« L’extrême droite » ou le désir obscur (si excitant) du nupesiste macronien

10/11/2022 (2022-11-10)

Par Lucien SA Oulahbib

Dans la partie 2 « Les biais sociologistes : Matonti et Bourdieu » de l’article intitulé Motivation et déterminisme, pour une réévaluation conceptuelle (revue Dogma, édition 15, Printemps 21, pp. 256 et suivantes) sont rappelés les fondements anticommunistes et non pas antisémites d’Ordre Nouveau qui a été l’élément moteur et non pas secondaire ayant fondé et animé le Front National. Voilà pour la partie rappel historique rapide.

Sinon, lorsqu’un élément Borg de l’ultragauche dite « insoumise » se réjouit de la mort d’un jeune nationaliste en lui rappelant ses supposés acolytes « SS », il faut déjà lui rappeler que sa jeunesse ne doit pas l’empêcher de s’émanciper d’une ignorance profonde — sans doute liée à une acculturation mal dégrossie puisque les finesses et les enjeux des divers courants formant la culture politique française ne sont plus enseignés, ils lui sont étrangers, et ce sans avoir même besoin de lui signifier le passé sulfureux et criminelle ô combien de sa « propre » famille idéologique…

Mais, ensuite, déniaisé, il faudra bien lui indiquer en quoi ce type de réaction pavlovienne semble être le seul moyen pathétique pour tenter de se distinguer de ses compères macroniens dans ce qui fait office d’arène politique (une garderie plutôt) ; la différence étant de degré (combien de sous sous en plus : subventions bien sûr, et non pas dividendes — ce gros mot) et non une différence de nature (le préfixe « trans » scellant Nupes et Ensemble à tous les étages de leur Nuit Nuptiale). Tout en vivant, en fusion moite, mais dans le secret soyeux des salons (à la manière de certains de ces collègues) partageant démocratiquement le fantasme frou-frou/fou-fou du pouvoir absolu, et sa culture (dé) chaînée, supposé incarner « l’extrême droite », et que l’on imite et simule à la fois dans quelques parties fines made in Bergé (tout en lisant Masoch et Mille plateaux de Deleuze ou Sade dans Histoire de la folie de Foucault) et aussi lors de ces vindictes délatrices accusant « l’autre de l’enfer » (jusqu’à pousser au suicide), mais que l’on s’empressera de dénoncer (de s’énoncer soi-même aussi lorsque l’accusation se révèle fausse : « c’est celui qui le dit qui l’est », disent les enfants)…

Certes, les motions de censure font paravent (Potemkine) à tout ce (mauvais) cinéma, et en plus personne ne s’y trompe, car après avoir appelé à voter contre Marine Le Pen (et non pas botter en touche comme en 2017) il est évident, et en plus cela se voit sur le terrain, que les troupes Nupes font plutôt le sale travail nuptial de milice morale pour attaquer la démocratie elle-même en empêchant ici des opposants de parler, là d’enseigner, de publier ; car il s’agit d’un même continuum interdisant la prise de parole dans une université, une librairie, une radio ou une chaîne TV, se battant même pour la venue ET l’installation massive d’étrangers avec le mot d’ordre (répétés à Callac en 2022, mais déjà prononcé en 2008) « Réfugiés, ne nous laissez pas seuls avec les Français ! » ; comme si « l’identité » en général, ou la préservation à la fois durable et innovante du Soi était preuve de « domination » (credo du déconstructionnisme issu du romantisme marxien repris par Foucault lecteur de Blanchot : l’identité enferme, l’émancipation prolétarienne ouvre, ou le débat Marx/Stirner sur « l’Unique et sa propriété »), comme si l’identité « française » en particulier était (toujours) ce gros mot (« fixiste, essentialiste » : bouh, berk) qui empêche de mondialiser en rond (qu’est-ce que « 200 migrants » de plus ou moins au fond, mais au fond de quoi ?).

Ou le prétexte pour cette dilution globaliste prétendant sauver l’Humanité en crucifiant la Citoyenneté (bien vu par Pierre Manent dans son entretien sur le Regard Politique) une mise à mort faisant fi de la corruption et de son inoculabilité au sein des instances mondiales alors qu’il s’agit d’une vraie idée fixe, elle, ou comment se mouler dans l’identité de la « révolution permanente » cherchant à en finir et pour de bon avec cette singularité de « la » nation, qu’il s’agit de liquider.

Non seulement rendre liquide, mais éliminer comme boursouflures d’une forme non pas vieillotte à la façon du clan et de la tribu pour Marx — qui louait ainsi la force émancipatrice de la société bourgeoise dans le Manifeste, mais afin de revenir plutôt à avant (ou « l’éternel retour », mais revisité du côté obscur) revenir dans le train non plus blindé, mais fantôme vers ce qui existait avant la bourgeoisie, avant la féodalité France : vers la société esclavagiste du sadomasochisme officialisé tel qu’il a été vécu dans les empires paroxystiques empirant la condition humaine ; lorsque l’empereur était ce dieu (mafieux) vivant au sein d’un terrain vague permettant l’errance nomade de son vague à l’âme parmi les mille et une pièces de ses palais pour y reposer sa nuit (le maintenant est la nuit) qui luit en suie suintant aussi de ce matelot urbain d’aujourd’hui ; et à qui il est proposé « démocratiquement » de devenir dieu lui aussi (en vendant son âme à la Matrix) naviguant de bras en bras comme artiste hard core sur le spleen du monde océan intérieur devenu extérieur (Tic Tok) tic-tac n’apparaissant plus comme « nausée », mais bouée entrevue, tel le capitaine Haddock en pleine hallucination, en chaque marée de « migrants » incarnant en effet non plus le nouveau Prolétaire avide de construction productiviste, mais de glissement progressif du plaisir, le « progressisme » s’étalant désormais seulement .

D’où le caractère éminemment obscurantiste et illuminé de tout ce courant néo-marxiste et néo-léniniste métamorphosé en millénariste adepte de tout un néo-tantrisme démesuré nageant en plein délire, dé/lire non plus au sens dionysiaque, mais du seul delirium tremens idéologique syndrome tératologique patenté qui peut hypnotiser cependant des heures durant (comme lors du fameux débat post gilets jaunes).

Aussi, dans ces conditions pathologiques avancées, rappeler, pour en revenir à « l’identité », que la France aura été pétrie par son histoire (ce qui s’oublie) s’avère être incongru ennuyeux surtout susurré sur le tarmac entre deux « COP » deux tapis rouges et trois c (r) oupes ; comment rappeler la France en glissant sur la moquette ouatée menant au 20 h ou à « la » énième conférence de presse (subventionnée) comment être, à nouveau, de cette France, là, forgée par la défaite de Vercingétorix, la conversion chrétienne de Clovis par amour pour Clotilde (amorce de l’amour courtois ?) comment revivre le miracle Jeanne d’Arc, l’idéalisme d’un Voltaire sur la tolérance, le pacifisme d’un Jaurès refusant la logique mécaniste des alliances ?…

En martelant que la recherche de la paix, de la tolérance, de l’osmose a, aussi, toujours été « le fil de l’épée » permettant à la France de rester « fille aînée de l’Église » tout en devenant « fille des Révolutions anglaises et américaines » et enfin héritière de la « nuit du 4 août », lui permettant alors de revenir à la conception originelle de l’aristocratie réelle, celle des « meilleurs » (àristos : ἄριστος) capables de transcender ces différentes métamorphoses douloureuses ; car il n’est pas rien d’admettre cette prégnance de l’île de France donnant imposant le « François » précipitant la centralisation et concentration que le jacobinisme le bonapartisme enfin le gaullisme ont parachevé dans ce chef-d’œuvre juridique qu’est la Constitution de la Ve République (du moins en restaurant le septennat) qu’il faudrait alors « tuée » au nom précisément de ce « retour », de cette régression, vers l’empire (des sens) jouant ainsi l’avenir français au « dé » ?…

Comment expliquer cela à tous ces nouveaux « autodafeurs » ces influenceurs tous ces vendeurs du Rien ?…

Mais pourquoi expliquer ?…

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