Mondial 2022 : Le pari perdu du chantage de l’Occident face au Qatar

20/11/2022 (2022-11-19)

[Source : algerie54.dz]

Par Mehdi Messaoudi

Le 2 décembre 2010, à la surprise générale, le Comité exécutif de la FIFA (Fédération internationale de football association) dirigé par le Suisse Sepp Blatter attribue l’organisation de la Coupe du Monde du football 2022 au Petit État du Golfe, le Qatar, au détriment des pays comme les USA ou la Grande-Bretagne.

Lors de cette attribution, personne n’est venu évoquer la démocratie au Qatar ou le respect des Droits de l’Homme malgré les soupçons de corruption qui pesaient sur certains influents membres de la FIFA, comme son président Sepp Blatter, le président de l’UEF (le français Michel Platini) ou le l’ancien secrétaire général de la FIFA (le Français Jérôme Valcke).

Le Qatar est-il devenu moins démocratique et moins respectueux des droits de l’homme aujourd’hui ?

Certainement pas ! Le seul changement opéré dans ce pays est l’arrivée au pouvoir de l’Emir Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, succédant à son père Hamad Al Thani, ainsi que la réussite à offrir aux participants à la compétition et aux hôtes des infrastructures de haute facture que même les Européens ne peuvent réaliser.
Axer les critiques sur un reportage publié par le tabloïd britannique The Guardian faisant état de la mort de 6500 travailleurs népalais, philippins, pakistanais, bengalais, sri-lankais, afghans et thaïlandais s’avère un léger argument que même l’organisation internationale du travail OIT, ne peut confirmer.

Le Qatar partenaire de l’OTAN lors de l’invasion de la Libye et l’agression contre la Syrie

À juste titre, personne en Occident — gouvernements, médias et ONG des Droits de l’Homme — ne se souciait des droits des travailleurs asiatiques dans les chantiers qataris quand le Qatar offrait ses services et ses finances pour faire chuter la Libye de Mouammar El Gueddafi, au nom du respect des droits de l’homme et de l’exportation de la démocratie au nom de ce qui est appelé « Printemps arabe ». Idem pour la Syrie, dont la civilisation millénaire a été détruite par les Occidentaux, les groupes terroristes et aussi les monarchies du Golfe, dont le Qatar

Le chantage du gaz

Comment est-on arrivé au chiffre macabre de 6500 victimes ? Il est clair que l’argument pue le chantage politico-économique pour des pays occidentaux qui cherchaient à être approvisionnés en gaz qatari pour faire face à un hiver qui s’annonce rude après les sanctions imposées à la Russie.

L’Allemagne, le Royaume-Uni et à un degré moindre la France mènent par le biais des médias Mainstream et des officines, une campagne organisée contre le Qatar qui aurait refusé d’approvisionner ces pays en quantités supplémentaires en GNL, prétextant à juste titre son respect des contrats à long terme conclus avec des pays tiers.

Les dirigeants germaniques qui se sont rendus à Doha n’avaient pas réussi à convaincre les responsables qataris pour obtenir des volumes massifs de GNL dont elle a besoin l’Allemagne pour réduire sa dépendance au gaz russe. Le Qatar, le plus grand fournisseur de GNL au monde, spécifie également des conditions telles qu’une clause de destination qui empêcherait Berlin de réacheminer le gaz vers d’autres régions d’Europe, une condition à laquelle l’Union européenne s’oppose.

Le Qatar est également ferme sur l’indexation au pétrole, liant les contrats au prix du pétrole, ce qui représente la structure de prix de leurs ventes alternatives en Asie, tandis que les Allemands cherchent à être liés à l’indice de référence néerlandais TTF.

En mars dernier, le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck s’est rendu au Qatar, en compagnie de responsables des services publics allemands RWE et Uniper, pour discuter de l’achat de volumes supplémentaires, mais aucun accord n’a été conclu jusqu’à présent.

Infantino dénonce l’hypocrisie occidentale

Moins de 24 heures avant le début du Mondial qatari, l’actuel président de la FIFA, Gianni Infantino, ne manqua pas l’opportunité de dénoncer l’hypocrisie occidentale, en balayant des « leçons de morale » qui relèvent de l’« hypocrisie », à la veille du coup d’envoi du plus grand événement sportif planétaire après les Jeux olympiques.

« Ce qui se passe en ce moment est profondément injuste. Les critiques sur le Mondial sont hypocrites », a-t-il en effet dit à l’adresse des journalistes, lors d’une conférence de presse inaugurale.

« Pour ce que nous, les Européens, avons fait au cours des 3000 dernières années, nous devrions nous excuser pour les 3000 prochaines années avant de donner des leçons de morale aux autres. Ces leçons de morale sont juste de l’hypocrisie », a-t-il insisté.

Gianni Infantino s’est dit se sentir aujourd’hui « Qatari, Arabe, Africain, handicapé, et travailleur migrant ».

« Cela me renvoie à mon histoire personnelle, parce que je suis le fils de travailleurs migrants. Je sais ce que cela veut dire d’être discriminé, d’être harcelé, en tant qu’étranger. Enfant, j’étais discriminé (en Suisse) parce que j’étais roux et j’avais des taches de rousseur, j’étais Italien, je parlais mal l’allemand », a soutenu le patron de la FIFA.

Le « corrompu » Blatter avoue son erreur

La sortie inattendue de l’ancien président de la FIFA, l’helvétique Sepp Blatter, est loin d’être innocente à quelques jours de l’entame de la plus prestigieuse compétition, en avouant que l’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar en 2010, était une erreur, rappelant que la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Michel Platini pourrait avoir influé sur l’issue du scrutin.

Blatter, âgé de 86 ans, a émis ces commentaires au conglomérat médiatique suisse Tamedia à l’occasion de sa première entrevue d’envergure depuis qu’il a été blanchi en juillet, avec M. Platini, des accusations d’inconduite financière à la FIFA, au terme d’un procès criminel en cour fédérale.

« Ce pays est trop petit, a dit Blatter au sujet du Qatar, le plus petit en taille depuis la tenue de la Coupe du monde en Suisse en 1954. Le soccer et la Coupe du monde sont trop imposants pour sa taille. »

Andrew Jenings et Blast-Infos ne sont pas du même avis que Blatter

Le journaliste écossais Andrew Jennings auteur du livre « scandale de la FIFA », et aussi « carton rouge » révèle les pratiques courantes au sein de la plus grande instance footballistique au monde.

Andrew Jennings a enquêté pendant quatre ans sur les coulisses de la FIFA, sans jamais céder aux pressions. Commissions occultes, élections truquées, marchés suspects et intérêts juteux, rien ne lui a échappé. Un livre choc, totalement explosif, qui avant même sa parution a provoqué la colère de la FIFA et de son président, lesquels ont tenté d’obtenir son interdiction. Ce sont les membres du comité exécutif de la toute-puissante FIFA, qui gèrent plusieurs centaines de millions de dollars par an, dont une bonne partie en liquide, dans l’opacité la plus totale. Leur train de vie ? Très aisé… ce qui n’est guère étonnant quand on découvre qu’à leur salaire confortable viennent s’ajouter des frais personnels souvent surprenants, jamais imposables. Quant à leur président, Joseph « Sepp » Blatter, le mystère est total sur ses émoluments. Comme son prédécesseur, le sulfureux Joào Havelange, il a le sens de la famille, le goût du secret, du pouvoir et de l’argent, et ne recule devant aucun obstacle.

Pour sa part, le média français en ligne Blast-info avait publié une enquête intitulée la « Qatar connection », en publiant un document explosif, au sujet de l’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar.

A contrario, les révélations d’Andrew Jenings et de Blast-info.fr n’ont pas eu d’échos, comparativement au reportage du tabloïd britannique The Guardian.

Quand la FIFA soutenait les dictatures de l’AMSUD

Évoquer aujourd’hui certains critères exigés pour l’attribution des compétitions internationales, comme le respect des Droits de l’Homme, est un grand mensonge. Ni l’occident qui soutient l’armée la plus morale du monde et les crimes les plus démocratiques d’Israël ni la FIFA ne sont en mesure de donner de leçons de morale.

La Russie a été privée de compétition parce qu’elle a « envahi » l’Ukraine, alors que les USA qui avaient envahi l’Irak et assassiné des centaines de milliers d’Irakiens ont été organisateurs du Mondial 1994, et avaient participé à toutes les compétitions (1998, 2002, 2006, 2010, 2014, 2018 et aussi 2022) et s’apprêtent à organiser celle de 2026. Idem pour la France de Sarkozy qui avait détruit la Libye. Cette même France coloniale avait été soutenue par la FIFA en pleine guerre d’Algérie. Une instance qui avait été totalement hostile à l’équipe algérienne du FLN. Lire l’article « La FIFA contre la révolution algérienne » d’Ahmed Bensaada.

Par ailleurs, il faut rappeler que la FIFA avait attribué la coupe du monde 1978 à la dictature argentine, permettant même à l’équipe albiceleste de remporter le trophée. Dans un long article intitulé « Sanctions sportives contre la Russie : Lorsque la FIFA collaborait avec les dictatures militaires », l’auteur et chercheur algérien Ahmed Bensaada évoquait les règles malsaines de l’instance footballistique internationale, devenant un instrument entre les mains des commanditaires du gouvernement mondial et du monde unipolaire.

Le Qatar met à nu les valeurs du néolibéralisme

Aujourd’hui, il est nécessaire de saluer la position des dirigeants qataris opposés à l’exportation des valeurs du néolibéralisme et de l’Open Society, cher à Georges Soros.

Parmi les valeurs que les officines occidentales tentaient d’imposer à Doha : les LGBT, valeur sûre du démantèlement des sociétés au nom de la liberté individuelle. Le Qatar a mis à nu le plan diabolique occidental d’exporter des valeurs étrangères à la société musulmane, de ce pays, en refusant le diktat des ONG et leur propagande destructrice. Place au Football.

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