais il énervait les Américains…

– On relira avec intérêt notre texte sur Michel Debré qui voyait l’effondrement français arriver avec cette Cinquième. De Gaulle œuvra en destructeur ET en fantôme.

Mais De Gaulle comprit le piège ; et j’ai décrit cette prise de conscience du premier concerné, le général lui-même. Je me cite alors :

De Gaulle échoue — mais il en ressort qu’on ne pouvait qu’échouer. Sur le référendum — sa porte de sortie comme on sait — nous sommes clairement informés (citation déjà reprise par Philippe Grasset) :

« J’expose au Général que le but de ma visite est de préciser les conditions qui peuvent permettre le succès, du référendum. Interruption du Général : “Je ne souhaite pas que le référendum réussisse. La France et le monde sont dans une situation où il n’y a plus rien à faire et en face des appétits, des aspirations, en face du fait que toutes les sociétés se contestent elles-mêmes, rien ne peut être fait, pas plus qu’on ne pouvait faire quelque chose contre la rupture du barrage de Fréjus. Il n’y aura bientôt plus de gouvernement anglais ; le gouvernement allemand est impuissant ; le gouvernement italien sera difficile à faire ; même le président des États-Unis ne sera bientôt plus qu’un personnage pour la parade.

Le monde entier est comme un fleuve qui ne veut pas rencontrer d’obstacle ni même se tenir entre des môles. Je n’ai plus rien à faire là-dedans, donc il faut que je m’en aille et, pour m’en aller, je n’ai pas d’autre formule que de faire le peuple français juge lui-même de son destin” (p.112). »

On répète parce que c’est merveilleux :

« Je n’ai plus rien à faire là-dedans, donc il faut que je m’en aille et, pour m’en aller, je n’ai pas d’autre formule que de faire le peuple français juge lui-même de son destin. »

Allez, on se rassure : l’héritier Debré fit 1 % des voix aux présidentielles de 1981.

C’est Douglas Reed, l’auteur de la Controverse de Sion qui avait dit une très bonne chose sur la France après l’opération tragi-comique de Suez en 56 : c’est la terre du fiasco récurrent.

« La France n’avait pas plus à perdre, malheureusement, que la dame dans la chanson de soldat qui “avait encore oublié son nom” : par sa révolution, la France restait la terre du fiasco récurrent, à jamais incapable de se relever de l’abattement spirituel où elle se trouvait. Pendant 160 ans, elle essaya toutes les formes de gouvernement humainement imaginables et ne trouva de revigoration et de nouvelle assurance dans aucune. »

Et en route pour un énième front républicain des gauchistes au service du pouvoir financier…

Sources principales :

https://www.dedefensa.org/article/tocqueville-et-gobineau-entretiens-sur-notre-decadence

https://www.dedefensa.org/article/debre-et-le-general-face-au-kali-yuga-francais

Cliquer pour accéder à Douglas%20Reed%20-%20La%20Controverse%20de%20Sion.pdf

https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/europeennes-2024-marine-le-pen-tend-la-main-a-giorgia-meloni-apres-l-avoir-critiquee_234577.html




Candace Owens expose le « traitement de faveur » médiatique et politique dont bénéficie Israël…

… alors que la persécution mondiale des chrétiens reste ignorée :




« Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre. »

« Celui qui ne connaît pas l’Histoire est condamné à la revivre. »

Karl Marx, Manifeste du parti communiste.

Par Les Gilets Jaunes de la Victoire

Le marxisme se réclame de la science (de la science sociale) et se veut donc par essence scientifique, c’est en étudiant l’histoire à fond et plus particulièrement La Grande Révolution, c’est-à-dire la Révolution française, que Marx et Engels ont découvert la loi qui régit l’Histoire : la lutte des classes. Les dominants qui détiennent les pouvoirs et qui sont la plupart du temps des riches asservissent les opprimés, les prolétaires. De ce fait le marxisme se propose par ses actions d’inverser le cours de l’Histoire. Un de ses fondements est l’unité des révolutionnaires, plus tard du Parti, ce qui inclut l’application impérative de ses décisions. Aussi dès le début de la révolution de 1917 en Russie il y a une opposition entre les vrais révolutionnaires et les modérés que les bolchéviques trouvent trop attachés au monde bourgeois. Systématiquement les opposants sont ostracisés, puis décrétés comme antirévolutionnaires et exclus par diverses méthodes plus ou moins violentes, car il faut à tout prix préserver l’unité du parti.

D’après eux les masses ne réalisent pas pleinement leur état (ce qu’ils appellent « la maturité relative des masses »), le Parti doit donc les guider pour les entraîner vers des lendemains qui chantent : le règne du prolétariat ! Comme pour eux Dieu n’existe pas (c’est l’opium du peuple), il ne faut pas avoir de conscience, sous Staline cette logique a été poussée à l’extrême, c’est l’objectivité qui doit être le principal soutien du vrai communiste. L’objectivité est érigée en principe absolu, quelque en soi les conséquences : la fin justifiant les moyens.

Trois exemples : les propos d’un commissaire politique stalinien tiré du livre Le zéro et l’infini, Arthur Koestler, Calmann-Lévy, Paris, 1945. (Ancien communiste). Avertissement de l’auteur : Les personnages de ce livre sont imaginaires. Les circonstances historiques ayant déterminé leurs actes sont authentiques. C’est la synthèse des vies de plusieurs hommes qui furent les victimes des soi-disant procès de Moscou. Plusieurs d’entre eux étaient personnellement connus de l’auteur. Ce livre est dédié à leur mémoire.

« L’histoire est a priori amorale ; elle n’a pas de conscience. Vouloir mener l’histoire selon les maximes du catéchisme, c’est laisser les choses en l’état. »

« Les plus grands criminels de l’Histoire ne sont pas du genre Néron et Fouché, mais du genre Gandhi et Tolstoï. La voix intérieure de Gandhi a fait davantage pour empêcher la libération de l’Inde que les canons britanniques. »

« Il y a quelque temps, B… le plus éminent de nos agronomes, a été fusillé avec trente de ses collaborateurs parce qu’il soutenait que les nitrates sont un engrais supérieur à la potasse. Le N° 1 (Staline) est pour la potasse. Il fallait donc liquider comme saboteurs B… et ses trente collègues. Pour une agriculture basée sur une centralisation étatiste, le choix entre les nitrates et la potasse est d’une immense importance ; l’issue de la prochaine guerre peut en dépendre… »

Nota : Sauf avant la révolution, Staline a toujours mené sa carrière avec une extrême prudence. Au Comité Central, aux réunions du Parti, il restait le plus souvent en retrait, il observait en regardant d’où venait le vent…


Le récent appel à la haine de Sébastien Delogu député LFI :

« Sur ma mère (…) vous faites sauter la mairie, vous faites sauter les institutions » : le député LFI Sébastien Delogu conseille à des jeunes de cité de lancer une insurrection — PLANETES360

Aujourd’hui une question se pose avec acuité en France, si LFI accède avec une coalition au pouvoir jusqu’où ce parti va-t-il aller ?

Pour le marxisme la Révolution française est le modèle ultime, voici par exemple une de ses conséquences.

https://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article243




De Zemmour à Malraux (le crépuscule culturel)

Par Nicolas Bonnal

On va reparler de la liquidation de la France sous De Gaulle. Et c’est Zemmour qui nous a montré la voie dans sa très bonne Mélancolie française que l’on pourrait ainsi définir : une fois qu’on a dépassé le stade de l’inépuisable mythologie française (Vercingétorix-Clovis-Jeanne-Richelieu-Louis-Napoléon-Général-etc.), que reste-t-il de concret ? Dans le même genre curatif il faut redécouvrir le livre d’entretiens de René Girard sur Clausewitz, qui dénonce le désastre napoléonien sur le long terme (Marx n’avait pas suffi…).

On commence par un rappel des extraordinaires Entretiens de Michel Debré :

« Une impulsion a été donnée pour permettre à Malraux de créer des maisons de la culture, moyennant quoi toutes les maisons de la culture, ou à peu près, sont des foyers d’agitation révolutionnaire ».

(Entretiens, p. 145)

Merci de rappeler les origines réelles de mai 68 : elles sont essentiellement culturelles et pas conspiratives. Souvent la culture mène au chaos en France (1789-1830-1848…).

Dans sa Mélancolie française, Éric Zemmour évoque courageusement le caractère méphitique de la politique culturelle de Malraux. Et cela donne, sur fond d’étatisme culturel-financier et de messianisme cheap (France, lumière du monde, terre de la liberté, etc.) :

« En 1959, le général de Gaulle offrit à son “génial ami”, André Malraux, un ministère de la Culture à sa mesure, sur les décombres du modeste secrétariat aux Beaux-Arts de la IVe République. Dans l’esprit de Malraux, la France devait renouer avec son rôle de phare révolutionnaire mondial, conquis en 1789 et perdu en 1917 ; devant en abandonner les aspects politiques et sociaux à l’Union soviétique et aux pays pauvres du tiers-monde, elle consacrerait toute son énergie et tout son talent à propager la révolution mondiale par l’art. »

France nouvelle URSS : un peu ironique, Éric ? Voyez donc :

« Nouveau Monsieur Jourdain, Malraux faisait du “soft power” sans le savoir. »

Et de rappeler le rôle prestigieux de ce pays (l’ancienne France donc) jusqu’alors sans « ministère de la culture » :

« La France ne manquait pas d’atouts. Dans la première moitié du XXe siècle encore, Paris demeurait la capitale mondiale de la peinture moderne ; le cinéma français fut le seul (avec l’allemand) à résister au rouleau compresseur d’Hollywood, et les grands écrivains américains venaient en France humer l’air vivifiant de la première puissance littéraire. “Il n’y a qu’une seule littérature au monde, la française”, plastronnait alors Céline. Dans les années 1960 encore, la chanson française — Aznavour, Brel, Brassens, Ferré, Barbara, Bécaud, etc. — s’avérait la seule à tenir la dragée haute à la déferlante anglo-saxonne partout irrésistible par l’alliage rare de talents exceptionnels et de puissance commerciale et financière. »

J’en ai parlé de tout cela, notamment dans mon livre sur la comédie musicale américaine, genre qui vouait un culte à la ville-lumière : voyez deux chefs-d’œuvre comme Un américain à Paris ou Drôle de frimousse, sans oublier Jeune, riche et jolie, avec Danièle Darrieux. Tout cela disparaît en… 1958. Voyez aussi la Belle de Moscou de Mamoulian, qui se passe au Ritz. Paris meurt dans les sixties (voyez ici mon texte sur Mattelart).

Car les ennuis commencent sous De Gaulle :

« De Gaulle ne pouvait qu’être séduit ; il laissa la bride sur le cou à son glorieux ministre. Pourtant, le Général, par prudence de politique sans doute, sens du compromis avec les scories de l’époque, “car aucune politique ne se fait en dehors des réalités”, amitié peut-être aussi, ne creusa jamais le malentendu qui s’instaura dès l’origine entre les deux hommes. »

Mais Zemmour souligne les différences :

« De Gaulle était, dans ses goûts artistiques, un “ancien” ; il écrivait comme Chateaubriand, goûtait la prose classique d’un Mauriac bien davantage que celle torrentielle de son ministre de la Culture ; il préférait Poussin à Picasso, Bach à Stockhausen. La France était pour lui l’héritière de l’Italie de la Renaissance, et de la conception grecque de la beauté. »

Malraux c’est autre chose :

« Malraux, lui, était un “moderne” ; hormis quelques génies exceptionnels (Vermeer, Goya, Rembrandt), il rejetait en vrac l’héritage classique de la Renaissance, et lui préférait ce qu’il appelait “le grand style de l’humanité”, qu’il retrouvait en Afrique, en Asie, au Japon, en Amérique précolombienne. Il jetait par dessus bord la conception gréco-latine de la beauté et de la représentation, “l’irréel”, disait-il avec condescendance, et remerciait le ciel, et Picasso et Braque, de nous avoir enfin ramenés au “style sévère” des grottes de Lascaux ou de l’île de Pâques. La révolution de l’art que porterait la France serait donc moderniste ou ne serait pas. »

Malraux (que plus personne ne lit) saccage le jardin à la française et va jeter les froncés dans les bras musclés de la sous-culture US :

« Loin de créer un “contre-modèle” solide et convaincant au marché capitaliste de l’entertainment, comme les gaullistes et les marxistes français l’espérèrent de Malraux ministre et de ses successeurs socialistes, la politique culturelle inaugurée par l’auteur des Voix du silence parvenu au pouvoir, en d’autres termes la démocratisation du grand art du modernisme, s’est révélée, au cours de son demi-siècle d’exercice, un accélérateur de cela même qu’elle se proposait d’écarter des frontières françaises : l’afflux d’une culture de masse mondialisée et nivelée par le bas et le torrent des images publicitaires et commerciales déracinant tout ce qui pouvait subsister en France, dans l’après-guerre 1940-1945, de vraie culture commune enracinée comme une seconde nature par des siècles de civilisation. […] »

On se rapproche de la phrase : « il n’y a pas de culture française » de Macron. Et Zemmour mélancolique cite alors Marc Fumaroli, auteur de l’État culturel :

« Pour Fumaroli, l’Amérique ne pouvait pas perdre ce duel autour de l’“art moderne”, qu’elle incarnait presque d’évidence, par sa puissance industrielle, ses gratte-ciel, son vitalisme économique et scientifique. La France de Malraux, au lieu de rester sur ses terres d’excellence de l’art classique, des mots et de la raison (héritées de Rome), vint jouer sur le terrain de l’adversaire, des images et des noces ambiguës de la modernité avec l’irrationnel primitif, même rebaptisé “premier”. L’échec était assuré. »

Entre cette culture déracinée, les villes nouvelles, la société de consommation (voir Baudrillard-Debord…), les autoroutes, le métro-boulot-dodo et la télé pour tous (voyez la vidéo de Coco Chanel…), on se demande ce qui pouvait rester de français à la fin de la décennie gaullienne : les barricades et les Shadocks ?


https://www.dedefensa.org/article/mattelart-les-jo-et-la-destruction-de-paris-sur-ordre-us

https://www.dedefensa.org/article/la-destruction-de-la-france-au-cinema

https://www.dedefensa.org/article/debre-et-le-general-face-au-kali-yuga-francais




Le Front Populaire, la grande illusion historique de la gauche

[Source : bvoltaire.fr]

[Illustration : le Premier ministre français Léon Blum (1872 – 1950) fait une émission de radio, France, 7 mars 1937.
PHOTO : Getty Images/Keystone]

Par Éric de Mascureau

L’Histoire est un éternel recommencement. La NUPES est morte, vive le Front populaire ! Mais que fut, réellement, ce Front populaire ?

Face à la montée des mouvements d’extrême droite en France, et surtout en réaction à la journée du 6 février 1934, le Parti communiste français (PCF), le Parti radical (PR) et la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) prennent la décision d’agir. Afin d’appuyer leur demande et leur réforme contre le fascisme, ils font appel à la rue. Ainsi, entre 1934 et 1936, on compte plus de 1 000 manifestations, dont 45 % sont d’ordre politique et la moitié menée par la gauche. Cependant, ces événements de rue ne suffisent pas. L’idée, mais surtout le besoin de s’unir commence à émerger dans les esprits. Le PCF, en réalité aux ordres de Moscou, veut profiter de ce chaos ambiant pour s’imposer comme le leader de la gauche en France. Maurice Thorez fait ainsi semblant d’abandonner l’idée de la lutte des classes au profit de la bataille contre le fascisme pour, en réalité, tenter d’éclipser et faire disparaître tous les sociaux traîtres que sont notamment les bourgeois du PR. Ces derniers, quant à eux, ont besoin de ces alliances, notamment avec la SFIO, pour renouer avec la classe ouvrière qui se méfie d’eux. Le ver est déjà dans la pomme, avant même que ne naisse officiellement le Front populaire.

La victoire législative des gauches

Au terme de longues négociations et à l’aube des législatives de 1936, le Front populaire est créé. Les grandes idées défendues par cette alliance de circonstance sont le désarmement et la dissolution des ligues jugées dangereuses, la liberté syndicale, la lutte contre la déflation et la baisse du chômage. Pour les élections, chaque parti de gauche peut présenter son propre candidat au premier tour, mais au second, chacun doit obligatoirement apporter son soutien au vainqueur afin de garantir une majorité à l’Assemblée nationale.

Au terme de la campagne, le 3 mai 1936, la victoire du Front populaire est éclatante, mais elle est surtout celle du PCF, qui profite grandement de cette union. Ainsi, les communistes passent, dans l’Hémicycle, de 10 députés à 72, les socialistes de la SFIO de 97 à 149 et le grand perdant de l’alliance qu’est le PR de 160 à 111. Fort de son nombre majoritaire de sièges, la SFIO prend la tête du gouvernement à laquelle le Président Lebrun appelle Léon Blum, qui devient la figure du Front populaire.

Le Front populaire au pouvoir : du rêve à la désillusion

À ce sujet — 6 février 1934, l’entrée en agonie de la IIIe République

Après avoir formé son gouvernement auquel les communistes refusent de participer, le considérant trop bourgeois, Blum lance ses grandes réformes, celles dont la gauche avait toujours rêvé. Les accords de Matignon prévoient, ainsi, de nombreuses décisions économiques et sociales qui font la gloire du Front populaire auprès des masses ouvrières. Parmi elles : les congés payés, la semaine de 40 heures, la hausse des salaires et la reconnaissance du droit de participation à un syndicat. Léon Blum réforme également l’Éducation nationale en y imposant la pratique du sport, dont le ministère est fondé en 1936.

Ces réformes ont néanmoins un coût que n’avait pas anticipé le président du Conseil. S’ensuivent une inflation des prix, un ralentissement de l’économie dû aux grèves et aux congés payés, ainsi qu’une baisse seulement partielle du chômage. Une situation telle qu’en février 1937, Léon Blum est contraint de stopper son programme. Malgré les oppositions des communistes, jugeant cette décision trop favorable au capital et au patronat, il décide de réduire la dépense sociale afin de faire revenir les capitaux en France et de relancer l’armement face à une Allemagne de plus en plus belliqueuse. Ces choix sonnent alors le glas du Front populaire.

La rupture et l’échec

La situation internationale va entériner la fin de l’union de la gauche, qui se déchire sur les questions de la guerre d’Espagne et doit faire face au changement des forces politiques. De 30 000 membres en 1933, le PCF en comptait 308 000, quatre ans plus tard. Son influence sur les masses prolétaires s’est accrue et son soutien au gouvernement se remplace par une critique permanente. Le PR finit aussi par être divisé sur la question même du maintien du Front populaire, dont certains voudraient la dissolution afin d’éviter de se voir totalement éclipser par le PCF.

La lutte permanente contre les droites amène aussi ces dernières à s’unir dans de nouveau groupes politiques, comme le Parti social français (PSF) ou encore le Parti populaire français (PPF). Cette structuration de la droite et l’extrême droite est un échec du Front populaire, qui relance ainsi un fort clivage droite-gauche.

Face à la situation, des grèves sont mises en place et des accusations de fascisme sont faites contre le gouvernement de Blum, qui finit par démissionner en juin 1937. Hitler profite de cette instabilité politique pour faire main basse sur l’Autriche puis sur la Tchécoslovaquie. Ces événements aboutissent aux négociations des accords de Munich en 1938 menées par Daladier, dont les décisions prises provoquent la rupture définitive du Front populaire en avril 1938.

Ainsi, au terme de deux ans d’existence politique et malgré ces promesses illusoires faites aux masses, sous couvert de lutter contre un autre courant politique, le Front populaire n’a pas su redresser économiquement notre pays, s’est laissé corrompre par les pions serviles aux ordres du totalitarisme soviétique de Moscou et a laissé le monstre hitlérien agir librement en Europe. Beau bilan que celui du Front populaire qui demeure une référence majeure dans l’histoire de la gauche.




UKRAINE, ISRAËL, EUROPE… l’analyse SANS TABOUS d’un ancien AMBASSADEUR SUISSE

[Source : Antithèse]

Georges Martin est un ancien diplomate et ambassadeur suisse. Il a roulé sa bosse quarante ans durant, de Pretoria à Nairobi, en passant par Tel-Aviv, Ottawa, Paris et Jakarta. En 2017, il prend sa retraite en qualité de secrétaire d’État adjoint de la Confédération helvétique.

Il a récemment publié son autobiographie, « Une vie au service de mon pays, plaidoyer pour une Suisse neutre, active et respectée » (Slatkine, 2024).

Sommaire :

  • 00:00 Intro
  • 03:09 Diplomate et ambassadeur
  • 06:37 Nelson Mandela
  • 08:10 La Suisse durant l’apartheid.
  • 09:51 Une vie à l’étranger
  • 13:45 La Guerre en Ukraine
  • 26:30 Le complexe militaro-médiatique
  • 32:54 La conférence de Bürgenstock
  • 39:26 Affaires étrangères, des politiciens naïfs
  • 41:30 L’État « profond » helvétique et l’OTAN
  • 46:01 La neutralité suisse sous pression
  • 51:21 Les « bons offices » helvétiques
  • 54:37 Le CICR
  • 56:24 Le World Economic Forum
  • 1:03:49 Israël, Gaza et Netanyahou
  • 1:21:18 Foi et spiritualité
  • 1:28:59 Les défis de la jeunesse
  • 1:37:10 Carte blanche — la solidarité



La sécession populaire

Par Michel Maffesoli

On n’analyse jamais assez la différence existant, en démocratie, entre la légalité et la légitimité. On peut être un élu, président, député, lorsqu’on représente environ 11 % des électeurs. Mais, dès lors, est-on légitime dans le cadre de l’idéal démocratique ? Il devient de plus en plus évident que ce n’est plus le cas. Dès lors, ce qui prévaut est, tout simplement, une mise en scène du pouvoir politique.

Platon a montré à diverses reprises, dans La République ou dans Les Lois, que lorsque la démocratie réelle, c’est-à-dire la représentation des citoyens, s’étiolait, c’est la « théâtrocratie » qui prenait la première place. Le pouvoir se mettait en scène. L’art oratoire tendait à prévaloir sur l’effective gestion de la cité. La langue de bois prend alors la place d’une authentique parole publique.

Plus près de nous, Guy Debord avait, d’une manière prémonitoire, rendu attentif à La Société du spectacle en gestation. Dans laquelle le vrai cède la place au faux. Et ce permettant de rendre les hommes totalement soumis aux injonctions techno-bureaucratiques. Le spectacle devenant dès lors le mauvais rêve de la société moderne.

Dans le même ordre d’idées, Jean Baudrillard a rappelé, à de multiples reprises, la prévalence du « simulacre ». Et le danger que celui-ci ne manquait pas d’avoir pour la vie sociale. Très précisément en ce qu’il constituait l’émergence d’une foule solitaire. J’ai pour ma part qualifié cela de « grégaire solitude ». En bref, la qualité de la vie quotidienne se perd quand le langage spectaculaire tend à dominer tous et toutes choses.

Entre les auteurs que je viens de signaler, souvenons-nous également de Pascal et de sa critique du « divertissement ». Recherche désespérée d’une consolation quand la vie sociale ne permet pas d’être soi. C’est-à-dire d’être authentique. Ce qui prédomine dès lors étant un simple vécu « apparent ». On n’est plus soi-même, mais l’on se contente de tricher.

On pourrait multiplier les exemples en ce sens. Il suffit de rappeler que la « théâtrocratie » est diffuse à tous les moments de l’histoire humaine. Parfois elle devient concentrée. C’est le cas actuellement. Dès lors, ce qui prévaut c’est la non-participation à la chose politique, le désengagement syndical, la baisse de l’associationnisme, la versatilité des masses, l’abstention galopante et la non-inscription sur les listes électorales. Toutes choses soulignant le désaccord entre le Pouvoir institué, celui de la caste politique, et la Puissance instituante, celle, tout simplement, du peuple.

Dans une formule judicieuse, St Thomas d’Aquin déclarait = « Omnis potestas a Deo per populum ». (Tout pouvoir vient de Dieu par l’intermédiaire du peuple.) Et précisait-il, lorsque cela n’est plus reconnu, l’insurrection est nécessaire. Insurrections, révoltes, soulèvements, voilà ce qui est à l’ordre du jour. En France on vient d’en prendre conscience, mais également un peu partout en Europe.

Insurrection n’étant pas forcément violente, mais s’exprimant là où les élites ne l’attendaient pas. En la matière, ce qu’il est aisé de nommer « l’extrême droite ». C’est cela la version officielle, celle du « Tsunami ». De fait cette extrême droite dans ses partis institués, ceux qui ont obtenu le pourcentage de voix nécessaire à continuer le jeu, est également partie prenante de cette théâtrocratie. Elle a été chargée de mimer la dissidence, la résistance au pouvoir établi, alors que sur tous les sujets clivants des dernières années, gestion de la crise sanitaire, intervention en Ukraine, vassalité à l’égard des USA, abandon de la position gaullienne d’équilibre au Moyen Orient, elle est un « coupé-collé » du pouvoir en place. Ils font de fait tous partie de la même caste.

Ces élites, tout simplement ceux qui ont le pouvoir de dire et de faire : politiques, journalistes, experts de tous ordres se déclarent démocrates, mais sont très peu démophiles. Peut-être ont-ils peur du peuple et préfèrent parler de « populisme ». Attitude pour reprendre une analyse de Vilfredo Pareto, qui ne peut qu’appeler à une « circulation des élites ». Celles-ci n’étant plus en phase avec la réalité sociale.

Et ce, tout simplement, parce qu’ayant accentué, à tous crins, la théâtralisation du politique, elles risquent de subir le sort d’une pièce de théâtre dont on n’est pas satisfait. On la siffle, on conspue des acteurs jouant mal leur rôle. Le cardinal de Retz l’a rappelé : « le peuple est las, quelque temps devant que de s’apercevoir qu’il est ». Mais il est des moments où cette lassitude s’exprime sans coup férir. C’est bien ce qui est en train de se passer : la sécession souterraine s’exprime alors ouvertement.

C’est cela la secessio plebis. Pour reprendre une sentence fort actuelle de Machiavel, c’est quand « la pensée du Palais » n’est plus en phase avec la pensée de la « Place publique ! » C’est-à-dire quand le lointain, l’institué, le macroscopique, tout ce sur quoi on ne peut agir devient indifférent.

Dès lors l’énergie populaire se focalise au plus proche. Le sens de la vie n’est plus recherché dans la rationalisation proposée par le pouvoir surplombant. Ce que récitent jusqu’à plus soif, les acteurs de la théâtrocratie. Seul importe le sens trouvé ici et maintenant. Ce qui éveille les diverses potentialités de la puissance populaire.

Souvenons-nous de Péguy : « Tout commence en mystique et finit en politique ». C’est alors que la mystique revient. À l’encontre de la simple « réalité » (pouvoir d’achat, inflation, etc.) purement économique, matérialiste, la mystique c’est le retour du Réel, gros de l’irréel dont il est question. C’est-à-dire cet ensemble complexe de mythes, de symboles, de concepts spirituels. Et, à l’encontre de la bien-pensance officielle, gauche et droite confondues, c’est la « nostalgie du sacré » qui est la marque essentielle de la sécession populaire contemporaine. Qui saura l’entendre ?

Michel Maffesoli
Professeur Émérite en Sorbonne.




Pourquoi les Britanniques détestent-ils les Russes ?

[Source : www.unz.com]

Par Israël Shamir

La Grande-Bretagne est le leader mondial de la politique anti-russe. Les Britanniques détestent Poutine et encouragent avec zèle les Ukrainiens à combattre leurs cousins russes jusqu’à la dernière goutte de sang. Les Russes et les Ukrainiens étaient prêts à signer un accord en février 2022, jusqu’à ce que le Premier ministre britannique Johnson arrive à Kiev pour convaincre les Ukrainiens de laisser tomber. Et c’est ce qu’ils ont fait. Depuis lors, les Britanniques ont été la principale force à pousser les Ukrainiens à se battre et à convaincre les membres de l’OTAN de les aider à se battre. Les Britanniques sont à la tête de la campagne anti-russe mondiale. Tels sont les faits. Cependant, l’explication de ces faits m’a échappé jusqu’à présent.

Récemment, un jeune reporter prometteur appelé Dood (ou peut-être Doodj) s’est entretenu avec un leader de l’opposition pro-occidentale russe, l’ex-oligarque en fuite Michael Chodorkovsky [Mikhaïl Khodorkovsky]. M. Ch a été relégué dans l’ombre et en marge de l’histoire, alors qu’il fut un temps où il était le magnat le plus riche de Russie et l’un des hommes les plus riches du monde. Aujourd’hui, il vaut un peu moins d’un milliard de dollars, une bagatelle pour un oligarque.

Il était l’un des sept « sales » oligarques [semiboyarshina1] qui ont pris le contrôle de la Russie pendant le piètre règne d’Eltsine. Ils étaient tous plus ou moins juifs, et leur solidarité et leur capacité de destruction ne pouvaient rivaliser qu’avec leur caractère impitoyable et leur cupidité. Nombre de mes amis considèrent les sionistes comme des prédateurs de premier ordre, tandis que les Juifs sont des proies mignonnes et poilues. Ils se trompent : ces sept oligarques russes n’étaient pas des sionistes, mais simplement des Juifs désireux de tout détruire sur leur passage. Ces sept hommes ont pratiquement détruit la Russie millénaire. Ils ont paupérisé son peuple, réduit son industrie en cendres, vendu les usines à la ferraille, volé tous les avoirs des banques privées. Ils ont même ruiné la démocratie russe en bombardant le Parlement en 1993 avec les chars d’Eltsine, puis, avec l’aide de conseillers américains, en simulant la réélection du président Eltsine en 1996.

Comme des sauterelles attaquant un arbre, chaque oligarque juif s’est emparé d’une branche différente : M. Berezovsky s’est attaqué à l’industrie automobile et la Russie a cessé de produire des voitures ; M. Gusinsky s’est emparé de la télévision et l’a transformée en propagande offensive ; M. Chubais a géré le plus grand transfert de richesse au monde depuis 1917. M. Chodorkovsky s’est emparé de l’ensemble du pétrole et du gaz russes. Partout, ils ont volé tout ce qu’ils pouvaient voler, construit des yachts et des palais, se moquant des Russes ordinaires par leur consommation ostentatoire. Leur règne officiel a pris fin quelque part après 2005, lorsque M. Berezovsky a convaincu M. Eltsine de céder son règne au jeune M. Poutine, qui a alors demandé aux oligarques de se tenir à l’écart de l’État, sinon. M. Ch a ri et a dit qu’il se débarrasserait de Poutine. Poutine l’a mis en prison et a nationalisé la compagnie pétrolière Lukoil, qui appartenait à l’oligarque. Dix ans plus tard, M. Ch a été autorisé à partir, ce qu’il a fait. Le pétrole russe est toujours entre les mains de l’État russe et reste la base de la prospérité russe.

Lors d’une récente interview, M. Ch a révélé à un jeune journaliste que le véritable propriétaire de Lukoil était feu Lord Rothschild, qui vient de décéder (le 24 février) à l’âge avancé de 89 ans. Quelle surprise de découvrir que le vieux juif était encore assez rapide pour empocher tout le pétrole russe alors qu’il chassait les communistes impies. Nous, les Russes, avons effectivement entendu une telle rumeur, mais nous ne l’avons pas prise au sérieux à l’époque. Accuser « Rothschild », c’est comme accuser les « Reptiliens », un trope antisémite. Une telle personne n’existe pas dans la vie réelle, pensais-je. Mais après la publication de la vidéo de Doodj, j’ai consulté les archives du Times et j’ai découvert qu’il ne s’agissait pas d’une fiction :

On le savait donc déjà à l’époque, mais moi (et d’autres) ne pouvions pas y croire. Aujourd’hui encore, nous avons tendance à ignorer les faits antisémites ainsi que les tropes antisémites qui inondent l’Internet.

Mais c’est la clé qui explique pourquoi les Britanniques sont si désireux d’affaiblir la Russie. Lord Rothschild est aussi britannique que le thé de 5 heures. Les Britanniques peuvent avoir un Premier ministre indien, un maire pakistanais de Londres et des Ghurkhas comme troupes d’élite, mais la Banque d’Angleterre appartient aux Juifs. Les Anglais ne sont que des mineurs chargés de faire tourner la banque mondiale de Lord Rothschild. Et les Juifs sont réputés pour garder le contrôle de tout ce qui est passé entre leurs griffes. Même la famille royale est devenue quasi-juive : elle circoncit ses garçons et se croit descendante du roi David.

Le fait est que la perte de toutes ces fabuleuses richesses russes a irrité les oligarques. C’est pourquoi ils appellent Vladimir Poutine « le tyran sanglant », parce qu’il leur a pris le pétrole, le gaz, l’or et le blé russes qu’ils estimaient mériter. Pourtant, l’Histoire montre que Poutine a été un dirigeant souple : il n’a pas saisi les richesses des oligarques, comme il aurait pu le faire ; ils ont conservé leurs yachts, leurs palais et leurs milliards. Mais cela ne les a pas rassurés ; ils continuent de convoiter la totalité des richesses.

Comme la plupart d’entre nous, Poutine avait l’illusion que l’Angleterre et les États-Unis étaient contre l’URSS pour des raisons idéologiques. Il s’est dit : « Bien sûr, ils n’aiment pas le communisme, comme tout bon capitaliste ». Il pensait qu’ils seraient heureux maintenant que les Russes profitent des fruits de la propriété privée. Mais il s’avère que les Britanniques et les Américains n’ont jamais été intéressés par la théorie. Ils détestaient les communistes parce qu’ils empêchaient les marchandises russes de tomber entre les mains avides de Lord Rothschild. Maintenant que c’est Poutine qui se trouve sur la brèche, le système bancaire mondial l’a déclaré l’homme du mal. Peut-être que les Russes ont détruit leur Union soviétique sans raison valable, après tout.

Tout ce qui, communiste ou capitaliste, s’interposait entre Lord Rothschild et ce qu’il voulait était naturellement vilipendé par la presse mondiale. Pourtant, il est significatif que la mort de Rothschild n’ait pas affecté le flot mondial d’invectives contre Poutine et la Russie. Il n’y a pas de pause dans la guerre. La pression oligarchique continue d’opprimer. Il se peut que les vastes avoirs de Lord Rothschild aient été transmis à ses héritiers légaux, mais une telle richesse est soumise aux plans à long terme des fondés de pouvoir mondialistes, et non aux caprices des descendants privilégiés de la famille. Cependant, de telles rumeurs ne sont que des tropes antisémites et ne doivent pas être crues.

Le principal objectif de la presse grand public semble être d’étouffer ou d’occulter les histoires qui pourraient perturber les transactions en coulisses entre les oligarques anglais et russes, dont beaucoup se trouvent être (par coïncidence) juifs. La notion même de système financier mondial juif, bien qu’elle soit à la base du réseau bancaire historique de Nathan Rothschild, a été déclarée trope antisémite par la presse dirigée. La sécurité des Juifs passe avant tout, et la presse désinforme ardemment le public pour atteindre cet objectif.

Un tel système garantit que les gens ordinaires du monde, qui essaient simplement de se rendre au travail le matin, auront toujours un jour de retard et un dollar de moins. Nous sommes toujours tenus dans l’ignorance des machinations des oligarques mondiaux, dont beaucoup se trouvent être (par coïncidence) juifs. La vérité est révélée au compte-gouttes par les oligarques eux-mêmes, avec l’aide de jeunes reporters entreprenants comme Dood. Mais l’Angleterre n’est pas le seul refuge des financiers. La famille Rothschild a une aile anglaise et une aile française. L’aile française est représentée par le président Macron.

Les dirigeants juifs français ont nommé Emanuel Macron président de la République, déclare un écrivain juif français qui blogue sous le nom de Tsarfat (le nom hébreu de la France2).

Dans un article long et détaillé, Tsarfat raconte que quelques juifs éminents (Alain Minc, Serge Weinberg, Jacques Attali et Bernard Mourad) se sont portés garants de Macron auprès de David de Rothschild. En 2011, Macron est devenu associé junior chez Rothschild, avec un salaire substantiel. Il en valait la peine : il a trompé Le Monde, il a trompé le président Hollande, il a trompé l’État français, il a fait tout ce que Rothschild exigeait et, en retour, il a obtenu la présidence de la République. Il était le nouveau roi nommé par le nouvel Abravanel3. Il doit maintenant livrer la guerre entre la chrétienté et l’islam, pour la gloire suprême d’Israël.

Cette guerre future couvrira le désastre de Gaza. Si les Rothschild anglais assurent la guerre contre la Russie, les Rothschild français se chargeront de la guerre contre l’Islam. Ainsi, les financiers sont plus fatals que les sionistes, bien qu’ils jouent le jeu avec eux. Ron Unz a prouvé que ces financiers ont joué un rôle important dans l’entrée des États-Unis dans la Première et la Seconde Guerre mondiale. Je pense qu’ils sont suffisamment puissants pour nous entraîner tous dans la Troisième Guerre mondiale.





La droite insurrectionnelle européenne ne changera rien. Ces élections ne sont qu’une mascarade

[Source : lesakerfrancophone.fr]

Par Thomas Fazi – Le 10 juin 2024 — Source Unherd

Selon votre position politique, vous allez considérer la poussée de la droite populiste au Parlement européen comme une grave menace pour la démocratie, ou comme une victoire éclatante de celle-ci — et un grand pas en avant dans la « reprise en main » de l’oligarchie bruxelloise. Mais les deux positions sont erronées. En réalité, malgré l’hystérie d’hier, aggravée par la décision de Macron de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipées, l’impact de celle-ci ne sera pas aussi important que les gens le craignent ou l’espèrent.

Prenons les vainqueurs : les groupes ECR et ID, qui ont réalisé des gains significatifs. Ces deux blocs sont constitués de divers partis de droite populistes qui sont profondément divisés sur plusieurs questions stratégiques cruciales : les questions sociales et économiques, l’élargissement de l’Europe, la Chine, les relations entre l’UE et les États-Unis et, surtout, l’Ukraine. Cela signifie que, même s’ils parviennent à pousser la Commission européenne vers la droite, ils auront du mal à transformer leur succès électoral en influence politique ; sur les défis les plus importants de l’Europe, il semble peu probable qu’ils votent en bloc. Mais à un niveau plus fondamental, supposer que ces élections modifieront radicalement le cours de l’agenda politique de l’UE, voire menaceront la démocratie elle-même, implique que l’UE est une démocratie parlementaire qui fonctionne. Ce n’est pas le cas.

Malgré la fanfare qui entoure chaque élection européenne — chacune d’entre elles étant fastidieusement décrite comme « les élections les plus importantes de l’histoire de l’Union européenne » — la réalité est que le Parlement européen n’est pas un parlement au sens conventionnel du terme. Cela impliquerait qu’il ait la capacité d’initier une législation, un pouvoir que le Parlement européen n’exerce pas. Ce pouvoir est exclusivement réservé à l’organe « exécutif » de l’UE, la Commission européenne — ce qui se rapproche le plus d’un « gouvernement » européen — qui s’engage à « ne solliciter ni accepter d’instructions d’aucun gouvernement ni d’aucune institution, d’aucun organe, d’aucune fonction ni d’aucune entité ».

Et cela inclut inévitablement le Parlement européen, qui ne peut qu’approuver, rejeter ou proposer des amendements et des révisions aux propositions législatives de la Commission. La Commission elle-même n’est en aucun cas élue démocratiquement. Son président et ses membres sont proposés et nommés par le Conseil européen, composé des dirigeants des États membres de l’UE. Même dans ce cas, le Parlement ne peut qu’approuver ou rejeter les propositions du Conseil. D’où le paradoxe d’Ursula von der Leyen qui mène une campagne électorale (comiquement dérangeante) pour un second mandat alors qu’elle ne brigue aucun siège.

En 2014, ce problème était censé être résolu : un nouveau système — le « Spitzenkandidat », ou processus du « candidat principal » — a été introduit, selon lequel, avant les élections européennes, chaque grand groupe politique du Parlement européen désignerait son candidat au poste de président de la Commission, et le candidat du groupe ayant le plus grand nombre de sièges deviendrait automatiquement président. Mais le système n’a jamais été mis en œuvre. En effet, en 2019, Von der Leyen elle-même a été choisie à huis clos par les dirigeants de l’UE, malgré le fait qu’elle ne s’était pas présentée aux élections et que deux candidats avaient déjà été proposés par les groupes de centre-droit PPE et de centre-gauche S&D. Aujourd’hui, ce système est considéré comme quasiment mort, ce qui explique pourquoi les autres groupes n’ont même pas pris la peine de choisir un candidat.

Pourtant, malgré ces contraintes démocratiques, à en juger par les résultats d’hier, on pourrait affirmer que même l’UE ne peut rester totalement isolée du glissement à droite du continent. C’est vrai : le poids accru des populistes de droite au sein du Parlement européen pourrait contraindre le Conseil à présenter un candidat plus à droite que Von der Leyen.

Avant de tomber dans le piège de la prédiction d’une dystopie populiste de droite, il convient toutefois de faire quelques mises en garde importantes. S’il est vrai que la Commission est nommée par les gouvernements nationaux et qu’il peut donc sembler que ces derniers ont le contrôle, il est tout aussi vrai que les institutions supranationales de l’Union européenne exercent une influence considérable sur les gouvernements nationaux, dans la mesure où elles contrôlent des aspects cruciaux de leur politique économique. C’est particulièrement vrai dans la zone euro, où la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) peuvent effectivement imposer la politique qu’elles souhaitent aux gouvernements élus — et même les démettre de leurs fonctions par la force, comme elles l’ont fait avec Silvio Berlusconi en 2011.

Cela signifie que, dans la zone euro du moins, la survie politique des gouvernements dépend largement de la bonne volonté de l’UE. C’est pourquoi même les partis populistes de droite, une fois qu’ils sont entrés au gouvernement — ou commencent à penser qu’ils ont de bonnes chances d’y parvenir — ont tendance à se réaligner rapidement sur l’establishment, tant au Conseil européen qu’au Parlement européen. Prenons l’exemple de Giorgia Meloni. Sur toutes les questions importantes, la Première ministre italienne a aligné son gouvernement sur l’UE et l’OTAN — et a fait part de sa volonté de soutenir un second mandat de Mme von der Leyen, avec laquelle elle a développé une relation étroite. En France, Marine Le Pen a également entamé un processus de « melonification », abandonnant son programme anti-euro et assouplissant sa position sur la Russie-Ukraine et l’OTAN. Même si son parti, le Rassemblement national, remporte les prochaines élections en France, tout porte à croire qu’il ne sera pas la force perturbatrice qu’elle promet.

Il y a également un autre point à prendre en considération. D’une part, le fait que le Parlement européen, la seule institution démocratiquement élue dans l’UE, exerce un certain contrôle sur les politiques de la Commission, peut être considéré comme un développement positif. En ce sens, la présence accrue des partis populistes de droite aura certainement un impact sur le processus législatif, en particulier sur des questions hautement polarisantes telles que le Green Deal européen et l’immigration.

Mais d’un autre côté, cela ne change rien au fait que le Parlement européen reste politiquement impuissant. L’ensemble du processus législatif — qui se déroule dans le cadre d’un système de réunions tripartites informelles sur les propositions législatives entre les représentants du Parlement, de la Commission et du Conseil — est pour le moins opaque. Comme l’ont écrit les chercheurs italiens Lorenzo Del Savio et Matteo Mameli, cette situation est exacerbée par le fait que le Parlement européen est « physiquement, psychologiquement et linguistiquement plus éloigné des citoyens ordinaires que ne le sont les parlements nationaux », ce qui le rend plus sensible à la pression des lobbyistes et des intérêts particuliers bien organisés. Par conséquent, même les hommes politiques les mieux intentionnés, une fois arrivés à Bruxelles, ont tendance à être aspirés dans sa bulle.

À un niveau encore plus fondamental, rien de tout cela ne changera jamais, même si le Parlement européen se voit accorder les pleins pouvoirs législatifs, pour la simple raison qu’il n’y a pas de demos européen que le Parlement puisse représenter. Un tel demos — une communauté politique généralement définie par une langue, une culture, une histoire et un système normatif communs et relativement homogènes — n’existe encore qu’au niveau national. En effet, l’UE reste profondément fracturée par des lignes de fracture nationales économiques, géopolitiques et culturelles, et il semble peu probable que cela change.

Tout cela signifie que, même si nous pouvons nous attendre à un changement de direction sur certaines questions, ces élections ne résoudront probablement pas les problèmes économiques, politiques et géopolitiques urgents qui affligent l’UE : stagnation, pauvreté, divergences internes, privation des droits démocratiques et, ce qui est peut-être le plus crucial pour l’avenir du continent, la nationalisation et la militarisation agressives du bloc dans le contexte de l’escalade des tensions avec la Russie. En ce sens, il n’est guère surprenant qu’environ la moitié des Européens n’aient même pas pris la peine de voter. En fin de compte, l’UE a été construite précisément pour résister aux insurrections populistes telles que celle-ci. Plus vite les populistes l’admettront, mieux ce sera.

Thomas Fazi

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.




Von der Leyen garde la tête de la droite européenne

[Source : medias-presse.info]

Par Francesca de Villasmundo

Europe et élections européennes : l’onde de droite

Victoires des formations dénommées « populistes » et des conservateurs, le groupe PPE (Parti populaire européen) de Von der Leyen restant en tête, flop des verts et des libéraux de Renew, le groupe des députés de Renaissance. Une onde de droite radicale déferle sur le parlement européen, mais le parti de Ursula reste majoritaire.

Le vent de la droite s’est abattu hier sur le Vieux Continent

Le vent de la droite s’est abattu hier sur le Vieux Continent provoquant un véritable séisme sur l’équilibre européen à commencer par la France où le président Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale et convoqué de nouvelles élections. Séisme politique qui a également frappé la Belgique où le Premier ministre De Croo a annoncé sa démission après le résultat des élections législatives nationales qui se sont déroulées en même temps que les élections européennes.

L’Allemagne est également sous le choc avec la CDU-CSU qui serait première avec 30 %, l’AfD deuxième avec 16 % dépassant le SPD (14 %) et les Verts quatrième avec 12,5 %. Le dépassement de l’AfD au détriment du parti socialiste du chancelier Scholz (qui a obtenu le pire résultat de son histoire) et l’effondrement des Verts laissent également présager des conséquences sur la politique intérieure allemande.

En Italie, le parti Fratelli d’Italia de la Première ministre Giorgia Meloni a remporté les élections européennes avec un score impressionnant de 28 % des voix. Les analystes estiment qu’elle s’est assuré le rôle de faiseur de rois au Parlement européen.

En Espagne, les premiers sondages à la sortie des urnes indiquent le Parti populaire (membre du PPE) en tête avec 32,4 %, suivi du PSOE du Premier ministre Sanchez avec 30,2 % et de Vox dépassant le seuil des 10 %. Le PPE a également obtenu un résultat important en Grèce où le parti du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis obtiendrait 30 % des voix contre la gauche Syriza à 16,8 % et les socialistes à 12,4 %. En Pologne, la Coalition civique (KO) du Premier ministre Tusk devance le Droit et la Justice (PiS) dans les premiers sondages à la sortie des urnes, les deux partis faisant respectivement partie du PPE et de l’ECR. Aux Pays-Bas, cependant, la situation est au coude à coude entre le parti pour la liberté de Geert Wilders et la gauche travailliste. Selon les projections, les sièges néerlandais seraient répartis comme suit : Renew Europe 7, Identité et démocratie (ID) 7, Parti populaire européen (PPE) 6, Verts/Ale. 4, S&D 4, Sinistra 1, Conservateurs et réformistes européens (Ecr) 1, autres 1. Boom de la droite également en Autriche où le Fpoe (groupe Identité et Démocratie) serait en tête avec 27 % des voix, suivi du Parti populaire de l’Oevp (23,5 %) et des sociaux-démocrates de Spoe (23 %), les verts seraient à 10,5 %, comme les libéraux de Neos.

Mais le Parti populaire européen, celui de Von der Leyen garde la tête

Le vote européen nous offre un scénario dans lequel les partis populaires, conservateurs et souverainistes se développent presque partout avec des résultats dépassant même les attentes. Selon la deuxième projection sur la composition de la prochaine assemblée du Parlement européen, le Parti populaire européen, celui de Von der Leyen, passerait de 177 députés actuels à 186, les conservateurs du groupe Conservateurs et réformistes européens passeraient de 68 à 70 et les souverainistes d’Identité et Démocratie de 59 à 60 (sans compter les Allemands de l’Afd expulsés du groupe ID, c’est donc une croissance énorme).

Les socialistes, en revanche, passeraient de 140 députés européens actuels à 133 et les libéraux de Renew, le groupe des députés de Renaissance, de 102 à 82, pour les Verts la baisse serait de 72 à 53 et pour la gauche européenne de 37 à 36. Il faut ajouter une patrouille importante de 100 députés européens entre les non-inscrits et les « autres » toujours à la recherche d’un groupe dont le placement pourrait affecter l’équilibre européen.

Von der Leyen en campagne pour un second mandat de Présidente de la Commission européenne

Commentant le résultat du vote, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, qui est aussi la vice-présidente du Parti populaire européen, a déclaré qu’« une majorité ne peut être formée sans le PPE », ajoutant que « aujourd’hui est un bon jour pour le PPE. Nous avons gagné les élections européennes, mes amis. Nous sommes le parti le plus fort, nous sommes le point d’ancrage de la stabilité. Avec d’autres, nous construirons un bastion contre l’extrémisme de gauche et de droite. Nous allons les arrêter. »

En attendant de comprendre quel sera le scénario qui va se dérouler dans les prochaines heures, une première conclusion peut cependant être tirée : le vent a tourné et les citoyens ont puni les eurofolies de la gauche européenne. Mais le vent chassera-t-il Ursula ? Car soutenue dans ces décisions calamiteuses par les conservateurs, les socialistes et Renew durant le précédent mandat, Von der Leyen, que certains nomment la Hyène, pourrait bien être reconduite si certains du groupe ECR de Giorgia Meloni lui apportent des voix. Trop tôt encore affirme cette dernière pour « donner une réponse » concernant un éventuel second mandat d’Ursula.




Macron : de Moloch aux îles Kerguelen

Par Christian Cotten

Madame, Monsieur,

Je vous remercie de votre attention au message présenté ici, sous forme de texte et sous forme audiovisuelle. Il s’adresse notamment à tout fonctionnaire de l’État français, aux élus et aux journalistes ainsi qu’aux lecteurs habituels de nos communiqués, que je remercie pour leurs partages et rediffusions.

Un grand merci à Celui que je ne nommerai pas.

Son appel, en ce jeudi 6 6 24, au sacrifice de nos enfants, au profit de Moloch, de Laurent Alexandre, de Zelensky et tous les autres psychopathes bien connus, est un magnifique cadeau au peuple français.

Il prépare ainsi la toute prochaine insurrection populaire qui obligera nos militaires à accomplir leurs devoirs spirituel, moral, politique, médical et juridique en procédant à son imminente arrestation, manu militari, aux fins de l’expédier avec la plus grande compassion et la plus totale détermination aux îles Kerguelen.

Et il évite donc ainsi à tous les résistants la désagréable et dangereuse obligation d’appeler la population à l’insurrection, en application du droit fondamental de résistance à l’oppression, tel que le précise l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adopté par l’ONU en décembre 1966 précise en son article 20 : 1. Toute propagande en faveur de la guerre est interdite par la loi.

Aucun français – les hommes libres – digne de ce nom ne pourra accepter que nos enfants aillent brûler dans l’enfer ukrainien.

Aucun français sain d’esprit ne peut accepter plus longtemps désormais que les institutions de la République soient occupées par une bande criminelle organisée au service de puissances étrangères.

Le temps est donc venu pour que toutes les forces de l’ordre public, douaniers, policiers, gendarmes, militaires, psychiatres et magistrats assument leur obligation juridique formelle de désobéissance aux ordres manifestement illégaux qu’ils sont susceptibles de recevoir, et organisent dans l’amour et la sérénité la mise sous camisole de force du malade mental qui se croit Président de la République et Chef des Armées.

Ainsi soit-il.

Ah oui. Allez voir le dernier film de Pierre Barnerias, Les Survivantes pour mieux comprendre qui sont nos élites et leurs marionnettes.

Et le 30 juin, choisissez de voter pour la vie et chassez tous ceux qui soutiennent les guerres et les génocides.

Christian Cotten
Psychosociologue
Président de Politique de Vie.




« J’ai vécu dans votre futur, et ça n’a pas marché »

[Source : miscellanees.me]

L’Union européenne : la nouvelle Union soviétique

Il est étonnant qu’après avoir enterré un monstre, l’URSS, on en construise un tout autre semblable, l’Union Européenne. Qu’est-ce, au juste, que l’Union Européenne ? Nous le saurons peut-être en examinant sa version soviétique.

L’URSS était gouvernée par quinze personnes non élues qui se cooptaient mutuellement et n’avaient à répondre à personne. L’Union Européenne est gouvernée par deux douzaines de gens cooptés qui se réunissent à huis clos, ne répondent à personne et ne sont pas limogeables. On pourrait dire que l’UE a un parlement élu.

L’URSS aussi avait une espèce de parlement, le Soviet Suprême. Nous avalisions sans discussion les décisions du Politburo, tout comme le Parlement Européen, où le temps de parole de chaque groupe est rationné et souvent se limite à une minute par intervention. À l’UE, il y a des centaines de milliers d’eurocrates, avec leurs émoluments énormes, leur personnel, leurs larbins, leurs bonus, leurs privilèges, leur immunité judiciaire à vie, simplement transférés d’un poste à un autre, quoi qu’ils fassent, bien ou mal. N’est-ce pas l’URSS tout craché ?

L’URSS fut créée par la contrainte, très souvent avec occupation armée. On est en train de créer l’UE, pas par la force armée, non, mais par la contrainte et la terreur économique. Pour continuer d’exister, l’URSS s’est étendue toujours plus loin. Dès qu’elle a cessé de s’étendre, elle a commencé à s’écrouler. Je soupçonne qu’il en sera de même pour l’UE.

On nous avait dit que le but de l’URSS était de créer une nouvelle entité historique, le Peuple soviétique. Il fallait oublier nos nationalités, nos traditions et nos coutumes. Même chose avec l’UE, semble-t-il. Ils ne veulent pas que vous soyez anglais ou français, ils veulent faire de vous tous une nouvelle entité, des Européens, réprimer vos sentiments nationaux, vous forcer à vivre en communauté multinationale. 73 ans de ce système en URSS se sont soldés par plus de conflits ethniques que nulle part ailleurs au monde.

Un des buts grandioses de l’URSS était de détruire les États-nations. C’est exactement ce que nous voyons en Europe aujourd’hui. Bruxelles a l’intention de phagocyter les États-nations pour qu’ils cessent d’exister.

Le système soviétique était corrompu du haut jusqu’en bas. C’est la même chose pour l’UE. Les activités antidémocratiques que nous voyions en URSS fleurissent en Union Européenne. Ceux qui s’y opposent ou les dénoncent sont bâillonnés ou punis.

Rien n’a changé.

En URSS nous avions le goulag. Je crois qu’on l’a aussi dans l’UE. Un goulag intellectuel, nommé « politiquement correct ». Essayez de dire ce que vous pensez sur des questions de race ou de sexualité, et si vos opinions ne sont pas bonnes, vous serez ostracisés. C’est le commencement du goulag. C’est le commencement de la perte de votre liberté.

En URSS, on pensait que seul un état fédéral éviterait la guerre. On vous raconte exactement la même chose dans l’UE.

Bref, c’est la même idéologie dans les deux systèmes. L’UE est le vieux modèle soviétique habillé à l’occidentale. Mais, comme l’URSS, l’Union Européenne porte en elle les germes de sa propre perte. Hélas, quand elle s’écroulera, car elle s’écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et ethniques. l’ancien système soviétique était irréformable. De même, l’Union Européenne.

Mais il y a une alternative à être gouvernés par deux douzaines de ronds-de-cuir à Bruxelles. L’indépendance. Vous n’êtes pas forcés d’accepter ce qu’ils vous réservent. On ne vous a jamais demandé si vous vouliez vous joindre à eux.

J’ai vécu dans votre futur, et ça n’a pas marché.

Vladimir Konstantinovitch Bukovski

Vladimir Konstantinovitch Bukovski ou Bukovsky, né le 30 décembre 1942, est un ancien dissident soviétique, qui a passé 12 ans de sa vie emprisonné (camp Perm-36, prison, hôpital psychiatrique). Il est d’ailleurs le premier à dénoncer l’utilisation de l’emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union Soviétique. En 1976, il est échangé contre le dirigeant communiste chilien Luis Corvalán


Un ancien dissident soviétique met en garde contre une dictature de l’Union Européenne (L’observatoire de l’Europe)

Vladimir Bukovsky, l’ancien dissident soviétique âgé de 63 ans, craint que l’Union Européenne ne soit en train de devenir une autre Union Soviétique. Dans un discours prononcé à Bruxelles en février, M. Bukovsky a qualifié l’UE de « monstre » qui doit être détruit le plus tôt possible, avant qu’il ne se transforme en un État totalitaire en pleine puissance.

M. Bukovsky a rendu visite au Parlement Européen il ya quelques mois sur l’invitation du FIDESZ, le Forum civique hongrois. Le FIDESZ, membre du groupe chrétien-démocrate européen, avait invité l’ancien dissident soviétique, vivant en Angleterre, à l’occasion du 50e anniversaire de la révolte hongroise de 1956. Après sa rencontre du matin avec les Hongrois, M. Bukovsky a fait un discours l’après-midi dans un restaurant polonais de la Trier Straat, en face du Parlement Européen, où il a parlé sur l’invitation du Parti de l’Indépendance du Royaume-Uni (UKIP), dont il est le parrain.

Vladimir Bukovsky annonce une imminente « UERSS »

Dans son discours, M. Bukovsky fit référence à des documents confidentiels venant des dossiers soviétiques qu’il fut autorisé à lire en 1992. Ces documents confirment l’existence d’une « conspiration » pour transformer l’Union Européenne en une organisation socialiste. J’ai assisté à la rencontre et tapé le discours. Une transcription, ainsi que le fragment audio (environ 15 minutes), peut être trouvé plus bas. J’ai eu aussi une brève interview avec M. Bukovsky (4 minutes), dont une transcription et un fragment audio peuvent aussi être trouvés ci-dessous. L’interview sur l’Union Européenne a dû être abrégée parce que M. Bukovsky avait d’autres engagements, mais elle m’a rappelé quelques souvenirs, quand j’avais interviewé Vladimir Bukovsky vingt ans auparavant, en 1986, alors que l’Union Soviétique, le premier monstre qu’il avait si vaillamment combattu, était encore vivant et florissant.

M. Bukovsky fut l’un des héros du XXe siècle. Encore jeune homme, il dénonça l’utilisation de l’emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques dans l’ancienne URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques, 1917-1991) et passa au total douze ans (1964-1976), depuis l’âge de 22 ans jusqu’à 34 ans, dans les prisons, les camps de travail et les institutions psychiatriques soviétiques. En 1976, les Soviétiques l’expulsèrent en Occident. En 1992, il fut invité par le gouvernement russe pour servir d’expert témoignant au procès conduit pour déterminer si le Parti Communiste Soviétique avait été une institution criminelle. Pour préparer son témoignage, M. Bukovsky obtint l’accès à un grand nombre de documents des archives secrètes soviétiques. Il est l’une des rares personnes à avoir vu ces documents, puisqu’ils sont encore classifiés. En utilisant un petit scanner portable et un ordinateur portable, cependant, il réussit à copier beaucoup de documents (certains avec une mention de haute sécurité), y compris des rapports du KGB au gouvernement soviétique.


Une interview avec Vladimir Bukovsky (écouter)

Paul Belien : Vous avez été un célèbre dissident soviétique, et maintenant vous tracez un parallèle entre l’Union Européenne et l’Union Soviétique. Pouvez-vous expliquer cela ?

Vladimir Bukovsky : Je fais référence aux structures, à certaines idéologies qui sont inculquées, aux plans, à la direction, à l’inévitable expansion, à l’effacement des nations, ce qui était le but de l’Union Soviétique. La plupart des gens ne comprennent pas cela. Ils ne le savent pas, mais nous le savons parce que nous avons été élevés en Union Soviétique où nous devions étudier l’idéologie soviétique à l’école et à l’université. Le but ultime de l’Union Soviétique était de créer une nouvelle entité historique, le peuple soviétique, sur tout le globe. La même chose est vraie dans l’UE aujourd’hui. Ils tentent de créer un nouveau peuple. Ils appellent ce peuple les « Européens », quoi que cela signifie.

D’après la doctrine communiste ainsi que de nombreuses formes de pensée socialiste, l’État, l’État national, est supposé disparaître. En Russie, cependant, c’est le contraire qui arriva. Au lieu de disparaître, l’État soviétique devint un État très puissant, mais les nationalités furent effacées. Mais quand vint le temps de l’effondrement soviétique, ces sentiments réprimés d’identité nationale revinrent en force et ils détruisirent presque le pays. C’était si effrayant.

PB : Pensez-vous que la même chose puisse arriver quand l’Union Européenne s’effondrera ?

VB : Absolument, vous pouvez presser un ressort seulement jusqu’à un certain point, et la psyché humaine est très résistante, vous savez. Vous pouvez la presser, vous pouvez la presser, mais n’oubliez pas qu’elle accumule toujours de la force pour rebondir. Elle est comme un ressort et elle revient toujours en force.

PB : Mais tous ces pays qui ont rejoint l’UE l’ont fait volontairement.

VB : Non, ils ne l’ont pas fait. Regardez le Danemark qui a voté contre le traité de Maastricht deux fois. Regardez l’Irlande [qui a voté contre le traité de Nice]. Regardez beaucoup d’autres pays, ils sont sous une énorme pression. C’est presque du chantage. La Suisse a été forcée de voter cinq fois dans un référendum. Les cinq fois ils l’ont rejeté, mais qui sait ce qui arrivera la sixième fois, la septième fois. C’est toujours la même chose. C’est un truc pour les idiots. Les gens doivent voter dans des référendums jusqu’à ce que les gens votent de la manière souhaitée. Ensuite ils doivent s’arrêter de voter. Pourquoi s’arrêter ? Continuons à voter. L’UE est ce que les Américains appelleraient un mariage forcé.

PB : Que pensez-vous que les jeunes devraient faire concernant l’UE ? Sur quoi doivent-ils insister, démocratiser l’institution ou simplement l’abolir ?

VB : Je pense que l’UE, comme l’Union Soviétique, ne peut pas être démocratisée. Gorbatchev a tenté de la démocratiser et elle a éclaté. Ce genre de structure ne peut jamais être démocratisé.

PB : Mais nous avons un Parlement Européen qui est choisi par le peuple.

VB : Le Parlement Européen est élu sur la base de la représentation proportionnelle, ce qui n’est pas une vraie représentation. Et sur quoi vote-t-on ? Le pourcentage de graisse dans les yoghourts, ce genre de chose. C’est ridicule. On lui donne la tâche du Soviet Suprême. Le parlementaire moyen peut parler six minutes par an à la Chambre. Ce n’est pas un vrai parlement.


Transcription du discours de M. Bukovsky à Bruxelles (écouter)

En 1992, j’ai eu un accès sans précédent aux documents secrets du Politburo et du Comité Central qui avaient été classifiés, et qui le sont encore maintenant, pour 30 ans. Ces documents montrent très clairement que toute l’idée de transformer le marché commun européen en État fédéral fut acceptée par les partis de gauche européens et par Moscou comme un projet conjoint que Gorbatchev appela en 1988-89 notre « maison commune européenne ».

L’idée était très simple. Elle apparut pour la première fois en 1985-86, quand les communistes italiens rendirent visite à Gorbatchev, suivis par les sociaux-démocrates allemands. Ils se plaignaient tous que les changements dans le monde, particulièrement après que Mme Thatcher ait introduit la privatisation et la libéralisation économique, menaçaient de balayer toutes les réalisations (comme ils les appelaient) de générations de socialistes et de sociaux-démocrates — menaçant de les inverser complètement. Par conséquent la seule manière de résister à cette agression du capitalisme sauvage (comme ils l’appelaient) était de tenter d’introduire les mêmes buts socialistes dans tous les pays immédiatement.

Avant cela, les partis de gauche et l’Union Soviétique s’étaient opposés à l’intégration européenne surtout parce qu’ils la percevaient comme un moyen de bloquer leurs buts socialistes.

À partir de 1985, ils changèrent complètement de vision. Les Soviétiques parvinrent à la conclusion et à un accord avec les partis de gauche, que s’ils travaillaient ensemble ils pouvaient détourner tout le projet européen et l’inverser complètement. Au lieu d’un marché ouvert, ils le transformeraient en un État fédéral.

D’après les documents [soviétiques], 1985-86 est le moment clé. J’ai publié la plupart de ces documents. Vous pouvez même les trouver sur internet. Mais les conversations qu’ils ont eues sont vraiment révélatrices. Pour la première fois vous comprenez qu’il y a eu une conspiration — très compréhensible pour eux, puisqu’ils tentaient de sauver leurs peaux politiques. À l’Est, les Soviétiques avaient besoin d’un changement de relations avec l’Europe parce qu’ils entraient dans une crise structurelle prolongée et très profonde ; à l’Ouest, les partis de gauche craignaient d’être balayés et de perdre leur influence et leur prestige. Donc c’était une conspiration, faite par eux, négociée et élaborée tout à fait ouvertement.

En janvier 1989, par exemple, une délégation de la Commission Trilatérale vint voir Gorbatchev. Elle comprenait Nakasone, Giscard d’Estaing [David] Rockefeller et Kissinger. Ils eurent une très jolie conversation où ils tentèrent d’expliquer à Gorbatchev que la Russie Soviétique devait s’intégrer dans les institutions financières du monde, comme le GATT, le FMI et la Banque Mondiale.

Au milieu de la conversation, Giscard d’Estaing entre soudain en piste et dit : « M. le Président, je ne peux pas vous dire exactement quand cela arrivera — probablement dans 15 ans — mais l’Europe va devenir un État fédéral et vous devez vous y préparer. Vous devez élaborer avec nous, et avec les dirigeants européens, la manière dont vous réagiriez à cela, comment vous permettriez aux autres pays d’Europe de l’Est d’interagir avec lui ou comment en faire partie, vous devez être prêt ».

C’était en janvier 1989, à un moment où le traité de Maastricht [1992] n’avait même pas été esquissé. Comment diable Giscard d’Estaing savait-il ce qui allait se passer dans 15 ans ? Et surprise, surprise, comment devint-il l’auteur de la constitution européenne [en 2002-03] ? Très bonne question. Ça sent la conspiration, n’est-ce pas ?

Heureusement pour nous, la partie soviétique de cette conspiration s’effondra avant et elle n’atteignit pas le point où Moscou aurait pu influencer le cours des événements. Mais l’idée originelle était d’avoir ce qu’ils appelaient une convergence, par laquelle l’Union Soviétique s’adoucirait quelque peu et deviendrait plus sociale-démocrate, pendant que l’Europe occidentale deviendrait sociale-démocrate et socialiste. Ensuite il y aurait eu une convergence. Les structures devaient s’adapter l’une à l’autre. C’est pourquoi les structures de l’Union Européenne furent initialement bâties dans le but de s’adapter à la structure soviétique. C’est pourquoi elles sont aussi similaires dans leur fonctionnement et dans leur structure.

Ce n’est pas un hasard si le Parlement Européen, par exemple, me rappelle le Soviet Suprême. Il ressemble au Soviet Suprême parce qu’il a été conçu comme lui. De même, quand vous regardez la Commission Européenne, elle ressemble au Politburo. Je veux dire qu’elle lui ressemble exactement, sauf pour le fait que la Commission a maintenant 25 membres et que le Politburo avait habituellement 13 ou 15 membres. À part ça, ils sont exactement les mêmes, ne rendant de compte à personne, sans être directement élus par personne.

Quand vous regardez toute cette activité bizarre de l’UE avec ses 80 000 pages de règlements, ça ressemble au Gosplan. Nous avions une organisation qui planifiait tout dans l’économie, dans les moindres détails, cinq ans à l’avance. C’est exactement la même chose qui se passe dans l’UE. Quand vous regardez le type de corruption de l’UE, c’est exactement le type soviétique de corruption, allant de haut en bas, plutôt que de bas en haut.

Si vous parcourez toutes les structures et tous les traits de ce monstre européen émergeant, vous remarquerez qu’il ressemble de plus en plus à l’Union Soviétique. Bien sûr, c’est une version plus douce de l’Union Soviétique. S’il vous plaît, ne vous méprenez pas. Je ne dis pas qu’il a un Goulag. Il n’a pas de KGB — pas encore — mais je surveille très attentivement des structures comme l’Europol par exemple. Cela m’effraye réellement parce que cette organisation aura probablement des pouvoirs plus grands que ceux du KGB. Ils auront l’immunité diplomatique. Pouvez-vous imaginer un KGB avec l’immunité diplomatique ? Ils devront nous contrôler pour 32 sortes de crimes — dont deux sont particulièrement effrayants, l’un est appelé racisme, l’autre xénophobie. Aucune cour criminelle sur terre ne définit une telle chose comme un crime [ce n’est pas entièrement vrai, puisque la Belgique le fait déjà — PB].

Donc c’est un nouveau crime, et nous avons déjà été avertis. Un membre du gouvernement britannique nous a dit que ceux qui s’opposent à l’immigration incontrôlée du tiers-monde seront considérés comme racistes et que ceux qui s’opposent à la poursuite de l’intégration européenne seront considérés comme xénophobes. Je crois que Patricia Hewitt a dit cela publiquement.

Donc, nous avons maintenant été avertis. Pendant ce temps, ils introduisent de plus en plus d’idéologie. L’Union Soviétique était un État dirigé par l’idéologie. L’idéologie d’aujourd’hui de l’Union Européenne est sociale-démocrate, étatiste, et en grande partie politiquement correcte. Je surveille très attentivement la manière dont le politiquement correct se répand et devient une idéologie oppressive, sans parler du fait qu’ils interdisent de fumer presque partout maintenant. Regardez la persécution de gens comme le pasteur suédois qui a été persécuté pendant plusieurs mois parce qu’il a estimé que la Bible n’approuve pas l’homosexualité. La France a voté la même loi de crime d’injures [hate crime] concernant les gays.

La Grande-Bretagne est en train de voter des lois de crime d’injures concernant les relations raciales et maintenant le discours religieux, et ainsi de suite. Ce que vous observez, mis en perspective, est une introduction systématique d’idéologie qui pourrait être renforcée plus tard par des mesures oppressives. Apparemment c’est tout le but de l’Europol. Autrement pourquoi en aurions-nous besoin ? L’Europol me paraît très suspect. Je surveille très attentivement qui est persécuté, pour quelle raison, et ce qui se passe, parce que c’est un domaine dans lequel je suis un expert. Je sais de quelle manière le Goulag apparaît.

C’est comme si nous vivions dans une période de démantèlement rapide, systématique et très cohérent de la démocratie. Regardez ce projet de réforme législatif et de réglementation. Il transforme les ministres en législateurs qui peuvent introduire de nouvelles lois sans en parler au Parlement ni à quiconque. Ma réaction immédiate est : pourquoi avons-nous besoin de ça ? La Grande-Bretagne a survécu à deux guerres mondiales, à la guerre contre Napoléon, à l’Armada espagnole, sans parler de la guerre froide durant laquelle on nous disait à tout moment que nous pouvions avoir une guerre mondiale nucléaire, sans aucun besoin d’introduire ce genre de législation, sans avoir besoin de suspendre nos libertés civiles et d’introduire des pouvoirs spéciaux. Pourquoi en avons-nous besoin maintenant ? Ceci peut transformer votre pays en dictature en un rien de temps.

La situation d’aujourd’hui est vraiment sinistre. Les principaux partis politiques se sont fait complètement avoir par le nouveau projet de l’UE. Aucun d’entre eux ne s’y oppose vraiment. Ils sont devenus très corrompus. Qui va défendre nos libertés ? C’est comme si nous allions vers une sorte d’effondrement, une sorte de crise. Le résultat le plus probable est qu’il y aura un effondrement économique en Europe, ce qui arrivera forcément avec cette croissance des dépenses et des taxes. L’incapacité à créer un environnement compétitif, la sur-réglementation de l’économie, la bureaucratisation, cela va conduire à un effondrement économique. L’introduction de l’euro était une idée particulièrement folle. La monnaie n’est pas supposée être politique.

Je n’ai aucun doute là-dessus. Il va y avoir un effondrement de l’Union Européenne tout comme l’Union Soviétique s’est effondrée. Mais n’oubliez pas que quand ces choses s’effondrent, elles laissent une telle dévastation qu’il faut une génération pour s’en remettre. Pensez seulement à ce qui se passera s’il arrive une crise économique. Les récriminations entre nations seront immenses. Ça pourrait mener à une explosion.

Regardez l’immense nombre d’immigrants du tiers-monde vivant maintenant en Europe. Cela a été encouragé par l’Union Européenne. Que se passera-t-il avec eux s’il y a un effondrement économique ? Nous aurons probablement, comme en Union Soviétique à la fin, tellement d’affrontements ethniques que cela donne le vertige. Dans aucun autre pays il n’y a eu autant de tensions ethniques que dans l’Union Soviétique, sauf probablement en Yougoslavie. Donc c’est exactement ce qui arrivera ici aussi. Nous devons nous préparer à cela.

Cet immense édifice de bureaucratie va s’effondrer sur nos têtes. C’est pourquoi, et je suis très franc là-dessus, plus tôt nous en finirons avec l’UE, mieux cela vaudra. Plus tôt elle s’effondrera, moins il y aura de dégâts pour nous et pour les autres pays. Mais nous devons faire vite parce que les eurocrates agissent très rapidement. Il sera difficile de les vaincre. Aujourd’hui, c’est encore simple. Si un million de gens marchent sur Bruxelles aujourd’hui, ces types s’enfuiront jusqu’aux Bahamas. Si demain la moitié de la population britannique refuse de payer ses impôts, rien ne se passera et personne n’ira en prison. Aujourd’hui vous pouvez encore faire ça. Mais je ne sais pas quelle sera la situation demain avec un Europol en pleine puissance bourré d’anciens officiers de la Stasi [est-allemande] ou de la Securitate [roumaine]. Tout peut arriver.

Nous perdons du temps. Nous devons les vaincre. Nous devons nous asseoir et réfléchir, élaborer une stratégie le plus rapidement possible pour obtenir un effet maximum. Autrement il sera trop tard. Donc que dirais-je ? Ma conclusion n’est pas optimiste. Jusqu’ici, en dépit du fait que nous avons des forces anti-UE dans presque chaque pays, ce n’est pas assez. Nous perdons et nous gaspillons du temps.

Du bureau de Paul Belien, le 27 février 2006 — Publié sur www.brusselsjournal.com/node/865




Confirmation du piège macronien de la dissolution

Le journal allemand das Bild rapporte ce jour qu’Ursula Von der Leyen a été mise dans la confidence par Macron de son projet de dissolution et qu’il lui a expliqué sa stratégie (un piège, le chaos, ainsi que je l’explique dans mes vidéos depuis dimanche soir) : elle a tout confié dans une réunion interne de la CDU ! ⤵️

« Le calcul de Macron est simple. Prendre tout le monde de court en annonçant des élections et une campagne très courte. Le contexte ne sera pas le même que pendant les élections européennes. Selon Macron, dans le meilleur des cas, la sidération générale empêchera le RN de gagner. Et si dans le pire des cas pour Macron, le RN réussit à gagner les élections et à disposer d’une majorité : il s’agira alors d’installer Bardella à Matignon et de “griller le RN” en le forçant à gouverner sans qu’il puisse obtenir de résultats conformes à son programme, le tout accompagné d’un chaos social, de façon à ce que Marine Le Pen n’ait plus aucune chance de l’emporter en 2027 » !

[Voir aussi :
Cette dissolution pue la dictature européenne à plein nez
et
Et si le RN à Matignon était le chaos dont Macron rêve ?]




Ukraine-Gaza : guerre totale ou gouvernance mondiale ?

[Source : TVL]

Le président Macron a-t-il déclaré la guerre à Moscou ? En autorisant l’Ukraine à tirer des missiles « made in OTAN » sur les bases russes, le chef de l’État continue son escalade verbale, assurant par ailleurs que la jeunesse française serait prête au sacrifice ultime… pour défendre « les valeurs de la République ». En réaction, le président Poutine a aussitôt menacé l’Europe Occidentale d’une guerre totale. Comment expliquer l’hostilité anti-russe du locataire de l’Élysée, aujourd’hui supérieure à celle de Washington ? La grenouille veut-elle se faire plus grosse que le bœuf ? Pendant ce temps, une autre guerre fait rage entre le Hamas et Israël. Comme l’Ukraine, le Moyen-Orient se trouve sur la bordure de l’ensemble russo-chinois dont les États-Unis cherchent l’encerclement. Les projets de développements énergétiques entre les deux grands blocs s’y multiplient et entrent en concurrence, provoquant des points de tension. Seule la perspective d’une destruction nucléaire mutuelle freine encore l’escalade meurtrière entre Occident et Eurasie. Entre les deux, la France n’offre plus de troisième voie et se retrouve coincée entre le communautarisme et des élites vendues au millénarisme globaliste. Pour en sortir, elle devra renouer avec sa souveraineté stratégique et rejoindre le concert des puissances réalistes. Puissances qui placent l’État et le politique au centre du système des relations internationales. Avec Pierre-Antoine Plaquevent, analyste politique, animateur pour le site Strategika, rédacteur de la lettre privée Polemos, et l’auteur de « Société ouverte VS Eurasie ».




Et si le RN à Matignon était le chaos dont Macron rêve ?

[Source : ripostelaique.com]

Par Charles Demassieux

J’aimerais avoir les emballements de jeunesse que les électeurs du Rassemblement national ont eus coup sur coup dimanche soir en découvrant le score de Jordan Bardella aux européennes puis, dans la foulée, en entendant le sordide de l’Élysée déclarer la dissolution de l’Assemblée nationale.

Sauf que, dans le cas d’une cohabitation, où Jordan Bardella serait logiquement Premier ministre, les changements de politique ne seraient qu’apparents.

Prenons par exemple la politique migratoire. À moins de quitter l’Europe – ce que ne veut absolument pas le RN – il sera presque impossible d’appliquer le programme préconisé par ce parti. Parce que : 

« Le Conseil européen joue un rôle important dans ce domaine car il fixe les priorités stratégiques. »

Et l’on sait que, tout comme dans celle des mœurs les plus folles qu’elle nous impose un peu plus chaque jour – malheur aux récalcitrants qui sont alors condamnés par la cour de justice de l’UE ! –, l’hydre européenne commande dans cette histoire. L’Italie de Giorgia Meloni l’a bien compris, qui s’en est remise au Conseil européen pour une politique migratoire plus « dure », c’est-à-dire un tout petit peu moins molle que d’habitude, avec son dernier « Pacte migratoire ». Lequel pacte a été massivement rejeté par les mouvements patriotiques des pays européens, ce qui est un signe de son inefficacité. Car c’est un pacte qui ne résout rien en profondeur, et les migrants continuent d’affluer en Europe. Et sans la pleine possession de ses frontières, la France continuera de se voir submergée.

Mais admettons que nous soyons totalement autonomes en matière d’immigration, il reste une barrière pour l’heure infranchissable : la justice française rouge, celle qui annule les expulsions à tour de bras. Or, pour changer de justice il faut changer de Constitution.

Certes, un député, tout comme le Président de la République, en a le droit, comme le stipule l’article 89 :

«  À l’origine d’une révision constitutionnelle, il peut y avoir :

  • soit une initiative du Président de la République, sur proposition du Premier ministre, et on est en présence d’un projet de révision,
  • soit une initiative de n’importe quel parlementaire, c’est-à-dire un député ou un sénateur, et on est en présence d’une proposition de révision. »

Cependant : 

« Une fois inscrit(e) à l’ordre du jour du Parlement, le projet ou la proposition de révision doit être voté(e) en termes identiques par l’Assemblée nationale et le Sénat. Il s’agit d’un vote à la majorité simple. À la différence de ce qui se passe pour les lois ordinaires, le Gouvernement ne peut pas donner à l’Assemblée nationale « le dernier mot » en lui demandant de statuer définitivement en cas de désaccord avec le Sénat. C’est dire que chaque assemblée dispose donc d’une sorte de droit de veto, toute révision étant bloquée si l’Assemblée ou le Sénat s’y oppose. »

https://www.conseil-constitutionnel.fr/la-constitution/peut-on-modifier-la-constitution

Il reste le référendum, mais je ne vois pas Macron demander son avis au peuple qu’il déteste souverainement, ce que le peuple lui rend bien, il faut l’admettre !

Autre écueil, si par aventure le RN gagne les prochaines législatives : le Président de la République demeure le chef des Armées, même si la force armée est alors de la compétence du gouvernement dans le cas d’une cohabitation. Cependant, la force de dissuasion nucléaire demeure aux mains du Président, qui conserve par ailleurs la mainmise sur les Affaires internationales, ce qui signifiera que la politique très dangereuse à l’égard de la Russie ne changera pas beaucoup. Sans parler du fait que la France, en bonne élève de l’Europe inféodée à Washington, suivra la voix de son maître. Et ce n’est pas Bardella, avec ses petits bras musclés, qui tiendrait tête aux États-Unis ! Au passage, Zemmour ferait pareil…

De plus, s’il était mécontent du résultat, Macron n’aurait qu’une année à attendre pour dissoudre à nouveau l’Assemblée, ce qui nous ramènerait aux heures instables de la IVe République, auxquelles le général de Gaulle avait voulu mettre un terme avec la Ve.

Maintenant, il ne faut pas se mentir : sans un coup de force militaire et la loi martiale, il n’y a aucune chance pour que notre pays se relève des enfers où il a été plongé. Dit plus poétiquement : la France est Eurydice et nous, les patriotes, ne sommes que des Orphée malheureux.

Il faut hélas le reconnaître, les seules police et gendarmerie ne sont plus de taille à lutter contre les arsenaux des cités diversitaires. Des cités qui ne demandent qu’une toute petite étincelle pour s’enflammer et ce, en bien pire qu’à l’automne 2005 ou l’été 2023. L’arrivée du RN au pouvoir pourrait être cette étincelle. Ensuite, Macron viendrait en sauveur et, pourquoi pas, s’arrangerait pour garder le pouvoir, en rétablissant par exemple le septennat, après avoir, oh cynisme, modifié la Constitution !  Tout est possible avec ce sournois.

Donc, en lieu et place d’une dissolution de l’Assemblée, c’est tout le système qu’il faut dissoudre. Mais là, je m’égare dans des divagations qui, sauf miracle, ont peu de chances d’advenir.

Enfin, cela pourrait peut-être nous procurer une illusion de bonheur patriotique pendant quelques jours, mais la victoire du RN n’apporterait rien en profondeur, sinon un chaos dont Macron se satisferait avec une gourmandise psychopathique.

Comme je l’écris souvent, le seul bulletin valable pour sauver la France est en métal et prêt à sortir d’un canon…




Bilderberg ? Vous avez des chances de finir à l’UE, à l’OTAN, au FMI ou à l’ONU

[Source : reinformation.tv]

Par Clémentine Jallais — 31 mai 2024

Étonnant comme les médias se ruent, à chaque fois, avec moult prévisions sur l’identité des participants du cru de l’année… Parce que les clubs d’élite transnationaux jouissent d’une réputation de pouvoir qui n’est pas injustifiée et que leurs arcanes bien cachés suscitent la curiosité. C’est pourtant la première fois qu’une étude pointe avec précision la corrélation entre l’appartenance au Bilderberg et l’obtention de postes élevés dans les grandes instances internationales ou au sein même de l’élite politique nationale.

Oui, nous l’aurions un peu parié… mais il est bon de le lire en termes formels quoique prudents sous la plume d’un jeune doctorant tchèque, Lukas Kantor. De plus, il a fait le choix de n’user que d’informations publiques et attestées : autrement dit le haut de l’iceberg, qui est déjà fort gros, ce qui laisse présager du reste.

Depuis 2019, toutes les principales organisations internationales — UE, OTAN, FMI et ONU — sont présidées par des Bilderberg… « Il semble improbable qu’il s’agisse d’une simple coïncidence », se risque l’auteur de l’étude. Nous nous risquerons davantage : le facteur Bilderberg est un élément évidemment non systématique, mais souvent déterminant : le réseautage et le favoritisme n’ont jamais été aussi importants que dans la gent mondialiste.

Un ascenseur de carrière magistral

Ce jeudi 30 mai s’est ouverte à Madrid la 70e réunion du groupe Bilderberg, avec ses sujets du jour, comme l’IA, le climat, les défis géopolitiques ou encore la Chine et la Russie. Depuis 1954, c’est l’une des plateformes de mise en réseau et de coordination des élites transatlantiques les plus influentes. Chaque meeting annuel invite à titre privé environ 130 hommes et femmes politiques, hommes d’affaires, intellectuels (y compris des hommes d’Église), principalement d’Europe et d’Amérique du Nord et marginalement de Turquie, pour des conférences à huis clos dont la presse est totalement exclue.

Pour l’auteur de cette étude, le Bilderberg agirait ni plus ni moins comme un ascenseur de carrière, à la fois social et professionnel :

« Je soutiens que les hommes politiques invités à ces réunions exclusives obtiennent des contacts précieux, des informations privilégiées et probablement un certain soutien. Pourtant, la plupart des hommes politiques qui ont participé aux conférences du Bilderberg n’ont jamais été promus par la suite. Mais 133 l’ont été, et parfois même peu de temps après leur apparition aux rassemblements. Parmi ces hommes politiques, principalement européens, 42 sont devenus Premiers ministres, présidents ou hauts représentants d’organisations internationales comme l’UE, l’OTAN et le FMI. »

Mais alors, les hommes du Bilderberg ne sélectionneraient-ils donc pas nos politiques, en dehors de toute démocratie ? « Cette suspicion va dans la bonne direction, répond l’auteur, mais elle doit être atténuée. »

133 hommes politiques élevés après leur première au Bilderberg

Le Bilderberg renforce le capital social et donc le pouvoir politique. D’abord, si les participants sont nommément invités, c’est qu’ils ont un potentiel ou un champ d’action intéressants pour ces élites mondiales ou plutôt mondialistes. Ensuite, étant présentés à ces dernières, ils pourront bénéficier à tout le moins de leur influence, et même parfois de leur soutien actif. Les cercles franc-maçons ne fonctionnent pas d’une autre manière…

« J’ai trouvé seulement trois cas (Vernon Jordan, José Manuel Barroso et Emmanuel Macron) où le Bilderberg a poussé [de manière avérée et transparente] des membres de son club à de hautes fonctions, et seulement dans deux cas (Jordan et Macron), ces tentatives ont abouti à la nomination souhaitée », écrit Kantor. Néanmoins, il est probable, poursuit l’étude, que les Bilderberg tentent plus souvent que cela d’influencer les nominations… seulement, il est impossible de le prouver avec des informations accessibles au public.

Le doctorant se concentre sur 30 conférences Bilderberg qui ont eu lieu de 1990 à 2019, pour produire des résultats plus pertinents pour le public et les politiques. Au total, en chiffres absolus, 133 hommes politiques ont été élevés après leur première participation au Bilderberg. Environ un tiers (42 personnes) de toutes les personnes élevées ont atteint les postes les plus élevés, comme président (4 Bilderberg), Premier ministre (23 Bilderberg), chef d’une organisation internationale (11 Bilderberg) ou Premier ministre puis chef d’une organisation internationale (4 Bilderberg).

A noter que depuis 2019, toutes les principales organisations internationales sont présidées par des Bilderberg : Ursula von der Leyen à l’UE, Jens Stoltenberg à l’OTAN, Kristalina Georgieva au FMI et Antonio Guterres à l’ONU.

Une UE bilderbergisée

Plus particulièrement, « on peut parler de “porte tournante” entre la Commission européenne et le groupe Bilderberg », affirme Lukas Kantor.

José Manuel Barroso, par exemple. Il a d’abord participé aux conférences du Bilderberg (en 1994 et 2003), puis est devenu président de la Commission européenne (de 2004 à 2014), avant de rejoindre le comité directeur du Bilderberg. En 2016, il a tenté de faire pression en faveur de la nomination de Kristalina Georgieva au poste de secrétaire général de l’ONU, mais c’est un autre Bilderberg qui a été élu (Antonio Guterres). Au cours de son mandat, au moins deux Bilderberg (Miguel Ángel Moratinos et Jeanine Hennis-Plasschaert) ont été sélectionnés comme représentants de l’ONU.

Pour la petite histoire, Kristalina Georgieva a fini par être nommée directrice du FMI en 2019, alors qu’elle ne correspondait pas aux critères du poste (limite d’âge et soutien d’un nombre insuffisant d’États), mais les règles ont été contournées ou modifiées en sa faveur, grâce au Bilderberg Macron ! Quand Bilderberg veut….

Même parcours pour le Belge Étienne Davignon : il a d’abord participé aux conférences Bilderberg (en 1972 et 1974), est devenu peu après commissaire européen (de 1977 à 1985), puis président du Bilderberg de 1999 à 2011. Verheugen, Bolkestein, Almunia, Mandelson, Hedegaard, Timmermans, Vestager et d’autres ont d’abord assisté aux conférences du Bilderberg, puis ont aussi été sélectionnés comme commissaires européens…

Actuellement, dans l’UE, les Bilderberg occupent les postes les plus élevés de président de la Commission européenne (Ursula von der Leyen), membres de la Commission européenne (Jutta Urpilainen, Margrethe Vestager), président de la Banque centrale européenne (Christine Lagarde), président de l’Eurogroupe (Paschal Donohoe), président du Conseil européen (Charles Michel). « Von der Leyen et Michel ont assisté à la même conférence du Bilderberg en 2015 et, la même année 2019, ils ont tous deux obtenu les plus hautes positions au sein de l’UE », souligne l’étude.

FMI, ONU… OTAN en emporte le Bilderberg

L’UE, mais aussi l’OTAN ! « Tous les secrétaires généraux de l’OTAN de l’après-guerre froide ont participé à une conférence du Bilderberg avant leur nomination », souligne l’étude. En outre, au moins trois Bilderbergers (Karl Lamers, Pierre Lellouche, Bert Koenders) sont devenus présidents de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Et la Banque mondiale ! Et l’Organisation mondiale du commerce ! Sans compter que les cercles se croisent parfois avec les membres de la Commission trilatérale qui, elle aussi, a largement pénétré les arcanes du pouvoir.

Et notre Emmanuel Macron… Tout d’abord, il faut rappeler que Macron a travaillé, de 2008 à 2012, à la banque Rothschild dont les représentants participent régulièrement aux Conférences Bilderberg. Edmond de Rothschild en a d’ailleurs rejoint le comité directeur au milieu des années 1960. Macron a assisté à sa première conférence en juin 2014 : en août, il était choisi via le Bilderberg Manuel Valls pour diriger le ministère clé de l’Économie. Et c’est en 2017 qu’il accède, sans coup férir, à la Présidence de la République française… en nommant un autre Bilderberg, comme Premier ministre, à savoir Édouard Philippe.

Quant à Gabriel Attal, le plus jeune Premier ministre de l’histoire de la Ve République, il fut invité par les Bilderberg en 2023 : en janvier 2024, il était nommé et propulsé à Matignon, par Macron.

On pourrait continuer, mais il faut s’arrêter. Ça en devient fatigant.




Euthanasie et escalade militaire : Macron en digne héritier d’Hitler

85e ANNIVERSAIRE DE L’AKTION T4

Par Roland HUREAUX

En ce début de juin, tous ceux qui y voient un progrès de l’Humanité pourront fêter le 85e anniversaire de l’opération T4 décrétée par Hitler au début de juin 1939, le premier acte d’euthanasie à grande échelle de l’Histoire.

Elle a fait au moins 250 000 victimes parmi les faibles et les handicapés, dont beaucoup d’enfants, et a permis d’expérimenter les méthodes qui devaient servir un peu plus tard à exterminer les juifs (injection létale, gazage). Peut-être aussi visaient-elles à anesthésier les consciences destinées à passer de l’une à l’autre opération.

Hasard ? Deux mois presque jour pour jour après le lancement de T4, éclatait la Deuxième Guerre mondiale.

Hasard ? Le Parlement français est saisi d’un projet de légalisation de l’euthanasie ( appelée pudiquement « aide à mourir » ou « suicide assisté » ) au moment où les risques de déclenchement d’une troisième guerre mondiale, qui ne saurait être que nucléaire, sont évoqués partout. Comme dans la pièce de Giraudoux La guerre de Troie n’aura pas lieu, le destin semble inexorable.

Euthanasie, escalade militaire, le président français est présent sur les deux fronts.

Il s’agit bien entendu de deux sujets différents. Mais dans les deux cas, il est question de la mort. Dans ses Essais de psychanalyse, Freud avait montré que l’Homme était partagé entre deux tendances : l’instinct de vie et l’instinct de mort.

L’instinct de mort

L’instinct de mort ne s’exprime pas seulement par la guerre et le suicide, assisté ou pas. Il s’exprime depuis quelques années et spécialement depuis 2022, par un effondrement brusque de la fécondité française ( à l’instar d’autres pays européens) qui ne peut conduire, sauf immigration, qu’à une rapide extinction de la population française. La diffusion de thèmes écologiques mal maîtrisés  tendant à faire de l’Homme un ennemi de la planète décourage trop de jeunes de devenir parents.

La réponse du gouvernement français à cet effondrement : l’inscription de l’avortement dans la constitution !

L’instinct de vie, c’est au contraire l’amour, la procréation, la nature ( y compris la mort naturelle), la générosité mais aussi le bien vivre et le bien manger. C’est dans son sens global, la civilisation. C’est un des rôles les plus importants de ceux qui dirigent un pays de leur donner le goût de la vie, l’enthousiasme, la volonté de continuer la formidable aventure humaine.

Au lieu de cela, ceux qui nous gouvernent ont choisi ce que le pape Jean-Paul II appelait la « culture de mort ». Elle s’exprime par des atteintes à la vie, qui ont pris au XXe et au XXIe siècle une ampleur sans précédent. Elle s’exprime aussi comme cela fut le cas pour Hitler par la tentation d’aventures militaires folles, irresponsables, animées par un secret esprit suicidaire. Le Führer ne commença-t-il pas à s’autodétruire, et à détruire l’Allemagne, dès qu’il envahissait la Pologne  ? Deux mois après T4.

Il est possible que, si on leur applique une approche structurale, l’euthanasie et la guerre aient quelque rapport secret dans la conscience des Hommes.

Ce qu’on peut dire en tous cas, c’est que dans le sombre contexte qui est le nôtre aujourd’hui, ce n’est sûrement pas la légalisation de l’euthanasie qui fera se lever à nouveau le soleil.




Rebondissement dans l’affaire de la gestion de la crise Covid : une sénatrice dévoile tout !




« L’Union européenne détruit la France »




« Est-ce qu’on se rend compte de ce que ce serait une guerre nucléaire ? »

Asselineau dénonce le comportement irresponsable des médias et des politiciens qui poussent à l’aggravation du conflit en Ukraine.

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Les erreurs de Macron sur l’Ukraine d’après Sarkozy

[Source : 2MSYNERGY GROUP]




6 juin 1944 – 6 juin 2024 : la fabrique du mensonge

Qu’il nous soit permis de rappeler que le Général de Gaulle, acteur de premier plan de la Seconde Guerre mondiale, n’a jamais voulu participer à l’une quelconque des commémorations du débarquement de Normandie par les Anglo-Saxons du 6 juin 1944, que ce fût son 5e, son 10e, son 15e ou son 20e anniversaire.

En 1964, en préparation du 20e anniversaire, de Gaulle est président de la République et bénéficie d’une inconstestable renommée mondiale. Son Premier ministre, Georges Pompidou1, l’homme de Rothschild de l’époque, manœuvre pour que de Gaulle change d’avis. En vain. Il dira à Alain Peyrefitte :

« Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi. Vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi. » De Gaulle dira aussi : « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? »

Il est vrai que les Américains ont copieusement bombardé la France, appliquant une stratégie de destruction. Pourquoi ?
Les historiens dénombrent environ 60 000 morts sous les bombes américaines.

Un carnage inutile et oublié, selon l’historien Stephen A. Bourque, auteur d’Au-delà des plages : La guerre des Alliés contre la France et professeur émérite à la School of Advanced Military Studies de Fort Leavenworth, au Kansas.

Les historiens rapportent également des viols de milliers de Françaises par les GI’s américains. Dégâts collatéraux, probablement.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce narratif est asséné :

« Les gentils Américains se sont sacrifiés pour libérer la France du joug nazi ».

À ce titre nous devons leur vouer une éternelle reconnaissance. C’est bien sûr ce que fait Macron, l’homme de paille des Américains. Mais lui ajoute aujourd’hui 6 juin 2024, pour ce 20e anniversaire du débarquement de Normandie, sa touche particulière : il invite ses amis d’Ukraine, sympathisants nazis.

Ceci nous interpelle doublement :
• à quel titre les Ukrainiens sont-ils invités à cette cérémonie, alors que les Russes, principaux artisans de la défaite des troupes nazies, n’y sont pas même invités ?
et En Même Temps,
• les descendants des nazis ukrainiens se trouvent à présent, avec Macron, du côté des « vainqueurs des nazis » autoproclamés !

Nous sommes là face à une manipulation grotesque, dont notre pays se fait l’acteur central.

Il est vrai que l’Armée française entraîne sur notre territoire des soldats ukrainiens qui affichent ostensiblement leur sympathie nauséabonde2. Le ministre de la Défense ne s’en offusque même pas, alléguant que ce n’est pas lui qui choisit les soldats ukrainiens qui viennent en formation en France.

Plus le mensonge est gros, mieux il passe, enseignait Joseph Goebbels.

Nos dirigeants actuels sont à bonne école.

P.S. N’oublions pas non plus l’ovation unanime du parlement canadien au nazi notoire Jaroslav Hunka, ancien SS ukrainien survivant de la Division Galicie, chargée des massacres de juifs et de Polonais en Ukraine, lors de la visite de Volodymyr Zelensky3.

Accueil triomphal pour Jaroslav Hunka au parlement d’Ottawa le 22 septembre 2023

Macron a‑t-il prévu un accueil identique pour le président ukrainien à l’Assemblée Nationale afin de faire bonne figure ? Qui va-t-il nous sortir de derrière les fagots ?





Une réponse aux personnes qui incitent à « voter utile » en votant pour le RN

Par Christian Darlot

Désespérant que les patriotes arrivent jamais au pouvoir, découragés par les querelles de clocher entre les chefs de parti, des Français soucieux de l’avenir de la France incitent à « voter utile » aux élections européennes en votant pour le RN, pensant ainsi aller à l’essentiel : lutter contre le pouvoir micronesque.

Selon leur raisonnement, les listes patriotes n’obtiendront pas les 5 % de suffrages exprimés nécessaires pour participer à la péréquation des sièges, et même si l’une d’elles dépassait ce seuil, son influence sur la politique de l’Union Européenne serait nulle. Mieux vaudrait donc renforcer le RN.

Cet argument paraît raisonnable, mais est-il réellement fondé ? Le RN défendrait-il les intérêts de la France ? L’espoir que les listes patriotes soient représentées à l’assemblée de Strasbourg est-il chimérique ?

Le RN est assuré d’avoir des délégués (le terme « député » ou pis « représentant » du peuple serait impropre), donc le raisonnement inverse paraît plus raisonnable : que vaudrait un délégué de plus du RN ?

Afin d’échapper à la diabolisation, le RN a beaucoup modifié son programme au cours du temps. De changement en changement, ce programme se résume à présent en quelques propositions :

– Le RN veut que la France reste dans l’UE, qui devient pourtant de plus en plus une tyrannie anti-sociale, anti-nationale et liberticide. Les lois françaises ne sont plus que transpositions des décisions de la Commission européenne, au service du capitalisme de connivence supra-national. Les règles de l’UE, et les traités de libre-échange que la Commission signe sans cesse, ruinent l’économie française. La France est le deuxième contributeur au budget, et ne gagne rien à appartenir à l’UE, contrairement à l’Allemagne.

– La politique migratoire, fonds de commerce de la PME Le Pen, est déterminée par l’UE et non plus par les États. Sans quitter l’UE, l’affirmation d’une volonté de réguler l’immigration n’est que rodomontade. Le gouvernement italien, mené par Madame Meloni, le montre clairement.

– Le RN ne veut pas restaurer la monnaie nationale, et veut garder l’euro, monnaie gérée selon les intérêts de l’Allemagne et des Etats-Unis, mais nocive pour la plupart des pays d’Europe, dont l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie…

– Le RN ne veut pas quitter l’OTAN, et donc veut faire perdurer cette alliance. Or, d’alliance proclamée défensive lors de sa fondation, l’OTAN est devenue un gang agressif, menant partout dans le monde des guerres très meurtrières, contraires au Droit international et aux intérêts de la France. Depuis que Sarközy, de son propre chef, a vassalisé la France à l’OTAN, la politique étrangère est soumise aux dirigeants anglo-saxons, et l’armée française ne sert plus les intérêts du pays, mais ceux de puissances étrangères. L’OTAN ne protège pas, mais accroît les risques de conflit.

– Le RN ne veut mettre fin ni à la guerre en Ukraine, puisqu’il affirme que la Russie est l’agresseur — contre la réalité de l’enchaînement des faits depuis 1991 et 2014 —, ni au génocide à Gaza, puisqu’il s’affirme sioniste pendant le déchaînement de cette violence délibérée. Pourtant l’honneur et l’intérêt national commanderaient à un gouvernement français patriote de s’efforcer de restaurer la paix.

– Le RN n’a pas protesté contre la covidinguerie. Madame Joron fut l’une de ses déléguées les plus actives pour demander des explications à la Commission sur les malversations énormes de Von der Leyen. Or le RN l’a reléguée dans sa liste à un rang auquel elle n’est pas certaine d’être réélue.

Le RN passe ainsi pour modéré, et donc ne fait plus peur, mais c’est parce qu’il s’est rangé aux règles de l’UE qu’il ne propose plus de changer.

Dans le monde entier, le clivage principal oppose les souverainistes et les mondialistes. Depuis trois siècles, le progrès social n’a jamais eu lieu que dans le cadre national, car c’est le seul cadre politique de la démocratie, si imparfaite soit-elle. Les catégories « droite » et « gauche » ne sont plus pertinentes.

Les listes disant faire prévaloir la France sur l’Union européenne sont :
– La liste du RN, désormais rallié au mondialisme atlantiste.
– Les listes patriotes, hélas désunies, menées par Asselineau, Philippot et Kuzmanovic.

À présent la dynamique sociale est en faveur des listes patriotes, malgré les sondages largement truqués afin d’inciter au vote prétendument « utile » pour les listes des partis qui ne changeront rien. Parmi ces trois listes, celle de l’UPR, menée par Asselineau, présente le programme le plus cohérent, depuis le plus longtemps, et, étant la plus connue, a le plus de chance de dépasser le seuil nécessaire pour être représentée à l’assemblée européenne.

Bien entendu l’expérience des élections récentes fait craindre un trucage à grande échelle, mais, dans l’état actuel de la procédure électorale, le collationnement des suffrages au Ministère de l’Intérieur n’est pas contrôlé ; un vote important pour les « petites listes » — celles que le pouvoir en place n’agrée pas — est donc nécessaire pour compenser les falsifications à leur détriment, et empêcher qu’elles soient éliminées.

L’assemblée européenne, improprement décorée du titre usurpé de « Parlement », n’a qu’un pouvoir d’acquiescement. Sa seule utilité est de permettre à ses membres de demander des éclaircissements sur la gestion du budget — éclaircissements que la Commission en général leur refuse — et de faire un peu de grabuge. Le titre de « député européen », quoique farfelu, confère un peu de prestige et donc d’audience. Les délégués les plus opposés à la tyrannie de l’UE sont donc les plus nécessaires.

En résumé : le RN est assuré d’obtenir des délégués, mais ne représente plus les patriotes. Un délégué du RN de plus ou de moins ne permettrait pas de faire entendre un discours différent des cris de guerre atlantistes, guerres contre les peuples, contre les États, contre la Russie et la Chine, contre la majorité du Monde. Seuls des délégués de l’une des trois listes patriotes pourront dénoncer et combattre le mondialisme à l’assemblée européenne. Voter « utile » est donc voter pour celle qui a le plus de chances de dépasser 5 % des suffrages exprimés.

[Voir aussi :
Voter « utile » aux européennes ?]




Voter « utile » aux européennes ?

Utile pour qui ? Utile pour quoi ? Rester dans l’UE sert-il la France et les Français ?




SPIEF 24 – L’ordre mondial multipolaire converge vers Saint-Pétersbourg pour passer les tests PCR et discuter du développement durable

[Source : off-guardian.org]

Par Riley Waggaman

C’est en train de se produire. Encore une fois. Cela arrive chaque année, malheureusement.

Je fais bien sûr référence au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui réunit chaque année les esprits les plus antimondialistes du monde.

Comme le veut la tradition, vous ne serez pas autorisé à entrer sur le site sans un test PCR négatif. Le SPIEF1 a publié une vidéo utile si vous avez des questions sur votre statut viral :

RAPPEL : Votre carte d’identité numérique SPIEF ne sera pas activée tant que vous n’aurez pas obtenu un résultat négatif au test de dépistage du virus !

Vous devrez également acheter un billet.
Les billets coûtent 19 860 dollars.

RAPPEL : LES CALL-GIRLS NE SONT PAS INCLUSES DANS LE PRIX DU BILLET. LES CALL_GIRLS SONT VENDUES SÉPARÉMENT !

Source : riamo.ru

Examinons maintenant ce qui sera discuté lors de cette nouba multipolaire des personnes concernées par les valeurs traditionnelles.

L’un des principaux points à l’ordre du jour est la « transition vers une économie mondiale multipolaire », c’est-à-dire la création d’un « système mondial de régulation du carbone » qui ouvrira la voie à un « développement durable » à long terme :

Les stratégies de développement des chaînes de production et d’approvisionnement sont en cours d’élaboration en tenant compte des objectifs mondiaux de l’Accord de Paris et des plans nationaux de réduction des émissions et d’adaptation au changement climatique. La concordance des approches et le rythme de la réglementation du carbone entre les États membres de l’EAEU2, de l’OCS et des BRICS permettront de construire un système mondial de réglementation du carbone basé sur une transition énergétique équitable, incluant les technologies de transition, et de respecter les principes du système commercial multilatéral et de la neutralité technologique. Pour l’EAEU, la convergence des approches en matière de régulation climatique est une priorité à long terme. (…) Les mécanismes de tarification du carbone basés sur le marché aideront-ils à atteindre les objectifs climatiques dans les pays de l’OCS, de l’EAEU et des BRICS, et quel est le juste prix du carbone ?

Combien devrait coûter un morceau de carbone des BRICS ? Cinq roubles numériques ? Peut-être dix ? Si vous venez à Saint-Pétersbourg, vous pourrez discuter de ce sujet important avec certains des plus grands connaisseurs du carbone au monde, notamment Ruslan Edelgeriyev, représentant présidentiel spécial de la Russie pour les questions climatiques, et Tatiana Zavyalova, première vice-présidente de Sberbank pour l’ESG3.

Un autre groupe discutera du « financement de la transition » et d’autres activités durables qui prouvent, au-delà de tout doute raisonnable, que « les pays des BRICS soutiennent activement le mouvement de réduction des émissions dans les secteurs traditionnellement à forte intensité de carbone » :

Une option possible pour atteindre les objectifs climatiques est de promouvoir les pratiques de financement de la transition qui aident à diriger les flux de trésorerie vers des projets de modernisation des industries et des entreprises à fortes émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, les pays des BRICS soutiennent activement le mouvement de réduction des émissions dans les secteurs traditionnellement à forte intensité de carbone : en septembre 2021, la Russie a adopté la Taxonomie des projets d’adaptation (transition), tandis que la Chine dispose déjà de sept taxonomies régionales de projets de transition. Les approches générales ont été proposées sur la base de l’initiative de la Chine et lors du G20.

Davos s’enfuit, terrorisé !

À propos : quelle est la région russe qui a sauvé le plus d’ours polaires ? Découvrez-le au SPIEF 24 !

Les experts discuteront également des raisons pour lesquelles il n’y a pas lieu de craindre le « développement rapide » des technologies biométriques en Russie :

Le marché mondial des technologies biométriques se développe rapidement, et la Russie figure parmi ses leaders. De plus en plus de services utilisant la biométrie apparaissent dans le pays, et il devient plus facile et plus accessible pour les Russes de recevoir des services gouvernementaux et commerciaux. Mais les gens se méfient de cette nouvelle technologie. Certains craignent les escrocs, d’autres les fuites. Pour d’autres encore, elle est synonyme de contrôle total par l’État. Ces stéréotypes freinent son développement. Mais qu’est-ce que la biométrie ? Avons-nous besoin de cette technologie et y a-t-il des raisons de la craindre ?

source : forumspb.com

Arrêtez les stéréotypes blessants ! LAISSEZ LA BIOMÉTRIE TRANQUILLE, ESPÈCE DE BIGOT.

La « transformation numérique » de la Russie fera l’objet d’une attention particulière au SPIEF 24. En effet, les acteurs concernés devront travailler ensemble s’ils espèrent numériser la quasi-totalité des services « socialement importants » d’ici à 2030 :

Source : forumspb.com

Des spécialistes de l’ensemble des pays du Sud s’engageront également dans des conversations intellectuellement stimulantes sur des mots à la mode dépourvus de sens et copier-coller des communiqués de presse de Davos :

Source : forumspb.com

En fin de compte, la conférence vise à contribuer à l’instauration d’un ordre mondial extrêmement durable fondé sur les crédits carbone, les étiquettes biométriques pour le bétail et les prostituées hors de prix.

…mais est-ce que SPIEF a des chiots ??

Échec et mat.

Riley Waggaman est un écrivain et journaliste américain qui vit en Russie depuis près de dix ans. Il a contribué à de nombreux sites web, dont Anti-Empire, Russian Faith, Brownstone Institute, Unlimited Hangout et Geopolitics & Empire. Il a travaillé pour Press TV, Russia Insider et RT avant de se lancer en solo. Vous pouvez vous abonner à son Substack ici, ou le suivre sur Twitter ou Telegram.





Le président du Salvador révèle l’existence de rituels sataniques de sacrifice d’enfants dans son pays

Après avoir sauvé le pays de la mainmise des gangs qui l’avaient contaminé, le président du Salvador a déclaré (le 5 juin) à Tucker que le MS 13 participait à des rituels sataniques de sacrifice d’enfants.

« Il y a une guerre spirituelle et une guerre physique. Si vous gagnez la guerre spirituelle, cela se reflétera dans la guerre physique. Si nous avons remporté une victoire impressionnante, c’est parce que nous avons gagné la guerre spirituelle… »




Le tableau d’ensemble de l’Histoire : des leçons pour aujourd’hui

[Source : arcaluinoe.info]

[Illustration : Image : AP]

Par Mees Baaijen

Cette présentation est basée sur mon livre Les Prédateurs contre Le Peuple, qui est disponible en sept langues sur substack.

L’arbre de la connaissance du bien et du mal

L’arbre et le serpent faisaient partie du Paradis ! Par dessein divin, les êtres humains créatifs et curieux n’ont pas pu y résister : pour nous mettre tous à l’épreuve ?

Un développement sans précédent du potentiel humain a pris son essor, tant pour le Bien (agriculture, science, art, écriture, artisanat, certaines technologies) que pour le Mal (esclavage, usure, abus, guerres, certaines technologies).

Les sociétés hiérarchisées (souvent fondées sur l’esclavage) et les technologies améliorées qui en ont résulté ont conduit à la mondialisation il y a déjà 5000 ans : le commerce mondial est devenu le commerce des « riches » (lingots, esclaves multicolores, épices, produits de luxe).

Le capital

La richesse du commerce a permis d’énormes accumulations de capitaux, un peu partout, en Asie, en Afrique et en Europe. L’usure s’envole, les oligarchies se développent. Mais seule l’Europe est devenue le « monstrueux façonneur de l’histoire du monde » (Braudel) : pourquoi ?

Vers 1500, un nouveau plan de domination mondiale est né en Méditerranée, par les Vénitiens, les Génois et les ex-Juifs ibériques : il s’agit de la Glafia. Il s’agit d’une classe de prédateurs composée de familles dynastiques de banquiers et de marchands, qui ne sont liées à aucune nation, religion, race ou ethnie, et pour qui la finalité satanique — faire de la terre leur ferme privée avec nous, les humains, leur bétail — justifie tous les moyens.

Ils savaient que leur domination sur le monde ne pouvait être établie que par l’intermédiaire de mandataires (secrets). Par coïncidence, les États-nations étaient en plein essor en Europe.

Les États-nations, premiers mandataires nationaux de la Glafia

Les banquiers génois avaient découvert comment ils pouvaient « contrôler à distance » l’empire espagnol grâce à des capitaux mobiles. La Glafia a ensuite utilisé ce modèle de manière systématique. Elle a infiltré et capturé les futurs États-nations européens, qu’elle a contrôlés par le biais de banques centrales usuraires (protégées par des lois), de capitaux (corruption et investissement) et de fausses démocraties (tromperie). Cette fusion unique entre l’État et le capital a été la clé de leur succès (F. Braudel, G. Arrighi). Les anarchistes avaient raison sur le rôle perfide de l’État-nation !

En dominant le système monétaire (banques centrales) et en injectant des capitaux dans les États-nations capturés (mais officiellement « autonomes »), des projets normalement impossibles — découvertes à grande échelle, colonisation, révolutions, guerres, science, technologie et « développement » — sont devenus possibles, mettant fin à la phase de croissance organique.

Les cycles hégémoniques

L’Espagne catholique, qui était alors le plus grand empire du monde, a été mise à l’écart en tant qu’hégémon, parce qu’elle n’était pas favorable à l’usure et aux juifs. À partir du début des années 1500, la Hollande et l’Angleterre ont été progressivement préparées à devenir les hégémons suivants, désormais protestants.

La Réforme, l’indépendance des Pays-Bas vis-à-vis de l’Espagne, la révolution de Cromwell et la Glorieuse Révolution en Angleterre, les banques centrales et les « démocraties » en Hollande (1609) et en Angleterre (1694), et la Compagnie des Indes orientales dans les deux cas, ont toutes été pilotées et financées par la Glafia. Chaque cycle hégémonique se divise en trois phases : une phase marchande ou d’accumulation (souvent financée par l’hégémon précédent), une phase d’expansion industrielle et enfin une période de financiarisation, dominée par le secteur bancaire (les premiers marchands sont devenus des banquiers). Dès les années 1830, les États-Unis étaient préparés (l’argent de Rothschild a mis en place les barons voleurs, la guerre civile, etc.) La phase de financiarisation — et finale — a commencé dès 1971 (même Imagine des Beatles en faisait partie !).

Au cours des cent dernières années, la Chine et la Russie ont été préparées à devenir les nouveaux chevaux oligarchiques du char de la Glafia, dans le cadre de la même fusion du capital et de l’État. Cette opération hégémonique se présente sous la marque brillante de l’ordre mondial multipolaire, mais elle est dirigée par les mêmes prédateurs. Pendant ce temps, l’Occident encore endormi subit une démolition contrôlée.

Lors des précédents changements hégémoniques, les guerres ont toujours été au menu. Il en va de même aujourd’hui, avec un changement inédit de l’Ouest vers l’Est. Les « élites » occidentales savent que l’Est prendra irrévocablement le relais (Macron, 2019), mais avant cela, les deux parties (les deux mandataires de la Glafia !) se sont entendues sur une guerre de théâtre sanglante en Ukraine, pour se débarrasser de leur ancien matériel, tester leurs nouvelles armes, entraîner leurs armées (Russie) et se remplir les poches et les coffres-forts à ras bord.

Gaza répond à un objectif similaire. Selon le nouveau paradigme, les Israéliens déshumanisés (par la volonté de la Glafia, ils ont été dupés pour entrer dans la cage dans laquelle ils ont été constamment aiguillonnés) sont un obstacle qui doit être éliminé. Si l’on en croit Scott Ritter, Israël est déjà en échec et mat.

La méthodologie pour coloniser le globe

On peut distinguer trois phases :

  1. La découverte et la conquête du tiers-monde, le fruit le plus facile à cueillir (commencée au XVe siècle, achevée en 1914), pour ensuite transformer toutes les colonies en États-nations « autonomes », sous l’autorité d’élites subordonnées.
  2. La conquête de l’Eurasie avec ses 13 grands Empires, le fruit de l’effort (préparé de longue date, avec la Première Guerre mondiale en 1914 comme ouverture) : le Grand massacre de l’Eurasie au 20siècle, mis en scène par les mandataires anglo -américano-sionistes de la Glafia, qui sont sortis en héros, encore serinés chaque année, alors qu’ils ont mis en place tous les croquemitaines, y compris Hitler !
  3. Une fois TOUTES LES TERRES colonisées, la phase suivante consiste à mettre TOUS LES PEUPLES sous contrôle, cette fois par le biais de la technologie : la prison numérique mondiale, en préparation depuis au moins 60 ans (Brzeziński1). C’est la fin du jeu, pour laquelle le 11 septembre était l’ouverture, la Covid un test, etc.

Les Juifs : Les plus anciens mandataires internationaux de la Glafia

À partir de 1200 avant J.-C., la Phénicie (Canaan), idéalement placée pour le « riche » commerce, à mi-chemin entre l’Europe et l’Asie, a été le premier empire « moderne », le pionnier et le précurseur de la mondialisation, du capitalisme et des multinationales. Les Phéniciens ont également créé l’aristocratie (noire) de l’Europe (la pierre angulaire de Charles !).

Les Juifs et les Phéniciens étaient presque indiscernables jusqu’en 270 avant J.-C., lorsque la Bible hébraïque a été rédigée par une équipe d’experts à Alexandrie, qui ont suivi le conseil de Platon de créer un État-nation. Les juifs ordinaires ont été dupés, afin d’en faire des armes au service d’une petite élite (phénicienne, juive ou les deux ?). Ils ont très probablement été dupés lors de leur expulsion d’Espagne, qui a été très similaire à ce qui s’est passé au 20siècle. Et récemment, en tant que rats de laboratoire de Pfizer, et maintenant le piège de Gaza, conduisant à la disparition d’Israël (annoncée par Kissinger, Ehud Barak).

La tromperie est partout : « Le monde entier est une scène » (W. Shakespeare)

  • Médias (magie noire, symbolisme occulte), éducation ;
  • Des rackets de protection sans fin, y compris le communisme, Hitler, le 11 septembre, la Covid, le CO2, et même la Nature (qui décide avec quel sexe vous naissez), etc. ;
  • le scientisme (le Siècle des Lumières était un Siècle de l’Oscurcissement), le matérialisme, le wokisme, le transgendérisme et le transhumanisme (technologie vs Nature) ;
  • L’imposture de la supériorité du capitalisme et du libéralisme américains ;
  • Les États-nations faussement « autonomes » ;
  • Les fausses démocraties, un jeu de confiance qui dure depuis des siècles et qui s’achève ;
  • Guerres et révolutions, aujourd’hui en Ukraine, à Gaza.

Aperçu du livre

Après la Covid, des millions de personnes comprennent une chose : elles ont été dupées. Pourtant, elles se demandent toujours POURQUOI toutes ces choses étranges ont pu se produire. Beaucoup ont déjà compris qu’il est très difficile de trouver la réponse sur Internet ou dans les livres. En effet, seule une analyse large et approfondie de l’Histoire mondiale peut nous donner une vue d’ensemble du passé, en tant que cadre nécessaire à une bonne compréhension de ce que nous vivons aujourd’hui et de ce que nous pouvons attendre de l’avenir.

Les Prédateurs contre Le Peuple, un livre clair et captivant qui propose une analyse approfondie et indépendante de l’Histoire et qui explique pourquoi tant de choses étranges se produisent aujourd’hui. Il s’agit d’un récit honnête, logique et sans fioritures de l’Histoire mondiale, qui va à l’encontre de la fausse version officielle qui nous a été servie presque tous les jours de notre vie. Actuellement, le livre est divisé en deux parties : Globalisme : La véritable histoire (partie A), complétée par Globalisme : 46 faits saillants (partie B), un ouvrage de référence comprenant 46 brefs essais sur des sujets cruciaux. Des améliorations et des ajouts seront apportés prochainement.

La véritable Histoire commence par un aperçu des débuts de l’Histoire mondiale, y compris les fondements scientifiques falsifiés des origines de l’univers, de la vie et de l’homme. Elle se concentre ensuite sur la énième tentative de domination du monde, cette fois par une Mafia mondiale, ou Glafia. Ce groupe de familles bancaires dynastiques, qui ne sont liées à aucune nation, religion, race ou ethnie, est appelé ici Les Prédateurs. Leur complot a pris forme vers 1522 et a été le premier à reposer sur le pouvoir du CAPITAL et de la TROMPERIE. Aujourd’hui, cinq siècles plus tard, il est sur le point de s’achever avec la Grande Réinitialisation du FEM.

S’appuyant sur un grand nombre d’éléments convergents, dont une bonne partie émanant d’historiens très respectés, cet ouvrage apporte la preuve que les principaux événements mondiaux des cinq derniers siècles ont été provoqués par ces prédateurs. Dès le départ, la Glafia a mené cet énorme projet par personnes interposées. Elle a fait des futurs États-nations « souverains » d’Europe ses premiers mandataires, qu’elle contrôlait par l’intermédiaire de banques centrales usuraires et de pots-de-vin (capital), et de fausses démocraties (tromperie). Ces États européens mandataires ont ensuite été chargés de coloniser les « fruits les plus faciles à cueillir », les terres et les populations du tiers-monde, et financés à cette fin. Des siècles plus tard, la Glafia a organisé leur fausse décolonisation.

Les empires d’Eurasie, les « fruits mûrs », étaient les noix les plus difficiles à casser. Une vaste opération de guerres, de crises et de révolutions a été préparée longtemps à l’avance. C’est devenu le grand massacre de l’Eurasie au XXsiècle, avec plus de 200 millions de morts. Tous les croque-mitaines de ses nombreux réseaux de protection — y compris le communisme et Hitler — ont été mis en place par les mandataires britanniques, américains et sionistes de la Glafia. Pourtant, grâce à la tromperie des universités et des médias traîtres, les Britanniques et les Américains de la Glafia qui ont incité au grand massacre sont encore fêtés comme les plus grands libérateurs de tous les temps, tandis que leurs mandataires sionistes se présentent encore comme les plus grandes victimes de tous les temps. L’Occident a également servi d’incubateur pour les sciences et les technologies de pointe.

Au cours d’un jeu de confiance qui a duré des siècles, la Glafia a corrompu et capturé tous nos 193 faux gouvernements souverains et faux gouvernements démocratiques, qui agissent maintenant comme des « traîtres à l’intérieur des portes », avec la Covid comme preuve du pouding totalitaire. Avec TOUTES LES TERRES sous le contrôle de la Glafia, leur objectif pour le 21e siècle est de contrôler TOUS LES PEUPLES individuellement, via la Grande Réinitialisation/IVe Révolution Industrielle, le jeu final pour installer leur Prison Numérique Globale (avec CBDC, Revenu de base universel, budgets carbone, etc.).

Après les premiers cycles de ce projet de domination avec l’Espagne, les Pays-Bas, l’Angleterre et les États-Unis en tant qu’hégémon occidental, les nouveaux États leaders mondiaux de la Glafia, la Chine et la Russie, tous deux préparés depuis des décennies, prennent maintenant le relais pour le cinquième cycle. Le changement actuel, le premier de l’Ouest vers l’Est, s’effectue sous le couvert de guerres militaires et bactériologiques et d’un nouvel « ordre mondial multipolaire bienveillant », tandis que l’Ouest, toujours trompé et en sommeil, est en train d’être démoli.

Les révélations explosives sur les centaines de millions de victimes des impitoyables projets Prédateurs visant à coloniser le globe, et sur les nombreuses guerres, révolutions, crises et autres atrocités horribles qu’ils ont mises en scène et qu’ils continuent de commettre, sont choquantes. Mais ce n’est pas tout : leur guerre spirituelle cachée contre « NOUS, le Peuple », un Obscurcissement masqué sous le nom de Lumières, a éloigné l’Humanité de la Nature et de l’Univers, en particulier en Occident. C’est pourquoi la redécouverte de l’essence de la vie est la révolution dont NOUS avons besoin.

Épargnez-vous l’énorme et déroutant souci de tout comprendre par vous-même ! Avec la tranquillité d’esprit que ce livre vous apporte, vous pourrez vous consacrer à la recherche de moyens pour retrouver notre planète, notre liberté et notre avenir volés.

Les premières civilisations

La civilisation a été caractérisée par les villes, l’argent et l’écriture.

Mees Baaijen

Mees a grandi dans une campagne hollandaise à la vie simple. Il a travaillé dans 7 pays sur 4 continents. Athée depuis l’âge de 12 ans, il pense aujourd’hui que le Siècle des Lumières était un Siècle de la Fin, destiné à nous éloigner de l’Univers (Tao, Dieu), d’où provient notre pouvoir.





Les services secrets américains utilisèrent des nazis pendant la Guerre froide

[Source : lemediaen442.fr]

L’ombre d’Hitler : Les liens troubles entre les nationalistes ukrainiens et les nazis mis en lumière par des archives déclassifiées

Par Yoann
(Article rédigé d’après les tweets de John Galt sur son compte X.)

L’historien Eric Branca a donné une conférence au Cercle Aristote le 30 novembre 2022, consacrée au livre « L’ombre d’Hitler » de Richard Breitman et Norman Broda. Le livre révèle comment les services secrets américains ont utilisé des criminels nazis pendant la Guerre froide et les liens entre les nationalistes ukrainiens et les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, éclairant ainsi les racines du conflit en Ukraine.

Les services secrets américains utilisèrent des nazis pendant la Guerre froide et en Ukraine, selon des archives déclassifiées.

Il faut bien écouter le grand historien Eric Branca sur le secret des archives en France, au cours d’une conférence donnée au Cercle Aristote le 30 novembre 2022, consacré au livre « L’ombre d’Hitler », dont les auteurs sont Richard Breitman et Norman Broda.

Ce livre présente l’intervention les services secrets américains et les criminels nazis pendant la Guerre froide. À partir des archives récemment déclassifiées du Congrès américain, les auteurs éclairent le rôle des services de renseignement américain dans la traque des dignitaires nazis dans l’immédiat après-guerre, du Moyen-Orient à l’Amérique du Sud. Puis, dans le climat de la Guerre froide, l’utilisation de ces anciens nazis dans la lutte contre l’influence de l’URSS.

Enfin et surtout, ces archives révèlent les liens qu’entretinrent pendant la guerre les nationalistes ukrainiens de Stepan Bandera avec les nazis, chassant et assassinant juifs et Polonais. Après la guerre, pour infiltrer l’Ukraine sous le régime soviétique, les services secrets occidentaux utilisèrent tour à tour Bandera, qui restait le héros du nationalisme ukrainien.

Ce livre projette une lumière nouvelle sur les racines de l’antisémitisme en Ukraine, et sur les causes profondes du conflit qui déchire ce pays. Il est préfacé par le remarquable historien Eric Branca qui a travaillé sur les archives déclassifiées américaines pour deux livres, « l’Ami Américain » (l’Amérique contre De Gaulle) et « Le Roman des Damnés » (qui portait sur les criminels de guerre de la Seconde Guerre mondiale, qui ont été récupérés par les Américains).

Selon lui, même si on est très critique sur la politique étrangère américaine, il faut rendre hommage à la recherche et à l’université américaine quant à sa politique d’archives et de déclassification. Un livre comme « L’ombre d’Hitler » n’aurait pas pu être écrit en France, du fait du manque de matériaux historiques. Car en France, tout ce qui touche aux services de renseignements et aux services secrets est tabou. Alors qu’au Royaume-Uni et aux États-Unis la masse de ce qui a déjà été déclassifié est extrêmement importante, en France, le secret qui entoure les services de renseignements et les services secrets remonte certainement à l’avant-guerre (WWII). Les services de police et les services spéciaux ne communiquent pas leurs archives. Une loi ancienne préserve ces archives pendant une cinquantaine d’années, et elles sont ensuite déclassifiées, sauf quand cela peut nuire à la réputation de certaines personnes encore vivantes.

Mais depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, les difficultés se sont accrues, et les historiens et les journalistes ont commencé à ne plus avoir accès à des sources qui remontaient à plus de 50 ans, voire 60 ans et même 70 ans, même les sources qui remontaient à la Libération n’étaient plus disponibles. Le pire est avec les présidences successives d’Emmanuel Macron, depuis 2017. Depuis le passage de la loi antiterroriste du 31 juillet 2021 (quel rapport entre le terrorisme et la mise à disposition des archives des services de police et des services spéciaux ?), l’article 25 de cette loi met en place un arbitraire total. On peut vous refuser l’accès à des sources des années 30, des années 40, des années 50, sans motivations ni justifications. L’arbitraire de la Macronie vient se loger jusque dans l’accès des journalistes et des historiens refusé sans justification aucune, à des sources et des archives des services de police et des services de renseignement remontant pourtant largement à la période d’avant-guerre….

Le livre A L’ombre d’Hitler explique bien le rôle des services secrets américains (tout d’abord les services de la sécurité militaire, puis la CIA créée en 1947-1948) ont organisé la recherche active suivie du sauvetage et de la récupération des criminels de guerre allemands de grande importance, et leur utilisation par les services secrets des États-Unis. Cette méthode de recherche élaborée a été mise au point par le cabinet d’avocats américains Dulles & Sullivan. La CIA est née de ce cabinet d’avocats privés, qui travaillait pour les services secrets américains. Le cabinet Dulles & Sullivan travaillait avec les Allemands, dès avant la Seconde Guerre mondiale, pour le compte de grandes entreprises américaines qui investissaient en Allemagne.

L’Ombre d’Hitler expose les liens entre l’Allemagne et les pays arabes, mais il aurait gagné à être complété par l’explication historique de la lutte du IIIe Reich contre la présence de l’Empire britannique au Moyen et au Proche-Orient. Depuis, la presse israélienne a fait un gros travail… et a ainsi été révélé le retournement par le Mossad, au début des années 60, de l’espion (véritable James Bond) allemand Otto Skorzeny, afin de rechercher les criminels de guerre allemands réfugiés dans les pays arabes, et les tuer.

Selon Eric Branca, ces nationalistes étaient entourés de nombreux économistes et chefs d’entreprises, qui dès avant la chute du mur de Berlin en 1989, ont travaillé à reconquérir les positions économiques perdues en 1945. Cette fraternité bien entourée a donc préparé le retour de la position dominante de l’Allemagne sur la Mittel Europa, dès la chute du mur en 1989. En rachetant Skoda, l’Allemagne de Kohl a attisé le démarrage de la guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie, en reconnaissant immédiatement l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie… dont elle a fait sa chasse gardée économique… L’Allemagne est donc de fait très vite rentrée dans ses frontières économiques historiques de 1937…




L’Union Européenne, « c’est une dictature qui ne dit pas son nom »




Tianenmen. De la crise sociale au putsch avorté

[Source : lesakerfrancophone.fr]

Puisque tous les 4 juin les médias occidentaux en profitent pour ressortir l’intox du « massacre de Tiennanmen », afin de dénigrer la Chine, les analystes alternatifs en profitent aussi pour tenter de rétablir les faits. Bruno Guigue nous explique ce qu’il s’est réellement passé à Pékin à cette époque.

Par Bruno Guigue − Le 4 juin 2024

Dans les années 1980, le rythme des réformes économiques s’accélère. Le retour à l’exploitation agricole familiale et la restructuration de l’industrie sont menés de front afin de transformer l’économie en profondeur. Tout en modernisant méthodiquement l’appareil productif, l’équipe dirigeante débat aussi d’une éventuelle réforme politique. Conduits par Hu Yaobang, secrétaire général du parti, les réformateurs souhaitent une déconcentration du pouvoir, une meilleure répartition des rôles entre le parti et l’État, la mise en place d’une fonction publique professionnalisée. Dans l’esprit de ses promoteurs, cette démarche réformatrice ne remet nullement en cause le système socialiste : elle vise plutôt à le moderniser pour le rendre plus efficace et consolider son assise populaire. Certains intellectuels, toutefois, vont beaucoup plus loin. Ils introduisent dans le débat les notions de « démocratie » au sens occidental et de « pluralisme » au sens de compétition pour le pouvoir. Dans les universités, les plus audacieux mettent en cause la légitimité de la « dictature » exercée par le parti. À la fin de l’année 1986, l’équipe dirigeante semble divisée en deux camps. D’un côté les « réformateurs » entendent poursuivre résolument la modernisation économique tout en assouplissant progressivement le système politique. D’un autre côté les « conservateurs » sont partisans du maintien d’une économie planifiée et d’un puissant secteur public. Ces anciens compagnons de Mao craignent que l’affaiblissement des prérogatives du parti, sous prétexte de « réforme démocratique », n’ouvre la voie à une crise du système et ne finisse par compromettre les principaux acquis du socialisme.

La lutte entre les deux groupes s’intensifie en décembre 1986 lorsque des manifestations étudiantes en faveur de la « liberté » et de la « démocratie » se déroulent dans les grandes villes. Cette contestation fait écho au mouvement lancé dès 1978 par des intellectuels comme Wei Jingshen qui réclamaient une « cinquième Modernisation », c’est-à-dire un régime démocratique, en référence aux « quatre Modernisations » prônées par Zhou Enlai. Véhiculées par des « journaux souterrains », leurs idées rencontrent un écho limité, mais elles vont ensemencer le mouvement qui se transformera en lame de fond dans les milieux intellectuels durant la crise de 1989. Lors des manifestations de 1986, les conservateurs du parti se saisissent de l’occasion pour critiquer l’action de Hu Yaobang. Les réformes qu’il a engagées de 1980 à 1987 sont contestées par une fraction importante de l’appareil dirigeant. Même s’ils comprennent la nécessité de transformer l’économie, ces responsables craignent la déstabilisation de l’ensemble de la société. Afin de résoudre cette contradiction au sommet, Deng Xiaoping fait mettre Hu Yaobang en minorité en janvier 1987 au profit de Zhao Ziyang, qui le remplace comme secrétaire général du parti après avoir été Premier ministre. Au XIIIe Congrès, le nouveau dirigeant fait adopter une série de mesures en faveur d’une large décentralisation des pouvoirs, de façon à clarifier les relations entre le centre administratif du pays et les échelons régionaux ou locaux.

Cette timide tentative de réforme politique, toutefois, va se heurter à l’aggravation de la crise sociale. Avec « la réforme et l’ouverture », la mutation de l’économie a bâti le socle industriel d’une croissance sans précédent. Mais ce changement de paradigme soumet les Chinois à rude épreuve. La transition d’une économie collectivisée à une économie mixte secoue les fondements de la société. La mise en œuvre des réformes génère de nouvelles contradictions. Dans le monde rural, l’introduction des mécanismes de marché souligne la surabondance de la main-d’œuvre agricole. La Chine compte au moins 200 millions de paysans sans emploi permanent ou dont la productivité demeure très faible. La libéralisation des prix provoque également des poussées inflationnistes, la population ayant tendance à consommer davantage en réaction à l’austérité de la période antérieure. Les réformes économiques creusent les inégalités sociales et provoquent une dégradation du rapport à la loi, entraînant l’explosion de la corruption, de la délinquance et de la criminalité. De surcroît, ce malaise social est aggravé par la conjoncture internationale : la crise du système soviétique suscite des interrogations sur la pérennité du système chinois. Au printemps 1989, pour juguler l’inflation, le gouvernement doit annoncer une politique d’austérité.

En cette année cruciale, la situation est paradoxale. Alors que le pays est en pleine croissance et que la consommation s’envole, les contradictions s’accumulent : la transition vers l’économie de marché déstabilise la société, elle provoque une frénésie de consommation tout en générant de nouvelles frustrations. Dans les villes, la perspective des réformes liées à l’économie de marché inquiète les ouvriers des entreprises publiques, attachés au « bol de riz en fer » que le système maoïste leur a accordé. Deng Xiaoping, à l’été 1987, identifie la cause du malaise :

« Les erreurs commises ces dernières années l’ont été en raison d’espoirs trop grands et d’une rapidité excessive, ne tenant pas compte de la réalité du pays ».

La Chine populaire était-elle prête à une mutation aussi vive de ses valeurs ? Elle méprisait le profit et condamnait l’individualisme. Or les dirigeants les désignent désormais comme les moteurs du progrès. Sans avoir vraiment adopté le capitalisme, le pays doit en subir les inconvénients. Aggravant cette atmosphère de crise, l’inflation provoque un mécontentement général tout en permettant à une poignée de spéculateurs de s’enrichir. Les salaires ne suivent pas, et le niveau de vie des travailleurs en pâtit.

Tandis que les intellectuels qui ont effectué sept ou huit ans d’études sont les laissés-pour-compte des réformes, les marchands autrefois méprisés occupent les positions les plus enviables. Ces nouveaux riches apparaissent comme les véritables gagnants de la nouvelle donne économique. En réaction, les étudiants contestataires dénoncent le pouvoir exorbitant de l’argent. Ils chantent : « Le fils de Mao est mort au combat, le fils de Lin Biao a tenté un coup d’État, le fils de Deng Xiaoping rafle les collectes de charité, le fils de Zhao Ziyang trafique des télés ». Ce refrain se colporte dans une Chine en désarroi, où les valeurs dont se réclame la libéralisation économique percutent les valeurs socialistes héritées de la période antérieure. Dans les milieux étudiants, l’effervescence s’accroît à l’occasion des changements politiques au sein de l’appareil dirigeant du parti. Le mécontentement étudiant s’explique aussi par les difficultés matérielles et les frustrations sociales qui en résultent. Depuis le rétablissement du fonctionnement normal de l’enseignement supérieur, des centaines de milliers d’étudiants ont afflué dans les grandes villes. Mais leurs conditions de vie sont difficiles.

« Les étudiants entassés à huit dans une chambre mal chauffée, les intellectuels dont le salaire n’arrive jamais à rattraper la hausse des prix, ne sont pas sans rappeler les lettrés sans emploi de l’ancienne Chine : misère et suspicion », explique Alain Peyrefitte dans La Tragédie chinoise. « Seuls 5 % de la masse des élèves sortant du secondaire, soit environ 2 % d’une classe d’âge, sont admis dans l’enseignement supérieur. Ils appartiennent pour la plupart aux milieux dirigeants. Et pourtant, rien ne semble moins urgent aux dirigeants que de donner à la jeunesse de bonnes conditions de travail. L’État, pauvre, assure ne pouvoir consacrer plus de 4 % de son budget à l’éducation. La vie des campus frise l’indigence. Partout, la saleté. L’électricité est coupée fréquemment, autant par pénurie que pour décourager les veillées où les conciliabules s’échauffent ». Mais ce n’est pas tout. La frustration des étudiants s’aiguise lorsqu’ils comparent leur situation à celle des étudiants occidentaux. « Si l’on ajoute que les disciplines restent empreintes d’idéologie ennuyeuse, que les perspectives d’avenir pour l’étudiant qui réussit sont limitées aux murs pisseux des administrations de l’État ou des provinces, on conçoit que la jeunesse universitaire chinoise rêve des campus américains ».1

Cette jeunesse subit aussi la rancune d’un parti dominé par des paysans, ouvriers et soldats qui continuent à lui faire payer sa « mauvaise origine de classe ». La moitié des cadres du parti ont été recrutés sous la Révolution culturelle, et ils en partagent les valeurs égalitaires. Or le rétablissement de la sélection sur des critères académiques pour entrer à l’Université a évincé les candidats d’origine ouvrière ou paysanne, nourrissant le ressentiment des membres du parti à l’égard des étudiants.

Attirée par les images venant du monde développé, une partie de la jeunesse étudiante va réclamer des réformes démocratiques. C’est du moins ce que retiendront les médias occidentaux, faisant fi de la complexité du mouvement. Le point de départ de la contestation est l’hommage que veulent rendre les étudiants à l’ancien dirigeant Hu Yaobang, écarté du secrétariat général du parti en 1987 et décédé d’une crise cardiaque le 15 avril 1989. Parce qu’il a été limogé sous la pression des conservateurs, les étudiants lui attribuent à titre posthume l’intention d’avoir tenté de mener des réformes démocratiques et manifestent lors de ses funérailles le 22 avril. Les autorités réagissent de façon confuse. La police a pour consigne de ne pas intervenir, ce qui donne aux contestataires l’impression qu’ils ont carte blanche pour accentuer la pression sur les autorités. Pourtant, le 26 avril, Deng Xiaoping approuve un éditorial du Quotidien du Peuple qui accuse les manifestants de participer à une « conspiration bien planifiée pour semer la confusion dans le peuple et plonger le pays dans les troubles ». En révélant l’intransigeance du pouvoir, cette intervention accélère le mûrissement de la crise. Zhao Ziyang, de son côté, cherche à ramener le calme en discutant avec les porte-parole du mouvement, et le 3 mai il qualifie leur mouvement de « patriotique ». Mais il ne parvient pas à convaincre ses collègues de retirer l’éditorial du 26 avril et il y perd sa crédibilité.

Le 4 mai, 300 000 personnes défilent à Pékin et dans d’autres villes, et le mouvement s’amplifie. Au sommet du pouvoir, la tension monte entre Zhao Ziyang, secrétaire général du parti, et le Premier ministre Li Peng, beaucoup moins enthousiaste à l’idée de négocier avec les manifestants. Place Tian’anmen, les étudiants sont calmes et la police applique les consignes : présence passive et aucune répression. Durant cette première phase, les manifestants ne demandent nullement qu’on change le système. Tout en dénonçant l’affairisme et la corruption, ils chantent L’Internationale. Comment le pouvoir réprimerait-il un mouvement qui se donne les objectifs souhaités par le peuple ? Pourtant les tensions s’accroissent. Le 15 mai, Mikhail Gorbatchev arrive à Pékin pour une visite officielle d’une importance historique, puisqu’elle scelle la réconciliation sino-soviétique. C’est le moment que choisit la coordination étudiante pour lancer une grève de la faim. La presse occidentale s’en mêle et fait un portrait élogieux de leurs porte-parole. La principale revendication des grévistes de la faim est le retrait de l’éditorial du Quotidien du peuple, mais le pouvoir refuse de céder à la pression de la rue. Le Premier ministre Li Peng tente une dernière fois de dialoguer avec les manifestants devant les caméras de télévision et leur demande de ne pas perturber la visite du numéro un soviétique. Nouvel échec. Inquiet pour la suite des événements, le bureau politique décide alors de mettre fin à un mouvement qui met en péril l’autorité du parti.

Au terme d’un débat houleux, la décision de proclamer la loi martiale et de faire appel à l’armée est prise par le comité permanent du bureau politique, le 17 mai, par deux voix pour, deux voix contre et une abstention. Mais les huit « Anciens », c’est-à-dire la vieille garde du parti animée par Deng Xiaoping, sont majoritairement pour : ils emportent la décision. La loi martiale est officiellement proclamée le 21 mai, malgré l’opposition de deux maréchaux et huit généraux de l’Armée populaire de libération qui expriment à Deng Xiaoping leur désaccord.2 Les instances dirigeantes sont divisées, aussi bien sur la nature du mouvement que sur le moyen de rétablir l’ordre, même si tous veulent éviter l’effusion de sang. Prenant l’initiative, Zhao Ziyang va à la rencontre des grévistes de la faim. Cette discussion n’aboutit à rien et le dirigeant fond en larmes devant les caméras. Devant son incapacité à raisonner les protestataires, ses pairs vont le désavouer. À l’instigation de Deng Xiaoping et des « Anciens », Zhao Ziyang est mis en minorité au comité permanent du bureau politique et remplacé par Jiang Zemin à partir du 31 mai. Le pouvoir est déterminé à éteindre le mouvement sans perdre la face, et si possible sans violence. À la demande du gouvernement, les troupes interviennent dans la capitale avec l’ordre formel de ne pas ouvrir le feu. D’abord bloquées dans les faubourgs par une foule qui veut s’interposer, elles parviennent difficilement, après de longues négociations, jusqu’à la place Tian’anmen. Les violences éclateront seulement dans la nuit du 2 au 3 juin 1989 et dureront deux jours.

Sur le déroulement de cette tragédie, le moins qu’on puisse dire est que la narration occidentale s’affranchit de la réalité. La première distorsion concerne la composition du mouvement protestataire. Il est décrit comme un mouvement exhortant le parti communiste à démissionner et appelant à l’instauration d’une « démocratie libérale ». Or c’est inexact. Le mouvement n’inclut pas seulement les étudiants, le groupe le plus bruyant, mais aussi des ouvriers d’usine, des travailleurs ruraux de la région de Pékin qui ont pris part à l’action. Chacun de ces groupes a une orientation politique différente. Certains manifestants sont marxistes-léninistes, d’autres maoïstes purs et durs, d’autres libéraux. D’un côté on scande des slogans en anglais, de l’autre on brandit des portraits de Mao. « Quand les protestations ont commencé en Chine en avril 1989, les manifestants ne demandaient pas la démocratie mais un socialisme plus pur, libéré de la corruption et des inégalités qui étaient endémiques à l’époque. Les étudiants portaient des portraits de Mao et chantaient fréquemment l’hymne national chinois », rappelle le journaliste sri-lankais Nury Vittachi au terme d’une enquête approfondie.

La deuxième distorsion concerne la participation des services secrets occidentaux à la préparation et au service après-vente de l’émeute.

« En 1988, une organisation relativement nouvelle, avec un nom innocent — National Endowment for Democracy — a installé un bureau en Chine. À l’époque, nous, journalistes, n’avions aucune idée que c’était une organisation dérivée de la CIA destinée à construire des relations avec des militants antigouvernementaux à l’étranger, dans l’objectif de répandre de la désinformation et de déstabiliser le pouvoir d’une manière favorable aux intérêts des États-Unis. Un acteur majeur a été le colonel Robert Helvey, vétéran des opérations de déstabilisation en Asie depuis trente ans. Il a formé, à Hong Kong, des leaders étudiants de Pékin aux techniques de manifestation de masse qui ont été utilisées plus tard dans l’incident de la Place Tian’anmen de juin 1989 ».3

C’est ainsi qu’une opération conjointe MI6-CIA appelée Opération Yellowbird visait à former des factions « pro-démocratie » dans les universités chinoises. Sur le terrain, des « Triades » mafieuses ont été envoyées de Hong Kong pour former les futurs émeutiers à la guérilla, leur apprenant les tactiques insurrectionnelles. Officiellement, l’objectif était d’exfiltrer les individus de grande valeur : après le drame des 3 et 4 juin, la presse occidentale vantera les mérites de « l’Opération Yellowbird qui a sauvé 400 héros de Tian’anmen ». Elle omettra seulement de préciser que cette opération, en amont des affrontements, visait à déstabiliser le régime communiste.

Les déclarations des porte-parole du mouvement étudiant sont également éclairantes. Comme le retrace le documentaire The Gate of Heavenly Peace, l’une des principales porte-parole des étudiants contestataires, Chai Ling, est interviewée par le journaliste Peter Cunningham le 28 mai 1989 :

« Tout le temps, je l’ai gardé pour moi parce qu’étant Chinoise, je pensais que je ne devais pas dire du mal des Chinois. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser parfois — et je pourrais aussi bien le dire — vous, les Chinois, vous ne valez pas mon combat, vous ne valez pas mon sacrifice ! Ce que nous espérons réellement, c’est une effusion de sang, le moment où le gouvernement sera prêt à massacrer effrontément le peuple. Ce n’est que lorsque la place sera inondée de sang que le peuple chinois ouvrira les yeux. Ce n’est qu’alors qu’il sera vraiment uni. Mais comment peut-on expliquer tout ça à mes camarades ? ».

L’invitation pressante au sacrifice n’excluait pas la prudence pour soi-même : après avoir voué son peuple au martyre, l’icône féminine de Tian’anmen optera pour l’exfiltration vers les États-Unis. « De toute évidence, le leadership fabriqué par les services occidentaux pour cette protestation avait un objectif clair : créer les conditions d’un massacre sur la place Tian’anmen. La manifestation avait commencé comme une démonstration de force pacifique destinée à soutenir Hu Yaobang, mais elle a été cooptée par des agents étrangers », relate Mango Press dans une enquête publiée en juin 2021.4

S’agissant du déroulement du drame, il y a bien deux versions des faits radicalement opposées.

« Comme tout le monde le sait maintenant, il y a toujours eu deux contes dramatiquement différents sur ce qui s’est passé à Beijing en 1989 », explique Nury Vittachi. « L’un est le terrible conte du massacre de la Place Tian’anmen, qui raconte que de violents soldats sont entrés dans l’espace public et ont tiré sur dix mille étudiants pacifiques qui manifestaient pour une démocratie à l’occidentale. Ils ont écrasé les corps en roulant dessus avec des tanks avant de les empiler et de les brûler avec des lance-flammes. Ce fut une horreur indicible. L’autre version dit que personne n’est mort sur la place Tian’anmen, bien qu’il y ait eu des violences ailleurs, causant la mort d’environ 300 personnes, la plupart n’étant pas des étudiants mais des soldats — ou, pour le dire autrement, le même nombre de morts violentes qu’au cours de n’importe quel week-end aux États-Unis. J’ai religieusement cru le premier conte pendant des décennies. Je suis allé au Park Victoria avec ma bougie presque toutes les années au mois de juin pendant trente ans. Jusqu’à ce que je fasse des recherches et que je réalise que presque toutes les sources sérieuses, occidentales et chinoises, soutiennent désormais la deuxième version ».5

Quels sont précisément le déroulement des faits et le rôle des acteurs du drame ? Le rétablissement de l’ordre à partir de la proclamation de la loi martiale le 21 mai est l’un des points essentiels. À l’évidence, les forces de sécurité ont fait preuve d’une grande retenue jusqu’au déclenchement de l’émeute. Du 16 avril au 2 juin, les manifestations se poursuivent sans violence de part et d’autre. Le 21 mai, la loi martiale est proclamée par les autorités et les manifestants reçoivent l’ordre, via les journaux télévisés et les haut-parleurs, de rentrer chez eux. Lorsqu’elles entrent dans la capitale, les troupes de l’Armée populaire de Libération envoyées sur place sont majoritairement désarmées et elles ont reçu l’ordre formel de ne pas ouvrir le feu. Il s’agit de faire pression sur les manifestants en envoyant au contact de jeunes militaires sans armes qui ont pour mission de persuader les manifestants d’évacuer les lieux. Le sort des centaines de grévistes de la faim préoccupe également le pouvoir qui craint de se voir reprocher son indifférence à leurs souffrances.

Afin de disperser les manifestants par la persuasion, certaines unités militaires reçoivent alors l’ordre d’entrer sur la place Tian’anmen, mais elles sont refoulées dans les zones d’entrée par les manifestants. Le 2 juin, l’armée opère malgré tout sa première tentative d’évacuation de la place Tian’anmen, sans user de violence et en discutant avec les manifestants. C’est à ce moment qu’en remontant vers l’ouest par l’avenue Chang’an, les troupes sont attaquées par la foule. Certains soldats sont désarmés, d’autres molestés par les émeutiers. Les militaires finissent tout de même par se frayer un chemin jusqu’à la place Tian’anmen, où des soldats non armés persuadent les étudiants de quitter les lieux. C’est dans la nuit du 2 au 3 juin, en revanche, que tout dérape. Les violences éclatent dans les ruelles avoisinantes et le long de l’avenue Chang’an : les émeutiers qui ont confisqué leurs armes aux soldats passent à l’attaque. Des dizaines de véhicules blindés sont incendiés avec des cocktails Molotov, et de nombreux militaires désarmés sont capturés. Selon Nury Vittachi :

« La violence a finalement commencé quand un groupe mystérieux de voyous a démarré une altercation à Muxidi, cinq kilomètres plus loin, en attaquant des bus de l’armée avec des cocktails Molotov, en y mettant le feu, provoquant la mort des occupants ».

« C’était inattendu parce que le pétrole était rationné et difficile à obtenir pour les gens ordinaires. Les soldats qui ont réussi à s’enfuir des bus enflammés ont été battus à mort. Le mot massacre pourrait être utilisé pour cette atrocité — bien qu’elle ne rentre pas dans le narratif occidental, puisque ce sont des soldats qui sont morts. D’autres militaires sont arrivés à Muxidi et, outragés par la vue de leurs collègues massacrés, ils ont tiré sur les manifestants : il y eut davantage de morts, cette fois parmi les civils ».6

Les affrontements se multiplient aussitôt. Selon le Washington Post du 5 juin 1989, « les combattants antigouvernementaux sont organisés en formations de 100 à 150 personnes. Ils sont armés de cocktails Molotov et de matraques en fer, pour affronter l’APL qui n’était toujours pas armée les jours précédant le 4 juin ». Les soldats capturés dans les transports de troupes sont lynchés ou brûlés vifs. Le 3 juin, le bilan s’élève déjà à quinze militaires et quatre manifestants tués. Plusieurs dizaines de véhicules militaires sont à nouveau incendiés par les émeutiers. C’est le chaos. Le gouvernement ordonne alors à l’armée de reprendre le contrôle des ruelles. Dans la nuit du 3 au 4 juin, les militaires entrent massivement dans la ville et répriment l’émeute. Mais il n’y a aucun combat sur la place Tian’anmen, et aucun char n’écrase de manifestant. Après les événements du 4 juin, le gouvernement estime le nombre de victimes à 300 personnes, soldats et émeutiers confondus. Un bilan que le monde occidental qualifie aussitôt de mensonger, et ses médias parlent de 1 000 à 3 000, puis finalement de « 10 000 victimes ».

Tous ceux qui dénonceront avec indignation le « massacre de la place Tian’anmen » ont un point commun : ils n’y étaient pas. Auteur d’un ouvrage pour lequel il a réalisé sur place deux cents entretiens avec les auteurs du drame, Alain Peyrefitte confie ses interrogations :

« J’arrivai à Pékin, au mois d’août, persuadé, d’après les récits de la presse occidentale et d’après ce que j’avais vu de mes yeux parmi les images des télévisions, que les chars chinois, débouchant sur Tian’anmen, avaient massacré la foule des étudiants pris au piège : à coups de canons et de mitrailleuses lourdes, ou sous les chenilles des blindés, l’armée y avait fait un affreux carnage. Or, à ma grande surprise, les observateurs occidentaux demeurés à Pékin — diplomates ou journalistes — ainsi qu’Amnesty International ne démentaient pas la version officielle : l’armée n’aurait pas tiré sur la place, si ce n’est en l’air ; le quadrilatère occupé depuis sept semaines aurait été évacué pacifiquement. Certains disaient qu’ils ne pouvaient rien affirmer, les témoignages qu’ils avaient recueillis étant trop divergents. Depuis lors, j’ai retrouvé la trace de précieux témoins qui se trouvaient sur Tian’anmen pendant la nuit. Plusieurs s’estimaient obligés de confirmer la version officielle des autorités chinoises ».7

En fait, il n’y a eu aucune violence sur la place. « Il y a bien eu quelques coups de feu, mais qui avaient pour cible les haut-parleurs juchés sur les pylônes. Qui a parlé de morts à Tian’anmen ? Ceux qui n’y étaient pas ». La nature de l’effusion de sang a été faussée par la narration occidentale : « Sur la place Tian’anmen, des centaines de chars tirent au canon sur la foule des manifestants aux mains nues ou les broient sous chenilles ». C’est ce récit totalement fantaisiste que la presse occidentale va colporter inlassablement, accréditant cette fiction pour occulter la réalité d’une émeute antigouvernementale.

« On n’a pas rectifié cette première information pour préciser qu’à l’aide de barricades, dressées sur les seize kilomètres de l’avenue Chang’an, depuis les faubourgs de l’est et de l’ouest jusqu’à Tian’anmen, des insurgés ont essayé d’empêcher la progression des colonnes ; que des combats de guérilla urbaine ont eu lieu toute la nuit ; que des véhicules militaires ont été enflammés à coups de projectiles incendiaires et au moins quelques-uns de leurs occupants brûlés vifs ; que l’armée a dû passer en force ; qu’aucun combat n’a eu lieu sur Tian’anmen ; que les étudiants qui y étaient encore restés ont pu évacuer la place, leurs drapeaux en tête ». Ces précisions ne sont pas anodines. « Une chose eût été d’assassiner des étudiants paisibles et sans armes, manifestant pour réclamer davantage de liberté et moins de corruption — et enfermés dans le périmètre sacré comme dans une nasse. Autre chose, d’ouvrir le feu sur des manifestants qui dressent des barricades, résistent par la force à l’autorité légale, essaient avec acharnement d’interdire à l’armée, qui en a reçu publiquement mission, de dégager le centre de la capitale », conclut Alain Peyrefitte.

Mais peu importe la réalité : elle passera sous les radars des médias occidentaux. En revanche, la photo de l’homme qui arrête la colonne de chars sur la place Tian’anmen va faire le tour du monde. Elle est censée illustrer la bravoure d’un homme seul, se dressant héroïquement devant des blindés qui symbolisent la brutalité de la répression. Mais sur la vidéo complète, on voit la colonne s’arrêter pour ne pas lui passer sur le corps. L’homme grimpe alors sur le premier char. Ses sacs de courses à la main, il s’entretient avec l’équipage pendant quelques secondes. Puis il redescend tranquillement du blindé et il est emmené par ses amis. Les chars continuent ensuite vers Chang’an, retournant à leur base. C’est tout. Le génie propagandiste a fabriqué un symbole planétaire avec un non-événement.

« Si nous devons croire qu’une colonne de chars s’arrête pour un seul homme après en avoir assassiné 10 000, alors quels mensonges encore plus ridicules l’Occident va-t-il écrire sur la Chine ? Sur la place Tian’anmen, le 4 juin 1989, il n’y a eu aucun massacre. Il y a eu de violents combats dans les rues latérales entre les éléments armés contre-révolutionnaires, la police et l’armée. Le nombre de morts pour l’ensemble de l’événement fut de 241 au total, soldats, policiers et émeutiers confondus. À la suite des violences, il n’y a pas eu d’exécutions. Wang Dan, leader de la protestation et incitateur à la violence, qui n’a pas réussi à fuir vers l’Ouest, a été arrêté. Il a été condamné à quatre ans de prison, plus deux ans de détention dans l’attente de son procès pour incitation à la violence contre-révolutionnaire. L’homme n’a écopé que de six ans de prison. Il vit désormais librement dans le monde merveilleux de l’Occident capitaliste », conclut l’enquête de Mango Press.8

Au terme de ce récit, on peut toujours se demander si les choses pouvaient tourner autrement. C’est peu probable. La détermination du parti communiste condamnait d’autant plus à l’échec ce mouvement protestataire qu’il a dégénéré en tentative de subversion. Immolé sur l’autel d’une démocratie imaginaire, il n’avait aucun avenir. Les étudiants ne pouvaient guère entraîner les masses paysannes et ouvrières. Ils représentaient 2 % d’une tranche d’âge et passaient pour des privilégiés aux yeux des classes populaires. Pour obtenir gain de cause, il eût fallu rallier une fraction conséquente de l’opinion. Mais il est impossible de sortir vainqueur d’un rapport de forces lorsqu’on est tragiquement minoritaire. Le hiatus entre la protestation étudiante et la masse du peuple était d’abord de nature sociologique. Tout aussi décisive, la deuxième faiblesse du mouvement est précisément ce qui lui a valu sa popularité à l’Ouest. En donnant l’impression de vouloir importer le modèle occidental, il s’est coupé de ses racines chinoises. Son langage et ses symboles trahissaient un désir d’imitation qui comblait d’extase la presse occidentale tout en exaspérant les patriotes chinois :

« Ces étudiants ont emprunté leur gestuelle à l’Occident : comme si c’était le principal bienfait retiré de leur séjour dans les universités d’outre-mer. Sit-in, happening, grève de la faim, calicots sont des bizarreries importées ; les slogans sont rédigés en anglais. Le geste illustre de Churchill, deux doigts levés en forme de V, n’a aucun sens en Chine et ne correspond même pas à un caractère chinois. Le soir venu, les jeunes allument simultanément un briquet, symbole de lumière : geste imité des fans dans les concerts pop d’Occident. Autant de circonstances aggravantes : elles offensent l’orgueil national dont le pouvoir est dépositaire ».9

Bruno Guigne

Notes

1 Alain Peyrefitte, La Tragédie Chinoise, in De la Chine, Omnibus, 1997, p. 1073.

2 Gilles Guiheux, La République populaire de Chine, Belles Lettres, 2018, p. 118.

3 Nury Vittachi, «How psy-ops warriors fooled me about Tiananmen Square : a warning», Friday, 4 juin 2022.

4 «The Tian’amen Square Massacre, The West most persuasive, most pervasive Lie», Mango Press, 4 juin 2021.

5 Nury Vittachi, op. cit.

6 Ibidem.

7 Alain Peyrefitte, op. cit., p. 1104.

8 «The Tian’amen Square Massacre, The West most persuasive, most pervasive Lie», Mango Press, 4 juin 2021.

9 Alain Peyrefitte, op. cit., p. 1088.




« Le monde est divisé en deux : d’un côté les Anglo-saxons et de l’autre les êtres humains ! »

[Illustration : Massacre de Sand Creek, 1864. Deagostini/Getty Images.]

Par Claude Janvier

Ainsi s’exprimait mon ami Adnan Azzam, écrivain syrien, à Damas l’année dernière, alors que nous cheminions ensemble dans l’entrelacs des ruelles de la vieille ville, jouxtant la magnifique mosquée des Omeyyades. Nous évoquions la situation catastrophique que subit le peuple syrien depuis, hélas, plus de 12 ans.

Nous faisions le point sur le génocide orchestré sur le monde entier par les Anglo-saxons depuis la création de leur empire à l’idéologie mortifère, ayant pour seul but, le pillage de toutes les richesses de la planète au détriment des peuples. Au sommet, la famille royale britannique, la City de Londres, Wall Street, le complexe militaro-industriel des États-Unis et de leurs alliés, la haute finance internationale et les services secrets tels que la CIA, le MI 6, etc.

L’épouvantable curriculum vitae des Anglo-saxons prouve la folie meurtrière de leurs dirigeants depuis bien trop longtemps.

Voici une liste non exhaustive de leurs génocides :

  • 1492 à nos jours. Le génocide des Amérindiens est estimé entre 80 et 100 millions de victimes. Certes, ce massacre n’est pas imputable qu’aux Anglo-saxons, mais ils y ont largement participé. La création des États-Unis s’est faite dans un bain de sang.1 2

  • 1747-1947. Le colonialisme britannique a causé au moins 100 millions de morts en Inde en une quarantaine d’années, selon une étude universitaire. Et pendant près de 200 ans de colonialisme, l’Empire britannique a volé au moins 45 000 milliards de dollars de richesses à l’Inde.3 4

  • 1839-1842. Les guerres de l’opium. L’introduction forcée de l’opium dans l’Empire chinois par les Anglais, outre la corruption, le banditisme et la prostitution, a tué entre 120 et 150 millions de personnes. Sans compter les ravages de l’opium ensuite à travers le monde occidental.5 6

  • 1840-1891. Nouvelle-Zélande. 40 % de la population maorie fut tuée. Entre ces années-là, la population maorie passera de 80 000 à 42 000 personnes. La population néo-zélandaise comprend aujourd’hui quatre-vingt-dix pour cent d’habitants d’origine européenne, anglo-saxonne pour environ dix pour cent de Maoris. Le pourcentage de Maoris décroît sans cesse, en partie du fait du manque de moyens, d’une santé déficiente, de la misère et du chômage des populations.
  • 1945. Japon. Deux bombes atomiques inutiles. Les livres d’histoires ne vous l’enseignent pas. En effet, au moment où le président Truman prévoit d’utiliser la bombe atomique contre le Japon, celui-ci pense à arrêter le combat. En effet, l’armée américaine réussit à déchiffrer le 31 juillet un télégramme codé du ministère des Affaires étrangères japonais du 26 juillet qui assurait que « Tokyo étudie l’ultimatum allié », à savoir que le Japon était prêt à déposer les armes. Mais les Américains avaient décidé de déclencher le feu nucléaire. Résultats : les estimations d’après-guerre sur les pertes japonaises vont de 66 000 à 80 000 morts et de 69 000 à 151 000 blessés. Des dizaines de milliers d’autres moururent des suites des radiations et de leurs blessures. On estime que 140 000 personnes sont mortes du fait de la bombe atomique à la fin de l’année 1945. Les estimations les plus élevées avancent le nombre de 230 000 morts. Sur les survivants, 171 000 devinrent des sans-abri.7

  • 1945-1975. Guerres auVietnam. Du côté américain, on dénombre près de 60 000 morts et 350 000 blessés et mutilés. Du côté sud-vietnamien, près de 700 000 morts, dont 430 000 civils, ajoutés aux 1,8 million de blessés et mutilés. Du côté nord-vietnamien, près de 1 million de soldats sont tués, avec plus de 900 000 blessés et mutilés. Entre Indochine et Vietnam inclus, ce sont près de 4 millions de civils qui ont perdu la vie, sans compter les guérillas qui ont suivi.8

  • 1950-1953. Guerre de Corée. Ce conflit sera très meurtrier. Entre deux à trois millions de victimes avec la menace d’un bombardement nucléaire.9

  • 11 septembre 2001. Depuis cette date, les guerres continuelles « made in US » ont tué 4,5 millions de personnes civiles. Toujours pour la « bonne cause ». De l’Afghanistan en passant par l’Irak, la Libye, la Somalie, la Syrie et des parties du Pakistan touchées par les retombées de la guerre en Afghanistan, la boucherie s’est accélérée. De plus, les décès de soldats et d’entrepreneurs américains, notamment les décès ultérieurs dus à des cancers, des suicides et d’autres conséquences des guerres, ne sont pas pris en compte.10

  • 5 mai 2022. Ukraine. D’après « Ukrainska Pravda » :
    « La possibilité de pourparlers entre Zelensky et Poutine s’est arrêtée après la visite de Johnson, selon des sources de l’UP » — jeudi 5 mai 2022, 13 h 32 « (…) La position de Johnson était que l’Occident collectif, qui avait suggéré en février à Zelensky de se rendre et de fuir, estimait désormais que Poutine n’était pas vraiment aussi puissant qu’il l’avait imaginé auparavant, et qu’il y avait là une opportunité de “faire pression sur lui (…)”. »

En additionnant, et en laissant de la marge, le total des victimes se situe entre 350 et 400 millions de personnes. Vertigineuse boucherie !

L’impérialisme anglo-américain est la force la plus violente et la plus sanglante de la planète, et le danger est que, si la guerre par procuration contre la Russie devient un conflit plus généralisé, impliquant des armes nucléaires, le nombre de morts risquerait de dépasser ce bilan horrible.

Le complexe politico-médiatique des pays de l’UE est devenu un grand spécialiste de l’indignation à géométrie variable. Les débats n’existent plus. Seuls les militants de la guerre et de la propagande s’expriment. C’est fade, agressif, inconsistant, sans raisonnement et trop souvent, d’une indigence intellectuelle rare. Mais cela tourne en boucle dans les médias à la manière d’un rouleau compresseur perpétuel. C’est de cette façon qu’ils ont réussi à nous propulser à la tête de l’État, et pour notre plus grand malheur, le fossoyeur de la République et le chef de guerre de l’Europe : Emmanuel Macron.

À vous de décider si vous devez continuer à soutenir l’insoutenable. À vous de décider si vous souhaitez que notre société s’élève ou s’abîme dans les tréfonds de l’enfer. Le temps presse.

Claude Janvier. Écrivain, essayiste. Co-auteur et auteur de quelques ouvrages, dont la sortie récente, co-écrit avec François Lagarde de : « L’État Profond Français. Qui, comment, pourquoi ? » KA Éditions
https://kaeditions.com/product/letat-profond-francais-qui-comment-pourquoi/

Notes :




Les États-Unis veulent sanctionner la Cour Pénale Internationale

La Chambre des représentants des États-Unis vote des sanctions à l’encontre de la Cour Pénale internationale (CPI) qui a délivré des mandats d’arrêt à l’encontre de Netanyahu et d’autres responsables israéliens. Le projet de loi propose d’appliquer des restrictions en matière de propriété et de visa aux personnes qui participent à toute tentative d’enquête, d’arrestation, de détention ou de poursuite de toute personne protégée aux États-Unis ou dans les pays alliés. Quand la CPI a délivré un mandat d’arrêt contre Poutine, tous les médias et les Politiques se félicitaient de l’impartialité de la Cour. Mais quand on touche aux copains, on détruit la Cour. Et les médias se taisent ! Quelle honte ! Les États-Unis sont le cancer de ce monde.

Silvano Trotta




Orson Welles et sa fonction US très spéciale

Par Nicolas Bonnal

Je ne veux pas déboulonner une idole, mais simplement rappeler des faits. Je sais que je pourrais choquer, mais comme je ne lis jamais les commentaires… De toute manière je considère que l’individu génial, baroque, était plus intéressant par sa culture, ses facéties, son côté gauchiste caviar et Pantagruel d’opérette que le cinéaste. Lui-même reconnaissait ses maîtres (Ford, Griffith, Eisenstein…).

Orson Welles est un acteur-marionnettiste (activité symbolique et traditionnelle…) de formation, un agitateur qui vient de l’extrême-gauche US (qui a pris dans les années trente et quarante le contrôle de ce pays par le théâtre) et crée un Macbeth avec John Houseman (affairiste marxiste et prof de théâtre, très bon trente ans après dans le rôle de l’oligarque de service de Rollerball) et des acteurs afro-américains. Sa légendaire émission sur la guerre des mondes accompagnait une grosse campagne antinazie en Amérique. À l’époque, rappelle le grand historien communiste Eric Hobsbawn, 90 % des Américains croient à la menace allemande… en 1938 donc, contre 11 % qui croient à la menace stalinienne. Bravo les médias. À la fin de la guerre, en un claquement de doigts, on créera la menace soviétique-russe, dont on ne sortira que les pieds en fumée ! Bravo encore les médias. Le très surfait Citizen Kane (lisez l’analyse de Jacques Lourcelles ou celles de Pauline K.) attaque la presse Hearst qui est jugée pro-allemande par le département d’État. Le reste c’est du Rosebud, c’est-à-dire pas grand-chose ! Le mystère d’une vie comme celle de Hearst, tu parles… Citizen Kane est un brouillon de biopic, il n’y a que le documentaire du début qui tienne la route. Kane-Hearst y est ridiculisé comme pacifiste pro-hitlérien alors que l’équipe Roosevelt prépare la guerre depuis le milieu des années trente aux côtés des Britanniques (lisez Ralph Raico, Beard, Rothbard, etc.)

Orson Welles est ensuite payé comme un agent gouvernemental (le gouvernement US est alors encore procommuniste, lisez George Crocker) pendant tout ce temps, cinéaste provocant, mais raté qui multiplie les échecs commerciaux et les provocations formelles : lisez Pauline Kael qui en avait marre du culte, et puis Ciment qui tente de lui rétorquer, avant que Lourcelles ne remette tout le monde à sa place. Skorecki le décrétait baroque : trop d’effets théâtreux… Catherine Benamou dans son livre sur l’odyssée latino-américaine de Welles explique que sous couvert culturel (comme toujours), Welles travaille pour l’intelligence américaine, ni plus ni moins. Hollywood et la CIA : on en a parlé dans notre livre sur la comédie musicale, de cette opération de charme avec les latinos dont bénéficia surtout l’incroyable Carmen Miranda — qui était portugaise… Welles déclina ensuite, car en temps de guerre froide il fut jugé trop à gauche. Il chercha l’argent du contribuable-producteur en France — comme tant d’autres après lui.

Avec beaucoup de retard, Wikipédia raconte ses exploits de propagande pendant la guerre. On sait (ou on croit) que l’Amérique du Sud a des penchants nazis suspects (en fait elle est surtout anglophobe et anti-impérialiste, à part Borges…), alors on utilise la carotte avec le bâton pour la ramener dans le camp du bien. Welles est envoyé là-bas, il travaille main dans la main avec Nelson Rockefeller qui tient le Venezuela, a appris l’espagnol et s’est acheté une somptueuse hacienda.

Puis Welles rentre au bercail, continue des œuvres de propagande, comme ce Stranger, film ridicule qui évoque un nazi tueur qui arrive en Amérique pendant la guerre, se marie sans encombre, mais n’est pas pris pour un nazi, sauf par un chasseur de nazi (Ed Robinson) ! C’est du maccarthysme à l’envers, mais qu’est-ce que c’est mal fait… Quelques années après, la chasse aux sorcières communistes commence et Welles évidemment pleure toutes les larmes de son corps. Il ne comprend pas que l’État profond orwellien a besoin de son ennemi russe. On répète Orwell encore et toujours : on crée un ennemi qu’on ne cherche JAMAIS à vaincre, mais qui justifie tout le reste, dépenses militaires, panique manipulée, paranoïa collective et surtout renforcement étatique ; les masses suivent ensuite ou roupillent, merci La Boétie.

Quand Truman invente le péril soviétique (lisez l’historien disparu Ralph Raico à ce sujet, lisez aussi le fasciste US Yockey qui en devenait presque russophile !), Welles perd ses jobs. La dame de Shanghai (a-t-on le doit de dire enfin que ce navet est pathétique ? « I don’t want to die! ») le coule définitivement aux yeux des studios et il part ailleurs, recherchant difficilement de l’argent et en tournant le rôle du méchant (Cagliostro, le grand khan…) dans beaucoup de navets mondialisés. Voyez la tulipe noire d’Hathaway. Ma bonne ville de Fès y devient une capitale chinoise ! Il apparaît en Bayan-Khan quelques minutes à cheval pour sonner des conseils de guerre aux Occidentaux. De quoi se remettre à René Grousset…

Son Othello est scolaire et amusant (Mogador-Essaouira en est le vrai personnage), mais certainement au-dessous de Laurence Olivier, sa Soif du mal est un scandale pédagogique bien dans sa manière provocante : on se croirait chez Joe Biden. La police US et les Américains ont tous les torts, le haut fonctionnaire mexicain tiers-mondiste a toutes les vertus, mais il est joué par un Américain nommé Charlton Heston ! L’attentat est maquillé, et cela rend le film intéressant puisqu’on se rapproche des visions actuelles de la conspiration et du False Flag qui est maintenant sur toutes les langues. À noter que le monstrueux inspecteur Hank Quinlan (Welles fait même allusion à son obésité, et il joue déjà à la Godard sur la mort du cinoche et sur son culte nostalgique — voir le personnage vétuste et malsain de Marlène Dietrich) a toutefois raison et que le jeune mexicain arrêté était vraiment un… terroriste ! Une séquence soigneusement ignorée annonce Psychose : un jeune débile travaille dans un motel, joué par Dennis Weaver, singé par Perkins ensuite (voyez mon Hitchcock).

La suite est européenne. Mr Arkadin est décalé, jet set, bavard, conspiratif et provocateur (enquêtez sur moi, montrez le monstre que je suis…) et Welles joue d’Arkadin comme de Kane dans Citizen. Le personnage devient une manifestation plutonienne de l’entropique monstruosité américaine. Kane montrait le devenir spectaculaire du capitalisme américain (« le capital est devenu image », dit Guy Debord). Un spectacle avec rien derrière, des cadavres derrière le rideau. Le procès (1963) devient une allusion à la Shoah et à la guerre, avec les bons éclairs : les décors de Zagreb et notre belle gare d’Orsay transformée depuis en musée. Mais qu’Anthony Perkins est à la peine…

Welles poursuit sa carrière crevée, devient « auteur » mythique à l’âge zombi de la cinéphilie universitaire (« Fin de l’Histoire »… du cinéma, Tolstoï a expliqué comment l’étude et la critique tue les arts), et il réalise ce qui pour moi est le sommet, « le chef-d’œuvre inconnu » de son étrange, ennuyée et eschatologique carrière. F comme Fake, tourné en Espagne franquiste, le montre tel qu’il est : un faussaire qui vit de faux laborieusement inventés. Dans l’Espagne fasciste et tolérante du général Franco, ce gauchiste d’opérette (tous les gauchistes sont d’opérette, lisez Lénine enfin) adapte des Shakespeare plus ennuyeux les uns que les autres (Falstaff), filme les débuts de la bulle immobilière de Fraga avec son Don Quichotte et finalement confesse à la fin des années soixante-dix : le franquisme n’avait pas détruit toute l’Espagne, il lui restait la fierté, le machisme, la semaine sainte, la tauromachie, que sais-je, par contre la démocratie l’a anéantie elle et en quelques années seulement (Buñuel aussi le pense alors). Honnêteté qui lui fait honneur : enfin un gauchiste qui devient traditionnel (voyez Pasolini aussi…). Mais le ver était dans le fruit du franquisme, cette dictature condamnée, avait encore dit un Bernanos sublimement inspiré.

Son meilleur film ? La splendeur des Amberson, opus nostalgique « Americana » qui évoque sur un ton proche de Boorstyn ou de Mumford la dévastation du territoire, de la société et de la civilisation américaine par la bagnole et l’industrialisation. L’écrivain Booth Tarkington allude dans le livre à l’invasion migratoire européenne qui détruit le vieux pays des pionniers anglo-saxons. C’est soigneusement oublié dans le film. L’Americana est un genre très prisé par les gourmets et autres fans d’Henry King, et oublié, qu’on retrouve dans la comédie musicale (Belle de New York, Easter parade, Chantons sous la pluie…). Ajoutons en terminant que si Welles a inspiré le personnage de Norman Bates dans Psychose, l’actrice (Janet…) est la même que dans la Soif du mal…

Sources 

https://www.dedefensa.org/article/bunuel-et-le-grand-neant-des-societes-modernes

https://www.terreetpeuple.com/culture-enracinee-memoire-81/6270-leon-tolstoi-et-la-decheance-de-lart-en-europe-occidentale-par-nicolas-bonnal.html




« Macron est le porte-flingue de David de Rothschild »