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Plus c’est gros et plus ça passe

En de nombreuses occasions, les élites ont menti à leurs peuples pour les pousser à la guerre. Si les exemples assez récents de l’affaire des couveuses au Koweït et des armes de destruction massive en Irak (ayant respectivement servi de casus belli pour la Guerre du Golfe en 1990-1991, puis la seconde guerre contre l’Irak en 2003) peuvent être encore dans les mémoires, il existe d’autres cas passés sous le radar ou complètement oubliés, tels que celui rapporté par l’article suivant.

[Source : Jeune NATION]

Roosevelt : le Discours de la « Carte Secrète »

ROOSEVELT : LE DISCOURS DE LA « CARTE SECRÈTE »

Le Président Franklin Roosevelt était un maître dans l’art de la tromperie. En au moins une occasion, il admit sans détour être prêt à mentir pour atteindre ses objectifs. Lors d’une conversation en mai 1942 avec son proche conseiller juif, le secrétaire au Trésor Henry Morgenthau, le président fit remarquer :

« Vous savez, je suis un jongleur et je ne laisse jamais la main droite savoir ce que fait la main gauche… Je peux avoir une politique pour l’Europe et une, diamétralement opposée, pour l’Amérique du Nord et du Sud. Je peux être totalement inconsistant et, de plus, je suis tout à fait prêt à induire en erreur et à dire des mensonges si cela peut aider à gagner la guerre. » 

Roosevelt n’était ni le premier ni le dernier président à mentir au peuple. Mais rarement une figure politique majeure aura prononcé un discours à ce point truffé de mensonges aussi culottés que Franklin Roosevelt lors de son allocution du jour de la Marine le 27 octobre 1941, à Washington, DC, lors d’un grand meeting retransmis en direct sur les radios nationales.

Le président Roosevelt prononce son discours du « jour de la marine » le 27 oct. 1941 retransmis en direct à tout le pays. Cette allocution historique faisait partie de ses efforts pour promouvoir le soutien du public à la guerre contre l’Allemagne. Cette photo est tirée d’un reportage d’actualité.

Beaucoup de choses se sont passées dans les mois qui précédaient. Le 11 mars 1941, Roosevelt signait la loi de Prêt-Bail autorisant une augmentation des livraisons d’aide militaire à la Grande-Bretagne – une politique qui violait la neutralité américaine et le droit international. En avril Roosevelt envoya illégalement des troupes américaines occuper le Groenland. Le 27 mai il prétendit que les Allemands s’apprêtaient à « dominer le monde » et proclama pour les U.S.A. « un état d’urgence national illimité ». Faisant suite à l’attaque allemande en URSS en juin, l’administration Roosevelt entreprit la livraison d’aide militaire à des Soviétiques aux abois. Ces livraisons constituaient également une violation flagrante du droit international. En juillet, Roosevelt envoya illégalement des troupes occuper l’Islande. Et en septembre, Roosevelt annonça un ordre de « tir à vue » aux navires de guerre américains pour attaquer les navires allemands et italiens en haute mer.

Le président a commencé son discours du Jour de la Marine en rappelant que les sous-marins allemands avaient torpillé le destroyer américain Greer, le 4 septembre, et le destroyer Kearny, le 17 octobre. Dans un langage hautement émotionnel, il qualifia ces incidents d’actes d’agression non provoqués à l’encontre de tous les Américains. Il affirma que, bien qu’il ait cherché à éviter le conflit, les tirs avaient commencé et que « l’Histoire retiendrait qui avait tiré en premier. » Ce que Roosevelt a délibérément omis de préciser, c’est que dans chaque cas, ce sont les destroyers américains qui ont commencé à attaquer les sous-marins, lesquels ont tiré en autodéfense, uniquement en dernier recours. Malgré son ordre de « tir à vue » – qui rendait le genre d’incident qu’il condamnait si pieusement inévitable – Hitler continuait de chercher à éviter la guerre avec les États-Unis. Le dirigeant allemand avait expressément ordonné à ses sous-marins d’éviter à tout prix les accrochages avec les navires de guerre américains et de ne tirer que pour éviter d’être coulé. En dépit des efforts de Roosevelt pour amener Hitler à déclarer la guerre aux États-Unis, la majorité des Américains restaient opposés à une intervention dans le conflit européen.

Et c’est donc dans le cadre de ses efforts pour convaincre les Américains que l’Allemagne était une menace pour leur sécurité, que Roosevelt poursuivi son discours du Jour de la Marine avec une annonce sensationnelle :

« Hitler s’est souvent défendu de vouloir étendre ses conquêtes au-delà de l’Atlantique… J’ai en ma possession une carte secrète, établie en Allemagne par le gouvernement d’Hitler — par les planificateurs du nouvel ordre mondial. C’est une carte de l’Amérique du Sud et d’une partie de l’Amérique centrale telle que Hitler se propose de la réorganiser. »

Cette carte, expliqua le président, montrait l’Amérique du Sud ainsi que notre « grande artère vitale, le canal de Panama »partagée en cinq États vassaux sous domination Allemande. « Cette carte, mes amis, est la preuve que les nazis visent non seulement l’Amérique du Sud mais également les États-Unis. »

Roosevelt enchaîna en révélant qu’il avait aussi en sa possession « un autre document établi en Allemagne par le gouvernement d’Hitler. Il s’agit d’un plan détaillé pour abolir toutes les religions existantes, Catholique, Protestante, Musulmane, Hindou, Bouddhiste et Juive » qui sera imposée par l’Allemagne « à un monde soumis si Hitler gagne »

« Les biens de toutes les églises seront saisis par le Reich et ses marionnettes, » poursuivit-il, « les croix et tous les autres symboles religieux seront interdits. Le clergé sera définitivement muselé dans les camps de concentration… Àla place des églises de notre civilisation, il sera édifié une nouvelle église internationale nazie – une église dont les officiants seront envoyés par le gouvernement nazi. Àla place de la Bible, les mots du Mein Kampf seront imposés comme nouvelles écritures saintes. Et à la place des croix du Christ, il y aura deux symboles, – le svastika et l’épée. »

Roosevelt marqua l’importance de ses affirmations sensationnelles. « Il faut bien soupeser », dit-il, « ces sinistres vérités dont je vous ai parlé au sujet des plans hitlériens présents et futurs. » Tous les Américains, dit-il ensuite, « font face à un choix entre le genre de monde dans lequel nous voulons vivre et le genre de monde qu’Hitler et ses hordes voudraient nous imposer. » En conséquence, « nous avons juré de tourner la barre vers la perte de l’hitlérisme ».

Le gouvernement allemand réagit au discours par un communiqué qui rejetait catégoriquement les allégations du président. Les supposés documents secrets, disait le communiqué, « sont des faux grossiers de l’espèce la plus outrancièrement osée. » De plus disait encore le communiqué officiel : « Les allégations concernant une conquête de l’Amérique du Sud par l’Allemagne et l’élimination des églises et des religions du monde et leur remplacement par une église nationale-socialiste sont tellement loufoques et absurdes qu’il est inutile pour le gouvernement du Reich de les discuter ». Le ministre de la propagande Joseph Goebbels réagit également aux affirmations de Roosevelt par un commentaire très largement diffusé. Les « accusations absurdes » du président américain, écrit-il, sont une « gigantesque arnaque » destinée à « remonter l’opinion publique américaine. »

Voici la fameuse “carte secrète » le document cité par le président Roosevelt lors de son allocution du Jour de la Marine en octobre 1941. Il s’agissait en fait d’un faux, œuvre des agents des services de renseignements britanniques dans le cadre d’une campagne bien organisée pour encourager les Américains à soutenir la guerre.

Lors d’une conférence de presse le lendemain de l’allocution, un reporter demanda au président une copie de la « carte secrète ». Roosevelt a refusé, mais a insisté pour dire qu’elle provenait d’une « source indiscutablement fiable ».

Le fin mot de l’histoire ne fit surface que plusieurs années plus tard. La carte existe réellement, mais c’est un faux qui a été produit par les services secrets britanniques dans leur antenne technique clandestine « station M » au Canada. William Stephenson (nom de code : intrépide), chef du service de renseignements britannique en Amérique du Nord, l’a transmise au chef du service de renseignements William Donovan, qui l’a retransmise au président. 

Dans ses mémoires publiés en 1984, Ivar Bryce, agent britannique durant la guerre, revendiqua la paternité de l’idée de la « carte secrète ». L’autre « document » cité par Roosevelt, prétendant décrire l’abolition des religions par l’Allemagne, était, bien entendu, tout aussi fantaisiste que la « carte Secrète ».

En 1941, peu d’Américains pouvaient s’imaginer que leur président pouvait mentir d’un air aussi convaincu sur des questions d’une telle gravité pour la nation et pour le monde. La plupart ont tenu ces propos alarmistes pour vrais. Par son discours historique du Jour de la Marine, Franklin Roosevelt a donc réussi à atteindre son but, qui était de faire peur aux Américains pour qu’ils soutiennent ou au moins tolèrent, sa campagne pour pousser les U.S.A. à la guerre.

Mark Weber

Titre original de l’article paru en anglais sur le site IHR : Roosevelt’s ‘Secret Map’ Speech  (Traduction Francis Goumain)


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