LA SAGESSE DU MAÎTRE

LA SAGESSE DU MAÎTRE

14/01/2021 (2021-01-14)

Par Alliance

J’ai lu un texte il y a plusieurs années qui m’avait touché par son enseignement.
Malheureusement, incapable de le retrouver, je me suis permis d’en ériger un autre dans le même style bien qu’il soit fort différent sur la conclusion.
Voici donc ma petite contribution.

LA SAGESSE DU MAÎTRE
Un jour, un PM ( Petit-Maître) aspirant à devenir GMS (Grand-Maître de Sagesse) demanda audience auprès d’un GMS dont il ne connaissait que le nom et la grande sagesse légendaire.
Il fut reçu quelques jours plus tard au palais. On étudia son parcours et le Grand-Maître très réceptif et accueillant, accepta sans aucune difficulté sa demande. Elle sera pleinement analysée lors des 3 prochains mois. En gage de bonne foi, comme le voulait la coutume, il lui fut donné un nouvel apprenti (mieux formé que celui qu’il avait depuis des mois) qui veillerait à ce qu’il ne manque de rien durant ce temps de validation. Il lui faudrait souvent de l’aide pour mener à bien durant les prochaines semaines, les divers travaux et recettes mystiques à présenter pour acquisition du droit de passage.

Tout se passa merveilleusement bien.
L’apprenti était fort efficace, toujours prêt à service son nouveau Maître sans jamais grognasser, tel que le font les secondes classes bien élevées en sagesse. Il fut d’une aide précieuse pour le Petit-Maître dont les impératifs et devoirs pour l’obtention du poste convoité demandaient souvent le recours d’une autre personne avec au moins une base de science ou de connaissances mystiques.
Le Petit-Maître lui, exigeant le meilleur de son nouvel apprenti ainsi que de lui-même et il était clair qu’il était le seul Maître à bord pour cette réussite. Il n’était pas question de perdre le statut de Grand-Maître et donc, tout fut mis en œuvre pour conclure l’examen de passage. Le Petit-Maître par souci de perfection, se montra souvent très gentil et avenant envers l’apprenti, juste au cas où ce dernier serait de mèche avec le Grand-Maître. Après tout, il fallait ne rien négliger. -C’est souvent dans les détails que l’on juge un homme se -dit-il. Plus l’ambition est prestigieuse, plus imposante doit en être la vigilance. -Mes ordres seront formulés avec douceur, jamais il ne lui viendra l’idée d’être en colère contre moi- se dit-il.

3 mois passèrent et il fut enfin convoqué par le Grand-Maître Suprême. Celui-ci étudia d’un œil furtif ses réalisations et écouta silencieusement les paroles du Petit-Maître en devenir, qui vendit sa cause avec humilité et forte impression.
Puis le Grand-Maître parla : « Nous avons écouté votre discours et il me faudrait maintenant le recours d’une autre personne pour prendre ma décision ». Alors, vint du font de la salle le nouvel apprenti vers le trône du Grand-Maître. Le Petit-Maître fut certes surpris, mais aucunement embarrassé. Après tout, il avait fait bonne figure devant l’apprenti.

Le Grand-Maître laissa l’apprenti s’asseoir sur le trône et l’apprenti dit : « Même si je n’en revendique pas le titre de façon orgueilleuse, je suis le GMS. Celui qui était sur le Trône, c’est mon fidèle apprenti et surtout GA ( Grand-Ami). Bien que tes œuvres soient parfaites ainsi que ta détermination, j’ai pu percevoir ta réelle motivation durant ces 3 mois. J’ai interrogé ton cœur et aussi, celui de ton ancien apprenti. Tu es obnubilé par le pouvoir et tu te vois tout en haut de la tour…seul Roi et Maître. C’est une grossière erreur. Bien entendu, cela pourrait suffire à un Maître du monde civilisé actuel, mais pour devenir un Maître de sagesse, celui-ci doit savoir qu’il n’est rien sans le recours des autres. C’est pourquoi nous disons que le test de passage ne peut se faire seul. Chaque personne est importante, tous on un rôle à jouer, mais le test comporte la prise de conscience suivante; quel que soit le rang, chaque personne est unique et mérite d’être traitée avec autant de respect que les rangs supérieurs. Chaque matériau d’une maison est utile et c’est l’unité des composantes qui forme le TOUT. Vous avez été généreux sur les commandements et les ordres, mais avare sur l’écoute et la collaboration. Quand vous aurez compris ceci, faites une nouvelle demande».
Et le petit Maître quitta la pièce la tête entre les épaules.
Michel Alliance.

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