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Petite étoile

[Source : Lola Swann ~ « Comment naissent les étoiles »
https://lolaafleurdemots.wordpress.com/2022/07/12/comment-naissent-les-etoiles/]

Par Lola Swann

Petite étoile est née
Une nuit de janvier
Le visage poupin
Les joues roses à croquer

Dans ses traits l’on perçoit
Une expression d’antan
Les beaux yeux, le minois
D’une étoile née avant

Cette étoile la berce
Juste avant de dormir
Lui raconte des histoires
Fait éclore son rire

Petite étoile grandit
Sous un ciel ténébreux
Son étoile adorée
Bientôt bannie des dieux

Petite étoile l’efface
Pour ne pas avoir mal
Peu à peu elle oublie
Celle qui l’a tant chérie

Peu à peu elle oublie
Sa douce voix, son sourire
Se remémore seulement
Qu’un jour elle est partie

Petite étoile ne sait
Ou ne veut plus savoir
Qu’un cœur pour elle jamais
N’avait battu si fort




Homo Collabo, pacsé avec Hommo Economicus ?

  • À tous les apprentis collabos.
  • Commençons par ceux qui n’ont rien dans le ciboulot
  • Auxquels on ne peut vraiment pas en vouloir
  • De se complaire dans la sphère des ignares
  • Il y a ceux qui en ont sous le calot
  • Prétextant fièrement leur QI, ils se comportent en fieffés idiots
  • Il y a ceux que l’on mène à l’abattoir comme des moutons de panurge
  • Qui ne réalisent pas que pour leur sauvetage cela urge
  • Il y a ceux qui y croient
  • Qu’importe pour eux le résultat
  • Il y a ceux qui font croire qu’ils croient
  • Et qui leurs arrières imaginent pouvoir protéger en toute mauvaise foi
  • Il y a les élites mondialistes démoniaquement criminelles
  • Qui agissent car déjà sur Terre ils exigent, pour eux seuls, la félicité du ciel
  • Il y a ceux bloqués à des degrés d’irréflexion intermédiaires
  • Restos et supermarchés ouverts donc aucun mouron à se faire
  • Il y a ceux qui se contentent de téter à la télé
  • Et qui ne veulent se frotter à d’autres vérités
  • Ils y a ceux qui sont inféodés à la blouse blanche
  • À laquelle, pour mal vivre et trop tôt mourir ils donnent carte blanche
  • Il y a ceux qui ne peuvent imaginer l’abject de la gouvernementale déraison
  • Même si mille fois les évènements confirment leur déplorable soumission
  • Il y a ceux qui paniquent parce qu’ils sont ainsi fait
  • Qu’il y ait une cause ou parce que tout les effraie
  • Ils y a ceux qui obéissent aux instances supérieures sans se poser de questions
  • Au procès de Nuremberg tous les nazis l’ont confessé, sans exception
  • Il y a ceux qui disent s’en foutre mais qui n’en pensent pas moins
  • D’autant qu’au fond d’eux ils pressentent que l’avenir est plus qu’incertain
  • Il y a ceux, beaucoup trop nombreux, qui profitent de la situation
  • Pour se comporter en petits couillons sadiques en mal de considération
  • Il y a ceux qui ont oublié humanisme, probité et gratitude
  • En écartant de leur route tout ce qui ne répond pas à leurs certitudes
  • Il y a ceux qui ne jurent que par la supercherie des élections
  • Fonctionnant uniquement avec les neurones sur la couture du pantalon
  • Il y a ceux, dupés par des vrais faux positifs qui ont cru sacrifier à la bonne cause
  • Se faisant injecter des poisons innommables jusqu’à l’overdose
  • Il y a ceux qui toutes ces agressions organiques ont très mal digéré
  • Victimes des effets secondaires qui tuent ou amochent salement du gugusse la santé
  • Et il y a les autres, la petite minorité d’autres, qui fait face à l’énormité de l’irrationnel
  • Ceux qui sentent au fond de leurs tripes que l’humanité est en péril mortel
  • Essayant de tendre la main à tous ces collabos dont beaucoup s’ignorent
  • Avec eux le sursaut indispensable pour la vie de chacun serait bien plus fort
  • Cette petite frange de la société que l’on traite de complotistes fêlés
  • Qui se bat seule pour un monde beaucoup plus altruiste engendrer
  • Contre l’infinie bêtise humaine et des monceaux indécents de fric
  • Amoncelés par quelques rebuts humains à l’esprit satanique
  • Nous sommes au milieu du gué et pour certains bien désemparés
  • Comme l’histoire n’est jamais totalement écrite, évitons de désespérer.
  • Dans l’épreuve les âmes fortes se fortifient
  • Avec tous ceux qui ne sont pas ou plus aveugles restons combattifs et unis !
  • Apprentis collabos, il n’est pas trop tard pour nous rejoindre
  • Reconnaître avoir été trompé est une vertu, et non des moindres.

Brounahans l’Alsaco 10/2022




Le petit PrésiRoi

Par Suzane G.




Le prisonnier

Par Eric Mühsam (1919),  écrivain anarchiste allemand d’origine juive (selon Wikipédia).

[Traduction automatique par DeepL de :
Der Gefangene
Ich hab’s mein Lebtag nicht gelernt,
ùich fremdem Zwang wu fügen.
Jetzt haben sie mich einkasernt,
von Heim und Weib und Werk entfernt.
Doch ob sie mich schlügen:
Sich fügen heißt jügen!]

Je ne l’ai pas appris de ma vie,

À me soumettre à la contrainte d’autrui.

Maintenant, ils m’ont mis en prison,

loin de ma maison, de ma femme et de mon travail.

Même s’ils me frappent :

Se soumettre, c’est mentir !




Liberté

[Source : Comment naissent les étoiles]

Par Lola Swann

Liberté,

Le mot jadis revendiqué,
Tu, désormais.

Trois syllabes qu’on ose
À peine susurrer,
Les lèvres dissimulées
Sous l’inopportun bleuté.

La voix fragilisée,
Voilée,
Comme fautive d’exister.

Le Mal s’est installé, silence s’il vous plaît.

Cachez donc ce visage
Que l’on ne saurait voir,
Ne gardez que vos yeux
Peut-être pour pleurer.

De sourires il n’y a plus
Autant les camoufler,
De larmes, s’il y a ;
On ne les verra pas.

Restez bien à l’abri
Dans votre maison mauve,
N’invitez pas d’amis
Ne risquez pas leur vie.

Pas de câlins non plus,
Toute étreinte bannie,
Embrassade maudite,
Et passions interdites.

Au diable l’amour, seule compte la vie.

Assignation à résidence,
Mangeons, dormons, buvons en chœur,
Tchin-tchin la belle survivance !
Bénis soient donc nos bons sauveurs.

L’homme se meurt, Nature revit,
Silence d’or, trésor précieux,
Quand l’homme dort, Nature sourit ;
La Ballade des oiseaux heureux.

Lisons, chantons, dansons encore,
Échangeons des mots doux d’amor,
Et promenons-nous dans les bois
Pendant que police n’y est pas.

Rassurons-nous,
Ne pleurons pas :
La Terre, de tourner
Ne s’arrêtera.
Et nul ne saurait
Trop longtemps nous priver
Ni de consommer,
Ni de travailler.

Là est notre joyeuse destinée,
Pourvu que nous soyons dotés
Du nouvel accessoire branché,
Bleu cobalt, marine ou givré.

Rassurons-nous,
Ne pleurons pas :
Nos bons sauveurs
Nous ont laissé
Chère à nos cœurs
L’amie TV :
Petit écran joli,
Loisir jamais aboli.

Si pleins d’abnégation, regardons-là ;
Une cuiller pour maman, une cuiller pour papa,
Ne l’éteignons jamais, rêvons d’elle la nuit,
Hypnose en marche, et jusqu’à l’infini.

Pensée toute prête à consommer,
Révolution moderne,
Tellement plus amène
Qu’une pensée à fabriquer soi-même.

Liberté, à notre insu, par le Mal est dérobée.

Mon âme brisée en mille éclats,
Elle me clame de garder la foi,
Mais effrayé, je ne l’entends pas,
Volume à fond, voix de la raison.

La peur fusionne avec les cœurs,
Compassion en hibernation,
Je ne pleure plus ni même ne crie,
Fier, j’obéis, sers mon pays.




Les Yeux moroses

[Source : Orpheline]

Par Lola Swann

Petite fille son regard pose
Là-bas sur l’homme aux yeux moroses,
Celui qu’elle croise chaque matin
Et qui timidement tend la main.

Maman jamais ne le regarde :
Droit devant vite les très grands pas.
Comme un fantôme il s’évapore
Reprenant place dans le décor.

Petite fille, elle en est sûre,
A déjà vu une ou deux fois,
Un peu de cœur, un peu d’espoir
Dans le fin fond du regard noir.

Il est tout seul, il est tout blême ;
Un « non » ça fait beaucoup de peine.
Il dit des mots qu’on n’entend pas,
Pleure des larmes qu’on ne voit pas.

Un beau matin à l’aube rose,
Se sont éteints les yeux moroses.
La main tendue, recroquevillée,
Le mal invisible envolé.




Je suis Djamel

Par Ahmed Bensaada

#Je_Suis_Djamel*

La foule était là, tapie dans la forêt, en feu
La foule était là, avec sa queue et ses cornes
La foule était là avec ses sabots et son odeur de soufre
La foule était là, attendant sa proie, avide de sang et de miasmes

Lui est venu pour aider, guitare en bandoulière
Lui était guilleret, troubadour des temps modernes
Lui était heureux, le cœur au bout des doigts
Lui était la bonté, un ange au milieu des ténèbres

Lui était joyeux, la foule était lugubre
Lui chantait, la foule hululait
Lui riait, la foule éructait
Lui était gracieux, la foule était laide

La foule a bondi, agrippé, trainé, tabassé
La foule l’a piétiné, lynché, brulé, égorgé
La foule s’est rassasiée de chair brulée
La foule s’est repue de son sang, de son âme, de son utopie

Lui c’est la beauté portée par son nom
La foule c’est la laideur des arbres calcinés
Lui est au paradis, la foule est en enfer
Et moi, moi, pauvre moi, #Je_Suis_Djamel

Ahmed Bensaada

12/08/2021
https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=567%3Ajesuisdjamel&catid=46%3Aqprintemps-arabeq&Itemid=119&fbclid=IwAR0WD99qXe4GB57XSfbjd92L3ys99shVVktKVwzs0HQ61JXrjUQvG3haoQU


Citoyen lynché et brulé vif à Larbaa Nath Irathen : le parquet ordonne l’ouverture d’une enquête

Le procureur de la République, près le tribunal de Larbaa Nath Irathen (Cour de Tizi Ouzou), a ordonné jeudi l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de décès d’un citoyen lynché et brulé vif dans la région de Larbaa Nath Irathen, suite aux soupçons sur son implication dans les feux de forêts qui ont ravagé la région.

« Suite aux vidéos relayées, mercredi 11 août 2021 sur les réseaux sociaux, montrant l’assassinat d’un citoyen (mortellement brûlé et lynché), le procureur de la République près le Tribunal de Larbaâ Nath Irathen informe l’opinion publique, conformément à l’article 11 du code de procédure pénale, de ce qui suit : Un groupe de citoyens a arrêté trois personnes qui se trouvaient à bord d’une voiture, suite à leurs soupçons d’être impliqués dans les feux de forêts qui se sont déclarés dans la région de Larbaâ Nath Irathen.

Après les avoir agressés, les services de police sont intervenus pour les secourir et les ont transférés au commissariat », lit-on dans le communiqué du procureur de la République près le tribunal de Larbaa Nath Irathen « Cependant, le même groupe a continué à attaquer le siège de la police avec violence, et a réussi à faire sortir l’un des trois individus du commissariat et à le traîner à l’extérieur, le battant et le brûlant, ce qui a conduit à sa mort.

Les policiers qui sont intervenus pour protéger la victime et la secourir ont également subi des blessures », a ajouté la même source.

« Le Parquet a ordonné à la police judiciaire d’ouvrir une enquête sur les circonstances de cette affaire, et ce, dans l’objectif d’identifier les auteurs et de les traduire devant la justice, pour qu’ils soient sévèrement punis, conformément à la loi, et ce afin que ce crime odieux ne reste pas impuni. L’opinion publique sera informée des résultats de l’enquête », a conclu la même source.




Être humain…

Par Élisabeth

 ÊTRE HUMAIN, arrête un peu ton bras, Arrête tes pensées… Écoute !

Écoute la voix de la Nature, de la Terre, du Ciel.

Écoute ta voix intérieure, celle qui te parle,

Mais que tu n’entends pas. Regarde,

Regarde avec les yeux du cœur,

De l’émotion,

De la compassion,

De l’Amour.

Alors tu verras cette autre réalité,

Plus vraie, plus réelle,

Celle qui transcende la vie et la mort.

Alors les choses n’auront plus la même valeur,

Tu ne vivras plus la jalousie, l’envie, la peur, la haine,

La beauté de l’âme te sera révélée,

Tu connaîtras la Réalité,

Tu connaîtras la JOIE




Dans la forêt lointaine

Par Joseph Stroberg

Dans une forêt perdue,
Loin des sirènes du monde,
Hors des cris et des guerres,
Un village vivait.
Dans une forêt ailleurs,
Loin des agités du monde,
Hors des routes et des cartes,
Un village respirait.
Dans une forêt humide,
Abrités du soleil,
Des villageois chantaient,
Simplement pour la vie,
Simplement pour l’été,
Des villageois riaient,
Pour les arbres et les fleurs,
Des villageois créaient,
Pour leurs frères animaux,
Des nids et des abris,
Des villageois dansaient,
Parmi les oiseaux.
Mais un jour arriva,
Un méchant promoteur,
Autre mot pour brigand,
Qui, des projets, avait.
Un jour apporta le malheur avec lui.
Les monstres mécaniques,
S’approchèrent en meutes,
Abattirent les arbres,
Et les animaux fuirent.
Les villageois pleurèrent,
Les villageois prirent peur,
Leurs dieux, ils supplièrent,
Mais aucun ne put vaincre,
Le dieu du promoteur,
Car celui-ci, puissant, était,
Et Argent se nommait.
Les villageois partirent,
Leur monde était mort,
Ils n’avaient plus d’espoir,
De le voir revivre,
Ils avaient peu d’espoir,
De retrouver un jour,
Ailleurs un paradis.




L’enfant et l’oiseau

Par Joseph Stroberg

Sur les bords du petit lac,
Au milieu de l’été,
Sous un soleil doré,
Éclairant un ciel bleu,
Le parfum des fleurs
Et le chant des cigales,
Parvenaient aux passants.
Sur les bords du petit lac,
Sur un chemin de terre,
Sous un soleil de feu,
Chauffant l’herbe dorée,
Le parfum des cœurs légers
Et le chant des enfants,
Parvenaient jusqu’au ciel.
Sur les bords du petit lac,
Au centre du monde,
Sous le regard des passants,
Un enfant promenait,
La main dans la main,
Avec son fort, son grand papa.
Devant lui un oiseau,
De-ci, de-là, picorait,
Devant lui un oiseau,
Par moment, voletait,
Un oiseau sauvage,
Que tout effrayait,
Mais qui devait manger
Et qui devait boire,
Pour survivre à l’été.
Le papa s’approcha,
Quelques miettes en la main,
Le papa s’approcha,
Bien fier devant l’enfant,
De montrer comment pour l’oiseau,
L’amadouer, il pouvait,
L’apprivoiser, se faisait.
Mais l’oiseau recula,
L’oiseau, plus loin, s’envola.
Et plus le papa approchait,
Plus l’oiseau reculait.
Alors l’enfant,
Plein d’amour pour l’oiseau,
De son cœur, à chanter, se mit,
Alors l’enfant,
Confiant dans l’oiseau,
D’un pas sûr, avança.
L’enfant, serviteur des oiseaux,
Offrit sa joie, sa fraîcheur.
L’enfant, porteur de lumière,
Ouvrit sa main pour l’oiseau.
L’être de plumes s’envola,
Non pas au ciel, mais vers l’enfant,
Et celui-ci le caressa…




Le roi et le mendiant

Par Joseph Stroberg

Un roi dans son palais,
Adorait son trône d’or.
Fort comme un lion,
Rusé comme un serpent,
Il méprisait le faible,
Et insultait le beau.
Partout à la ronde,
L’on s’en cachait bien loin,
Il avait tant d’ennemis,
Mais aussi tant d’armées,
Que la guerre sévissait,
Depuis qu’il était roi,
Depuis qu’il dominait.
Le peuple avait peur,
Le peuple avait froid,
Le peuple avait faim.
Mais le roi s’en fichait,
Il était tout puissant,
Il était sans rival.
Le peuple se cachait,
Quand les armes approchaient,
Le peuple se terrait,
Quand la mort parlait.
Un jour un mendiant,
Au palais arriva.
Le roi aussitôt,
Le mit au cachot.
Alors, le mendiant rit,
Car le roi, vaincu, il avait,
Car maintenant, manger, il pouvait,
Car maintenant, le froid était loin,
Car maintenant, libre, il était,
Dans cette prison de pierre,
Son esprit, libéré, s’était.




À l’horizon du pont

Par Joseph Stroberg


À l’horizon du pont, un homme était assis,
À l’horizon du pont, il regardait le ciel.
Et le ciel était pur,
Et le ciel était beau,
Parce que le cœur de l’homme,
Lotus ouvert sur le lac,
Parce que le cœur de l’homme,
Joyaux brillant de mille feux,
Se voyait dans l’autre,
Se voyait partout,
Où son regard portait,
Au-delà des nuages,
Que chacun créait,
Au-delà des nuages,
Que chacun vivait.
À l’horizon du pont, un homme était assis,
À l’horizon du pont, il pleurait en silence,
Sur le sort de ses frères,
Sur le sort de ses sœurs,
Qui dans ce monde en feu,
Qui dans ce monde en peine,
Souffraient de leur sort,
Souffraient de leur haine,
Sur le sort de ses frères,
Sur le sort de ses sœurs,
Qui dans ce monde stérile,
Qui dans ce monde hostile,
Luttaient contre la mort,
Luttaient contre la vie,
Qui dans ce monde bleu,
Qui dans ce monde hideux,
Ne voyaient pas le mal,
Qu’ils se faisaient eux-mêmes,
Ne voyaient pas le mal,
Qu’ils créaient de leurs peurs,
Ne voyaient que le mal,
Et ne savaient plus aimer.
À l’horizon du pont, un homme était debout,
À l’horizon du pont, il parlait d’une voix ferme,
Pour que le ciel soit pur,
Pour que le monde soit bleu,
À l’horizon du pont, il parlait à ses frères,
À l’horizon du pont, il parlait à ses sœurs,
Il leur disait combien,
En ce jour de printemps,
La mort cachait la vie,
La nuit cachait le jour,
Et que seul importait,
Le fait d’être soi-même,
Sans fard, ni un seul masque,
Le fait d’être soi-même
Un homme plein d’amour,
À l’horizon du pont…




Jumelles

Par Joseph Stroberg

Âme prisonnière
Des rivages obscurs,
Sous les feux de Satan,
Sous l’éclat du Soleil,
Au fond des abysses,
Tu as chu pleurant,
Au fond de la chair,
Tu restes gisant.
Toi qui sans vie
Les mondes imagines,
Pour cacher ta peine
Et calmer ton regret
De ne pouvoir aller
Où hier tu vivais,
Toi qui ne connais plus
Que la peur d’être seule,
Depuis toujours tu cherches
Ta moitié disparue,
Éternellement tu souhaites
Ta jumelle retrouver,
Pour ne former plus qu’un,
Pour enfin l’aimer !




Le Sans Nom

Par Joseph Stroberg

Il est le temps qui passe,
Le ruisseau qui s’écoule,
La montagne qui s’élève
Et la mer qui s’étend.
Il est le vol d’un oiseau,
La course du guépard,
Toile d’araignée,
Coquillages sur le sable.
Il est le sourire d’une femme,
Le regard d’un homme,
La voix d’un enfant
Et la peau d’un vieillard.
Il est celui qui aime,
Il est celui qui crée ;
Chant est son nom,
Lumière son message.
Tu le verras partout
Où se poseront tes yeux,
Tu l’entendras partout,
Quand sauras écouter.
Mais d’abord, ouvre ton cœur ;
Il t’y attend,
De toute éternité.




L’Homme et l’enfant

Par Joseph Stroberg

Ô homme ! animal nuisible !
Combien de tes frères,
Combien de tes sœurs,
Sur ta mère la Terre,
Pourchasseras-tu ?
Sur ta mère la Terre,
Extermineras-tu ?
Si souvent, tu fermes les yeux,
Si souvent, tu fermes ton cœur,
À ton enfant qui crie,
À ton enfant qui pleure !
Empli de ton importance,
Du haut de ta morgue,
Comment pourrais-tu,
Pourquoi voudrais-tu
Te pencher sur les êtres
Que tu as mutilés,
Te pencher sur les êtres
Qui appellent dans la nuit
Une aide, un secours,
Qui attendent dans la nuit
Une réponse d’amour
Qui jamais ne vient ?




Gaïa

Par Joseph Stroberg

Ô, vestige de Gaïa,
Ton soleil s’en est allé !
Ô, Gaïa la splendide,
Au fond de tes océans sans vagues
Seul un noir silence existe ;
Au fond de tes océans sans âge,
Seule la mort repose !
Dans leur aveuglement maudit,
Dans leur orgueil insensé,
Les hommes ont fait leurs œuvres,
Les hommes t’ont détruite !
Et nul ne connaîtra plus
Tes forêts enchantées,
Ta faune chamarrée.
Et nul ne connaîtra plus
Tes vertes collines,
Tes montagnes blanches.
Nul ne connaîtra plus
Ton ciel azuré,
Tes nuages de coton,
Et tes parterres fleuris…
Tes mers se sont vidées,
Tes océans se glacent
Et tes continents figés,
Tes sols vitrifiés
Craquent,
Se lézardent,
Se déchirent,
Sous les météores…
Même la Lune t’a quittée,
Lasse d’observer ta ruine,
Triste pour ton sort cruel.
Monde hostile et pestiféré,
Seule, déchiquetée, ravagée,
Dans l’obscurité spatiale,
Entre les galaxies,
Tu erres désormais,
À jamais…
À cause des hommes !
À cause des hommes qui se sont suicidés,
Jamais plus la vie n’accueilleras
Et pour les siècles des siècles,
Ton nom signifie…
Mort !
À cause des hommes !




L’arbre

Par Joseph Stroberg

Dans le jardin d’Eden,
Vivait un arbre immense,
Le témoin éternel,
La sagesse infinie.
Cet arbre portait des fruits,
Depuis l’aube des temps,
Et les nourrissait,
Comme une mère ses enfants.
Cet arbre aimait ses fruits,
Pommes d’or par myriades,
Et ceux-ci étaient l’arbre,
Et ceux-ci s’entraimaient.
Univers à lui seul,
Il n’était qu’harmonie,
Et son sein vibrait,
Et son cœur chantait,
Vers le grand Créateur
Dont il émanait,
Vers le Un cosmique
Qu’il était aussi.
Mais un jour, mais une nuit,
Il y eut un éclair,
Il y eut un nuage.
Mais un jour, une nuit,
Naquit l’ombre en ses branches,
Et ses fruits dans la lumière,
De mille feux resplendirent,
Ses fruits dans la lueur,
L’un l’autre découvrirent.
Peaux lisses et nues sous l’informe,
Chairs dorées sur le vide,
Ses pommes virent l’ailleurs,
Respirèrent l’infini
Et souhaitèrent s’y fondre.
Un instant translucide,
Dans une goutte de temps,
Les deux tiers quittèrent l’arbre,
Pour tomber vers quoi ?
Pour tomber jusqu’où ?
Les deux tiers quittèrent l’arbre
Et churent longtemps,
Longtemps.
Et un jour ou une nuit,
Le sol, elles heurtèrent
Et amèrement s’y meurtrirent.
Et un jour d’une nuit,
Elles se coupèrent, se déchirèrent,
Et furent depuis lors
Séparées, désunies,
Et furent depuis lors
Par moitiés, perdues…




Après avoir exploré les horizons du monde

Par Joseph Stroberg

Après avoir exploré les horizons du monde,
L’univers des songes et celui des chimères,
Les chemins escarpés, les déserts de feu, les flots en furie
Et les terres enneigées, je demeure.
Après avoir cherché, longtemps, dans le silence de la foule,
Dans le bruit de la nuit, et dans les lointains espaces,
La clef des mystères, les clefs de la vie,
En moi-même, j’ai trouvé, ce que nul livre ne disait,
En moi-même, j’ai rencontré, ma plus belle source,
Celle de l’amour, de la lumière et de la vie,
En moi-même, j’ai trouvé… qui j’étais.
Et maintenant, je demeure, et maintenant je suis,
Je ne cherche rien d’autre que la plus grande Lumière,
La lumière ultime, le divin essentiel,
Qui par ma vie, sera, exprimé dans ma chair.




À celle qui sait

Par Joseph Stroberg

Par delà les mondes chimériques de la lune Alpha,
Vallée engloutie aux mystères insondables,
Révolte passée d’un empire disparu,
Dans les cavernes froides de l’ancienne mémoire,
Gisait la belle aux yeux de jade, au cœur rayonnant,
La femme solitaire dans son tombeau ouvert,
La femme solidaire des soldats perdus,
L’éternelle flamme du grand Jalussen,
Le Dieu immortel aux mille visages,
Le Dieu d’une reine qui n’attendait plus.
Cent siècles déjà, d’un long tourment issu,
La beauté incarnée irradiait d’or et pourpre,
Espérant le prince qui la comprendrait,
Inconnu des lointaines terres,
Des collines et monts délétères,
Sur son cheval ailé arrivant enfin.
Surgi un jour d’hiver, un moment magique,
Dans ses bottes salies par la neige grise,
L’homme avançait, en infinie paix,
Sûr de son destin, de la rencontre ultime,
Avec sa promise moitié, sa sœur de toujours,
Avec sa promise moitié, il vivrait l’Amour,
Le seul, le vrai, l’infini, l’immortel…
Les deux moitiés s’unirent d’une puissante étreinte,
Leur joie vibrait partout où le regard portait,
Ils étaient là, enfin complets, enfin unis,
Et aucune distance ne compterait plus
Car le lien établi l’était à jamais.
Ils s’étaient libérés, êtres lumineux au cœur pur,
Ils s’étaient libérés, homme et femme au cœur sûr,
Passant l’épreuve du temps, le dernier défi,
Passant l’épreuve du vent, de l’illusion subtile,
Et plus rien ne pouvait, plus rien de voulait,
Les empêcher en eux, de vivre l’éternité.




Peu importe où elle est

Par Joseph Stroberg

Peu importe où elle est,
Peu importe où elle va,
Le roi la connaît, le roi la verra.
Son âme est en lui, son âme est en elle,
Et d’un chemin au suivant,
De carrefours en impasses,
Seul ce qui compte
Est l’essence de l’amour.
Libres comme l’air,
Le vent et la vie,
Chacun poursuit son but,
Chacun donne son être,
À son destin humain,
À son frère et sa sœur.
Et dans l’immense clameur
De ceux qui cherchent encore
À ne plus souffrir,
À ne plus avoir peur,
Ils marchent d’un pas sûr,
Par la force de leur cœur,
Jusqu’à ce que tombe la nuit
Sur un monde qui demeure,
Jusqu’à ce que monte l’envie
D’un avenir meilleur.
Ils sont Homme, ils sont Femme,
Tant que leur corps les soutient,
Et demain verra naître
L’Esprit en leur sein,
Et demain sera jour
Pour le genre humain.