La conscience humaine et l’ego

Pour résumer ou paraphraser une partie de l’article (Constitution ésotérique de l’Homme) et en déduire un point de vue concernant l’ego :

L’Homme dispose d’un corps physique équipé de sens pour lui faire percevoir son extérieur;

Il dispose d’un équipement ou véhicule sensible (le corps « astral ») pour réagir aux perceptions sensorielles, pour les éprouver à l’intérieur de lui en les y laissant pénétrer, et ceci représente déjà une forme de conscience;

Il dispose d’un véhicule mental qui lui permet d’observer ses réactions aux perceptions (et donc de connaître les relations entre les choses et les êtres observés).

Cette capacité à observer les réactions aux perceptions représente un premier aspect de la conscience de soi ou conscience individualisée;

L’ensemble des trois véhicules physique, sensible et mental représente la personnalité. La conscience de soi qui en est issue ne comporte aucune tendance morale, car elle est seulement produite à partir de sensations physiques, d’impressions astrales, et de perceptions mentales.

Le développement du corps physique le renforce, le rend plus résistant, afin d’offrir une meilleure capacité d’emprise à la volonté qui se sert de lui.

Le développement du corps astral le rend plus perméable afin d’être pénétré de toutes réalités.

Le développement du corps mental le rendre fluide afin que la tendance naturelle du mental à séparer, différencier, analyser, juger… les réalités soit compensée par la capacité à percevoir les points communs qui les unissent, à établir leur synthèse.

La résistance du corps physique, la perméabilité de son corps astral et la fluidité de son corps mental permettent à l’être humain de s’exprimer comme :

  • un être d’action dont la volonté ne rencontre pas d’obstacle en lui-même. 
  • un être de sensibilité qui ne se limite plus à ce qu’il éprouve, mais est devenu conscient de ce que toute chose et tout être ressentent.
  • un être de compréhension dont l’intelligence rassemble au lieu de discriminer.

Le développement de la personnalité amène la coordination de ces trois corps afin qu’ils fonctionnent ensemble dans l’unité, ceci par l’établissement de multiples relations réciproques entre eux. Il en émerge la Raison. Celle-ci amène les émotions d’un individu à suivre la direction imprimée par ses pensées et à traduire celles-ci en acte.

Cependant, l’Homme dispose d’un autre véhicule, le corps causal (celui qui est la cause des trois précédents, l’auteur de leurs fonctions psychologiques et psychiques). Le corps Causal est l’Identité (l’être) qui réside au centre de la psyché de l’Homme. Cet être de l’Homme est doté de trois facultés : la Volonté (cause du corps physique), la Sensibilité (cause du corps astral) et l’Entendement (cause du corps mental).

Par sa volonté, l’Homme est capable d’initiative, par sa sensibilité il cultive des valeurs et par son entendement il peut émettre des jugements (évaluations, appréciations…).

Son libre arbitre provient de sa capacité à agir en fonction de jugements de valeur (ou de discernement de qualités) sur les choses et les êtres. Un enfant ne possède généralement pas une telle capacité de jugement, évaluation, appréciation ou discernement sur la base de valeurs et donc aucune capacité à agir autrement que de manière automatique ou réactive, sans libre arbitre.

L’Homme est aussi une créature dont la sensibilité est observée par son propre entendement et dont l’entendement est armé de volonté. C’est à cette condition que l’homme est « conscient d’être conscient ».

Le corps Causal est donc la structure de substance subtile qui renferme ces trois facultés et les fait coopérer pour que l’homme soit libre et soi-conscient. C’est pourquoi ce corps est aussi l’âme de l’homme, l’essence de toute pensée vraie, de tout sentiment compatissant, de toute action libre.

C’est parce que ce corps cherche à transmettre sa triple capacité de comprendre, de ressentir et de vouloir, dans des mondes plus denses que celui dans lequel il habite, qu’il s’associe avec les trois corps physique, astral et mental. Ces corps ne sont donc que des véhicules.

La soi-conscience provenant du corps causal résulte de la combinaison de la volonté, la sensibilité et l’entendement qu’elle infuse aux véhicules correspondants (physique, astral et mental, dans l’ordre). Elle est d’essence morale, par la puissance de la vertu de l’âme.

De l’opposition entre la conscience de soi instinctive provenant de la personnalité et de la soi-conscience morale provenant de l’âme naît un combat intérieur entre le « Bien » et le « Mal ».

À force de persévérance, le corps causal amène progressivement la conscience qui réside dans la personnalité au même degré de moralité que lui. Lorsque ceci est atteint, la personnalité est alors « transfigurée » et l’Homme pénètre sur le « sentier de sainteté ».

D’un certain point de vue, l’ego de l’Homme n’existe pas vraiment. Il ne s’agit pas d’une entité ou d’un système spécifique au même titre qu’un des corps évoqués. Il s’agit plutôt d’une conséquence du processus de conscientisation de la personnalité sous la directive de l’âme. Cet effet se manifeste surtout à partir du moment où le mental de l’individu est actif et tant que la personnalité n’est pas transfigurée ou proche de l’être.

L’effet d’ego se manifeste notamment tant que la coopération entre le corps mental et le corps causal n’est pas suffisamment harmonieuse. Dans cette coopération, le corps causal fournit « l’intuition d’être » puis le corps mental dote l’individu de pensées qui permettent de refléter cette intuition dans des perceptions de soi, répétées. Cependant, en absence de synergie suffisante, et donc lorsque l’influence de l’âme reste secondaire, les perceptions de soi sont déformées par la « matière », les mirages et les illusions qui perturbent encore les perceptions sensorielles, les réactions sensibles à ces réactions, ainsi que les observations, interprétations et déductions mentales établies sur la base de ces réactions.

L’ego existe surtout par l’incapacité relative et transitoire de l’être humain à se laisser pénétrer des réalités extérieures et à les observer de manière fluide.

Le sentiment d’importance de l’ego, sa surestimation, provient du mouvement dont il procède : du plan physique dense (représentant la multitude, en raison notamment du fait du grand nombre de molécules ou d’atomes dans un objet solide) vers le mental plus aérien (représentant davantage l’unité en raison de l’état dispersé des substances gazeuses qui pour un même volume que le solide comportent bien moins d’éléments). Il s’élève de la multitude vers la singularité et depuis le plan mental tend alors à se percevoir de manière plus universelle (dans le sens unitaire) par rapport à la multiplicité et la différenciation des formes de la matière dense. De son point d’observation dans le mental, il se voit alors plus universel et important que toute la multitude des formes différenciées existant dans le plan physique. Et, de ce point de vue, plus un individu est mental, plus son ego se sent important.

À l’inverse, la soi-conscience provenant de l’âme se perçoit comme une singularité dans une universalité. Car sur le plan causal (des causes notamment de son incarnation), la conscience naît du mouvement de l’universel (ou de l’unité) vers le particulier (ou le monde des multiples singularités). Elle se ressent en quelque sorte comme une simple goutte d’eau dans un océan universel, une simple étincelle d’un grand feu cosmique. D’où l’humilité (« je ne suis qu’un aspect du Tout »), le service (dévouement de la partie au Tout), la décentralisation et l’impersonnalité (« je ne suis pas au centre du tout ») … qui sont toutes des qualités de l’âme, opposées à l’ego.

Alors que l’ego naît du multiple pour aller vers l’unité (et s’y sentir universel, très important, au point de se prendre pour un dieu), l’âme naît de l’unité pour se diffuser dans le multiple (et s’y sentir singulière, insignifiante). Il faut donc que l’ego entretienne un rapport très intime avec l’âme pour que la conscience de sa propre universalité (de sa propre importance) se mue en la conscience décentralisée de l’âme : ce n’est qu’au stade final de développement de la personnalité que celle-ci s’unit à l’âme par le biais du mental ; c’est l’étape de la transfiguration de la personnalité, telle que vécue symboliquement par le Christ sur la montagne de l’initiation.

Entendre et écouter pour communiquer, maintenant et dans l’Humanité future

Dans la langue française, deux mots sont utilisés pour représenter les trois étapes d’une véritable communication. Le mot « entendre » s’y trouve dans la première et dans la dernière étape, alors qu’« écouter » représente la phase intermédiaire de la communication.

Lorsqu’un être humain reçoit un message audible émis par un autre, que ce soit directement ou par l’intermédiaire d’un appareil tel qu’un téléphone ou une radio, il commence par l’entendre si le volume sonore reçu est suffisamment important au niveau de ses oreilles. Il commence donc par percevoir le message par son système sensoriel, et plus spécialement par le système auditif du corps physique.

Dans une seconde étape, initialement par un acte de volonté, il doit s’approprier l’information et la laisser pénétrer en lui-même. Il doit se montrer volontairement attentif à ce qu’il entend. Il n’entend pas seulement le message, mais l’écoute. Il y réagit d’une manière ou d’une autre en utilisant sa sensibilité.

Enfin, dans une dernière étape, celle de l’entendement, il utilise son mental pour comprendre le sens de l’information reçue, et aussi pourquoi elle a pu provoquer en lui-même telles réactions sensibles plutôt que telles autres. Il peut maintenant dire à son interlocuteur : « je t’entends bien », je te comprends.

Dans le Nouveau Monde, les êtres humains de la prochaine Humanité, celle qui suivra les Homo Sapiens, parviendront de plus en plus à mettre en œuvre une communication d’une qualité telle qu’elle existe rarement de nos jours. Non seulement leurs sens physiques pourront être plus affinés, comme c’est le cas pour les autistes qui sont littéralement agressés par les sons dès qu’ils dépassent un niveau sonore pourtant acceptable pour les autres. Mais ils disposeront d’un véhicule sensible ou « astral » beaucoup plus transparent ou perméable aux impressions en provenance du monde extérieur.

Les précurseurs actuels, êtres humains atypiques et encore très minoritaires, se trouvent ici aussi en difficulté. Leur capacité naturelle à intégrer en eux toutes les réalités extérieures captées, par le biais de leurs sens affinés et par leur transparence astrale, fait qu’ils doivent trouver des stratégies pour se protéger de la négativité ambiante dont l’absence de moralité n’est pas le moindre facteur. Le plus souvent, ils n’ont pas d’autre choix que de se replier sur eux-mêmes, parfois jusqu’à se mettre en position fœtale. De surcroît, non seulement par leur hyper sensibilité, mais aussi par leur inadaptation relative au monde actuel (étant précurseurs de la future Humanité et adaptée à celle-ci), ils tendent à souffrir particulièrement, d’autant plus que leur mode de communication n’est pas encore compris. Pour diminuer drastiquement leur souffrance inhérente à leurs spécificités, ils doivent fournir un travail d’adaptation soutenu, souvent pendant de longues années, ceci en utilisant leur force de volonté en provenance directe de l’âme.

Les caractéristiques sensorielles et sensibles de tels précurseurs font qu’ils vivent le plus souvent une bonne partie de leur vie ou au moins de leur jeunesse comme une période d’angoisse ou de terreur profonde face au monde actuel étranger à leur nature.

Sur le plan mental, les êtres humains de la future humanité auront, comme leurs précurseurs actuels, une fluidité rarement expérimentée de nos jours. Celle-ci leur donne la capacité à se déplacer d’un point de vue à l’autre sans s’y attacher outre mesure, et donc à globalement acquérir une perception mentale multiforme ou multidimensionnelle. Dans le même temps, ils montreront une grande acuité mentale et une capacité à gérer un grand flot d’informations différentes, à les relier entre elles, à voir leurs points communs, à percevoir leurs contradictions apparentes ou réelles, les erreurs de logique, l’absence ou la présence de « raison », leur caractère illusoire ou réaliste…

Simultanément, leur inspiration leur fournira un appui essentiel pour leurs créations et leurs échanges relationnels transparents. De tels êtres ne peuvent en effet fonctionner dans le mensonge. Ce qu’ils créent est le reflet de leur être profond, de leur âme, de la même manière que ce qu’ils disent. Ils ne peuvent vivre dans la demi-mesure, les faux-semblants, l’hypocrisie, la superficialité… qui sont contraires à leur nature. Ils sont entiers, et non pas morcelés en parcelles physiques, émotionnelles, et mentales dispersées aux quatre vents.

Sur le plan de la communication, l’aboutissement de la prochaine humanité sera la télépathie mentale généralisée.

Effets de la censure

La censure est une atteinte à la libre circulation de la connaissance, d’une information ou d’une opinion exprimée sous une forme ou une autre (écrite, verbale, visuelle…). Elle représente un blocage de la transmission d’énergies mentales entre individus. Elle peut donc être responsable de dommages autant pour l’émetteur que pour ceux qui ne peuvent plus ainsi recevoir la connaissance, l’information ou l’opinion émise.

Chez l’émetteur qui tente de diffuser une connaissance, une information ou une opinion, la censure peut provoquer de la frustration, de la colère ou d’autres émotions négatives. À long terme, elle peut engendrer des problèmes de santé si la réaction sensible n’est pas sublimée ou transcendée par le pardon envers les censeurs ou par l’acceptation de la condition limitante (qui peut être perçue constructivement comme un défi à relever).

De l’autre côté, ceux qui auraient pu ou dû recevoir l’information n’en tirent évidemment pas le bénéfice attendu. Dans des cas extrêmes, la censure peut les mettre en danger ou accroître leur vulnérabilité. C’est particulièrement le cas s’ils ne sont pas justement informés par exemple de l’arrivée d’un tsunami ou d’une tempête tropicale.

Sur un plan plus occulte ou plus profond, comme chaque fois qu’une énergie ne peut pas s’écouler librement, la nature ou l’esprit va chercher un moyen de contournement. Et plus l’information bloquée est vitale, plus grande sera la volonté appliquée pour la diffuser malgré tout par un autre moyen. Par analogie, si on place une digue pour détourner le cours d’une rivière, celle-ci va trouver un autre chemin. Si on la bloque avec un barrage, elle va s’accumuler encore et encore jusqu’à parvenir à le briser (dans la pratique, les barrages hydrauliques ne bloquent pas totalement le courant. La partie qu’on laisse s’écouler est celle qui est récupérée pour en transformer l’énergie en électricité).

Les censeurs peuvent également être tentés de détourner un flux d’information ou de connaissance pour en récupérer l’énergie à leur profit et pour leurs propres objectifs. Mais l’émetteur aussi bien que les receveurs peuvent le percevoir et délivrer de nouvelles informations en conséquence.

Cependant, une connaissance ne peut être bloquée, étouffée, détournée ou dénaturée que de manière limitée dans le temps et dans l’espace. La nature ou l’esprit de l’Homme lui permettront toujours de découvrir de nouveaux moyens de la transmettre, et ceci de manière de plus en plus juste et appropriée.

Au pire, une censure implacable maintenue sur une durée importante et sur un vaste espace (tel que la planète entière) pourrait même forcer l’espèce humaine à développer ses facultés télépathiques pour l’instant inconscientes ou embryonnaires. Quoi qu’il en soit, la censure amène une nouvelle prise de conscience et de nouvelles capacités collectives et individuelles. Et elle finit par se retourner contre ses auteurs dont la nature véritable est alors révélée.


La fin des temps

[Source : Urantia Gaïa]

La Fin des Temps

Publié le 28 octobre 2015 par Le Passeur

Robert Venosa13

Par Bernard de Montreal. (En 1988)

La prochaine époque remplacera l’involution, et la fin de cette dernière annoncera une nouvelle garantie de vie sur Terre, issue d’une transformation profonde du mode d’existence que nous connaissons aujourd’hui. La fin de la civilisation moderne se fera sentir graduellement, à mesure que grandira l’escalade des conflits, insolubles dans les conditions actuelles de l’entendement humain. Viendra le temps où les gouvernements n’auront plus de solutions devant les problèmes grandissants de l’humanité ; ce temps commence déjà à se faire sentir, mais beaucoup de souffrances alourdiront encore la vie avant la fin de cette période.

De même que dans la vie personnelle l’homme vit des situations qui semblent insolubles, de même sur le plan international l’humanité vivra des conflits dont l’opposition d’intérêts rendra la résolution difficile ; cela est dû à l’ignorance des peuples et à l’absence d’intelligence créative de la part des gouvernements. Cette période sombre sera suivie d’une nouvelle forme de civilisation au coeur de laquelle l’homme découvrira des forces créatives différentes. Dans la vie personnelle, un changement de cap nécessite une crise profonde pour que se manifestent de nouvelles énergies. Il en sera ainsi à la fin du cycle présent. L’humanité connaîtra une crise tellement grave que l’homme saura, sans le moindre doute, qu’il est sur le point de vivre quelque chose de neuf dont il ignore la puissance créative et transformationnelle.

La crise mondiale et planétaire prendra son origine dans ces forces psychiques de l’humanité, qui doivent être profondément transformées pour que naisse une civilisation totalement modifiée dans ses principes de vie et d’évolution. L’humanité verra sa conscience renversée. La crise mondiale permettra à l’homme de s’élever sur une plus haute échelle d’évolution, selon des principes nouveaux engendrés par la crise, qui mettra en jugement toutes les formes d’idéologies qui divisent les peuples. De cette crise profonde naîtra une nouvelle vision de la vie planétaire, et les peuples s’uniront contre la mort de l’esprit. L’homme est totalement inconscient des forces de vie sur Terre, car il n’a aucune compréhension du fonctionnement évolutif d’une planète expérimentale en voie de développement psychique. La crise mondiale, déjà amorcée dans son mouvement, servira de fondation à la reconnaissance des forces dans l’univers qui alimentent l’évolution de l’homme, et son esprit s’élèvera au-delà de ses conceptions limitatives actuelles.

La fin du cycle servira de point de départ pour une nouvelle réconciliation avec la vie, à laquelle les peuples adhéreront à tout prix, car la crise aura terni dangereusement la conscience de l’humanité en lui faisant vivre les horreurs de sa propre initiation planétaire. Le mental humain doit s’éveiller et s’élever au-delà des idéologies sectaires, et les grandes connaissances de l’humanité doivent être données aux masses afin qu’elles bénéficient de ce qui est grand et noble dans l’esprit et qu’elles aient l’explication finale de la nature de la vie et de l’évolution. La connaissance ne pourra plus être refusée aux pauvres de la Terre, puisqu’elle est à l’esprit ce que la nourriture est au corps matériel. Le corps émotif de l’humanité souffrira intensément. Cette souffrance existe déjà chez l’homme, mais elle n’a pas encore atteint son paroxysme. Une grande loi de l’évolution des systèmes veut que tout changement dans la nature des choses soit accompagné ou précédé d’une grande souffrance, c’est-à-dire une grande énergie qui transforme. Les conditions de cette transformation ont été établies depuis la fondation des sphères et font partie de la force interne de la conscience collective en évolution.

La crise mondiale impliquera toutes les nations et affectera tous les hommes. C’est l’universalité de la crise et son insolubilité apparente qui éveilleront la conscience, en faisant réfléchir l’homme de la rue et l’homme de l’état avec plus de rigueur et de concret. La crise mondiale mettra un terme aux illusions politiques des nations, selon lesquelles l’homme peut faire face à toutes les éventualités. Les conséquences de ces illusions ont déjà été révélées dans certaines oeuvres hermétiques, mais l’homme ne les a pas encore vécues et ne peut encore en comprendre la portée réelle.

La fin du cycle engendrera des forces qui détermineront l’orientation future de l’humanité. Ceux qui font partie de la nouvelle conscience humaine perçoivent déjà les bienfaits de la crise mondiale à long terme, mais peu en connaissent les conséquences sur le plan vital. L’homme est trop inconscient pour voir ce qui ne se voit pas à partir des yeux de l’ego ; doté d’une conscience éveillée, il pourra facilement sentir que l’avenir de l’humanité ouvrira toutes grandes les portes de l’impossible. À partir de la vision de l’impossible, la conscience future pénétrera dans les secrets de la vie, qui lui permettront de comprendre ce qui est réservé aux initiés de la nouvelle alliance, entre l’homme et le double. Celle-ci lui donnera accès à la destinée des nations, alors que lui-même pourra voir concrètement son rôle créatif dans la vie future des nations en évolution rapide.

Il faudra encore un peu de temps pour que l’humanité saisisse la réalité nouvelle de la prochaine époque. Des événements clés, dont l’ordre dépasse la logique purement matérielle de l’homme, renverseront les conceptions du mental inférieur, afin que l’homme puisse entrer dans une nouvelle phase d’évolution devant transformer profondément la conscience de l’humanité, à tous les niveaux de la conscience planétaire. Les masses humaines connaîtront des choses qu’aujourd’hui l’homme de la rue se refuse à contempler, car il a été trop conditionné par l’involution. Les conceptions présentes de la vie doivent être fracassées pour qu’une vie nouvelle prenne racine. L’homme devra réaliser que le cosmos est une vaste entreprise évolutive, à des niveaux d’expérience dépassant l’imagination involutive. Les nations de la Terre ne pourront être asservies au passé lorsque viendront frapper à la porte de leur conscience les forces nouvelles.

Les prochaines générations connaîtront des événements que l’homme pressent, mais qu’il ne pourra affronter qu’avec une intelligence fondée sur une volonté réellement créative. Les nations se complaisent à vivre les jeux astralisés de la conscience planétaire, mais le prix de ces jeux sera élevé ; les forces de vie astrales atteindront en effet un niveau de puissance qui fera pâlir les actions démoniaques des pires démagogues que l’humanité aura connus. Le choc sera tel que l’homme devra reconnaître enfin que la vie future de l’humanité ne pourra pas être fondée sur les principes de l’ancienne civilisation.

Susan Seddon Boulet13

La fin du cycle coïncidera avec la présence de forces occultes dont le pouvoir sera mondial. La terminaison du rôle purement politique des gouvernements fera ressortir de la conscience planétaire une énergie créative nouvelle, suffisamment puissante pour détourner, pendant une très longue période à venir, les courants d’énergies inférieures qui paralysèrent la conscience de l’homme depuis le début de l’involution. Le caractère mondial de la crise renversera les valeurs humaines à un tel point que les hommes reconnaîtront que la vie a plusieurs dimensions, et qu’un aspect de ces dimensions est actif sur Terre pour permettre à l’être de poursuivre son évolution dans un cadre de vie de plus en plus équilibré. L’humanité devait auparavant se suffire à elle-même, tandis qu’à l’avenir elle sera aidée des sphères éveillées, et cette aide sera reconnue mondialement. L’époque de l’involution sera remplacée par une grande vision fondée sur le rassemblement des forces psychiques de la planète.

La crise ne sera pas refusée par les hommes de lumière, car ils savent déjà qu’elle doit être vécue afin que le choc élève l’humain ; mais son sens hermétique sera rendu public pour que ceux qui ont suffisamment de lumière puissent bénéficier de ce qui fait partie du savoir universel, et que l’homme éveillé puisse subir ces grands événements sans en souffrir sur le plan psychologique. Comme la fin du cycle sera démystifiée, l’homme conscient pourra y reconnaître les éléments de base dont furent construites les grandes prophéties de l’humanité.

Un de ces éléments de base prophétisé par les grands voyants de l’histoire sera le contact imminent entre les hommes de la Terre et d’autres êtres vivants venant des profondeurs de la galaxie. Ce contact avec l’homme ne pourra plus être camouflé psychologiquement, car l’évolution nécessitera un tel contact, qui provoquera un affrontement entre différents niveaux de la réalité. Tant que ce contact ne sera pas établi officiellement, les hommes demeureront des êtres englobés par la petitesse de leur vision, et continueront à vivre selon les lois involutives d’une civilisation qui a perdu le sens du réel. Que l’homme ignore la réalité, c’est une chose explicable par son ignorance millénaire, mais qu’il demeure dans cette ignorance est impossible, car la vie exerce tous les pouvoirs sur la conscience de l’humanité, tant que l’homme n’aura pas atteint un niveau de conscience lui permettant de la contrôler dans son évolution.

Les hommes ont débattu longtemps la réalité du phénomène ovni, alors que ceux qui expérimentèrent ce phénomène virent leur propre vie et leurs attitudes changer face à l’expérience qui en dit long sur l’univers en général. La fin du cycle éclairera ce contact entre l’homme et d’autres espèces, et le choc de vie qui en résultera forcera l’homme à s’éveiller à une autre dimension du réel, pour contempler un avenir avantageux à tous les points de vue de sa conscience planétaire et universelle.

La fin d’une époque représente pour l’humanité une grande transformation dans son mode de penser, et celle-ci à lieu lorsque les forces en évolution ont atteint la limite possible de leur perfectionnement. Une nouvelle dynamique est alors créée et établie par les forces vivantes et invisibles de la vie, à travers un nouveau réseau de consciences. Une telle transformation requiert que les formes présentes au sein de la civilisation soient profondément touchées au cours du nouvel âge, période qui suit la fin d’un cycle. L’évolution future de la Terre répondra à une baisse profonde du niveau d’énergie spirituelle sur le globe, entraînant ainsi un besoin des plans d’injecter dans la conscience de l’humanité une nouvelle force mentale pour obliger l’humanité à réévaluer ses conceptions à partir d’une prise de conscience reliée à des événements d’ordre cosmique qui s’abattront sur le globe et feront réagir l’homme devant le constat de son inconscience. L’humanité passera d’un niveau d’évolution à un autre et entreprendra son passage de l’involution à l’évolution, qui l’amènera à la réalisation de sa seconde fondation, celle qui représentera le nouvel âge de l’homme.

L’éclatement de la conscience humaine et son ascension vers d’autres plans de perception s’accentueront à mesure que l’homme découvrira que l’intellect, ou le mental inférieur, le limite dans le développement de sa vie intégrale. Son inconscience va de pair avec l’activité du mental subjectif. La fin du cycle involutif changera cette condition dans la vie de l’homme, mais seulement auprès d’un nombre restreint d’êtres au début de l’évolution ou de la période de croissance réelle du moi. La fin des temps, dans son aspect le plus voilé et cosmique, permettra à l’homme nouveau de dépasser les limites actuelles du mental et lui ouvrira de nouveaux horizons, vers lesquels l’humanité se dirigera pour goûter de la vie sur Terre en tant qu’expérience reliée à la vie de l’éther, quand la conscience sera parfaitement éveillée à ses possibilités multidimensionnelles. La victoire sur la mort sera le premier exploit de l’homme nouveau, reconnu objectivement dans le monde. Autant le passé aura envoûté l’homme et mystifié son mental naïf, autant l’avenir de la race-racine fera éclater chez lui des parcelles de la réalité qui feront de lui un être de lumière.

Robert Venosa14

La fin du cycle mettra un terme définitif à l’inhabileté de l’homme de voir au-delà de ses sens matériels. Il deviendra voyant extraordinaire, avancé sur ses frères spirituels de l’involution qui voyaient pour les autres mais ne voyaient pas pour eux-mêmes, car ils ne possédaient pas la clé au mental supérieur, qui délie les mémoires et fait du mental nouveau une assise de la lumière. L’homme nouveau entrera dans une période de croissance psychique qui évoluera en fonction des besoins de l’évolution de la race-racine et des forces nouvelles descendues sur Terre pour l’acheminement de nouvelles vagues de vie ; celles-ci viendront vers le globe pour bénéficier d’une ouverture à l’éther du mental, c’est-à-dire au mental-lumière de l’homme cosmique. Avec son appartenance psychologique et psychique à la mémoire de l’humanité, l’âme coupe l’homme de sa réalité fondamentale et de son droit de connaître l’au-delà immatériel. Que l’homme involutif soit né des ténèbres et plongé dans la matière pour l’évolution de l’âme, c’est une chose, mais qu’il soit une parcelle cosmique non réalisée, c’en est une autre. Les tables de la vie se retourneront un jour en sa faveur, et il reconnaîtra son appartenance à un monde dont la définition ne peut être spiritualisée, de crainte de retarder l’évolution du mental supérieur.

La galaxie est plus qu’un monde d’étoiles brillantes au firmament. Elle représente la demeure d’êtres dont la nature s’entrecroise avec celle de l’homme, dans des domaines de la vie que ce dernier ne peut contempler aujourd’hui à cause de son lien avec le passé de l’âme, cette mémoire qui fut pour lui, depuis toujours, la cause de son ignorance face à la définition du réel. L’homme ne peut réaliser qu’il est différent en nature de ce qu’il est en perception. Il a tellement traité avec ses sens qu’il ne perçoit plus le sens de sa réalité au-delà de sa sensibilité physique. La fin du cycle est inévitable, car l’homme doit croître au-delà de ses limites et finalement reconnaître son appartenance à l’infinité. Cette conscience intégrale fera de lui un être dont la sommation des facultés psychiques élèvera la conscience de la Terre pour rendre compte qu’il est plus grand que l’homme ancien. Imprégnés de cette conscience, les siècles cesseront de battre au rythme des années et un autre temps apparaîtra sur Terre, alors que d’autres êtres venant d’ailleurs participeront créativement à l’actualisation d’une nouvelle civilisation.

Les paramètres psychologiques ou historiques de l’humanité involutive ne conviennent pas à la mesure d’un nouveau cycle, car celui-ci invite la conscience à déborder de ses limites pour découvrir dans l’infini de ses possibilités. Ces dernières s’épanouiront à mesure que l’humanité terminera son cycle involutif, faussé par le mental inférieur de l’homme divisé contre lui-même et en quête d’une solution dont il ne pourra découvrir la réponse qu’à travers la fusion de son énergie avec les plans supérieurs de vie, qui sont à l’origine de sa conscience mentale. Alors que l’involution fut truffée d’illusions appartenant à l’expérience de l’âme, l’évolution sera la clarté même, une grande ouverture sur l’infinité du savoir universel. La fin du cycle instruira l’homme de la décadence de son mental et de la nécessité de vivre un revirement absolu face aux formes et aux valeurs qu’il a créées au cours de l’involution pour affirmer sa conquête sur la matière. Mais la vie aussi doit être conquise, et la conquête fera partie de la nouvelle étendue de la conscience humaine au-delà des sphères purement matérielles de la connaissance rationnelle.

L’intransigeance de l’intellect sera remplacée par l’élévation de plus en plus forte de la pensée humaine. Les générations à venir ne chercheront plus à limiter l’accès de l’homme à sa propre définition universelle à travers les structures angoissantes d’un mental qui veut se fixer dans une permanence qui ne cesse de lui échapper à cause de l’absence de lumière en lui.

L’homme nouveau évitera l’assaut psychique qui déferlera sur l’humanité à la fin du cycle, car il aura compris sa relation intime avec le double dont il utilisera la lumière pour se dissocier de la puissance des reflections subjectives qui assailliront son ego lorsque la vie de la Terre sera remise en question. Il comprendra que la nouvelle vague de vie qui s’installe sur le globe fait partie de la descente des forces cosmiques sur une planète qui n’a connu que l’isolation temporelle et spatiale depuis l’origine de la conscience égoïque. Les intrusions furtives de forces venues d’ailleurs pour l’étude de l’homme et l’aide nécessaire à l’évolution de sa société ne furent que de maigres ressources sur lesquelles l’humanité put compter. Totalement ignorant des lois cosmiques, l’homme fit de ces rencontres des expériences d’ordre spirituel qui retardèrent une fois de plus l’évolution de sa conscience mentale. L’ordre universel demande que toute conscience en voie d’évolution en arrive à rejeter, absolument et à long terme, le besoin d’être dominé par des forces étrangères à sa conscience. Processus applicable seulement lorsque la conscience supramentale sera implantée sur le globe et qu’elle aura commencé à libérer l’homme de sa conscience involutive. L’évolution de la sixième race-racine préparera cette condition future de l’humanité. Elle informera objectivement l’homme des lois universelles et construira son autosuffisance psychologique et psychique, nécessaire pour qu’il puisse passer d’un temps à un autre, d’une dimension étroite de la conscience à une ouverture totale vers la conscience cosmique.

La fin du cycle deviendra évidente lorsque la nouvelle conscience se sera manifestée sur le globe. Les événements mondiaux prendront une tangente de plus en plus inquiétante pour l’homme lorsque la Terre passera à un autre âge où la conscience et les forces psychiques entreront en contact.

Nicholas Roerich49

Les forces psychiques font partie de ces mondes parallèles qui s’ouvriront à l’homme objectivement, afin qu’il puisse comprendre l’ordre universel et les sous-plans de ce même ordre, qui confinent sa conscience actuelle à un processus de reflection subjective plutôt qu’à un acte de création mentale. L’homme nouveau établira un lien avec des plans de vie qui ne risqueront plus de faire de lui un être secondaire. Ayant dépassé les valeurs sociales de sa civilisation, il entraînera avec lui les êtres supérieurement évolués afin de créer une nouvelle configuration psychique qui deviendra le siège du pouvoir occulte sur la conscience de la Terre. Pour que la fin du cycle coïncide avec l’expression des besoins réels de l’humanité, l’homme devra constater la réalité occulte de son moi et comprendre que le lien universel, tel qu’il la connaîtra au tout début de sa fusion, ne représente qu’une infime partie de sa réalité future et universelle. Les hommes de demain connaîtront des niveaux d’expérience tellement étrangers à la conscience des masses qu’il seront obligés de vivre en un lieu en marge de l’humanité involutive. L’élévation du taux vibratoire de la conscience se fera par voie interposée, c’est-à dire que les hommes déjà prêts à entrer en contact avec les mondes parallèles seront amenés par télépathie à rencontrer ceux qui auront en main les clés d’accès à ces mondes.

La Terre n’appartient pas à l’homme tel qu’il le croit. Elle fait partie d’un patrimoine maintenu en évolution de conscience par des forces dont l’intelligence dépasse le petit homme, cet être qui croit que la logique seule peut lui faire comprendre les mystères de la vie. Les temps viennent où ce petit homme prendra conscience que l’invisible de la vie est maître de ses sens et qu’il s’étend à des niveaux d’organisation qui demandent plus que la logique d’un mental inférieur pour se révéler à lui dans toute leur splendeur et toutes leurs formes. Le développement d’une conscience supérieure ne pourra venir qu’à travers l’expérience de chocs suffisamment grands pour élever sa conscience malgré elle, car l’homme moderne est orgueilleux de son intelligence. Il fut trop longtemps coupé de la source universelle pour bénéficier encore d’une intelligence fondée sur la réalité de ses principes, intégrés à un axe de vie qui traverse son psychisme et se fond avec lui à tous les niveaux de son être réel.

La fin du cycle coïncidera avec l’impression ultime d’un autre temps de la conscience, qui fera partie de la descente sur Terre d’une nouvelle énergie créative étrangère à son expérience antérieure. L’homme deviendra de plus en plus perceptif du réel, la logique de ses sens servira à la compréhension des phénomènes inférieurs de la vie, et une autre forme de perception et d’entendement le rapprochera de l’infinité, ces zones d’énergie appartenant à des sphères d’expériences situées au-delà des sens matériels. Lorsqu’il aura compris parfaitement que la mort ne fait pas partie de la conscience humaine intégrale, l’homme entrera dans un temps où la vie n’a plus de fin ; sa conscience s’éthérisera et son rapport avec l’invisible deviendra objectif.

La conscience de l’humanité doit grandir en science. Elle doit s’intégrer à la vie cosmique pour que l’homme prenne sa juste place dans l’univers. Le cosmos est une vaste conscience et l’homme en fait partie. Mais ses sens doivent être libérés de leur lourdeur, car la matière n’est qu’un aspect de la conscience humaine. Au-delà s’étend un monde dont les fondations reposent sur le rapport étroit entre l’esprit et la conscience en évolution. Tant que cette dernière n’aura pas conquis sa propre intelligence, elle devra vivre de la matière et souffrir de l’esprit, car l’esprit ne pourra être intégré que lorsque l’homme aura compris la réalité qui s’étend au-delà de sa reflection égoïque. Cette réalité s’unira à lui, elle l’instruira des autres dimensions et lui rendra l’invisible réel. L’homme découvrira que l’évolution représente son retour à la source ; au cours de son cheminement à travers l’invisible de la vie, il rencontrera des intelligences n’appartenant pas à l’évolution de la Terre mais à celle de l’homme et de sa conscience. L’évolution de la Terre sera assurée et l’homme fera de sa planète un nouveau paradis.

L’évolution de la conscience est reliée à l’ouverture des centres psychiques. L’homme nouveau passera d’un état mental à un autre avant de bénéficier de sa relation avec l’invisible. La fin du cycle favorisera cette ouverture des centres et l’homme verra que la vie et sa réalité s’étendent au-delà de ce que la raison peut entrevoir. La fin du cycle et l’avènement d’une science nouvelle sont deux aspects profondément troublants de la nouvelle évolution. L’homme fera face à des possibilités qu’il aurait crues, il y a seulement quelques générations, le produit d’une imagination fertile. Ces choses se produiront en un clin d’oeil, et le choc qu’elles feront alors sera grand.

La conscience puisera dans cette nouvelle expérience une énergie qui le libérera du connu pour le projeter dans un avenir irréconciliable avec le passé. L’évolution de la race humaine est indissociable des forces de l’invisible, qui serviront l’homme nouveau dans la mesure où il aura le pouvoir de les recevoir et de les soumettre à sa volonté créative. La fin du cycle ne peut être perçue par l’humanité en général, car les centres psychiques de l’homme ne sont pas suffisamment ouverts à l’énergie en évolution. Les êtres évolués et sensibles à leur intelligence intérieure verront se définir la courbe des événements qui mèneront la civilisation actuelle à son rendez-vous final. Ils auront accès à des perceptions de plus en plus objectives de l’avenir de la race, et sauront se protéger en conséquence.

La fin du cycle de vie planétaire conduit toujours la race à supporter un lourd fardeau sur ses épaules affaiblies par la souffrance et l’angoisse d’un avenir incertain. Par contre l’homme nouveau, de plus en plus conscient de l’interpénétration du réel et du planétaire, élèvera sa vision des événements et verra que l’avenir est grand et prometteur. La grande capacité de vivre sa conscience de façon permanente sera le meilleur secours de l’homme et la source de sa plus solide force. Le développement de cette permanence se raffermira à mesure qu’il percevra la nature des événements de la fin du cycle, en fonction de sa sensibilité intérieure. Il sentira descendre en lui une plus grande lumière et une compréhension plus vaste des événements majeurs qui changeront le cours de la civilisation. Ces êtres, qui se retireront de plus en plus de la vie humaine involutive, se réuniront à la fin du cycle dans un espace créé par les forces cosmiques pour leur protection et leur indemnité ; car alors de grands vents secoueront la Terre, dernier signe témoignant de l’apparition de l’âge d’or.

Bernard de Montreal

Bernard de Montréal – Extrait de « La Génèse du Réel » – Editions de la Science Intégrale. (épuisé)

Ouvrage introuvable car non reédité depuis 1988. Il existe toutefois un livre audio/pdf non officiel.

Source : http://www.urantia-gaia.info (en cas de copie, merci de respecter l’intégralité du texte et de citer la source)

L’Esprit du Cœur et le Cœur de l’Esprit

[Source : Urantia Gaïa]

L’Esprit du Cœur et le Cœur à l’Esprit

Publié le 3 janvier 2019 par Le Passeur

Par Le Passeur.

Il n’est pas toujours aisé d’avoir une lecture mentale claire de ce qui est en train d’émerger, tant convergent en ce point précis de l’espace-temps une multitude de chaînes de paramètres, dont certaines se sont formées très loin dans le temps.

Tout nous ramène donc en nous pour ressentir en profondeur que ce qui se joue aujourd’hui en France a une dimension bien plus vaste que ce qu’il n’y paraît encore. Et quelle que soit la vitesse de progression des événements à venir, leurs temps d’arrêt, leurs soubresauts, leurs changements de direction et leur apparente anarchie, quelle que soit l’illusion des victoires des uns et des défaites des autres, il se lève une lame de fond où il n’y aura plus ni victoire ni défaite, mais, dans un moment assez proche, juste la Conscience dans sa pleine lucidité et sa pleine intelligence. Après quoi, plus rien ne sera comme avant.

Ce que nous en voyons pour le moment n’est que la petite partie visible d’un changement de Conscience extrêmement profond qui remue les êtres sans qu’ils aient forcément eux-mêmes la compréhension de ce qu’ils vivent au fond d’eux. L’aspect social collectif noie d’ailleurs un peu plus cette compréhension profonde et intime de ce qui s’éveille en chacun. Cette confusion aura un temps, plus bref qu’on ne pourrait croire, tant que l’Homme se contentera des apparences et incarnera le conditionnement qu’il a reçu à croire que le pouvoir sur sa vie n’est pas dans ses seules mains.

Pour mieux nous guider, nous devons avoir à l’esprit les choses concrètes liées à ce qui est encore, mais de moins en moins, dissimulé.

Les puissances occultes dirigent ce monde, en aucun cas les valets à qui les Hommes pensent confier leur pouvoir. N’entendez pas par là que la puissance occulte ne se situe qu’en-dehors du monde matériel, encore que les forces qui sourcent ces pouvoirs œuvrent, elles, bien en-dehors de la densité. Le pouvoir dont je parle est celui de quelques initiés humains et non-humains, regroupés en des dynasties, entourés de tribus asservies mais profitant des privilèges qu’ils leur octroient.

Au regard de l’humanité, cela représente bien peu de gens concentrant beaucoup de pouvoir, mais tant que les Hommes n’auront pas compris que ceux-là n’ont aucune bienveillance pour eux, ils auront tout pouvoir d’exercer leur mainmise grâce à cette faiblesse. Parlons donc de choses concrètes. Pour eux, la couleur politique des dirigeants ou des Nations n’a aucune importance, ce n’est qu’un leurre pour donner aux populations ignorantes l’impression qu’elles ont la décision, ils maîtrisent tout des nations qui représentent un levier de pouvoir et exploitent sans vergogne les autres.

Maîtriser tout des nations riches et influentes signifie que rien n’y est laissé hors de contrôle. On y détruit toute forme d’individuation en la diabolisant dans l’esprit des gens puis en appliquant les mesures propres à l’annihiler. Ce au niveau des Nations en détruisant politiquement, économiquement et culturellement ce qui a fait leur substance et en les asservissant à des organismes internationaux qui n’appartiennent qu’à quelques uns, mais aussi au niveau des êtres humains en alimentant le stress permanent, la confusion des genres et tout ce qui peut affaiblir l’identité et la pensée par soi-même. On y pousse là à l’abêtissement organisé, via l’éducation des enfants, l’abrutissement et le conditionnement par les médias grand public, l’affaiblissement de la conscience via les ondes (écrans, wi-fi, 3G, 4G, 5G, etc.), l’empoisonnement par adjuvants de l’eau du robinet, de la chimie médicamenteuse, de la nourriture industrielle et de l’air, par les épandages chimiques destinés aussi à nous voiler de plus en plus la lumière solaire qui transmet massivement en ce temps du cycle cosmique des particules propices à stimuler l’Éveil.

Mais encore à travers le consumérisme forcené qui est devenu une véritable hypnose collective et qui entretient le système d’esclavage des nations pauvres, avec la complicité d’êtres corrompus imposés à leur tête. Ainsi demandez-vous par exemple d’où viennent les terres rares nécessaires aux batteries perfectionnées du dernier smartphone tant attendu ? Qui va vouloir savoir qui sont les enfants des pays d’Afrique qui extraient et portent ces matériaux en mangeant un jour sur trois quand tout va bien ? Nations pauvres où quelques pays riches créent et entretiennent les guerres, les maladies, la misère, l’esclavage et les pires trafics, dans l’ignorance choisie des populations qui n’ont plus la capacité de penser par elles-mêmes ou n’ont plus la volonté de prendre leurs responsabilités.

Loin de moi l’idée de vouloir ici tenter de culpabiliser qui que ce soit, la solution n’est pas là. La solution c’est de se réveiller du long sommeil du théâtre de cette humanité qui n’en est pas encore une mais qui va le devenir. Et dans un premier temps, prosaïquement, d’informer tout autour de soi et de prendre conscience que le monde où nous vivons est la proie de forces obscures agissant sur plusieurs dimensions, d’informer autrui afin que l’ignorance se dissipe et, pleinement conscient de cela, ce qui est capital, conserver la paix en soi, sans aucune vindicte, sans aucune violence, mais en ouvrant son cœur à l’Amour de la Vie qui vibre en chaque homme et en sachant encore voir et soutenir en ces êtres sombres l’étincelle de lumière qui ne peut pas par nature ne pas exister.

L’information est la seule arme qu’ils craignent, car elle éveillera le cœur et le cœur de l’Homme les dévastera, sans les tuer, mais en leur tendant la main.

Là est la véritable force de l’Homme, dans l’Amour dont il est capable, un amour loin des considérations mielleuses et du déni de cette part sombre qui cherche à détruire ce qu’il a de meilleur en lui.

Pour répondre à certains qui s’en sont étonnés, c’est une des raisons pour lesquelles je dénonce souvent le petit monde du new âge, qui au lieu de nous asséner les canalisations du peuple des lombrics ou je ne sais quelle autre plaisanterie astrale, ferait mieux de voir en face ce qu’est le piège qui s’est tissé en ce monde dense et inciter chacun à reprendre sa souveraineté, en connaissance de cause et dans la pleine force de la paix et de l’amour qui règnent en-dehors des vicissitudes de nos incarnations ici-bas et de nos désincarnations dans la matrice astrale.

Nous sommes tous potentiellement des êtres puissants. Mais voilà… potentiellement. Et comment ce potentiel peut-il émerger dans nos réalités sans un maximum d’effort sur soi-même, une véritable volonté de déconditionnement de soi et une vigilance quotidiennement soutenue ? Certes nous avons le potentiel de déjouer les pièges si nous sommes suffisamment honnêtes envers nous-mêmes, pour autant sous-estimer leur redoutable efficacité serait une grave erreur. Comme je l’ai déjà dit nous jouons dans cette matrice avec un adversaire qui a plusieurs coups d’avance sur nous, pour la simple et bonne raison qu’il a la connaissance occultée, qu’il a les moyens d’explorer le futur, ou tout au moins les lignes du Temps possibles et qu’il a parmi nous tous énormément d’alliés, conscients ou non, infiltrés au plus près.

L’année 2019 va très certainement être cruciale, à la fois difficile sous certains aspects, mais aussi, épanouissante. Le mouvement social né en France et qui s’exporte au moment où j’écris ces mots dans déjà une trentaine de pays, est à double tranchant.

Il est à la fois légitime et porteur d’un éveil attendu et nécessaire, mais il est aussi voulu et attendu par les forces occultes qui ont pressé leurs bras armés d’accroître toujours plus la pression sur le peuple gaulois pour l’amener à s’insurger. Je l’ai dit, il y a un cycle planétaire qui a commencé ici et qui doit s’achever ici.

A présent que cela a commencé, malgré les déclarations hypocrites et les effets de manches, les décisions prises au niveau de l’État vont pour l’instant toutes dans le sens d’accroître la pression, que ce soit à travers la violence policière disproportionnée, mais ordonnée, les peines judiciaires prononcées par les tribunaux, les arrestations abusives, les multiples viols de la Constitution. Les discours politiques jusqu’au plus haut niveau et les dernières sanctions prises contre les chômeurs assimilés à des délinquants, poussent clairement à un durcissement de la rébellion. Attention à la façon de répondre à ces provocations.

Car tout ceci n’est pas que le fruit d’une incompréhension ou d’une pulsion totalitariste, tout ceci est ordonné pour conduire vers une guerre civile si le peuple répond dans la violence, l’instauration de la loi martiale et cimenter ainsi les fondations du Nouvel Ordre Mondial totalitariste qu’ils ont organisé au plus haut niveau des États depuis plusieurs décennies déjà.

Là où le pouvoir du Maître ne s’exerce que dans la bienveillance et le respect du Vivant, le pouvoir de l’ego est toujours plus avide de pouvoir pour la jouissance du pouvoir et les richesses qu’elles lui octroient.

Pour ajouter à la confusion, des attentats à venir sous fausse bannière sont programmés, comme il y en a déjà eu tant, pour attiser comme jamais les peurs et diviser les populations, d’ailleurs certaines informations que je pense assez fiables sont consultables à ce sujet. D’autres événements, plus traumatiques encore, viendront probablement selon la réponse des peuples. Le quotidien, lui, est déjà ponctué partout dans le monde d’attentats perpétués par des individus solitaires sous contrôle mental (voir projets Montauk et Monarch).

La confusion toujours, est largement alimentée par les combats inventés de toutes pièces sur les questions écologiques. Sujet tabou. Tant de gens s’émeuvent, se divisent et se mobilisent pour des causes justes à travers des idées fausses que c’en est devenu, en plus d’une source de richesses et d’énergie, un grand amusement pour ceux qui tirent les ficelles.

Comment faut-il encore convaincre que les changements climatiques à l’œuvre sont des cycles naturels en grande partie liés à l’activité de notre soleil ? Qu’il n’y a contrairement à ce que qu’en dit la presse, aucun consensus scientifique autour des affirmations du GIEC quant au réchauffement climatique global, à la responsabilité du CO2 et par voie de conséquence à la production de CO2 par l’homme ? Que bien au contraire, les preuves scientifiques s’accumulent pour démontrer le très faible impact de l’homme sur la production de CO2 dans l’atmosphère, qu’il n’y a pas de réchauffement global mais un bouleversement des équilibres climatiques aux conséquences locales différentes ? Que c’est l’ensemble du système solaire qui est en proie à ces modifications climatiques… et j’en passe ?

Mieux encore, Les observations et les calculs des scientifiques Karl Zeller et Ned Nikolov, maintes fois vérifiés par la communauté scientifique et donc confirmés à ce jour à chaque nouvelle vérification, démontre que le dioxyde de carbone n’est pour rien dans la chaleur d’une atmosphère, pas plus sur Terre que sur Vénus. Qu’il n’y a donc pas d’effet de serre mais que c’est la compression des gaz sous le poids de l’atmosphère qui détermine la température ambiante. Autrement dit, le CO2 n’est pour rien dans la température de notre climat.

Et si on pousse un peu plus loin, on découvrira que la théorie des gaz à effet de serre, qui date de 1986 et qui est devenue depuis une religion médiatique, n’a elle-même jamais été scientifiquement validée… J’ajouterai enfin que les climats et la sismologie sont de surcroît partiellement sous contrôle des marionnettistes de ce monde.

Et pourtant malgré tout cela, certains, animés de bons sentiments, mais naïfs et servant malgré eux les intérêts financiers qui les manipulent, prônent des technologies dont ils n’ont pas creusé la connaissance en ignorant encore que leur mise en œuvre suscite toujours plus d’exploitation et de destruction des ressources de la Terre.

Il n’y a que l’énergie libre, qui est maîtrisée depuis plus d’un siècle dans le cycle de notre histoire récente, qui est la solution à ces problèmes. Encore un peu de patience, elle va se libérer des mains qui l’enferment.

En attendant, ce sujet du climat, qu’il est tabou de remettre en question, est une manipulation de plus propre à dresser les hommes les uns contre les autres, à les affaiblir et à s’enrichir sur leur dos à force de taxes et de marchés économiques fallacieux et corrompus.

Ce qui bien entendu, n’enlève rien à la profonde responsabilité que l’Homme doit avoir en chaque instant et en toute circonstance auprès du Vivant sous toutes ses formes. Par sa place et sa capacité destructrice, il a l’obligation sans compromis de préserver la Terre, ses océans, ses forêts et l’ensemble du Vivant qu’elle héberge. Ce qu’il est loin d’assumer à ce jour.

Toutes ces actions de tromperie et de manipulation des Hommes, que je crois nécessaire de citer à titre d’exemple, ne sont là que pour pousser le peuple à incarner dans la haine et la violence le rite occulte souhaité par ceux qui agissent dans l’ombre afin de l’asservir pleinement. Et la seule bonne réponse du peuple, qui je le sais est véritablement possible, est une réponse massive et déterminée, dans une totale non-violence quelles que soient les provocations. Ce qui demande un dépassement de chacun, dont chacun j’en suis sûr est capable.

Comme l’aspect occulte échappe à la presque totalité de ceux et celles qui aujourd’hui commencent à se lever, le danger est réel de servir le plan occulte dans l’ignorance de l’existence de celui-ci.

Si quelques uns doutent, qu’ils se souviennent de ce que je disais récemment à propos du rite dont était lui-même victime le Président français, façonné par ceux qui l’ont mis en place. Et qu’ils stimulent leur perplexité en constatant ce qu’il faisait lors du premier week-end du soulèvement à Paris. Ils verront qu’il était à Bruxelles où la famille royale belge l’a emmené visiter la restauration d’une toile au Musée des Beaux Arts. Et quelle était cette toile ?.. L’Agneau mystique des frères Van Eyc… où l’agneau est sacrifié.

Certains n’y verront rien, d’autres une coïncidence et d’autres percevront les concordances habituelles de la sombre alchimie à l’œuvre. Je n’en ferai pas plus de commentaires.

Les mois et le peu d’années qui viennent sont ces temps tant attendus de la Fin des Temps, qui ouvriront un tout autre cycle. Je ne peux faire autrement que vous inviter à lire ou relire ces écrits de Bernard de Montréal que j’avais publiés en 2015, d’une actualité salutaire. Que chacun se souvienne que nous sommes la clé de ce que nous allons vivre, que nous ne sommes victimes de rien, si ce n’est nos peurs illusoires, que nous sommes souverains et que de là, de notre Vivant, nous n’avons rien à craindre et tout en nous à Réaliser.

Fraternellement,

© Le Passeur – 3 Janvier 2019 – http://www.urantia-gaia.info > Cet article est volontiers autorisé à la diffusion à la seule condition de ne pas l’associer à une démarche commerciale, de respecter l’intégralité du texte et de citer la source.

Cette série d’articles est réunie dans la rubrique « L’Eveil ».

Ça s’est passé en 1948

En 1948, ont eu lieu en particulier les événements suivants [Sources : L’internaute, Wikipédia] :

Wiener pose les bases de la cybernétique
Le mathématicien Norbert Wiener publie en 1948 un ouvrage retentissant intitulé, « Cybernétique, ou le contrôle et la communication dans l’animal et la machine ». Il y définit pour la première fois la cybernétique comme une science des mécanismes de communication et de contrôle chez les êtres vivants, les machines et les systèmes organisés. C’est la mesure de l’information fournie par une série de messages. Ce livre connaît un grand succès dès sa publication. Il sera considéré comme la référence en matière de cybernétique.
Le GATT [ancêtre de l’OMC] entre en vigueur
Le General Agreement on Tariffs and Trade (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) entre en vigueur. Signé le 30 octobre 1947 par vingt-trois pays, il a pour objectif la relance du commerce mondial par l’abaissement et l’harmonisation des barrières douanières tarifaires et quantitatives. Par la suite, le GATT fera l’objet de plusieurs négociations multilatérales, communément appelées « rounds », alors que ses membres seront de plus en plus nombreux. Les principaux cycles de négociations, comme le Kennedy Round ou le Tokyo Round, auront pour conséquence l’abaissement radical des droits de douane. Un autre, primordiale, l’Uruguay Round, portera sur les domaines de l’agriculture et des services et, au terme des discussions, aboutira à la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Assassinat de Gandhi
Le « père de la nation indienne » est assassiné de trois balles par l’extrémiste indoue Nathuram Godse lors d’une prière publique. Godse reproche à Gandhi d’être trop favorable à la cause des indiens musulmans. Durant 78 ans, Mohandas Karamchand Gandhi, dit le Mahatma Gandhi (Mahatma signifiant «Grande Âme»), aura professé la non-violence radicale, « l’ahimsa » et la résistance passive contre l’occupant britannique. Gandhi avait choisi de faire entendre sa voix par le jeûne politique jusqu’à obtenir satisfaction de ses revendications. Deux millions d’Indiens assisteront à ses funérailles.
Signature du Traité de Bruxelles
Les représentants du Benelux, de la Grande-Bretagne et de la France signent le traité de Bruxelles qui institue l’UEO (Union de l’Europe occidentale). Il s’agit d’un pacte régional d’assistance militaire et économique valable sur une période de 50 ans auquel d’autres pays peuvent se rallier. A la demande de la France, l’Allemagne est désignée comme adversaire potentiel dans la partie du traité concernant la défense commune. Les instances militaires du traité de Bruxelles seront incorporées à celles de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en décembre 1950.
Création de l’OECE [ancêtre de l’OCDE]
Afin de répartir les aides financières proposées par le plan Marshall pour faciliter la reconstruction européenne, des organismes administratifs communs sont mis en place. Ainsi, l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) est créée et chargée de dépenser équitablement les crédits entre les différents Etats d’Europe occidentale. Son but consiste aussi à renforcer les relations économiques entre ses dix-sept membres ainsi que de libéraliser les échanges commerciaux et monétaires. Mais à la fin des années 1950, l’OECE sera fragilisée par les désaccords entre les membres de la CEE et les Etats favorables à une zone de libre-échange. En 1961, l’OECE laissera place à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Congrès européen à la Haye
Sous l’impulsion du Comité international de coordination des Mouvements pour l’unité européenne, près de 800 délégués de toutes les tendances politiques européennes se réunissent à la Haye. Quelques représentants du Canada et des Etats-Unis sont également présents. C’est Winston Churchill qui est chargé de présider le congrès. En septembre 1946, lors d’un discours à Zurich, ce dernier avait déjà montré son intérêt pour une éventuelle création des « Etats-Unis d’Europe ». Ainsi, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’idée d’une unité européenne revient au premier plan et se renforce dans les esprits. Le but du congrès est de mettre en place une union européenne économique, politique, culturelle et monétaire. De cette réunion naîtra le Mouvement européen et le Conseil de l’Europe.
La naissance de l’Etat d’Israël
Le jour même où s’achève le mandat britannique sur la Palestine, le président Chaïm Weizmann proclame l’Etat d’Israël. L’ancien Etat d’Israël avait disparu en 70 après Jésus Christ, lorsque Jérusalem avait été détruite par les romains. L’ONU décide d’officialiser la création d’Israël en divisant l’ancienne Palestine en deux Etats, l’un arabe, l’autre juif. Le monde arabo-musulman rejettera le compromis et attaquera aussitôt Israël.
Début du blocus de Berlin
En riposte à la décision des Alliés de violer les accords de Postdam en fusionnant les zones d’occupation américaine, anglaise et française et en instaurant le Deutschemark, Staline décide d’établir un blocus autour de Berlin. Face à ce blocage, les occidentaux ne mettront que deux jours pour trouver une solution qui évite la guerre et dont l’efficacité, tant factuelle que symbolique, est garantie : il mettent en place un blocus aérien pour ravitailler la ville. Mais, désormais, la rupture entre les deux blocs, et par conséquent entre les deux Allemagnes, semble entérinée. Même si le blocus dure moins d’un an, Berlin-Ouest revêt son statut d’enclave pour plus de quarante ans.
Déclaration universelle des droits de l’homme
L’ONU adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme. Inspirée par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ce texte a été essentiellement rédigé par René Cassin et John Peters Humphrey. Il énonce les droits fondamentaux de tous les individus, notamment celui de l’égalité à la naissance. La valeur de ce texte est avant tout symbolique, aucune institution n’étant en mesure de le faire appliquer.
Orwell achève l’écriture de son roman « 1984 »
1984 est publié l’année suivante (en 1949).
Création du Conseil œcuménique des Églises
Le Conseil œcuménique des Églises est une organisation non gouvernementale à intérêt social et à caractère confessionnel, fondée en 1948, qui se veut une « communauté fraternelle d’Églises qui confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et s’efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ». L’objectif du COE est l’harmonie entre les chrétiens au travers de réalisations concrètes communes. Il n’a pas vocation à devenir une « super-Église ». Son siège est situé à Genève en Suisse.
Genèse de l’OTAN
L’OTAN a été signée en 1949, mais ses prémisses remontent à l’année précédente

Est-ce une simple coïncidence si la plupart de ces événements peuvent avoir un rapport avec le Nouvel Ordre Mondial, comme précurseurs, comme briques constitutives ou comme annonciateurs?
Pour rappel, le Nouvel Ordre Mondial (ou NOM, en abrégé) implique :

  • un gouvernement mondial unique (précurseur : ONU);
  • une monnaie internationale unique (précurseur : pétrodollar);
  • un système judiciaire international (précurseurs : Cour Internationale de Justice et Cour Pénale Internationales);
  • un système économique unique (précurseur : OMC);
  • un système de santé unique (précurseur : OMS);
  • une religion mondiale unique (précurseurs : COE, New Age, et Humanisme issu de la Franc-maçonnerie);
  • une armée mondiale (précurseurs : Casques bleus de l’ONU et OTAN);
  • une police mondiale (précurseur : Interpol);
  • un système éducatif unique (précurseurs : systèmes scolaires de la plupart des pays occidentaux, qui obéissent approximativement aux mêmes règles, et accessoirement Hollywood et Internet);
  • un identifiant individuel unique (précurseurs : passeports et cartes d’identité);
  • etc.?

Notons également que 1948 a été marquée par la Première Guerre Israëlo-Arabe et peut être considérée comme prélude de la Résistance au Nouvel Ordre Mondial.

1968-2018 : la descente aux enfers !

[Source : Les moutons enragés]

1968-2018 : la descente aux enfers !

Auteur : Claude Janvier

La crise sociale des Gilets Jaunes permet d’analyser ce qui s’est réellement passé depuis un peu plus de 50 ans. Les quelques miettes de droits acquis sont de plus en plus enfouies sous une dictature policière mondialiste. 

Les manifestations des Gilets Jaunes réprimées violemment depuis le début, illustrent mes propos ci-dessus. Pour preuve : au moins 10 morts sur des sites occupés par les Gilets Jaunes, 12 yeux crevés, 3 mains arrachés. En tout, 2891 blessés.

Au-delà des exagérations journalistiques qui rabâchent sans cesse que les Gilets Jaunes sont violents, il n’en est rien. Les quelques casseurs infiltrés n’entrent pas dans ce débat, ainsi que les quelques débordements. Si les 200 000 manifestants dans les rues lors de l’acte IV avaient été vraiment violents, le coup d’état aurait déjà eu lieu et l’armée serait depuis sur le pied de guerre. C’est peut-être pour ça que Macron vient d’accorder une prime exceptionnelle aux généraux. Armée bien payée, sécurité renforcée et soulèvement annihilé .  *1

Castaner et quelques procureurs ont beau aboyer que la France est dans un climat insurrectionnel, il n’en est rien. Mais il faut bien justifier l’emploi des armes de guerre, des chars remplis de poudre incapacitante et des milices plus ou moins privées. Excellente excuse aussi pour dédouaner les violences policières de plus en plus nombreuses. Le permis de mutiler et de tuer est open.

Revenons à la descente aux enfers depuis 68. En fait, la dégringolade commence bien avant, au moment où les plans mondialistes ont été mis en place. Impossible dans un court billet de tout exposer, mais dans les grandes lignes, on peut élaborer une synthèse.

À l’ouest la main mise américaine en Europe commence en 1917. Coïncidence ou pas, la révolution bolchevique démarre la même année.

24 octobre 1945, création de l’ONU. Grande base de la mondialisation. L’ONU est là pour garantir la paix dans le monde. Vu le nombre de conflits depuis sa création, elle a échoué. Mais elle permet d’étendre et de dicter la loi des pays industrialisés vers le reste du monde.

Création de l’OMS 7 avril 1948. Sous couvert d’actions humanitaires, pas mal de scandales. Les vaccins en sont un exemple *2 et *3 (Roselyne Bachelot et le H1N1)

Parallèlement, l’AAP (Association Américaine de Psychiatrie, fondée en 1844), explose en budget et en expérimentation diabolique depuis 1945.

Extrait de Wikipédia :  » La lobotomie connaît son essor après la Seconde Guerre mondiale, notamment avec l’invention américaine de Walter Freeman : le pic à glace. On estime que quelque 100 000 patients furent lobotomisés dans le monde entre 1945 et 1954 dont la moitié aux États-Unis. Freeman parcourt les États-Unis dans les années 1950 dans un autocar équipé pour pratiquer des lobotomies « en série », enfonçant ce pic à glace dans le lobe orbitaire des patients après avoir soulevé la paupière (lobotomie trans-orbitale), moyennant parfois une anesthésie locale. Cette pratique, le plus souvent combinée à des électrochocs, a alors un grand succès (grand mouvement de « l’hygiène mentale ») et on estime que Freeman à lui seul lobotomisa quelque 2 500 patients (ou 4 000 patients selon l’article « Lobotomie »).

On cauchemarde. Comment peut-on faire confiance encore aujourd’hui à une pseudo-science qui continue à pratiquer des électrochocs ? Pardon, le terme est plus chic aujourd’hui : l’électrochoc est devenu sismothérapie. Une petite sismo ma chère ? Un électro chic ?

Et pourtant, la psychiatrie et la psychologie ont envahi notre quotidien. Pire que la gangrène. Si vous cherchez qui est responsable du déclin culturel de notre civilisation, vous avez une partie majeure de la réponse. D’œuvres d’art hideuses achetées à prix d’or par nos institutions en passant par le groupe « musical » invité par Macron le 21 juin dernier à l’Elysée conforteront cette déduction. *4 (Jamais entendu quelque chose d’aussi nul et de mauvais goût. Un spectacle dégradé, autorisé, et voulu par le maître des lieux)

Le ministère de l’Éducation nationale n’est pas en reste. Il est totalement anéanti par les Psychs. Pour preuve, le niveau catastrophique des élèves aujourd’hui. Le niveau d’éducation est complètement à la ramasse. Pas étonnant que bon nombre de jeunes soient paumés et incapables de travailler correctement.

En résumé, nous avons la main mise américaine et européenne sur le monde entier. La grande finance internationale (Rothschild, Rockefeller, Morgan Sachs, Georges Soros, Bill Gates), les géants de la chimie (Monsanto, Syngenta), les géants agro-alimentaires (Nestlé, Associated British Foods PLC, Coca-Cola, Danone, Général Mills), les laboratoires pharmaceutiques (Bayer, Hoechst), les ventes d’armes (Palmarès dans l’ordre : USA, Russie, France, Allemagne et Chine), les pétroliers (ExxonMobil, BP, Total), les services secrets et une immigration massive incontrôlée et déstabilisante. (Une immigration bien faite est nécessaire. Pas le pacte de Marrakech que Macron vient de signer *5)

Revenons aux évènements de 1968 :
Les prémices du mouvement de contestation ont effectivement eu lieu le 22 mars 1968, à l’issue d’une assemblée générale emmenée par Daniel Cohn-Bendit à la faculté de Nanterre. (Bien rangé et riche le lascar. Mais pas blanc-bleu).
Ces événements, enclenchés par une révolte de la jeunesse étudiante à Paris, puis gagnant le monde ouvrier  par le biais des syndicats sur une grande partie du territoire, constituent le deuxième plus important mouvement social de l’histoire de France du XXe siècle. (le plus important mouvement social étant celui de 1936)

À l’aube du 21eme siècle le mouvement social des Gilets Jaunes dépasse le mouvement de mai 68. Aura-t-il gain de cause ? Je l’espère.

Paradoxalement, la crise de mai-juin 1968 survient au terme d’une décennie de prospérité inégalée. Sur le plan économique, c’est l’apogée des « Trente Glorieuses », avec un taux de croissance stable de l’ordre de 5  %.

Chiffres de 1968 :
– nombreuses fermetures d’usines dans le textile, la mécanique, la métallurgie
– entre 470 000 et 500 000 demandeurs d’emploi
– cinq millions de personnes sous le seuil de pauvreté
– deux millions de personnes perçoivent des salaires de l’ordre de 400 ou 500 francs par mois.
– Bidonvilles à Nanterre

Chiffres de 2018 :
– Les bidonvilles n’existent plus, mais les SDFs s’entassent sous les ponts. 14,628 millions de personnes touchées par la crise du logement selon la fondation Abbé Pierre *6
– la plupart des usines importantes ont fermé et ou sont délocalisés.
– 3,718 millions de demandeurs d’emploi
– 8,8 millions de pauvres

Pourtant, 68 a débouché sur une augmentation de 35 % du SMIG à 600 francs par mois et de 10 % d’augmentation des salaires. (entre autres)

Cherchez l’erreur. Incompétence des gouvernements depuis 68 ? Incontestablement car la situation s’est considérablement dégradée.

Un vernis social bobo inventé depuis Mitterrand a donné l’impression que le SMICARD était plus heureux. Il n’en est rien.

Les bobos ont brouillé les pistes en changeant les appellations et en nous assommant de taxes indirectes. Ils ont donné l’impression de prendre en considération la France d’en bas. Ça fait plus chic d’appeler sa femme de ménage une technicienne de surface. L’éboueur a eu droit à son terme ronflant : un agent de propreté urbaine et caissière des supermarchés est devenu hôtesse de caisse … Tout ce cirque est à vomir, car la paye et les conditions de travail ont peu évolué. Nombreux CDDs et cadences infernales dans les grandes surfaces….

La loi de 1973, dite « loi Rothschild », du nom de la banque dont était issu l’ancien président de la République, Georges Pompidou, a bien enfoncé le clou. Depuis l’État, passe par le système des banques privées  pour financer son endettement et surtout il n’est plus maître de sa monnaie. Mais au fait Emmanuel Macron, est lui aussi, issu de la banque Rothschild… Voyez-vous le lien ?

Dégringolade masquée mais réelle depuis 68. La mondialisation voulue par une poignée de milliardaires sordides et criminels est de plus en plus omniprésente.

En 1995, l’OMC a vu le jour. Inconnue du grand public, l’Organisation Mondiale du Commerce a été créée dans le but d’étendre l’hégémonie économique des USA en Europe. [Note du Nouveau Monde : l’ancêtre de l’OMC était le GATT, créé en 1947 et entré en vigueur en 1948]. Le TAFTA (Traité Transatlantique) est toujours dans les tuyaux. Le CETA est déjà en vigueur et c’est un désastre, sauf pour les USA of course. *7

Les mondialistes ont avancé leurs pions soigneusement. La seule inconnue reste le facteur humain. Ils ne pouvaient pas prévoir que les gueux se réveilleraient. Le pion Macron va sauter ou alors la situation va se durcir encore plus. Nous avons déjà un état policier, avec tout juste le droit de s’exprimer. (pour combien de temps encore ?)

Bruxelles à la botte des USA est un rouleau compresseur. Aidé du Gladio de l’OTAN *8, de l’Eurogendfor *9, et des milices privées (Benalla and cie) , les heures les plus sombres de l’histoire risquent de nous envahir de nouveau. D’ailleurs, Edouard Philippe annonce un durcissement de la répression. *10

Face à cette dictature mondiale, un seul adage à appliquer pour nous et nos générations futures :
« Pire que les bruits de bottes, le silence des pantoufles ».

Claude Janvier

*1 http://www.fawkes-news.com/2019/01/le-gouvernement-octroie-une-prime.html

*2 https://www.alterinfo.net/L-OMS-avance-en-secret-pour-mener-a-bien-son-projet-de-vaccination-obligatoire-et-son-programme-demographique_a34965.html

*3 https://www.jp-petit.org/Presse/curseur/enquete_sur_OMS.htm

*4 https://www.youtube.com/watch?v=r8TxKhqY2vM

*5 https://fr.sputniknews.com/international/201812191039364411-pacte-marrakech-information-cachee/

*6 https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-nombre-de-sdf-augmente-de-50-en-10-ans-denonce-la-fondation-abbe-pierre-1485854307

*7 https://www.huffingtonpost.fr/jose-bove/nationalisme-ceta-canada_a_21714673/

*8 http://www.alterinfo.net/Reseau-terroriste-de-l-OTAN-La-liaison-djihadistes-et-une-operation-Gladio-2-0-se-confirme_a109934.html

*9 https://lesobservateurs.ch/2014/11/21/arriva-eurogendfor-gestapo-al-soldo-dei-burocrati-di-bruxelles-prove-di-dittatura-ue/

*10 http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/gilets-jaunes-philippe-au-20h-de-tf1-pour-des-annonces-dordre-public-face-aux-violences/ar-BBRV9Xz?li=BBoJIji&ocid=hpdhp

Étienne Chouard : «Les Gilets Jaunes constituants lancent un appel à toute l’humanité.»

[Source : Algérie Résistance]

Étienne Chouard : «Les Gilets Jaunes constituants lancent un appel à toute l’humanité.»

PUBLIÉ LE 8 JANVIER 2019

etienne chouard 2

Etienne Chouard. DR.

English version here

Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre manifeste très percutant « Nous ne sommes pas en démocratie ! », vous faites un constat pertinent. N’est-ce pas plutôt une ploutocratie ?

Etienne Chouard : Oui, tout-à-fait. Nous sommes en ploutocratie et cela depuis deux cents ans, depuis les révolutions anglaise, américaine, française, depuis l’avènement du gouvernement représentatif qui désigne les acteurs politiques par la procédure de l’élection parmi des candidats qu’on peut aider. Cette procédure, puisqu’on peut aider, donne tout le pouvoir – car quand on a gagné les élections on exerce tout le pouvoir pendant le mandat – à ceux qui ont le plus les moyens d’aider, c’est-à-dire les plus riches.

Que voulez-vous dire par « aider » ?

Aider en achetant les journaux qui vont montrer les candidats, très souvent et sous un jour flatteur, aider en achetant les télévisions et les médias qui vont parler d’eux. Il est intéressant de signaler la concordance exacte entre les courbes des chiffres des passages à la télévision et des chiffres des élections. En fait, les courbes sont identiques. Les deux partis où ces courbes ne sont pas tout-à-fait identiques, parce qu’ils ont beaucoup de militants, ce sont les partis de Mélenchon et Le Pen, mais pour tous les autres partis, les résultats aux élections dépendent rigoureusement du temps de passage à la télévision. L’information télévisuelle s’alimente par les journaux : il n’y a pratiquement pas – ou alors très peu –  de journalistes de terrain à la télévision, en fait, les télés reprennent le plus souvent ce qu’il y a dans les journaux. Or, en France, les riches ont acheté tous les journaux, il y a neuf milliardaires qui ont acheté tous les journaux papier du pays. Je ne parle pas d’internet où il reste des journalistes libres. Mais le gros de la population ne regarde pas internet, la plupart des gens ne sont pas politisés et regardent la télévision, qui est le reflet de ce qu’il y a dans les journaux qui, eux, reflètent la pensée des milliardaires. C’est très grave, parce qu’au lieu que l’opinion soit éclairée par les journalistes, elle est déformée et pas informée. Ce qui est très problématique parce qu’une démocratie demande que les citoyens soient éclairés. Les vrais journalistes sont les sentinelles du peuple.

Comment analysez-vous le mouvement des Gilets Jaunes ?

De mon point de vue, les Gilets Jaunes sont en train de faire ce que toute la société devrait faire. Ce sont eux qui commencent parce qu’ils sont les exploités, ce sont eux qui gagnent le moins, qui ont le plus de difficultés à vivre, et les autres qui gagnent juste un peu plus, qui savent bien que bientôt ils seront dans la même précarité, à mon avis, si tout se passe logiquement, les non-Gilets Jaunes vont bientôt rejoindre les Gilets Jaunes parce qu’ils savent qu’ils sont menacés eux aussi de déclassement, et que ce sont ces extrêmes difficultés à vivre qui jettent hors de chez eux les Gilets Jaunes et les entraînent dehors.

Ces Gilets Jaunes sont exemplaires à plusieurs titres. D’abord, ils sortent de chez eux comme nous devrions sortir de chez nous et se retrouvent sur des lieux publics comme nous devrions nous retrouver sur des lieux publics, et ils y restent de façon opiniâtre comme nous devrions y rester de façon opiniâtre, malgré le froid, malgré le vent, malgré la pluie. C’est totalement inédit. D’habitude, les mouvements sociaux se passent au printemps. Là, malgré la tourmente, ils sortent de chez eux, ils restent au-dehors et ils font société. Ils construisent des cabanes, ils aménagent des lieux où ils se préparent des repas chauds et des boissons chaudes, ils se font des cadeaux, ils refont une société. Ils sortent de chez eux où ils avaient honte d’être pauvres. Cette honte disparaît quand ils s’aperçoivent qu’ils sont très nombreux, et la honte se transforme en colère. C’est ce que nous devrions faire.

Et ce n’est pas tout,  le plus important c’est qu’ils sont dégoûtés par des décennies de mensonges des politiciens, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite » ou du « centre ».  Complètement dégoûtés par les politiciens, ils arrivent sur les ronds-points avec une détestation de la représentation. Ils ne veulent pas de représentants, ils ne veulent pas entendre parler de politique. À mon avis, quand ils disent cela, ils parlent des politiciens, et ils ne se rendent pas compte que leur geste est extrêmement politique au meilleur sens du terme. Ce que font les Gilets Jaunes n’est pas politicien ; ils s’occupent de ce qu’il faut faire, ce que nous devrions faire dans la société. Ils savent bien qu’il y a des gens de gauche et de droite parmi eux et ils font très attention à ce qu’on ne le dise pas, que personne n’ait un drapeau ou un étendard de gauche ou de droite à brandir. Ceci est décisif. C’est ça qui est historique, c’est un mouvement unitaire. Ce qui empêche le peuple de gagner, ce sont les divisions, c’est la zizanie sur des sujets législatifs, sur des sujets sur lesquels nous sommes habitués à discuter alors que nous n’avons aucune puissance de décider. Ce n’est pas nous qui décidons, ce sont les élus. Nous avons l’habitude de nous disputer pour rien car, de toutes façons, ce n’est pas nous qui décidons. D’après ce que j’ai compris, l’idée des Gilets Jaunes, c’est : pas de zizanie, nous restons unis.

En outre, très rapidement, en à peine une semaine, ils ont produit une liste de doléances. Des doléances, ce sont des requêtes auprès d’un maître, des demandes faites par un être inférieur envers un être supérieur, parce que c’est ça finalement, il y a les êtres supérieurs qui sont les élus et les êtres inférieurs qui sont les électeurs. Ce n’est pas dit pour être humiliant, c’est la réalité. Habitués à cette situation de soumission, les électeurs par rapport aux élus, comme tous les peuples du monde au moment où ils se révoltent, réclament des décisions de niveau législatif (que je distingue du niveau constituant) telles que «  nous voulons de meilleurs salaires, nous voulons moins d’impôts, nous voulons moins de gaspillages, moins de privilèges des élus, etc. »  Leurs revendications sont bien formulées et elles sont de niveau législatif, c’est-à-dire que pour qu’elles soient satisfaites, il faut que nos maîtres y consentent. Il est évident que les maîtres, les élus, ne vont pas tout donner, ce sont eux qui nous ont privés de tout cela, ce n’est pas pour nous les donner à la première manifestation venue. Ils vont nous concéder une ou deux choses sur quarante, mais certainement pas les quarante.

Et, deuxième point historique majeur, les gilets jaunes ne listent pas que des doléances : chaque fois qu’il y a des révoltes sur terre,  les exploités réclamant de nouvelles lois moins cruelles pour eux ; cela, c’est ordinaire. Mais ce qui est extraordinaire, c’est que dans la liste des doléances, il y a une espèce de pierre précieuse, comme une étoile dans le ciel, qui s’appelle le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Pourquoi est-ce très précieux ? C’est parce que ce n’est plus du tout législatif, c’est constituant. Il ne s’agit pas de dire « voilà une loi que nous voulons », il s’agit de dire « voilà comment nous voulons écrire les lois nous-mêmes ». C’est extrêmement subversif. Quand j’ai vu cela, j’ai compris que c’était quelque chose de très important et je leur ai dit : « cette ligne-là, dans vos doléances, est tout-à-fait différente de tout le reste. Si on obtient ça, on aura tout le reste. C’est-à-dire que nous aurons les moyens de voter nous-mêmes les lois que nous trouverons importantes. » Ce point mérite donc d’en faire une priorité parce que, si on demande quarante choses ou soixante choses différentes, même si nous sommes très nombreux, la force exercée sur chaque doléance est faible, notre force étant répartie sur chacun de ces points. Et il suffira aux élus de nous accorder deux ou trois de ces requêtes pour se débarrasser de nous et nous faire rentrer chez nous. Au lieu de cela, si nous transformons ces quarante ou soixante requêtes en deux requêtes, une sur le Référendum d’Initiative Citoyenne qui nous donnera accès à tout le reste, et la deuxième portant sur un aspect financier bien ciblé (pour que les plus pauvres cessent tout de suite de tant souffrir), si on concentre nos efforts, donc, on aura plus de force pour l’emporter.

D’abord, ils ont demandé une augmentation du salaire minimum, mais cela aurait l’inconvénient de couler les PME car les toutes petites entreprises ne peuvent pas supporter une augmentation du SMIC (salaire minimum garanti) à 1300 ou 1500 euros. Ils ont donc transformé leur requête. Il faut savoir qu’il y a des gens qui sont dans une situation très cruelle et qui ont faim aujourd’hui, il y a donc une urgence sociale, et pour que les gens cessent d’avoir faim, on peut augmenter les revenus mais on peut aussi diminuer de moitié le prix de tous les produits de première nécessité, qui constituent 100% de leur panier. L’idée, c’est que les Gilets Jaunes établissent une liste des produits de première nécessité : les produits alimentaires, les produits vestimentaires, les produits sanitaires, les médicaments, les produits du logement, les produits de l’énergie, l’électricité, de quoi se chauffer, etc. Il faut donc faire la liste des produits de première nécessité et ne demander que ça, la baisse de leurs prix, pour l’obtenir. Il faut demander que l’État supprime sur ces produits toutes les taxes et tous les impôts éventuels et, comme ça ne suffit pas pour baisser beaucoup les prix, demander que l’Etat subventionne les prix pour, finalement, les diminuer de moitié. Parce que, comme ces produits constituent la totalité du panier des pauvres gens, si on diminue ces prix de moitié c’est comme si on avait doublé leur salaire. Et pour chiffrer cela, il faudrait que les économistes – et pas les « économistes » employés de banque qui nous condamnent à l’austérité – mais de vrais économistes amis du peuple comme les Économistes Atterrés, calculent le coût global approximatif de la subvention de l’État applicable à tous les produits de première nécessité. Il faut ensuite trouver les moyens de financer cette mesure, comme par exemple supprimer le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) pour récupérer déjà les 40 milliards de cadeaux inutiles faits aux riches. C’est facile de trouver les quelques milliards qui vont être nécessaires pour permettre aux pauvres de moins souffrir.

Et donc, l’idée des Gilets Jaunes, c’est devenu non seulement de repérer le RIC dans leur liste de doléances, mais en plus d’en faire une priorité, et que tous les Gilets Jaunes et, j’espère, bientôt les non-Gilets Jaunes, pousseront tous ensemble deux requêtes décisives pour que cesse la misère des pauvres et pour que vienne enfin la puissance populaire avec le référendum, pour perforer le système de domination. C’est très spectaculaire qu’ils soient arrivés à faire ça. Ils sont déjà en train de se concentrer sur le RIC, c’est tout-à-fait magnifique : les Gilets Jaunes ont compris cette idée à toute vitesse et elle se répand très très vite. Quand je leur dis « si vous n’avez pas le RIC, c’est parce que ceux qui écrivent les Constitutions ont un intérêt personnel à ce que vous ne l’ayez pas. Vos maîtres, nos maîtres, nos élus, ne veulent pas que nous ayons le RIC.  Ils veulent tout décider et ils ne le donneront jamais. » Et donc, les Gilets Jaunes sont déjà en train de faire les ateliers constituants pour écrire eux-mêmes les règles du RIC :

Exemple d’article de constitution d’origine populaire instituant un vrai RIC 
(proposition d’ÉC, source)

Article 3 proposé :

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum d’initiative citoyenne, en toutes matières y compris constitutionnelle et de ratification des traités ; cet article ne peut être modifié que par voie référendaire.

Article 11 supprimé et remplacé par :

Article 11 proposé : MODALITÉS PRATIQUES du RIC :

SEUILS DE DÉCLENCHEMENT :

–   La Chambre des référendums (tirée au sort) organise le planning des référendums et contrôle les débats contradictoires (la mise en scène des conflits) avant tout référendum, sur le site des référendums et sur la télévision des référendums, pour éclairer l’opinion pendant au moins 6 mois avant le vote. Deux fêtes des référendums sont organisées chaque année, le 4 février et le 4 août, fériés, chômés et payés.

–   Toute initiative collective regroupant l’appui de 1% des inscrits (400 000 électeurs) [ou 0,5%] entraîne son inscription automatique (sans filtre) sur le calendrier des référendums, au moins 6 mois plus tard.

–   Initiative individuelle filtrée par la Chambre : un citoyen seul peut présenter une initiative devant la Chambre des référendums, qui lui doit une heure d’audience (ou davantage si la Chambre le juge nécessaire) pour expliquer son idée. Cette Chambre décide alors soit de rejeter l’initiative individuelle, soit de l’inscrire au calendrier des référendums.

–   Initiative individuelle par cercles croissants : tout citoyen peut, par ses propres moyens, consulter ses concitoyens.

•  Si l’échantillon consulté (plus de 1000 personnes sur une même localité, village, rue…) est favorable à l’initiative, la municipalité ou les municipalités des citoyens consultés doivent organiser rapidement un référendum municipal.

•  Si le référendum municipal est favorable à l’initiative, le département dont dépend la municipalité doit organiser rapidement un référendum départemental.

•  Si le référendum départemental est favorable à l’initiative, la nation (ou la confédération) doit organiser un référendum national (ou confédéral).

•  Tout résultat défavorable avant d’atteindre l’échelle confédérale met fin à la progression de l’initiative.

DÉLAIS ET ORGANISATION DE DÉBATS CONTRADICTOIRES pour éclairer l’opinion avant le vote :

–   Tout référendum doit être précédé d’une période d’au moins 6 mois de débats contradictoires complets, pour éclairer l’opinion. La Chambre des référendums est chargée de l’organisation et du contrôle de la qualité de ces débats.

–   L’opinion des citoyens doit être honnêtement et complètement éclairée en toute circonstance. Dans ce but, tous les médias du pays (journaux, radios, télévisions, agences de presse, instituts de sondage et de statistiques) doivent appartenir à leurs journalistes et employés du moment. Aucune personne, physique ou morale, ne peut acheter un média quel qu’il soit. Les actuels propriétaires des médias doivent les céder gratuitement à leurs employés. La Chambre des médias (tirée au sort) veille à l’application de ces règles.

FORCE CONTRAIGNANTE AUTOMATIQUE ET ABSENCE D’« ORGANES DE CONTRÔLE » (« Cour suprême » ou autre « Conseil constitutionnel » oligarchique et démophobe) :

–   Une fois l’initiative populaire votée à la majorité, la Chambre des référendums contrôle l’honnêteté des scrutins et doit déclarer la décision prise, sans qu’aucun organe ne puisse s’opposer à la volonté populaire.

–   Une décision prise par RIC est supérieure à toute autre norme : règlements, lois, constitution ou traités ; en France, le peuple est souverain, vraiment.

C’est tout-à-fait historique. Les #GiletsJaunesConstituants se passent le mot entre eux, ils savent que les riches et les élus mentent quand ils disent qu’ils vont leur donner un RIC,  et qu’ils vont leur donner un faux RIC, et ils sont déjà en train d’écrire le RIC qu’ils veulent, c’est-à-dire un RIC en toutes matières, sans garde-fou, sans limite, sans interdit et on pourra, par ce RIC, imposer une loi en toutes matières, abroger une loi ou un traité en toutes matières, on pourra révoquer un acteur politique jusqu’au président de la République, n’importe quel acteur politique ou n’importe quel fonctionnaire, n’importe quel acteur public pourra être révoqué par le référendum d’initiative citoyenne, et puis la Constitution elle-même pourra être modifiée. Il ne faut pas que le Conseil constitutionnel qui est un organe oligarchique et composé d’une bande de vieux grigous corrompus jusqu’à la moelle (le CC reçoit les multinationales en secret — scandale des « portes étroites » — et bloque désormais toutes les lois d’intérêt général contre les cartels) il ne faut pas, donc, que le Conseil constitutionnel puisse se mettre en travers de la souveraineté populaire. Il n’est pas question qu’un Conseil constitutionnel composé de qui que ce soit – pour l’instant ce sont de vieux oligarques ou des vieux présidents de chambres élues, c’est vraiment n’importe quoi  – entrave la souveraineté populaire. Le Conseil constitutionnel n’a aucune légitimité politique. Il a été imposé par une anti-Constitution qui a été votée sous la menace militaire d’un coup d’État. Je vous rappelle que, quand de Gaulle a fait voter la Ve République, c’était sous une menace de putsch militaire qui grondait en Corse par des parachutistes. L’institution du Conseil constitutionnel, par sa composition même, est illégitime. Ça peut faire l’objet d’un débat mais je peux vous dire que ce sont des discussions qui circulent chez les Gilets Jaunes.

Donc, il est question d’instituer la souveraineté populaire, la vraie, sans chaînes oligarchiques, et c’est tout-à-fait révolutionnaire. C’est même davantage que « révolutionnaire » parce que faire une révolution, c’est faire un tour complet, donc on revient au point de départ et en fait, on a seulement changé de maîtres, la plupart du temps. La plupart des révolutions ne débouchent pas sur une émancipation. Il s’agit donc ici plutôt d’évolution que de révolution, et d’une vraie évolution, processus « évolutionnaire » majeur dans l’histoire de l’humanité. Les humains, donc les Gilets Jaunes constituants et bientôt les autres, ceux qui les regardent et qui voient que ça marche, sont en train de trouver une cause commune et c’est ça qui manque à l’humanité depuis toujours : une cause commune, c’est-à-dire qui dépasse les clivages gauche-droite actuels. La cause commune des êtres humains, c’est : « nous voulons instituer nous-mêmes notre propre puissance ». Ça va tout changer ! Sur la planète Terre, si les humains prennent conscience de cette cause commune, il n’y a plus de place pour les tyrans dans un peuple devenu constituant, vigilant. Les humains savent très bien se débarrasser des tyrans pourvu qu’ils s’en occupent. C’est parce que nous démissionnons de ce processus constituant que les tyrans prennent la place. Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. C’est peut-être ce qui est en train de changer, les Gilets Jaunes sont en train de se relever, je l’espère.

On remarque que les Gilets Jaunes se sont inspirés de vos idées : démocratie directe, référendum d’initiative citoyenne, etc. Étienne Chouard a-t-il été un visionnaire ? Conseillez-vous les Gilets Jaunes ?

J’en parle tous les jours et ça circule beaucoup. Cela fait treize ans que je travaille là-dessus, treize ans que je dis que « ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ». Mais le référendum d’initiative populaire, Condorcet le décrivait déjà. Donc, c’est Condorcet qui était visionnaire quand il défendait, au XVIIIe siècle, pendant la Révolution française, le référendum d’initiative populaire. Et c’est Thomas Paine qui, au XVIIIe siècle aussi (dans « Les droits de l’Homme », chapitre 4 « Des constitutions ») était visionnaire en martelant que la constitution ne peut en aucun cas être un contrat entre représentés et représentants, mais exclusivement entre représentés ! Vous ne pouvez pas mettre une évolution aussi profonde que le RIC au crédit d’une seule personne, c’est collectif.  Les idées appartiennent à ceux qui s’en emparent. Ce qui se passe, c’est qu’il y a surtout, il me semble, une nouveauté dans l’histoire des idées : la connexion des humains grâce à l’internet fait de chaque humain actif un neurone. Cela nous permet de nous organiser comme si nous étions un cerveau collectif, ce qu’on ne pouvait pas faire jusqu’ici.

Auparavant, ce n’était pas possible de communiquer aussi vite entre un aussi grand nombre de personnes. Finalement, les mouvements d’émancipation qui ont déjà existé, les anarchistes, les démocrates, les penseurs, restaient très isolés et se faisaient massacrer par les bourgeois dès qu’ils étaient repérés. Une fois que les avant-gardes, les gens qui avaient trouvé des solutions, étaient assassinés, il fallait attendre des générations pour que de nouveaux jeunes gens lisent leurs bouquins et reprennent leurs idées, ce qui ralentissait beaucoup le mouvement. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que notre inter connectivité permet à une ou plusieurs idées de se répandre à toute vitesse comme dans un cerveau et le niveau monte très très vite parce que nous nous passons le mot grâce à notre inter connexion, ce qui est tout-à-fait enthousiasmant. Cela empêche les riches de tuer les meneurs, car s’ils tuent certains meneurs, il reste beaucoup de meneurs un peu partout… Actuellement, il y a déjà plein de gens qui sont capables de prendre la relève pour défendre le RIC et l’idée d’un processus constituant populaire.

Le chant des partisans, d’une certaine façon.

Ah, oui, c’est un beau chant. Oui, c’est ça. Quant à savoir si je suis visionnaire, je ne dirais pas de moi une chose pareille, évidemment.

Ne pensez-vous pas que la Ve République en France est à bout de souffle ?

Oui, sûrement, du fait, d’abord, de la prise de conscience générale de l’escroquerie parlementaire, mais aussi parce que ce texte a été écrit par des gens qui sont tous morts depuis longtemps. Et ceux qui l’ont voté aussi sont tous morts, ou presque. Et Condorcet, encore lui, disait bien qu’une génération ne peut pas assujettir à ses lois les générations futures. Une génération, celle de 1958 qui a soixante ans, ne peut pas asservir à ses idées et principes les générations futures. Ils sont morts, qu’ils nous foutent la paix ! C’est à nous d’écrire un nouveau contrat social, le nôtre, et on n’a rien à dire sur ce qui se passera dans cinquante ans : nos enfants décideront eux-mêmes à leur tour, souverainement. Nous sommes légitimes à contester le contrat social écrit par nos grands-parents, et à en écrire un autre. Et à mon avis, on n’écrira pas une 6ème République, nous sommes partis pour écrire une 1ère Démocratie.

Le mouvement des Gilets Jaunes est en train de se répandre dans toute l’Europe. D’après vous, sommes-nous dans la phase du réveil des peuples ?

Le fait que ça se passe partout de la même façon allume dans ma tête des « Warning », des alertes. Je trouve que tout ça ressemble à une « révolution de couleur ». Ce genre de « révolution » financée par des milliardaires…

Comme Soros, par exemple.

Oui, Soros, mais ce n’est pas le seul à mon avis. Donc, des milliardaires qui veulent se débarrasser d’un régime ou d’un gouvernement résistant au mondialisme et qui ne se laisse pas faire, protégeant sa souveraineté. Ces gouvernements sont renversés par des populations qu’on a énervées, excitées, qu’on a aidées, et le résultat est chaque fois un chaos et/ou une tyrannie pire encore qu’auparavant.

Comme on a vu dans les « printemps arabes ».

Exactement. Comme on a vu dans les printemps arabes ou à Kiev, ou en Syrie. À chaque fois, il y a un carburant. Les révolutions colorées ne sont pas inventées de toutes pièces, elles s’alimentent sur un carburant de malheurs qui fait que les peuples sont prêts à se soulever. Et on les aide, de l’extérieur et en douce. Et ce n’est certes pas par philanthropie. J’ai une crainte, et je ne dis pas que c’est le cas, je n’en sais rien, mais j’ai des « warning » qui s’allument, il faut mettre tout cela au conditionnel, c’est vrai que c’est possible. Mais, à mon avis, si les mondialistes sont en train d’exécuter un plan de ce type, ils n’ont pas prévu que nous devenions constituants… Ça complique considérablement leurs manipulations, à mon avis. Car si nous devenons constituants, donc vigilants, nous sommes beaucoup moins manipulables, il me semble. Donc, si on s’apercevait qu’il s’agit d’une manipulation, ce ne serait pas une raison pour renoncer à se bagarrer.

Certains Gilets Jaunes veulent participer aux élections européennes. Ne pensez-vous pas que faire des listes aux élections européennes est dangereux pour le mouvement ?

Oui, tout-à-fait. Mais à mon avis, on ne pourra pas les en empêcher. Donc, on s’en fout, il n’y a qu’à les laisser faire, s’il y en a qui veulent le faire, qu’ils le fassent. De toutes façons, depuis le début, chaque fois qu’il y a des représentants qui surgissent et qui parlent au nom du mouvement, il y a de nombreux Gilets Jaunes qui s’insurgent un peu partout pour dire qu’ils ne connaissent pas ces gens-là, qu’ils n’ont pas de représentants, et ils continuent à faire comme si de rien n’était. Donc, en fait, il n’y a pas de souci à se faire au sujet du Parlement européen : oui, il y a peut-être des Gilets Jaunes qui vont présenter une liste aux élections, on s’en fout, de toute façon, les élections européennes servent à élire un Parlement qui n’a aucun pouvoir et qui ne sert à rien. En plus, il s’agit encore une fois de désigner des maîtres parmi des candidats qu’on peut aider… ce n’est pas comme ça qu’on va s’émanciper.

À quoi jouent les médias mainstream en voulant stigmatiser les Gilets Jaunes en les traitant de violents, d’antisémites, etc. ?

Ça, c’est très important. Je pense que le message que portent les Gilets Jaunes, qui veulent instituer leur propre puissance avec un référendum d’initiative citoyenne en toutes matières écrit par eux-mêmes, est extraordinairement subversif et puissant. Il sera très difficile aux voleurs de pouvoir (le gouvernement et les élus) et aux voleurs de parole (les prétendus journalistes qui ne sont pas du tout des journalistes mais des propagandistes, la voix des milliardaires), d’argumenter sur le message, parce que ça se verra tout de suite que ce sont des voleurs de pouvoir et des ennemis du peuple. Comme ils ne peuvent pas se battre contre le message qui est trop fort pour eux et que ce sont des lâches, ils s’en prennent aux messagers. Ils calomnient, ils mentent, en essayant de discréditer les personnes, pour se dispenser de parler du contenu. Mais si vous regardez les commentaires, en- dessous des publications des voleurs de parole, vous voyez bien que les lecteurs ne sont pas dupes. La défiance par rapport aux prétendus « journalistes » est immense.

On l’a vu avec leur manifestation devant les médias à Paris.

À mon avis, les gilets jaunes devraient faire attention, parce que des actions violentes trop tôt peuvent tuer le mouvement. L’extrême hostilité des médias par rapport aux Gilets Jaunes et la malhonnêteté des élus et du gouvernement envers eux, compte tenu de la puissance de leur idée, devraient conduire les gilets jaunes à faire avancer leur idée sans tenir compte du tout des élus et des journalistes : « On s’en fout, disent-ils, on ne les lit même plus, on n’a pas besoin d’eux pour préparer l’auto-institution de la société. Nous allons nous réinstituer nous-mêmes et nous n’avons pas besoin de l’aide des journalistes et des parlementaires. » C’est très puissant, en fait. Il faut juste que nous devenions nombreux, que les non-Gilets Jaunes rejoignent les Gilets Jaunes. Et la situation est favorable, parce que 80 % des citoyens sont, depuis des décennies, pour le référendum d’initiative citoyenne. À chaque fois qu’on les interroge par sondage,  les gens disent qu’ils veulent le RIC. Donc, la population est prête à suivre les Gilets Jaunes : s’ils font du référendum d’initiative citoyenne la requête principale, avec en plus la diminution de moitié du prix des produits de première nécessité, ce qui va arranger tout le monde, la population va plus facilement tomber d’accord. La simplification des requêtes : 1) le référendum d’initiative populaire en toutes matières écrit par nous-mêmes, 2) les produits de première nécessité subventionnés dont le prix baisse de moitié, c’est tellement simple et fort que n’importe qui peut s’en faire l’avocat et convaincre ses voisins pour que le mouvement grandisse, et il n’y a pas besoin d’apprendre l’argumentaire pour les doléances en quarante points. Il suffit de se concentrer sur deux choses essentielles dont l’argumentaire est simple et fort, et cela facilite l’expansion de ces idées dans toute la société.

Quand on voit le traitement médiatique des différentes manifestations des Gilets Jaunes, ne peut-on pas dire que les médias dominants ont perdu toute crédibilité ?

Oui, on peut dire ça, bien sûr. Mais ça ne les empêche pas de pérorer. Le problème pour eux, c’est qu’on ne les lit plus. On sait que ce sont des menteurs, on sait que ce sont des escrocs,  des voleurs d’argent et des voleurs de pouvoir. On ne s’en occupe plus, on est déjà en train d’instituer le monde qui va les remplacer. Ils n’ont plus de crédibilité et ils n’en ont plus pour longtemps. Les citoyens devenus constituants institueront des médias indépendants des puissants.

Les médias alternatifs et les réseaux sociaux ont constitué le fer de lance du mouvement des Gilets Jaunes. Les peuples n’ont-ils pas besoin de médias qui défendent leurs intérêts face aux minorités oligarchiques qui dirigent le monde ?

Ce qui est étonnant, c’est que Facebook nous sert de liant dans notre cerveau collectif. En fait, Facebook joue le rôle d’un service public. Cet outil qui marchandise nos informations facilite en même temps notre connexion politique. D’ailleurs, c’est très problématique que cet outil soit privé parce que si, du jour au lendemain, Facebook ferme, nous ne communiquerons plus aussi facilement. C’est très hasardeux d’être dépendants d’un objet de propriétaire et il faudra sûrement que nous écrivions des articles de Constitution, très vite, pour instituer nous-mêmes un réseau social public sous contrôle citoyen. Il faudra créer un outil comme Facebook mais sans les risques de coupure, de surveillance ou de fraude.

Peut-on dire que la bataille de l’information a été gagnée par les Gilets Jaunes ?

Pas encore, parce que nous ne sommes pas assez nombreux, que c’est un mouvement naissant. Il y a certaines batailles qui sont gagnées mais gagner une bataille, ce n’est pas gagner la guerre. La guerre des classes a encore lieu, les riches sont encore extrêmement puissants, ils sont menteurs, ils sont manipulateurs, ils deviennent ultra-violents quand leurs privilèges sont menacés… Ce n’est pas gagné du tout, la guerre des classes. Non, la bataille de l’information n’est pas encore gagnée. La plus grande partie des électeurs, beaucoup de retraités, de nombreuses personnes âgées, sont plantés devant leur télévision, donc complètement intoxiqués par la télévision, et ils n’entendent dire que des choses terribles sur le Gilets Jaunes, et à force de répétition, ils les croient. Cela fait beaucoup de monde.

D’après vous, quelles sont les perspectives de ce mouvement ?

Je ne peux pas prévoir l’avenir, je n’en sais rien. Déjà, naguère, je savais qu’une chose pareille arriverait mais je ne pensais pas que ça arriverait de mon vivant. Je ne savais pas quand ça arriverait et c’est en train d’arriver, c’est vraiment un cadeau d’anniversaire formidable. Mais les riches sont retors, quand ils voient qu’ils vont perdre leur pouvoir, ils sèment le chaos, ils tirent dans le tas, ils déclenchent des guerres, ils déclenchent des pénuries, des blocus, ils sont capables de tout pour nous empêcher de nous émanciper. Il est bien difficile de dire de quoi l’avenir sera fait. Même si on perd, il s’est déjà passé des choses incroyables, j’espère que ça ira plus loin encore mais je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Ce qu’on peut dire sur l’avenir, c’est qu’il y a deux grands risques pour les Gilets Jaunes :

Une des très grandes forces est le côté unitaire du mouvement, c’est ça qui permet de gagner. Et le risque majeur, c’est donc la zizanie. Que ça provienne d’un parti d’extrême-gauche qui vienne « aider » le mouvement et une fois qu’il est dedans, se mette à dénoncer et chasser les gens d’extrême-droite à l’intérieur, ou au contraire, des gens d’extrême-droite qui viennent « aider » le mouvement et puis, un fois introduits, viennent dénoncer et chasser les gauchistes à l’intérieur et semer la zizanie, le risque c’est que des mouvements politiciens – l’extrême-droite et l’extrême gauche sont souvent identitaires, ils détestent les autres partis, en bloc – sèment la zizanie. Le risque serait que les Gilets Jaunes soient infiltrés puis manipulés au point de se diviser.

Le deuxième risque, c’est le pendant d’une qualité dont je n’ai pas parlé jusqu’ici, c’est qu’il est pacifique, et donc inattaquable au fond. Sur les ronds-points, c’est incroyablement chaleureux, fraternel, il y a beaucoup de bonheur et c’est vraiment sympathique. Une des faiblesses du mouvement des Gilets Jaunes, c’est qu’il se mette à trop ralentir les gens, à les bloquer, à gêner tout le monde, ou, encore pire, à casser. À ce moment-là, ils ennuient beaucoup les gens et, s’ils continuent à bloquer, ils deviendront impopulaires. Mais ce choix varie selon les Gilets Jaunes : il y en a beaucoup qui réfléchissent à des actions qui ne sont pas impopulaires et qui pourtant sont très efficaces, comme par exemple libérer les péages, rendre l’autoroute gratuite, c’est tout-à-fait populaire et ça ennuie fortement les bonnes personnes, c’est-à-dire les dominants, et cela renforce le mouvement.

À chaque fois que le mouvement monte à Paris, il y a des risques de dérapage. Au début, c’était vraiment très violent et il y avait un risque de voir le mouvement dégénérer, parce que si on devient trop violent, c’est évident que le mouvement va s’arrêter. Le pouvoir ne pourra pas faire autrement, et il sera même légitime à interrompre de force un mouvement très minoritaire. Alors que, quand il n’est pas à Paris, le mouvement n’est pas concentré, il est disséminé, il n’offre pas de prise. Des ronds-points, des péages, il y en a absolument partout dans le pays. Le mouvement est complètement insaisissable. Quand la police vient pour chasser les Gilets Jaunes, ils reviennent le lendemain, là ou ailleurs. Et c’est comme ça partout dans le pays. Ils sont insaisissables, ce mouvement est d’une puissance inouïe. Si, au lieu d’aller ralentir les autoroutes, au lieu d’aller bloquer les routes, au lieu d’aller empêcher les pauvres gens de travailler, s’ils vont casser les pieds aux médias pour délivrer leur message, si les Gilets Jaunes vont libérer les services publics et les autoroutes pour les rendre gratuits, s’ils inventent des actions qui sont utiles aux gens et ne soient pas gênantes, alors le mouvement va devenir de plus en plus fort et il y aura de plus en plus de non-Gilets Jaunes qui vont devenir Gilets Jaunes.

Il y a donc deux grands risques : la violence et la zizanie. Mais ils sont incroyablement déterminés, ils se sont arrêtés une semaine pour les fêtes et ils savent très bien qu’ils vont se retrouver en janvier malgré le vent ou la pluie, le jour et la nuit. Pour moi, les Gilets Jaunes sont des héros. Ils font ce que nous devrions tous faire. Ils sont héroïques et exemplaires.

Conseillez-vous les Gilets Jaunes, vu votre expérience ?

Ce n’est pas mon expérience. Je leur parle de mon travail, de mes idées, et puis ils s’en emparent. Ils ne s’en emparent pas tous, et ne s’emparent pas de toutes mes idées. Ils font leur choix. Et moi, je m’inspire d’eux, je progresse grâce à eux. On grandit ensemble, c’est un cerveau collectif. C’est très enthousiasmant, je peux vous dire… Enfin le bien commun en ligne de mire…

L’expérience des Gilets Jaunes ne doit-elle pas servir d’exemple aux autres peuples pour s’affranchir du 1% qui dirige le monde ?

Les Gilets Jaunes constituants lancent un appel à toute l’humanité. Les 99 % doivent s’emparer de cette idée partout sur terre pour se débarrasser des riches et des oligarques du moment : « nous voulons instituer nous-mêmes notre puissance politique ». Oui, bien sûr, c’est un message pour toute l’humanité. La grandeur de l’idée des Gilets Jaunes constituants, c’est qu’elle concerne tous les exploités.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est Etienne Chouard ?

Professeur d’économie et de droit, Étienne Chouard est militant et blogueur politique français. Lors du referendum de 2005, il était l’une des figures de proue du Non au Traité constitutionnel européen. Il critique le système en place et milite pour un changement de Constitution et l’instauration d’une démocratie directe, en appelant notamment à former une Assemblée constituante tirée au sort et à mettre en place le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Il est particulièrement suivi par le mouvement des Gilets jaunes pour sa défense du RIC qui est devenu l’une des principales revendications du mouvement.

Le  site officiel d’Etienne Chouard