Gaïa

Ô, vestige de Gaïa,
Ton soleil s’en est allé !
Ô, Gaïa la splendide,
Au fond de tes océans sans vagues
Seul un noir silence existe ;
Au fond de tes océans sans âge,
Seule la mort repose !
Dans leur aveuglement maudit,
Dans leur orgueil insensé,
Les hommes ont fait leurs œuvres,
Les hommes t’ont détruite !
Et nul ne connaîtra plus
Tes forêts enchantées,
Ta faune chamarrée.
Et nul ne connaîtra plus
Tes vertes collines,
Tes montagnes blanches.
Nul ne connaîtra plus
Ton ciel azuré,
Tes nuages de coton,
Et tes parterres fleuris…
Tes mers se sont vidées,
Tes océans se glacent
Et tes continents figés,
Tes sols vitrifiés
Craquent,
Se lézardent,
Se déchirent,
Sous les météores…
Même la Lune t’a quittée,
Lasse d’observer ta ruine,
Triste pour ton sort cruel.
Monde hostile et pestiféré,
Seule, déchiquetée, ravagée,
Dans l’obscurité spatiale,
Entre les galaxies,
Tu erres désormais,
À jamais…
À cause des hommes !
À cause des hommes qui se sont suicidés,
Jamais plus la vie n’accueilleras
Et pour les siècles des siècles,
Ton nom signifie…
Mort !
À cause des hommes !

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